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Vladimir Ilitch Lénine, grand stratège des modalités d’exercice de la dictature du prolétariat

Notons aussitôt que Gorbatchev sait pertinemment en quoi sa démarche n’a eu aucun caractère démocratique, quel que soit le sens que l’on puisse donner à ce dernier terme :
« La perestroïka a commencé par en haut. Il ne pouvait en être autrement dans le cadre du totalitarisme. » (Idem, page 230.)

En effet, comme nous le verrons en détail chez Lénine, le système soviétique s’appuyait directement sur la formule démocratique la plus puissante (totalitaire, pour celles et ceux qui ne veulent surtout pas de cela) : celle qui offre l’exercice de la dictature à l’ensemble du collectif de travail pour lui permettre d’interdire à quiconque – par lui-même, et parce qu’il a la force étatique nécessaire pour le faire – d’exploiter le travail d’autrui.

De ce point de vue, il est bien certain que « tout » est bloqué. C’est la définition même du socialisme.

Qui ne va pas, lui-même, sans une connaissance précise – et partagée au sein des soviets et des cellules du parti communiste – de tous les dossiers qui intéressent l’ensemble de la société soviétique, pour ce qu’elle est dans son intérieur, et pour ce qu’elle a à traiter de ce qui se passe partout dans le monde entier… De fait, il ne peut rien y avoir de plus exigeant, pour les individus qui veulent vraiment exercer une souveraineté pleine et entière à partir des activités de production, que de participer à la dictature prolétarienne : il faut l’aider à connaître tout ce qu’il y a à connaître…

Mais, ici, c’est bien le collectif qui est le garant suprême et qui peut, seul, accomplir l’ensemble des tâches qui s’imposent ailleurs – c’est-à-dire du côté des pays impérialistes – aux principaux responsables de la finance internationale et aux personnels très divers qu’ils emploient dans les tâches de direction, de contrôle et de… sanction judiciaire ou militaire…

Dès 1902 – eh oui ! -, Vladimir Ilitch Lénine abordait la question démocratique de fond telle qu’elle se présente sitôt qu’il s’agit de sortir du leurre de la démocratie d’apparence que connaissent les pays réputés libres… Il s’agit du contenu de sa Lettre à un camarade sur nos tâches d’organisation. Nous pouvons y lire ceci :
« Nous sommes arrivés ici à un principe extrêmement important de toute l’organisation et de toute l’activité du parti : si, en ce qui concerne la direction idéologique et pratique du mouvement et de la lutte révolutionnaire du prolétariat, il faut la plus grande centralisation possible, en ce qui concerne l’information du centre du parti (et par suite de tout le parti) sur le mouvement et la responsabilité devant le parti, il faut la plus grande décentralisation possible. » (Vladimir Ilitch LénineŒuvres, tome 6, Éditions sociales 1966, page 251. C’est lui qui souligne.)

Nous voyons qu’il y a un grand mouvement de va-et-vient de l’information qui doit remonter vers la direction d’où elle pourra irriguer, à partir de décisions dûment discutées à la base, l’ensemble du parti… Ce qui, dans les pays impérialistes – et selon le rang de chacun d’eux dans la hiérarchisation financière, économique, politique, militaire, etc. – vient se concentrer au sommet de la pyramide (les États-Unis, s’il faut donner une image) pour ne plus en redescendre – doit ici irriguer l’ensemble de la structure d’un parti qui n’est alors pas encore au pouvoir… mais qui, déjà, doit être construit pour un jour y venir…

Y compris dans une période qui n’est encore que pré-révolutionnaire – la première révolution véritablement prolétarienne ne devant intervenir en Russie tsariste qu’en 1905 -, ce que l’on appellerait bientôt le « centralisme démocratique » pose des exigences qui sont absolument incontournables du point de vue tactique (c’est-à-dire de court terme) tout autant que stratégique (c’est-à-dire de plus long terme) :
« Le mouvement doit être dirigé par le plus petit nombre possible de groupes les plus homogènes possible, riches de l’expérience de révolutionnaires professionnels. Au mouvement doit participer le plus grand nombre possible de groupes les plus divers et les plus hétérogènes possible venus des couches les plus différentes du prolétariat (et des autres classes du peuple). » (Idem, page 251) 

La fin de cette dernière citation montre qu’il peut y avoir une hétérogénéité dans la provenance des différents intervenants, d’où la nécessité, pour le centre, de disposer d’informations suffisamment précises pour déterminer ce qui est l’apport particulier – dans l’ensemble de la dimension idéologique des informations qui lui parviennent – de telle ou telle classe, de telle ou telle fraction de classe, etc. Ainsi Lénine souligne-t-il que…
« Et en ce qui concerne chacun de ces groupes, le centre du parti doit toujours disposer non seulement des données exactes sur leur activité, mais aussi des données aussi complètes que possible sur leur composition. » (Idem, page 251)

Mais, pour que l’information ne perde pas tout son sens, pour qu’elle soit fournie de façon responsable et réfléchie par la base, il importe que celle-ci assume la responsabilité des positions qu’elle prend, et qui ne peuvent que résulter d’une réflexion documentée, approfondie et véritablement autonome :
« Nous devons aussi (et nous devons pour cela, car sans information la centralisation est impossible) décentraliser au maximum la responsabilité devant le parti de chacun de ses membres, de chacun de ceux qui participent au travail, de chaque cercle membre du parti ou apparenté au parti. Cette décentralisation est la condition indispensable de la centralisation révolutionnaire et son correctif nécessaire. » (Idem, pages 251-252)

Comment briser cela ? La réponse de Gorbatchev mérite d’être étudiée de près, et en utilisant, bien sûr, ce que lui-même n’a pas hésité à en dire…

NB : Ce texte s'inscrit dans un ouvrage en préparation : "Les fondations soviétiques de la politique de Vladimir Poutine", dont j'avais interrompu la rédaction en août 2017 aux environs de la page 300. On pourra en trouver les différentes rubriques ici : 

https://unefrancearefaire.com/2017/08/31/a-paraitre/


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12 réactions à cet article    


  • Sirius Sirius 21 novembre 13:11

    Entre dictature prolétaire ou bourgeoise... je préfère le prolétariat.

    Je vais pas prendre le temps d’argumenté point par point sur votre torchons, cela ne vaut pas le coup, d’y passer même une seconde.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 21 novembre 16:43

      @Sirius

      Je vais pas prendre le temps d’argumenté point par point sur votre torchons, cela ne vaut pas le coup, d’y passer même une seconde.

      pareil : ctrl C / ctrl V = 1/2 sec


    • mmbbb 23 novembre 19:38

      @Sirius a vous regrettez la deportation dans les goulags. C est un choix qui se respecte . A chacun ses plaisirs 
      Pas une larme pour Staline ! 


    • kimonovert 21 novembre 17:42

      Je NE vais pas prendre le temps d’argumenteR point par point sur votre torchon(s), cela ne vaut pas le coup, d’y passer même une seconde.

      3 fotes !


      • Sirius Sirius 21 novembre 18:21

        @kimonovert

        Mon brave ami, tu apprendras un chose que tu ne peux pas savoir. Il y a longtemps j’écrivais tout en phonétique, une dyslexie assez sévère, car il ne m’a pas été permis comme tout d’avoir une scolarité stable.

        Mais à force de travail j’ai pu redresser la barre, pas suffisamment il est vrai pour faire zéro faute.

        Ce qui pour le moment me bloque l’accès à des études universitaire, surtout en histoire.

        Irais tu te moquer d’un boiteux car il boite ? je ne pense pas.

        C’est si petit que j’aurais même pas du prendre le temps de répondre.


      • Sirius Sirius 21 novembre 18:23

        @kimonovert

        et votre torchon c’est au singulier donc bon : ) c’est un torchon pas des torchons.


      • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 22 novembre 02:00

        @kimonovert

        et une quatrième avec la virgule en trop entre « coup » et « d’y passer ».


      • kimonovert 21 novembre 18:12

        « Nous demandons à un homme, où vous placez-vous par rapport à l’idée de révolution ? Êtes vous pour ou contre ? S’il est contre, nous le plaçons contre un mur ». Buter tout le monde et mettre les autres au Goulag ! Lénine, la pire saloperie que le monde ait porté... Fondée à Pétrograd, la Tchéka compte 600 agents en mars 1918 quand elle s’installe à Moscou, un millier en juin 1918, 40 000 hommes fin 1918, et 280 000 début 1921. Par comparaison, la police secrète impériale, l’Okhrana, qui passait pour être l’organisation la plus importante de ce genre dans l’ancien monde, comptait 1 500 agents.


        • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 22 novembre 02:14

          @kimonovert

          Quelle est votre position par rapport à la révolution ?
          Que serait le monde aujourd’hui sans Lénine ?


        • MAUGISMICHEL MAUGISMICHEL 22 novembre 02:12

          Effectivement l’élimination du centralisme démocratique et de la dictature du prolétariat dans les statuts du PCF à immédiatement impliqué l’élimination du PCF Tout en ne faisant pas un parti plus démocratique avec ce qui en reste, et à éliminer la lutte idéologique.

          Je me rappellerai toujours du « personne ne regrettera Khadafi » du PCF après son assassinat par Sarkonazy. Quelle belle saloperie.

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