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Accueil du site > Tribune Libre > Vous n’étiez qu’un esclave

Vous n’étiez qu’un esclave

Avant la 2ème guerre mondiale, existait à Paris une place dite « des trois Dumas ». Y étaient érigées la statue du grand écrivain Alexandre Dumas, celle de son fils, l’auteur de « La dame aux camélias » et celle de son père, général de la révolution.

Sur cette place qui a perdu son nom, les deux premières statues sont toujours présentes. La dernière, ayant eu le malheur d’être en bronze, a été fondue sous l’occupation par les autorités allemandes et, pendant longtemps, il a été demandé, en particulier par la société des amis d’Alexandre Dumas, d’ériger à nouveau une statue du général sur cette place.

Ce devait être chose faite en 2009. Mais ce n’est pas la statue du général qui a été inaugurée ; ce fut une allégorie de l’esclavage. Alors qu’un projet de Ousmane SOW représentant la force et la fonction du général avait été proposé, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, lui a préféré une représentation de chaînes d’esclave, cette œuvre étant inaugurée par le samedi 4 mai 2009.

On se souvient du titre d’un grand quotidien lors de la mise au Panthéon de l’immense écrivain qu’était Alexandre Dumas : « Le métissage entre au Panthéon ». Dumas n’était qualifiée que par sa couleur, n’était valorisé que par son ethnie. Eh bien, revoilà la même chanson. Un général de la révolution française n’est considéré qu’au travers de son ancienne identité d’esclave. Rien sur son parcours militaire exemplaire, rien sur ses combats républicains qui le firent rompre avec Bonaparte.

On ne célèbre plus les grands personnages ; on exalte seulement une fascination malsaine pour nos fautes antérieures. C’est ainsi que, lors de la journée de commémoration de l’esclavage le 10 mai, les autorités municipales de Paris sont venues s’incliner devant ce monument. Il est bon de rappeler l’horreur que fut l’esclavage. Il est tout aussi important de rappeler que la Révolution française qui, d’ailleurs abolit une première fois l’esclavage en 1794, permit à des hommes tels que le général Dumas d’accéder aux plus hautes fonctions militaires.

Ombre et lumière caractérisent notre Histoire. Sachons rappeler aussi les lumières.

André Bellon

Article publié le 14 mai 2017 sur le site de l'Association pour une Constituante : www.pouruneconstituante.fr

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 LIRE AUSSI...

- La route de Varennes d'Alexandre Dumas

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16 réactions à cet article    


  • Leonard Leonard 17 mai 09:22

    « on exalte seulement une fascination malsaine pour nos fautes antérieures. »


    Je vous pas en quoi les générations d’aujourd’hui devraient se repentir de choses qu’elles n’ont commises...

    • Parrhesia Parrhesia 17 mai 10:03

      @Leonard

      Exactement !!!

      D’ailleurs, globalement, l’actuelle génération aura bien assez à se repentir auprès de la génération montante de ce qu’elle est en train d’autoriser sur notre sol à l’actuelle « classe politique » (pour autant que l’on puisse ainsi baptiser l’actuel cloaque médiatico-politique" !!!


    • microf 17 mai 14:00

      @Parrhesia

      Bonne, fantastique, pertinente et vraie réplique.


    • Leonard Leonard 17 mai 14:31

      @Parrhesia

      Mafia politico mediatique... ?? 

    • Parrhesia Parrhesia 17 mai 20:06
      @microf
      Vous êtes bien aimable microf !
      Bonne soirée à vous !!!

    • Parrhesia Parrhesia 17 mai 20:25
      @Leonard
      Oui Leonard !
      Et la comparaison entre certains propos tenus pendant la campagne et la répartition des récompenses ministèrielles n’en est-elle pas une démonstration lumineuse ?
      Bonne soirée à vous !!!

    • Michel Maugis Michel Maugis 17 mai 21:05

      @Leonard

      Ou est il ce verbe « repentir » dans l’article ?

      Expliquez nous en quoi la phrase que vous citez justifierait votre commentaire ?

    • Et hop ! Et hop ! 17 mai 22:37

      @Leonard : 


      Fautes antérieures inexistantes concernant le général Dumas puisqu’il n’a jamais été esclave, et qui .

      Comme enfant naturel, il portait le nom de sa mère qui était une esclave métisse.

      Mais son père qui était un marquis ruiné, l’a reconnu, fait venir en France en 1774, lui a donné une bonne éducatio, et c’est sous l’Ancien Régime qu’il a commencé sa carrière d’officier :

      «  L’adolescent prend alors le nom de son père et reçoit l’éducation d’un jeune noble (escrime, vie culturelle et autres « exercices du corps ») de son époque.

      Il est placé en pension par son père chez Nicolas Texier de la Boëssièrerue Saint-Honoré à Paris, où les matinées sont consacrées à l’étude et les après-midis au maniement des armes, dans lequel il excelle, notamment au sabre. Il y fait la connaissance du chevalier de Saint-George, compositeur, escrimeur, également né esclave.

      Bel athlète, son « mètre quatre-vingt-cinq » lui donne « plus belle prestance encore en des temps où la plupart des hommes faisaient une bonne tête de moins ». Il a « des cheveux et sourcils noirs crépus, un visage ovale, plein et brun, une petite bouche, des lèvres épaisses. » Sa « beauté exotique » fait sensation dans les milieux parisiens qu’il fréquente avec « tous les talents que l’on pouvait attendre d’un gentilhomme ». Par ailleurs, son père dépense beaucoup d’argent pour la garde-robe de son fils, afin qu’il tienne son rang dans la société. Les fonds paternels lui permettent de s’installer au début de 1784, alors qu’il a vingt ans, dans un logement rue Estienne, à proximité du Louvre.

      Il s’engage pour huit ans le 2 juin 1786, comme cavalier dans le régiment des dragons de la Reine. »


      Donc ce n’est pas non plus la Révolution française qui a permis à un noir de commencer une carrière militaire dans un régiment prestigieux, après avoir vécu très naturellement dans la société mondaine parisienne.


    • Leonard Leonard 18 mai 07:47

      @Michel Maugis

      « Fascination malsaine »

    • Michel Maugis Michel Maugis 18 mai 14:28

      @Leonard


       ????

      Apprenez à lire et à ne pas interpréter de travers.



    • Jao Aliber 17 mai 17:43

      @rugueux
      Si l’esclavage fut révolutionnaire et progressiste dans l’antiquité, rien ne pouvait le justifier au 18 et 19 e siècle(surtout le sud des USA) sauf bien sûr la soif de profit de certains hommes, de certains Etats...


      Que pense les salariés du salariat ? Ils perdent leur liberté(un luxe pour eux) mais ça leur permet de vivre.Le chômeur est libre mais..........C’était la même chose dans l’Antiquité avec l’esclavage.

      Mais le chômeur est un personnage piégé par l’histoire et, par cela même, le nouvel élément révolutionnaire de la société actuelle.Il veut ardemment devenir salarié pour........mais l’économie, l’utilisation mercantiliste des machines, des technologies le tient à l’écart.Résultat : 6 millions de chômeurs et précaires.

      Leurs économies d’ ex-salariés vont finir par tarir...Après de longues périodes de souffrance au chômage, d’illusions de démocratie vendus par les partis politiques actuels, ils feront leur deuil du salariat et finiront par s’unir en parti politique radical pour renverser définitivement le salariat, l’esclavage moderne.

    • Albert123 17 mai 16:46

      l’image qui illustre cet article est à mille lieux des trous du cul cocainés qui usent leur semelles sur les dancefloors parisiens et qui nous servent désormais de dirigeants.


      elle exprime tout ce qu’il y a de beau dans l’idéal fantasmé républicain quand la triste réalité des images actuelles nous rappelle tout ce que la république a de véritablement médiocre.

      médiocrité qui n’appelle plus que la médiocrité par ailleurs.

      • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 17 mai 18:44

         De nos jours, cette place s’appelle Place du Général-Catroux. (17ème arrondissement)


        • Et hop ! Et hop ! 17 mai 23:00

          @Thierry SALADIN 


          C’est pour mettre ce général insignifiant, mis de côté par Vichy, qu’ils ont supprimé les Dumas. 

        • Et hop ! Et hop ! 17 mai 22:57

          «  Un général de la révolution française n’est considéré qu’au travers de son ancienne identité d’esclave. »


          Il n’a jamais été esclave, il était l’enfant naturel d’une esclave noire et d’un marquis désargenté qui l’a reconnu, la fait venir en France et donné une éducation de noble pour faire une carrière militaire qu’il a commencé avant la Révolution en étant Dragon dans le régiment de cavalerie de la reine.

          D’autre part, comme officier de la Révolution, il n’y a pas de quoi pavoiser, sa carrière a consister à massacrer les populations désarmées manifestant contre la Révolution :

          1. - Le 17 juillet 1791, son régiment de dragon se porte volontaire pour réprimer le peuple de Paris, c’est la fusillade du Champs de Mars qui tue au moins 50 manifestants.

          2. - Nommé le 17 août 1794 commandant en chef de l’armée de l’Ouest, il y arrive en Vendée en septembre avec l’ordre de tout détruire. 

          3. - Rappelé pour écraser l’insurrection royaliste du 13 vendémiaire, Dumas arrive en toute hâte à Paris, trop tard pour diriger la répression (Bonaparte a été nommé en son absence). Sa fidélité à la cause de la République lui vaut d’être nommé à l’armée de Sambre-et-Meuse, sous les ordres de Kellermann avec lequel il entretient vite des relations orageuses. Celui-ci obtient son transfert à l’armée d’Italie sous les ordres de Bonaparte.

          • Abou Antoun Abou Antoun 18 mai 07:15

            L’arrière grand-père de Pouchkine, Abraham Hannibal était également un esclave affranchi puis anobli. C’est sans doute la raison pour laquelle le poète est un des rares Russes à avoir des cheveux bouclés et la peau mate.

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