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Accueil du site > Tribune Libre > Vive les Révolutions et la Violence !!!

Vive les Révolutions et la Violence !!!

Je me marre, car, on parle de révolution citoyenne, de révolution douce, de palais, de velours, de satin, de mesdeux... Pourtant les vraies révolutions sont sanglantes et servent à foutre à terre une caste qui exploite trop visiblement ; vous me direz que bien souvent une autre reprend le flambeau, mais au moins pendant l’entre deux, il y a accalmie. La force ! C’est le seul langage que les puissants comprennent, car, eux-même l’emploient en expert. Se remémorer mai 68, où les ouvriers obtinrent 10% d’augmentation et une quatrième semaine de congés payés. Les révolutions se gagnent à coups de fourches et de canons ! Les nantis, les bourgeois ne plient que lorsque la masse fait masse ! C’est la seule langue que ces castes dominantes et exploitantes peuvent comprendre ; La langue des barricades et surtout leur faire mal au porte monnaie. Une usine qui ne tourne pas, c’est des pépettes qui ne rentre pas. Quant aux « quartiers » et ces millions de français pas vraiment assimilés, les autorités en ont une peur bleue, rappelez-vous 2005... Le Sarko et sa bande faisait dans le froc et rasait les murs tagués.

Les gouvernants actuels ont vraiment la pétoche que ça implose et même s’ils font tout pour ça, ils n’ont qu’à suivre la feuille de route écrite de la main de fer sans gant de velours d’une infime minorité qui elle sera intouchable le jour du grand barnum. Il y a actuellement des milliardaires qui se font construire à prix d’or de confortables bunkers souterrains en Nouvelle Zélande, ou autres ilots isolées du pacifique. Zont peur des réactions incontrôlables de cette masse grouillante, de cette populace corvéable mais qui pourtant selon eux ne devrait pas exister. Alors, tout a été fait pour éradiquer la violence naturelle, individuelle, celle qui nous a permis de sortir de la grotte de Lascaux pour aller vivre dans un pavillon climatisé de Sainte Geneviève des bois. (fusses un bon choix ?)

Violence de l’individu

Dans les romans pour jeunesse de Jean Auel, (Jean, jiiiin en anglais est féminin), l’auteure décrit un monde basé sur la violence, et il y a de forte chance que ses romans soient assez réalistes selon des anthropologues. En ces temps là, un homme qui s’éloignait de l’abri de la grotte prenait le risque de se faire dévorer par les prédateurs, pourtant, le petit d’hom réussit à survivre et à se multiplier jusqu’à 7 milliards. Certainement pas, grâce à des réunions Tupperware ou autres soirées sextoy, car il traça sa route à coups d’objets contondants et tranchants. Plus loin, les grandes familles nobles de France ont eu pour premier ancêtre un ruffian, un loubard, une racaille qui à la force de l’épée et de la masse d’arme se tailla un fief, un nom, un titre ; Sieur l’baron ! Pis ya eu la révolution industrielle des bourgeois qu’avaient rien de gentilhomme, et qui mirent au boulot des gamins de 8 ans dans les filatures, les mines. Ce qui fit émerger curieusement des penseur bourgeois tels, Karl Marx, mais surtout l’internationale socialiste et anarchiste, qui expédièrent les masses prolétaires se frotter aux gardes mobiles devenus par la suite CRS ; et après moult matraquages et fusillades le petit peuple réussit à grignoter des miettes du gros gâteau, bien défendues par les gros patrons matois, avec comme bras séculier l’armée et la police. Donc, nous pouvons voir que les société humaines se sont toujours construites dans et par la violence.

Et ça continue, rien qu’aujourd’hui, comme l’a admis le milliardaire Warren Buffet, « les riches mènent une guerre contre les pauvres et sont en train de la gagner ». Moi je suis certain que c’est déjà fait.

Alors, comme les chiens, chats et chevaux on se mit à castrer, pas avec une paire de pinces coupantes, et hop, les roustons sur le plancher, mais par la castration de la tête, dites psychologique. Je vous passes le blabla freudien, lacanien et de Nadine Morano, qui « centré sur le fantasme de castration, celui-ci venant apporter une réponse à l'énigme que pose à l'enfant la différence anatomique des sexes (présence ou absence du pénis) : cette différence est attribuée à un retranchement du pénis chez la fille ». Pour le garçon, « il en résulte une intense angoisse de castration », tandis que pour la fille, « l'absence de pénis est ressentie comme un préjudice subi qu'elle cherche à nier, compenser ou réparer » ; et bé mon colon ! Mais plus simplement parlé : A force d’assener que la violence est mauvaise depuis trois générations, nous vivons dans une société où seulement les vrais violents, les oligarques, les hauts placés et tout en bas les racailles font la loi. C’est la loi des plus forts contre, en majorité des hommes devenus des moutons, des peureux, des pleutres, des lâches et qui au moindre bobo, vont pleurer au tribunal, à la cellule psychologique, le psy ou dans le giron de bobonne... Ah ! ces petits mecs qui ne font qu’écouter la part de féminité qu’ils sont supposé avoir en eux... Et tout est organisé pour cela. Rien qu’à voir à l’Élysée pour la fête de la zik la bande de LGBT qui tortillaient du croupion, les Gays Games à Paris ce mois-ci - font qu’on ne sait plus qui est chèvre et qui est bouc. Perso, je ne me suis jamais focalisé sur les gays, lesbiennes, bisexuels et trans, à chacun sa vie, et j’ai la mienne d’hétéro qui aime les femmes et je m’en porte bien, donc, je pense que pour ceux qui aiment autre chose cela doit être de même ; l’amour c’est l’amour et ya pas à aller chercher démon de midi à 14 heures. Ce qui me dérange c’est que cela devienne le modèle de base à suivre. La Schiappa que je ne supporte pas veut donner des cours à des mômes de maternelles pour qu’ils acceptent « les différences », je suis étonné que les parents ne foutent le bordel, que les pères n’envoient chier toutes ces conneries... Mais bon, le « papa moderne » ne peut pas être au four et au moulin et s’épiler les sourcils en même temps hein ! L’Emmanuel Macron représente assez bien l’archétype de ce genre de p’tit mecton : l’à déjà un prénom de nana, de film érotico, qui s’est marié avec sa mère, et avec qui on ne sait jamais si il marche à voile ou à vapeur, l’est un peu précieux le président... Mais où sont donc passé les Gary Grant, Gregory Peck ou même ce gros plouc de John Wayne ?

Ya pire ! La Suède pousse le truc à fond. Fille ou garçon, quelle importance ? En Suède, des écoles pour tout-petits d'un nouveau genre, certifiées LGBT, ont ouvert leurs portes. Inspirés par la théorie du genre, ces établissements refusent d'inculquer aux enfants toute notion de différenciation entre les genres, afin de favoriser l'égalité entre les sexes. D'abord le choix d'un langage adapté. Les pronoms "lui" et "elle" sont bannis au profit d'un pronom neutre (chez nous « on »). De même, les expressions "les filles" ou "les garçons" ne sont jamais utilisées. Il y avait aussi eu une proposition de loi interdisant aux hommes d’uriner debout, et qu’ils devaient s’asseoir sur la tinette afin de ne pas discriminer l’autre sexe, vous savez les f... heu, pardon, Les « on » !

Chez nous, encore « sans cervelle Schiappa » dans sa dernière loi veut punir en euros tout regard d’un homme un peu appuyé vers une « victime » féminine. Un sifflement beauf dans la rue pouvant aller jusqu’à 3000 euros, pas pour la « victime », mais pour l’état. Il y a la farce de l’écriture inclusive qui veut rendre la langue de Molière aussi incompréhensible qu’un traité sur l’élevage des grenouilles rédigé en javanais. Et pis il y a eu l’affaire harcèlement Weinstein, montée au pinacle qui dans un milieu de crabes qui se bouffent les uns les autres comme l’industrie du cinéma et de la télévision c’est la norme ; certainement ce gros goret a dû en profiter de sa position dominante de producteur (soit dit en passant de talent avec Miramax), et soudainement toutes ces poulettes qui dévoilent et confient leur enfer... J’ai bossé des années à Los Angeles et peux vous dire que si vous y trouvez une pucelle et bien considérez que vous avez gagné 10 fois de rang le gros lot de l’euro-loto ! Durant les guerres on se bat avec ses armes, et si j’étais une jolie femelle gironde et actrice, croyez moi que j’en engloutirai des mètres de câble pour faire avancer ma carrière. On nage en pleine hypocrisie et en pleine schizophrénie ; mais au bénéfice de la petite cohorte de malfaisants qui contrôle les pulsions et l’instinct primaire de défense-violence... Ainsi, la culture, les modèles et les valeurs masculines sont laminés par la société unisexe et uniforme, la culture de masse et la pensée unique et matérialiste. Tristement les Hommes se sont déjà pliés à ce conditionnement :

« les valeurs masculines ayant été décrétées odieuses et patriarcales, envisagées sous un aspect exclusivement négatif (la guerre, le viol, le football et diverses cruautés), il ne restait à l'homme qu'à développer et à "intégrer" son féminin... »[1]

... Il le fit et fort déconfit lorsque vint le temps des constats. N’étant plus ni l’une, ni l’autre, « l’homme » est devenu l’ersatz de lui-même. Un bichon castré au mieux qui file doux devant la cerbère, un dépressif médicamenté en général ou fils à moman à moitié fille tellement surprotégé par la marâtre, au pire un taré sexuel qui déflore des gamines de 11 ans et que le tribunal magnanime, laisse partir avec du sursis. La principale des raisons pour lesquelles tant d’hommes sont aujourd’hui incapables de donner du sens à leur existence est le fait qu’ils ignorent tout de leur propre morale et de leurs propres valeurs. Ils n’ont jamais été capable d’écrire leur « règlement intérieur » et de s’y tenir : droiture, éthique, courage, franchise. J’oubliais : tracer la ligne à ne pas franchir, celle, qui définie là où vous n’irez jamais, même au prix de votre liberté ou de votre vie. A vrai dire, la plupart n’ont aucune de ces interrogations : ils se contentent de prétendre adhérer à des codes qu’en réalité ils répètent sans rien n’y comprendre. Ils sont fidèles aux valeurs de la République, ils sont Charlie, écolos, laïc, aiment les animaux, sont non-violents, ils sont pour la parité, ils sont « en marche »... Au fond, ils seraient bien incapables de se définir plus précisément que cela. En réalité, ils sont vides engoncés dans un costar Armani au volant d’une Audi à se vernir les ongles tout en tapotant le IPhone touche Tinder. D’un autre coté, une femme demande :

« Les femmes ont besoin de vos rêves, de vos prouesses amoureuses, de vos aventures périlleuses et de votre démesure. »[2]

Georges Zeter/aout 2018

Ps : je confesse, j’suis un vieux con plein de valeurs obsolètes.


[1] Jacqueline KELEN, ouvrage consacré aux héros et aux mythes masculins - L'éternel masculin. Robert Laffont, 1994

[2] idem


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13 réactions à cet article    


  • jako jako 8 août 2018 12:25

    de la pub pour hommelibre !


    • Macondo Macondo 8 août 2018 13:46

      Bonjour. Pour tenter d’adoucir votre longue liste forcément non exhaustive des tares congénitales frappant l’homme moderne, ajoutons à sa décharge, que son sperme est une eau de rinçage. Mine de rien, ça pourrait sauver l’Humanité, surtout si les LGBTX prennent leur part et que nos « ex-Partenaires » se mettent à taser le premier sourire sans la moindre équivoque. Omettant qu’il y’a peu encore, on leur refilait une côte ...


      • À rebours 8 août 2018 14:48
        Dans l’Antiquité les peuplades conquérantes s’appropriaient les femelles des vaincus et castraient les mâles si elles ne les avaient pas déjà exterminés en masse.

        C’est un comportement qui vient de l’animal. Les libellules vident parfois la spermathèque de la femelle avant de s’accoupler avec.


        Aujourd’hui l’Empire néo-libéral s’est doté des moyens modernes de castrer les populations dominées, notamment la française depuis que les derniers débris de la Chiraquie ont été déblayés par Sarkozy et sa séquelle.

        On condamne la violence sociale et on encourage la passivité. On encourage aussi la violence qui ne sert à rien dans les banlieues par imitation du modèle boobaesque. Booba prendra t-il moins cher que le salarié ?


        Nous avons le journaliste surpayé qui demande sur un ton indigné à tel corps social de bien vouloir crever sans brûler de pneu ou déverser de fumier.

        Nous avons le ministre faisant le tour des écoles pour persuader les enfants qu’on peut changer de sexe à volonté. Le Portugal est en avance sur ce point.


        Nous avons le ministre social-justice-warrior qui punit le regard appuyé ou le manspreading.

        Nous avons la magnification constante du transgenre et de l’homosexuel, magnification qui n’est pas normale quand bien même on aurait de la sympathie pour ces populations.

        Etc.

        Oui, tout cela est délibéré, oui c’est du contrôle social, oui vous avez raison de dénoncer. De toutes manières le monde libre avance.


        • placide21 9 août 2018 11:14

          @À rebours
          Les mâles dominants ont beaucoup de succès auprès de nos femelles ,et ils n’ont pas la peau claire car celle-ci n’est plus un gage de survie de la progéniture.


        • À rebours 9 août 2018 14:49
          @placide21

          Un peuple qui tond ses femmes à la Libération au lieu d’imiter la libellule, commet un péché originel qui trouve son châtiment dans la durée.

        • leypanou 8 août 2018 14:57
          @l’auteur :
          Ps je confesse, j’suis un vieux con plein de valeurs obsolètes : je ne crois pas, bien au contraire beaucoup se retrouvent à mon avis sur vos positions (les avancées sociales ne s’obtiennent pas par sans lutte généralement).

          En tout cas, cet article peut vous intéresser car il rejoint un peu votre position.

          • Ciriaco Ciriaco 8 août 2018 15:41
            La division idéologique néo-libérale est telle qu’on peut se croire révolutionnaire selon que l’on tapera ou non sur les communautés qui embarrasse le lâché de couilles, à l’image d’un lâché de salopes toujours bien moins supporté.

            Décidément... « CRS, dispersion, c’est l’heure de la télévision ! » - slogan des anars du fond de manif.

            • Le421 Le421 8 août 2018 20:47
              Entièrement d’accord.
              La survie des gens de petite condition, c’est à dire de plus en plus la majorité, ne passera que par un pendage massif par les couilles d’un tas d’arrivés qui se croient au-dessus de tout.
              Aux poteaux téléphoniques !!
              Y’a que ça qu’ils comprennent, ces parasites.

              • zygzornifle zygzornifle 9 août 2018 07:37

                @Alex


                En plus il y en a qui rêvent d’êtres pendus par les couilles ....

              • Le421 Le421 9 août 2018 10:40

                @Alex

                Bah !! Il reste toujours un petit bout de peau pour s’attacher !!  smiley


              • zygzornifle zygzornifle 9 août 2018 07:35

                Un pain dans la tronche économise 15 000 mots et prend 1 seule seconde .....


                De toute façon le changement ne se fera que par la violence il n’y a pas d’autres solutions c’est pour cela qu’il existe les CRS et autres massacreurs de retraités de chômeurs d’étudiants et autres contestataires en herbe ....

                • alinea alinea 9 août 2018 13:14
                  Bon. ; quand même il y en a encore plein des autres, comme dans le temps, avec un idéal de soi, des valeurs, du courage, de la générosité...
                  Sinon, le coup du conflit interdit ( on peut, si on peut, lire Éloge du conflit de Benasayag), c’est un véritable drame ; j’en avais parlé un peu dans consensus mou, mais il faut bien comprendre que ces belles manières ont été imposées par les imposteurs en haut de l’échelle sociale, ceux qui n’en ont pas et seraient incapables d’en découdre pour défendre la vertu que leurs femmes n’ont plus ou leur honneur, le mot même ayant disparu des radars de la bourgeoisie nouvelle.Et toutes ces mauviettes qui ont usurpé les postes de puissance, sont bien obligés d’inventer plein de trucs pour donner envie aux petits d’être comme eux ; tout y passe, cinoche, photos, bouquins, interviews !!!Mais ne pas oublier que, au moins depuis l’époque des enclosures, la Bête Immonde est bien évidemment à mater et que tous les efforts inventions, tout le fric, l’imaginaire ont été mobilisés dans ce but-là
                  Nous sommes forts, ils ont peur de nous, sachons-le... je vous conseille la lecture, si vous ne l’avez déjà fait, de Eric Hobsbawm : Rébellions ; ça remonte le moral la beauté des résistances et des rébellions des " gens ordinaires" qui, au passage, vous emmerdent, vous autres les usurpateurs !
                  Quant aux bon’femmes, ça leur passera ; la connerie est paraît-il un moment obligé dans l’évolution ! disons qu’il y a forcément des passages régressifs !!

                  • Denis Langlois Denis Langlois 10 août 2018 14:45

                    Comment ne pas être surpris (et même scandalisé) par cet article qui prône la violence dans les rapports politiques, sociaux et personnels ? Il y aurait beaucoup de choses à dire, beaucoup de critiques à faire, mais je me contenterai de répondre à l’affirmation de départ « Les vraies révolutions sont sanglantes… Les révolutions se gagnent à coups de fourches et de canons ». Non seulement je pense que c’est totalement faux et criminel de le laisser croire, mais je viens de l’écrire dans un livre « Et si la révolution était possible ». 

                    Le mieux est que je recopie l’extrait qui répond précisément à cet éloge irresponsable de la violence :

                    « Jusqu’ici, dans l’histoire, parce qu’il s’agissait de lutter contre les classes sociales dominantes, de les bousculer, de les renverser, les tentatives révolutionnaires ont généralement été violentes, elles ont prôné la rupture brutale et sanglante avec le passé. 

                    Pour parvenir à une société sans classe, les théories marxistes ne préconisaient-elles pas d’instaurer au moins provisoirement une « dictature du prolétariat », une « violation despotique du régime bourgeois » ? Cela a donné des régimes totalitaires, des bureaucraties féroces, des goulags, des génocides en Union soviétique, en Chine ou au Cambodge. 

                    C’est une erreur tragique qu’il n’est pas souhaitable de renouveler. Pour imposer et perpétuer leur système injuste, les pouvoirs en place disposent de forces impressionnantes. Devant cette citadelle, il est tentant de se dire : « Il n’y a qu’une solution : la détruire par la violence. » Alors, on s’arme. On devient guérillero, ce qu’on pense être différent du terrorisme. On s’efforce de créer une armée encore plus meurtrière ou plus rusée que celle d’en face. Dans le passé, on y a parfois réussi, avec le funeste résultat que l’on connaît. Aujourd’hui, cela équivaut à un suicide. Les États ont renforcé à outrance leurs armées et leurs polices. Les affronter militairement ne peut mener qu’à un carnage et à la recrudescence de l’oppression. Comment peut-on affirmer que le pouvoir révolutionnaire est au bout du fusil, quand c’est l’ennemi qui tient le fusil ?

                    En fait, même s’il ne s’agit pas de révolutions sociales, la grande leçon des changements survenus à la fin du XXe siècle dans les pays dits « communistes » ou plus récemment dans le monde arabe, est que seules les révoltes non-violentes, celles qui permettent aux opprimés de s’appuyer sur la force insoupçonnée du nombre, ont quelques chances de réussir. Les pouvoirs savent comment massacrer ceux qui prennent les armes contre eux, ils sont toujours désorientés devant une population qui emploie des méthodes différentes et pratique notamment les manifestations pacifiques. Ils savent comment gagner les combats dont ils ont eux-mêmes fixé les règles, ils ignorent comment s’y prendre face à un adversaire qui en adopte d’autres, qui agit selon une mentalité et une logique différentes. Nul besoin d’être un stratège militaire pour comprendre que le fin du fin est d’attirer l’ennemi hors de son terrain, de le priver de ses repères habituels. Un État réduit à utiliser la violence contre une foule désarmée perd le peu de légitimité et de crédibilité qu’il avait. Il n’est plus qu’un sinistre ramassis de massacreurs. Brutalement, il lève le masque, il exhibe au grand jour sa barbarie. Il se coupe d’une partie importante de ses soutiens.

                    Certes, nous avons vu qu’il existe un fossé entre révolution et simple révolte. Quand ce sont les structures sociales inégalitaires qui sont directement attaquées et pas seulement le personnel politique en place, les pouvoirs nationaux ou internationaux n’ont pas forcément la même attitude hésitante. 

                    Ne négligeons pas cependant ces événements récents, tirons-en des enseignements utiles. Ils confirment à leur façon que, si les peuples veulent un jour réussir une révolution, ils devront se garder d’utiliser la violence militaire. Sur ce terrain, ils seront toujours les plus faibles et ce n’est pas forcément un mal.

                    Toute armée est par définition une structure centralisée et hiérarchisée, avec des chefs qui donnent des ordres et des soldats qui les exécutent servilement et sont prêts pour cela à tuer (ou à se faire tuer). C’est la condition de son efficacité. Tout le contraire d’une société juste et égalitaire où chaque être humain a la même valeur et doit être libre de ses actes, une société où la vie de chacun est digne de respect.

                    Or, il y a une règle qui se vérifie toujours : les procédés qu’on emploie pour réaliser quelque chose influent directement sur le résultat. Ils ne sont jamais neutres. La fin est toujours inscrite dans les moyens. Utiliser la violence amène logiquement à constituer une armée ou du moins un embryon d’armée. Si le sort des combats est favorable, c’est cette armée qui construira la nouvelle société. Elle a les plus grandes chances de ressembler comme une sœur à la précédente, avec ses hiérarchies, ses chefs, ses exécutants (et exécuteurs). Un coup d’épée dans l’eau. Une courte parenthèse entre deux dominations, celle d’avant et celle d’après. Et des dizaines d’années pour se débarrasser des nouveaux oppresseurs. »

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