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Accueil du site > Tribune Libre > Politiques & citoyens > Osons ce que nous voulons

Osons ce que nous voulons

J’appartiens à une génération bienheureuse. Née après la guerre, j’ai grandi avec cette société de consommation qui en Occident nous a donné accès à un ensemble de biens et de services que mes grands-parents n’auraient pas même imaginés. Chaque année nous apportait une offre croissante que notre pouvoir d’achat en perpétuelle augmentation nous permettait d’acquérir. Ce qui relevait de la vie d’un millionnaire américain en 1930 (voyage en avion, vacances à l’autre bout du monde, biens de consommation en abondance, une à deux voitures particulières...) est devenu la norme des classes moyennes. J’ai profité, comme tout le monde, de cette mondialisation qui faisait rêver les puissants et trembler les ouvriers des usines délocalisées. Mais j’ai aussi mené la bataille de communes bretonnes qui ne voulait pas être les dégâts collatéraux raisonnables de cette frénésie du toujours plus. A chaque combat juridique (marées noires, pont de l’île de Ré, lignes THT, OGM...), j’ai senti l’arrogance des forts qui pensent incarner le progrès technologique sans contrôle, la croissance en Majesté. Je suis fière de ces combats menés avec tant de gens différents tous animés par la même détermination contre les injustices. Mais je suis aussi frustrée d’intervenir souvent après la décision pour empêcher son exécution, ou après le drame, pour obtenir compensation. Si aujourd’hui, je me couchais chaque soir paisible, avec la certitude rivée au corps d’avoir mené à bien ma petite barque, c’est que je serais devenue aveugle et lâche.

« Et ces hommes clignent des yeux en disant nous avons trouvé le bonheur », écrivit Nietzsche... Notre monde rempli de matière ne nous a pas apporté le bonheur. Sommes-nous plus heureux parce que nous avons accumulé tant de biens matériels ? Dans cette Europe de paix, dans ce monde occidental plus serein, nous avons semé de biens mauvaises graines. Nous avons largement entamé les ressources et détruit le patrimoine de notre planète sans vouloir entendre l’alarme des scientifiques. La négation du réel nous laisse croire que notre petit monde pourra durer un peu plus longtemps, jusqu’au prochain renouvellement de mandat. La presse ne veut pas blesser ses annonceurs qui assurent leur survie par l’achat quotidien d’espaces publicitaires, quand elle n’est pas directement détenue par l’industrie. Mais notre impérative urgence de ne rien faire et l’idée que nos mots ralentiraient les maux ont été lourdes de conséquence : dérèglement climatique, sixième extinction animale, déforestation, surexploitation des mers, empoisonnement de l’air, de l’eau , stérilisation des sols... liste non exhaustive de maux qui se cumulent avec un effet exponentiel. Je ne peux me contenter d’arriver après, en tant qu’avocate. Il faut que je sois là avant, pour anticiper les catastrophes, changer la donne, initier un nouveau projet de société qui soit enfin viable et où nous retrouverions le goût du bonheur. C’est cela faire de la politique.

Le pouvoir politique, médiatique et économique a été élevé en vase clos. Issus des mêmes écoles que leurs conseillers et l’ensemble des hauts fonctionnaires, ses responsables sont formatés pour une gestion de l’existant. Ils croient fermement que nous avons atteint le stade ultime du développement humain, cette « fin de l’histoire » que décrivit Francis Fukuyama. Leurs outils de mesure sont la croissance économique et le PIB. Ce qui ne rentre pas dans leur grille n’existe pas. Sept millions de Françaises et de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté ? Une ligne statistique qui ne perturbe pas le chiffre du commerce extérieur. Le taux de suicide effarant chez les jeunes adultes, la consommation de neuroleptiques, d’antidépresseurs ? Du chiffre d’affaires pour les laboratoires qui les fabriquent, les pharmaciens qui les distribuent, encore du PIB. Une femme décède tous les quatre jours sous les coups de son partenaire ? Rien. Leurs outils sont systématiquement tournés vers la création de profils financiers. Et jusque-là tout allait bien, jusqu’à cette damnée croissance en berne. Cette croissance économique est un aveuglement idéologique. Regardons notre pays à travers d’autres indices, et nous ne pouvons que constater la chute de la France dans les évaluations. Avec l’indice de développement humain, nous voici déjà mauvais élèves. La mesure de la corruption ne nous place pas mieux. Quant à la place des femmes dans notre société, elle nous permet d’occuper les profondeurs du classement. Notre société exclut et détruit. Elle criminalise et envoie les « déviants » dans des prisons indignes d’une démocratie après des années d’attente d’un jugement pour des innocents qui en sortent anéantis.

Et pourtant. Je retrouve Montaigne : « Pour moi donc j’aime la vie », et je lutte. Peu importe que sur le chemin de la présidentielle, il me soit opposé les sondages, le refus des médias ou le vote utile. Je ne me soumets qu’au seul jugement des électeurs auxquels je livre un projet cohérent et complet. J’ai pour cela proposé une nouvelle constitution et un livre-programme réconciliant écologie et économie, Ecoresp, pour un New Deal écologique. Le volet sociétal est sur l’établi... Aucun de celles et deceux qui voteront pour moi le 22 avril n’aura à avoir honte de son choix. Je n’incarne pas un vote de rejet, mais l’adhésion à un projet, un vote utile pour mes concitoyens. Je me bats pour que notre futur ait un avenir. Et je crois au pouvoir nouveau du dialogue démocratique par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, grâce à la révolution du pronétariat, selon l’expression consacrée de Joël de Rosnay. Je donne à toutes et à tous un message, et j’appelle celles et ceux qui y adhèrent à le transmettre, à en débattre, à l’enrichir.

Alors nous aurons gagné le pari de l’intelligence collective contre l’arrogance médiatique télévisuelle qui nous sert le brouet indigeste d’une élection déjà faite et croit détenir un droit de propriété sur « du temps de cerveau disponible ».


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151 réactions à cet article    


  • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 décembre 2006 10:55

    A Corinne Lepage

    Merci de votre prise de position que j’apprécie, et que je crois sincère. Une question, cependant. Il existe actuellement une inflation de prises de positions écolo-friendly, et tous azimuths : Nicolas Hublot et son succès de librairie, invité à devenir Vice-Premier Ministre par Fabius-qui-ne-tient-pas-compte-des-sondages, Bayrou qui « intègre » l’environnement, les Verts qui se déchirent (pire qu’au PS !). Tout le monde est d’accord pour taxer le carbone (comme quoi, en France, on râle qu’il ya trop d’impôt, mais dès qu’on peut en ajouter un, on se jette dessus). Bref, l’environnement, c’est devenu tendance, ce que je trouve épouvantable.

    La question la voilà : comment comptez-vous exister médiatiquement pour faire contrepoids à cette débauche écolo, dans le peu d’espace qui reste hors des gros medias ? Et comment comptez-vous faire la différence ?

    En gros, comment ne pas passer pour un gadget ?


    • (---.---.26.214) 11 décembre 2006 11:39

      « J’ai pour cela proposé une nouvelle constitution et un livre-programme réconciliant écologie et économie... »

      C’est exactement ce que font en ce moment tous les partis politiques ! Où est la différence ?

      Après les élections, les programmes passent à la corbeille.


    • T.B. T.B. 11 décembre 2006 12:59

      Frédéric, je pense que Corinne Lepage répond à ta question, en publiant un article sur AV, non ... ???


    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 décembre 2006 13:35

      Eh non, pas tout à fait ! Internet et le pronétariat ne vont pas tout faire...


    • T.B. T.B. 11 décembre 2006 14:04

      En dehors du net (et son wikipédia) point de salut !

      Un ordi pentium 4 tu en trouves maintenant pour 500 euros et le net ADSL (en se passant de FT 13 euros / moi) c’est 30 euros par mois avec téléphonie gratuite (ou vers Suisse 0,3 cm d’euros la minute), 100 chaînes y compris la propagande de France Télévisions sans payer la redevance ... Dur pour certains d’accord mais du domaine du possible quand même. En fait, il s’agit d’un investissement qu’on amortit rapidement en ensuite tu économises et apprends très vite tout ce qu’on nous cachait auparavant (ô paravent).

      Et plus on sera nombreux sur le web plus ça va chauffer pour notre pseudo démocratie « représentative ».

      Je suis sur Free (le moins entubeurs des opérateurs) après m’être fait légèrement entuber par Wanadoo et envoyé une lettre d’insulte à Thierry Breton, aujourdh’ui un escroc de plus à la tête du ministère de l’Economie et des Finances ...


    • (---.---.21.13) 11 décembre 2006 14:44

      je suis tout sauf un gadget et peut-être si j’acceptais de l’être plus ; les choses seraient plus faciles. je ne suis pas présentateur vedette et crois à une certaine éthique même en politique.Je pense que la possibilité d’accéder aux médias dans des conditions &équitables devrait me permettre de convaincre.J’ai sans doute tort d’avcoir eu raison trop tôt, mais auè moins cela permet de proposer quand d’autres en sont encore aux incantations


    • corinne lepage (---.---.21.13) 11 décembre 2006 14:56

      merci de tous les comemntaires, même déplaisants car ils partcipent de la démocratie 1 je me bats pour l’environneemnt depusi bientôt trente ans, ce qui ne me classe pas dans la catégorie des récupérateurs à visées electorale

      2 je me bats contre la corruption en tous genres et milite dans des associations à cette fin

      3 mon projet de constitution propose de nombreuses avancées vers la démocratie participative

      4 je me bats contre l’utilisation du temps de cerveau disponible en pariant sur l’intelligence des gens et leur bon sens.

      5 je ne pense pas que taxer soit la seule solution. Voyez Ecoresp 2 www//atelierdepresse.com


    • T.B. T.B. 11 décembre 2006 14:59

      Tout ou presque sur Corinne Lepage :

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Corinne_Lepage

      ( Erratum transcriptionum : Vers la Suisse et Canada : 0,03 euro / minute, etc )

      C’était qui le post avant : c’était CL en personne ?


    • Jimmy (---.---.178.30) 11 décembre 2006 15:00

      je n’ai jamais entendu personne se plaindre qu’on paye trop d’impôts en France. Que la vie est de plus en plus chère, que le travail est de plus en plus dur, le service public de plus en plus mal assuré, que ça ne peut plus durer ça oui je l’ai entendu. Mais les impôts on trouve cela necessaire pour pouvoir vivre dans une société humaine. Alors ne ment pas.


    • Frédéric Mahé Frédéric Mahé 11 décembre 2006 15:33

      A corinne lepage (IP:xxx.x06.21.13)

      Je ne suis pas sûr que c’est bien vous, mais je vais lire Ecoresp 2. On en reparlera après, ça me prendra un certain temps, je le crains (271 pages).


    • haina (---.---.22.42) 11 décembre 2006 16:38

      Enfin quelqu’un qui va pouvoir me dire ce qu’est un president de la rebublique francaise...(ne le sachant pas je ne peux guere participer a son election)

      @l’equipe : pourquoi il n’y a pas de cadre « reponse de l’auteur » ? smiley


    • (---.---.162.15) 12 décembre 2006 09:20

      Madame Lepage, je veux d’abord dire que vous êtes une femme politique que j’apprécie, et il y en a peu, même... en y ajoutant les hommes. Votre engagement et la foi en votre combat sont respectables.

      Toutefois, j’ai toujours eu quelques réserves, surtout sur votre Oui à la constitution européenne, et aussi sur votre engagement plus à droite qu’à gauche. Votre article m’interroge aussi sur certains points.

      Vous dites appartenir à une génération bienheureuse. Mais c’est de façon assez limitée, puisque vous êtes née en 1951, vous aviez 17 ans en 1968, 22 ans lors du premier choc pétrolier de 1973 et 23 quand René Dumont se présentait aux élections présidentielles. Les problèmes de l’écologie étaient alors posés. Serait-ce que vous avez réagi avec retard à ce grand basculement ?

      Je suis aussi circonspect sur les thèmes brandis du suicide des jeunes et des femmes battues, que j’estime exagérés par quelques sondages récents. Alors que bien d’autes sujets sont oubliés ou seulement effleurés.

      Et puis tout cela manque de révolte et de volonté d’imposer des lignes politiques fortes. Notamment pour s’opposer aux OGM, pour imposer le ferroutage, pour généraliser éoliennes et panneaux solaires...

      Certes, vous dites avec justesse « Osons ce que nous voulons », mais trop souvent il ne suffira pas d’oser pour réussir. Il faudra se battre et savoir imposer la volonté démocratique. Si le ferroutage avait été imposé - plutôt qu’osé - il y a 20 ans, les dégâts des poids lourds commenceraient à sensiblement baisser...

      Le monde politique français est mal fait, les Verts ont une volonté politique bien plus forte mais ils ont des hommes et femmes politiques de piètre valeur (ou un système démocratique qui les brise...). Et c’est vous (bien plus que le sourire d’Hulot) qui avez la stature de nous amener à vraiment changer de direction...

      J’espère que certains Verts sont conscients de cet état de faits et sont prêts à se rapprocher de vous, je souhaite qu’ils puissent vous convaincre de les rejoindre...

      Am.


    • T.B. T.B. 12 décembre 2006 10:41

      1984 : Softwar (La guerre douce), Thierry Breton - Denis Beneich, Ed. Robert Laffont, Paris thriller technologique. Thierry Breton, après de nombreuses années, a concédé, devant un journaliste du mensuel économique l’Expansion, que l’essentiel du livre a en réalité été écrit par Denis Beneich, lequel lui attribue « l’idée » qui est à la base du roman.

      2005 : perquisitions ordonnées par le juge Henri Pons dans le bureau ministériel de Thierry Breton à Bercy. La justice cherche à établir l’implication du ministre dans des malversations financières concernant l’entreprise Rhodia dont le ministre était membre du conseil d’administration et président du comité d’audit jusqu’en juin 2002 (affaire Rhodia). Les perquisitions visent aussi à établir des preuves sur une autre affaire concernant la cession à bas prix de Canal+ Technologies à Thomson Multimédia, société dont Thierry Breton était PDG jusqu’en septembre 2002.

      Octobre 2002 : TB (me suis trahi !) PDG de France Télécom et donc de Wanadoo, date de mes déboires avec Wanadoo. D’où ma lettre, pas d’insultes en réalité, mais plus que mordante.

      Quant à Free, même le moins entubeur, ça reste un entubeur. Voir Autorité de Régulation des Télécommunication, ART qui ne fait pas non plus son boulot.

      Pour Corinne Lepage : je ne fait pas la manche. Votre démocratie participative je n’en veux pas. De toutes façons elle existe déjà grâce au net car Bayrou, le sénateur maire Alain Lambert (qui a voté pour les OGM, l’UDF s’étant abstenu) et vous-même plus quelques « petits » candidats sont amenés à venir discuter avec nous de plus en plus souvent. Pour moi, c’est démocratie directe ou rien. Les mesurettes faussement démocratiques style Ségo, non merci.


    • Dolorès BAUDELOT (---.---.158.120) 12 décembre 2006 10:42

      à Frédéric MAHE.

      Merci de votre soutien. Une nuance toutefois, ne faîtes pas que « croire sincère » Corinne LEPAGE, elle l’est profondément.

      Comment faire médiatiquement afin que Corinne LEPAGE ne soit pas considérée comme « un gadget » (vos mots) ?

      Si vous avez, vous, le pouvoir d’intervenir auprés des médias, MAIS PAS SEULEMENT, alors, agissez, ne laissez pas passer les perspectives d’avenir qu’Elle proposent dans le respect des Etres et de la Nature.

      Dolorès BAUDELOT


    • Pascal (---.---.142.135) 13 décembre 2006 12:59

      « Internet et le pronétariat ne vont pas tout faire... »

      Les pronétaires disposent d’un outil remarquable pour créer et entretenir une nouvelle dynamique.

      L’étape suivante du travail consiste à investir l’agora des origines, c’est à dire la place publique où on touchera toute la population à un moment ou à un autre.

      Alors cette population se rendra compte qu’il se passe autre chose que ce qui se dit à la télé (qui représente la seule source d’information politique pour 80% de la population).


    • Hervé (---.---.201.200) 18 décembre 2006 18:11

      Je ne doute pas de la sincérité de Corinne Lepage mais j’aimerais avoir son point de vue sur ces 5 années d’une régression sociale jamais vue en France depuis longtemps (faut-il le répéter, due à une politique de droite dure d’enrichissement des plus riches et d’appauvrissement des plus pauvres)et, d’un point de vue environnemental, des projets d’EPR du gouvernement actuel. + d’infos sur Réseau « Sortir du nucléaire » - Fédération de 765 associations http://www.sortirdunucleaire.fr merci !


    • Jérémie (---.---.158.81) 11 décembre 2006 11:10

      « Dialogue démocratique » ? Les politiques en parlent juste avant chaque élection. Une fois élu, c’est le passage en force. Au fond, les différences de programme sont minimes et de façade et de toute façon après les élections ils font ce qu’ils vaulent.

      La réalité ? L’appauvrissement progressif des Français, et certains rapellent le mot « prolétarisation ». Ce matin, il y avait cet article sur le blog de De ço qui calt ?

      http://fr.360.yahoo.com

      Prolétarisation des Français, fausses classes moyennes et mirage d’intégration à l’ordre économique

      A l’approche des présidentielles de 2007, les futurs candidats promettent aux Français l’écoute et la proximité pour, semble-t-il, affronter les défis de notre époque, les changements qui seraient devenus nécessaires. A quelques formes près, le discours est partout le même : monde en pleine mutation, nécessité de s’y adapter... En clair, on nous offre de l’accompagnement pour les coups durs qui s’annoncent dans le cadre d’un système économique mondialisé auquel « nos élites » n’ont aucunement l’intention de s’opposer. Au même moment, on voit apparaître des analyses qualifiant de « classe moyenne supérieure » les Français qui gagnent plus de deux fois un plafond équivalent à 1.16 fois le SMIC. Et ceux dont les revenus dépassent 1.143 euros nets mensuels seraient des « classes moyennes » à qui il appartiendrait de « se montrer indispensables dans l’ordre économique ». Mais que signifie un tel discours, à l’époque du dumping social et du marché mondial de la main d’oeuvre ? Ce dont les statistiques font vraiment état, c’est d’une prolétarisation et d’une précarisation générales de la population française.

      Il y a trente ou quarante ans, on entendait déjà parler de prolétarisation des couches moyennes. Ceux qui l’évoquaient étaient souvent traités de « totalitaires marxistes ». On les accusait même de vouloir amener le Goulag en France. Mais avaient-ils tort dans leur analyse ?

      Et les médias bien-pensants qui promettaient aux Français un bonheur croissant, au développement incessant et perpétuel grâce au « progrès économique et technique », avaient-ils raison ? Les faits confirment-ils cette annonce ? Ne s’agissait-il pas, en réalité, d’une propagande politique destinée à faire croire que les problèmes de la société allaient se résoudre tout seuls, sans un changement politique radical ? Où en est-on après trois décennies de politique unique et toujours des mêmes discours et promesses ?

      Les Editions du Seuil et La République des idées ont récemment publié un ouvrage intitulé : « Les classes moyennes à la dérive », du professeur à Sciences Po Louis Chauvel. Il fallait s’y attendre. Il semblerait qu’en France, pour être jugé « crédible » sur des questions de société, il faille être énarque, ou professeur à Sciences Po, ou quelque chose d’équivalent. Et peu importe que des dirigeants issus de ces écoles de la « pensée unique » aient déjà été à l’origine d’un certain nombre d’échecs graves dans la gestion de grandes entreprises ou d’établissements publics. Pour ne pas parler de leur rôle dans la direction politique du pays depuis une bonne trentaine d’années. Car, « brillantes analyses » à part, ce que l’on retire des chiffres, c’est que la situation sociale de la France est devenue catastrophique.

      (...)

      Les dictionnaires qui assimilent prolétariat et travail manuel on tort. Un prolétaire vend sa force de travail, manuelle ou intellectuelle, et ne participe pas aux profits découlant de l’exploitation de ce travail. C’est aujourd’hui le cas de la très grande majorité de ce que le professeur Chauvel appelle les « couches moyennes », voire même d’une partie de ce qu’il voudrait ériger en « groupe élitaire » mais dont les revenus sont inférieurs de deux ordres de grandeur à ceux d’un PDG. Le prolétariat comprend aujourd’hui, en tout état de cause, plus de 95% de la population française. C’est la deuxième réalité qui dérange, par les implications politiques que pourrait avoir une prise de conscience collective de ce phénomène social nouveau. Mais les faits sont là : comment valablement assimiler aux « classes moyennes » un revenu annuel de quarante-mille euros nets, alors qu’il faut plus de six fois cette somme pour s’acheter un petit logement ? On a affaire à du prolétariat « aisé », par rapport à la situation de misère et de précarité scandaleuses de ceux qui gagnent moins que le SMIC, mais pas plus. La « prospérité de la France » a cessé d’exister. Quant aux différents métiers et professions, ils ont été progressivement privés de leur autonomie et de la reconnaissance de leur qualification, la mondialisation et le dumping social aidant. Et, comme le reconnaissent tous les experts du système, la délocalisation de capitaux et entreprises se poursuivra à la recherche de salaires encore plus bas, sans qu’aucun des grands partis politiques qui sollicitent le vote des Français n’ait la moindre intention de l’empêcher.

      Contrairement aux thèses de Louis Chauvel, il n’y a pas dans la France actuelle une multiplicité de « classes » mais une grande classe de prolétaires tendant de plus en plus à englober la quasi-totalité de la population, en face d’une « élite » très restreinte qui cumule des masses croissantes d’argent et des avantages de plus en plus scandaleux. Analyse « marxiste » ? Certains le diront, mais je pense qu’ils auront tort. Aujourd’hui, une telle constatation ne relève pas de la doctrine mais du simple bon sens. La notion de « nation » de la Révolution Française et celle de « prolétariat » du mouvement ouvrier du XIX siècle ont fini par fusionner sociologiquement à peu de chose près. Telle me semble être la donnée nouvelle, et la réalité gênante que les « élites » politiques s’emploient à étouffer mais qui explique leur coupure avec la population du pays.

      (...)


      • Jérémie (---.---.158.81) 11 décembre 2006 11:13

        Je n’avais pas mis le lien complet. C’est :

        http://blog.360.yahoo.com/quicalt

        ou bien :

        http://fr.360.yahoo.com/quicalt


      • Jaimz (---.---.101.8) 11 décembre 2006 14:25

        Vraiment intéressant votre commentaire sur la définition des classes sociales modernes, on constate en effet un découpage binaire entre ceux qui travaillent et ceux qui profitent du travail de ces derniers. Tout en maintenant assez d’inégalités au sein de la classe « productive » pour stimuler les motivations d’ascenssion sociale et de protectionisme personnel qui empêchent les gens de comprendre et de se révolter contre cette manipulation. Ceci ajouté au fait que les gens sont pauvrement instruits, et volontairement maintenus dans cet état, et l’on comprend alors pourquoi personne ne voit que nous retombons dans le même système que pendant le Moyen-Age et le féodalisme. La vérité à notre époque c’est que soit on est un nanti (le mot élite me dégoute) et on dirige, soit on est un soumis (prolétaire c’est joli aussi) et on accepte notre sort sans rien dire...


      • (---.---.198.3) 12 décembre 2006 11:44

        Et quel « dialogue démocratique » dans Agoravox ? On a l’impression qu’une clique de mini-manitous politiques s’est emparée de la modération. Moins ils représentent par rapport à l’ensemble des Français, plus ils cherchent à tout noyauter.

        Je constate que De ço qui calt ? est un auteur d’Agoravox, et que cet article paru dimanche sur son blog aurait dû normalement paraître sur Agoravox lundi mais apparemment ce n’est pas le cas. A la place, on nous submerge de véritable racolage politicien.


      • Quitterie Delmas (---.---.54.169) 11 décembre 2006 11:18

        Oui Madame, votre analyse est juste. J’espère que le premier tour des Présidentielles nous donnera l’occasion de nous battre côte à côte dans un gouvernement d’union nationale autour de celui qui saura rassembler les français, les femmes et les hommes de compétences,et non au titre de leur clan partisan, sur un programme de réformes ambitieux et cohérent pour notre avenir et celui des générations futures !


        • John (---.---.119.14) 11 décembre 2006 14:49

          Mais qu’est ce qu’attendent Corinne Lepage et François Bayrou pour s’allier ensemble ? En regardant leurs programmes il est saisissant de voir les similitudes qui existent.

          Si on veut vraiment qu’une troisième voie émerge, en dehors de la voie Le Pen, il faudra peut-être commencer à oublier les petites querelles passées et à s’asseoir autour d’une table.

          Car quand on dénonce quotidiennement la dictature du duo Sego-Sarko, il faut ensuite se donner les moyens pour la faire tomber.

          Et avant de faire l’union nationale, il faudrait déjà que les différents candidats qui sont sur cette même longueur d’ondes commencent par s’entendre car ce qui les divise me semble vraiment minime. Et il n’y pas que Bayrou et Lepage dans cette mouvance.


        • parkway (---.---.18.161) 11 décembre 2006 16:52

          à John,

          voilà une bonne question !

          tu peux toujours attendre la réponse de bayrou !

          IL est devenu vachement bien juste pour les élections !

          Bizarre,bizarre !


        • Eric (---.---.250.46) 12 décembre 2006 09:30

          Tu as raison mais qu’attend François Bayrou pour prendre l’initiative de réunir des personnalités et courants animés par la même volonté de soutenir une 3ème voie d’union nationale au-dela de la gauche et de la droite ?


        • Jean-Christophe Loric jean-christophe 11 décembre 2006 11:32

          100% d’accord avec votre projet, votre démarche et votre philosophie.

          Les gens ont un violent besoin de sortir de cette culture de consommation egocentrique et boulimique. Tout projet consistant à se rassembler autour de valeurs d’entraide, de solidarité, de respect de l’autre et de son cadre de vie est utile.

          Mais effectivement, les machines electorales en face de vous utilisent les armes de cette consommation brutale. Plan média, sourires ultra brite, poignées de main internationales... bientôt il sera écrit ’Nouveau’ ou ’Promotion’ ou Offre spéciale Lot de 2 : 1 ségolène achetée, 1 chevenement offert’ etc... Vous essayez comme N Hulot de provoquer la prise de conscience en dehors des clivages habituels droite / gauche. Bayrou est dans une démarche similaire sur l’Europe par exemple, Kouchner sur la santé. Posez-vous cette question : si vous pouviez demain former un collectif avec tous ces acteurs de poids partageant cette philosophie, quel serait-il ?

          l’extreme gauche essaie d’accoucher d’une candidature anti-libérale. Pourquoi le centre, les verts, etc ne feraient-ils pas de même ?


          • albert (---.---.102.40) 11 décembre 2006 11:34

            Bonjour,(sans allégeances particulières)-Qui peut contredire de telles constatations ? -Par une augmentation exponentielle de la producivité ,le « pouvoir » est passé de la production à la distribution- Je vous souhaite Le courage etla persévérance Suggestion toute personnelle (et bénévole)Pourquoi ne pas rechercher alliance et confiance avec celles et ceux qui partagent votre inquiétude ?Bonnes Fêtes de fins d’année


            • T.B. T.B. 11 décembre 2006 11:44

              Je me sens proche des idées de Corinne Lepage (d’ailleurs il y a 2 ans en répondant à un questionnaire sur mes choix politiques un site web m’indiquait que CAP 21 me correspondait le mieux, à ma grande surprise ... ).

              Excellent article également.

              Reste pour moi la grande et rémanente question qui me tient à coeur : Corinne Lepage a-t-elle l’intention, dans son programme, de permettre enfin aux français de s’exprimer par la voie des Référendums d’Initiatves Populaires (ou Ctoyennes, RIP ou RIC) ? Et si oui, combien de signataires pour chaque pétition pour ouvrir sur un référendum ? 1, 2, 3, 4, ou 5 % de la population électorale ? Je rappelle que Bayrou « ose » 5 % alors que pour Mourguy, l’Italie ou la Suisse (système déjà institué) c’est 1 % ...


              • Eric (---.---.250.46) 12 décembre 2006 09:39

                Ci-joint quelques unes de ses propositions en matière de démocratie participative et d’amélioration du fonctionnement de nos institutions :
                - Un renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement
                - La reconnaissance d’une véritable démocratie participative grâce à un Conseil de la Société civile élu, chargé d’assurer la participation de la société aux grands débats, d’émettre des propositions, d’évaluer la mise en œuvre des politiques publiques
                - La reconnaissance de nouveaux droits pour les citoyens : réclamer un référendum, demander l’examen d’une proposition de loi, ...
                - La création d’un statut des élus interdisant le cumul des mandats
                - La limitation à deux mandats successifs des fonctions de parlementaire
                - L’inscription de la liberté de l’information dans une loi.
                - La limitation du secret défense à la sécurité nationale sous contrôle du parlement.

                Je vous invite à lire son projet de nouvelle constitution sur le blog : http://presidentielle-corinne-lepage.over-blog.com/


              • Michel (---.---.123.222) 13 décembre 2006 23:29

                « Je rappelle que Bayrou » ose « 5 % alors que pour Mourguy, l’Italie ou la Suisse (système déjà institué) c’est 1 % ... »

                Système déjà en place DEPUIS DES DECENNIES en Suisse. Ne pas oublier non plus le référendum obligatoire qui concerne notamment tous les questions européennes. Si on avait ce genre d’outil démocratique en France, on aurait pas attendu treize ans (! !!) entre le traité de Maastricht et le TCE pour voter. Ecarter les citoyens des traités d’Amsterdam et de Nice, c’était un attentat anti-démocratique. En Suisse, c’est tout simplement impossible à cause du référendum obligatoire.

                Pour Corinne Lepage, un exemple d’initiative populaire fédérale (= nationale) écologique que vont lancer les Jeunes Verts contre les 4x4 en ville :

                http://www.jungegruene.ch/f/actualite/?p=136

                L’initiative sera suivie du vote des citoyens si elle aboutit (100000 signatures en 18 mois).

                c’est pas Cap21 qui est en mesure de lancer ce genre de chose en France ! Pour la bonne et simple raison que la constitution française ne lui permet pas.

                Comme Corinne Lepage mentionnait les OGM, je l’encourage à regarde le film-documentaire « le génie helvétique » (je vous accorde très volontiers que le titre est fort pompeux !)

                http://www.maisimbundeshuus.ch/f.htm

                qui retrace le parcours parlementaire de la GenLex, une loi sur les OGM dans la production agricole suisse. La loi fut adoptée parlement sans la partie la plus controversée, celle d’un moratoire. La majorité (courte) des parlementaires n’en voulait pas. Une initiative a été lancée (notamment par certains protagonistes du film) pour l’instauration d’un moratoire.

                http://www.admin.ch/ch/f/pore/va/20051127/det520.html

                elle ne fut ni soutenue par le parlement, ni par le conseil fédéral (la plus haute instance de l’executif)... mais fut acceptée par les citoyens à 56%. Exemple parfaitement illustratif de la paricipation (active, par l’initiative et le vote) des citoyens et de l’équilibre des pouvoirs entre citoyens et leur représentants.

                Bref osez la démocratie directe, Corinne Lepage ! Si vous n’osez pas ça veut dire, selon votre slogan (« osons ce que nous voulons ») que vous n’en voulez pas. Si c’était le cas, je l’invite à exposer son argumentation.

                Démocratiquement votre. Michel

                PS : les articles-clé de la constitution suisse concernant la démocratie directe :

                Le référendum obligatoire : http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a140.html

                Le référendum facultatif : http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a141.html

                Initiative populaire : http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a139.html

                Toutes les votations fédérales (=nationales) et leurs objets :

                http://www.admin.ch/ch/f/pore/va/liste.html

                cliquez sur une date, ça donne les objets soumis à votation, et vous obtenez plus de details en cliquant sur « détails sur cet objet ».


              • Johan Johan 11 décembre 2006 11:47

                Mme la Ministre,

                Ne doutez jamais du bien fondé de votre candidature. Nicolas Hulot fédère car il ne fait de politique, vous assumez la nécessité de s’impliquer dans le pouvoir, avec tous les sacrifices que cela emporte. Les français n’en sont pas dupes.

                Doit on porter une politique exemplaire de mesure, avec les pertes de compétitivité que cela induit, ou peser sur la scène internationale pour endiguer ce dumping environnemental ?

                J’aurais envie de dire qu’une politique stricte au niveau national donne le crédit pour parler à l’international, mais j’en doute de plus en plus : la protection sociale haute du modèle rhénan ne fait plus d’émules, au contraire : pour maintenir les investissements il faut le moins possible réglementer.

                Mme Lepage, si l’on résout le problème environnemental au niveau mondial, alors nous aurons débloqué la lance qui est dans notre flanc : la stratégie de « cavalier seul » au sein de l’OMC. De nombreux yeux observent, en attendant fébrilement une issue meilleure.

                En attendant, puisqu’on ne sauvera pas la Terre seuls, nous poursuivrons cet objectif sans relache, pour la noblesse de ce combat.

                Osons le vouloir smiley


                • T.B. T.B. 11 décembre 2006 12:38

                  « Nicolat Hulot fédère car il ne fait pas de politique » ... ???

                  On voit la trombine de NH depuis 25 ans à la télèche. Il a été choisi (ayant préalablement fait ses preuves à la radio en vantant le bruit et la pollution des deux-roues motorisés, voir Wikipédia) par les grands goupes les plus pollueurs de la planète - Rhône Poulenc aujourd’hui Aventis, l’Oréal qui finance sa fondation et produit les cancérigènes bains-douches et déodorants USUAIA et EDF qui le chouchoute pour dire du bien du nucléaire - pour s’en servir de paravent « bonne conscience » et endormir le français moyen, très moyen.

                  Si tu passes à la télé, tu peux être sûr que c’est pour promouvoir quelqu’un ou quelque chose. Si tu obéis bien aux consignes ou si la popularité t’emporte tu peux largement en tirer profit.

                  - Kouchner faisait-il de la politique ? Co-fondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde, ancien ministre, député européen et haut fonctionnaire de l’ONU (nullissime mais bien rétribué dans sa gestion du Kosovo).
                  - Elodie Gossuin miss France 2001 faisait-elle de la politique avant de devenir conseillère régionale de Picardie ?
                  - Le juge Thierry Jean-Pierre ou Cavada avant de devenir députés européen ?
                  - Bernard Tapie ? ETC

                  Les exemples ne manquent pas ...


                • Calvino Pranef 11 décembre 2006 11:50

                  Bonjour,

                  Exposé intéressant et constat assez fidèle à la façon dont je perçois la France aujourd’hui.

                  Quelques interrogations m’interpellent cependant :

                  Vous qui êtes de cette génération de profusion, seriez-vous prête à faire des sacrifices au nom de l’avenir ? Parce que, selon moi, si la France n’évolue plus, c’est d’une part parce que le gouvernement raisonne en terme de croissance et d’autre part parce que votre génération se raccroche à ses privilèges et à ses conditions et refuse de changer son mode de consommation (ne garder qu’une voiture par foyer par exemple).

                  Des idées, vous en avez, nous en avons, le problème est de les mettre en place et de les faire accepter par les différents organismes décideurs. Pensez-vous qu’il soit possible aujour’dhui de faire passer un texte qui consiste à comptabiliser le vote blanc lors des scrutins (par exemple) ? Ou de rendre anonyme le vote à l’assemblée, ce qui aurait pour bienfait de laisser libre choix à chacun des acteurs sans qu’ils n’aient à subir aucune pression ?

                  Bref, comme vous le dites beaucoup de combats sont menés, mais le vrai combat, celui de l’avenir de la France, je ne vois personne qui en soit capable. J’ai envie d’y croire, je n’aspire qu’à ça, mais le quotidien me prouve que je suis en train de placer mes espoirs dans ce qui ne restera qu’un doux rêve ...

                  Calvino


                  • Fred (---.---.155.75) 11 décembre 2006 12:23

                    Je ne veux pas jouer le pessimiste ici mais les gens aiment souvent debattre des choses qu’il faudrait faire mais esperent toujours que ce soit les autres qui le fassent. Une partie de la population veut que la France fasse beaucoup plus de social et donne encore plus d’argent, hors lorsque l’on regarde le don prive on s’apercoit que peu de gens donne, donc beau discours mais peu d’acte. Avec l’ecologie, c’est la meme chose ; beaucoup de mes collegues critiquent les US et leur politique d’environnement (j’ai vecu la-bas et ma femme est Americaine) mais quand je leur dis qu’ils pourraient prendre les transports en commun (mon epouse et moi-meme n’avons pas de vehicule) la les excuses arrivent : ce n’est pas pratique avec les enfants, les transports en commun prennent du temps...comme d’habitude beaucoup de discours mais peu d’acte. C’est une mentalite tres Francaise ou nous aimons dire aux autres ce qu’ils doivent faire mais nous ne l’appliquons jamais a nous-memes.


                    • vince (---.---.40.19) 11 décembre 2006 17:48

                      Peut être que les gens ne donnent pas parce qu’ils n’ont plus rien à donner... vous n’y avez jamais pensé ?


                    • Fred (---.---.155.75) 12 décembre 2006 10:52

                      Quand on voit la masse de choses inutiles que les gens continuent d’acheter, on se dit qu’ils pourraient donner a des oeuvres caritatives plutot que de s’acheter ces choses. Encore une fois c’est une question de choix comme l’article sur l’ecologie ou les gens en parlent beaucoup mais continuent a utiliser leur vehicule tous les jours parce que c’est plus pratique ou alors les gens qui se plaignent de la globalisation mais achetent tous leurs produits en grandes surfaces. Soit on a des idees et on les met en pratique, soit on ne dit rien.

                      Je ne veux pas dire aux gens ce qu’ils doivent faire, trop de monde le faitt ; de plus vous avez raison beaucoup de gens n’ont plus d’argent a la fin du mois et meme si il leur en reste ils peuvent le depenser comme bien leur semble meme en achats inutiles, c’est leur argent (mon premier paragraphe etait bien sur sarcastique). Mais il faut que les beaux humanistes socialistes arretent de nous dire qu’il faut faire plus de social si eux dans leur vie ne sont pas prets a vivre suivant ce principe la ; genre tous les fonctionnaires qui touchent suffisemment mais qui sentent bon de faire greve car leur augmentation a ete inferieure a l’inflation alors que des gens en France crevent dans la rue. C’est ca le socialisme ? Moi aussi je veux bien etre socialiste avec un emploi protege a vie a dire ce qu’il faut faire pour que ca aille mieux mais sans jamais passer a l’acte d’aider son prochain. On dirait les conservateurs Chretiens Americains, plein de morale mais des qu’il s’agit de suivre leurs propres idees il n’y a plus personne.

                      ps : pour tous les socialistes qui aident, ce message ne s’adressait pas a vous et chapeau.


                    • tuladis (---.---.169.253) 11 décembre 2006 13:08

                      Si une candidate propose d’aller voir son programme (Constitution,programme économique), c’est parce qu’elle ne prétend pas répondre avec un seul txt... Râler toujours, contre tout, c’est défoulant mais ca ne ralentit pas la vitesse de la machine qui nous mène droit dans le mur. D’ailleurs c’est carrément changer de direction qui est nécessaire. Et puis de toute façon, elle écrit que nous nous fassions une idées de ces idées et de les relayer si nous les partageons pour lutter contre la mainmise économico-médiatique. Bref de faire vivre notre démocratie.


                    • doukseti (---.---.43.38) 11 décembre 2006 13:56

                      à Talleyrand. Votre argument est boîteux. Faut-il se taire ? La grand messe va avoir lieu. Alors ne nous gâchez pas le plaisir d’entendre tous les sons de cloches. Et, je dois dire, il en est de plus séduisants que d’autres. L’espérance n’est-elle pas la fontaine du bonheur ?


                    • Orange mécanique (---.---.85.40) 11 décembre 2006 15:41

                      Effectivement il semble plus facile d’accorder du crédit à un personnage médiatique, qui découvre l’écologie sur le tard et qui en fait son fond de commerce.........et vous aurez l’air malin avec un deuxième tour Hulot/Lepen


                    • tuladis (---.---.169.253) 11 décembre 2006 18:07

                      Oui il est amoureux de la Nature, celle qui est en dose massive dans les shampoing Ushuaïa (Paraben et autres cancérigènes). Il va nous la faire longtemps l’apolitique salarié de TF1 (Star Ac and Co ?) et sponsorisé par les grandes ONG de protection de la nature (L’Oréal, TF1 ; EDF, ASF...). Vous aimez les 4X4 :

                      http://www.investir-en-tunisie.net/news/article.php?id=410.

                      et pour la suite de ce programme réjouissant :

                      http://www.decroissance.org/index.php?chemin=textes/hulot.htm

                      Nicolas Hulot nous la joue saint et dis ne pas percevoir de royalties sur les produits dérivés Ushuaïa : bien sûr c’est la société Eole Conseil qui touche, soit en 2003 un CA de 620 000 euros et 240 000 euros de bénéfices et dont l’actionnaire et gérant est... Nicolas Hulot (Le Parisien, mercredi 22 novembre 2006) Mais quel pays !!!!!!! La question de notre survie sur terre est posée, nous ressentons directement les conséquences du réchauffement (été caniculaire et automne le plus doux depuis 500 ans...) et les bousilleurs de planète associés à Nicolas Sarkozy (pour détail Martin Bouygue est le parrain du fils de Sarko) nous sortent le Hulot Médiatique et piquant des voix à Ségolène Royal, il a tout pour lui. Au moins Lepage ne traîne pas avec ces s... décidément le cynisme est sans limite et la propagande consumériste pleine de ressources


                    • Trooper.66 (---.---.217.64) 11 décembre 2006 19:02

                      Merci de remettre les pendules à l’heure sur tous ces « gens » qui s’engagent. Mais juste un commentaire sur les propos de Nicolas H : il a proposé son pacte à tous les candidats, OK, mais ... même à Le PEN ( c’était sur le plateau de l’émission de France Europe Express). Je vous demande de chercher l’erreur. Alors, si je comprends bien, nous pourrions avoir un pays dirigé par des fachos, mais... avec un programme écolo. Je n’ai pas remarqué de journalistes, ni d’observateurs ayant relevé ce paradoxe.

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