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Ville et territoire

Notre société est de plus en plus segmentée. Pour résoudre un problème personnel, nous devons souvent faire appel à plusieurs personnes, plusieurs administrations, plusieurs services…

Trouver et appliquer des solutions globales en matière de développement durable relève du même exercice. Nous vivons dans un monde multipolaire dans lequel seule la coopération nous permettra de bâtir un modèle de société durable.

L’unité de référence de cette coopération doit être le territoire réel. Pas le territoire administratif ou juridique mais bel et bien le territoire naturel, le bassin de vie. Nous devons passer d’une logique institutionnelle à une logique de territoire ou l’homme retrouvera toute sa place, ou nous n’opposerons pas l’être humain et son environnement naturel.

Cette nécessaire coopération devra repenser l’intérêt collectif en limitant le cloisonnement et en garantissant malgré tout l’individualité de chacun. Pas question de retomber dans les travers des logiques collectivistes. Pour cela, les pouvoirs publics doivent différencier le « besoin » de la « demande » des usagés. La somme des demandes individuelles n’est pas égale à l’intérêt général.

Cet exposé, très théorique j’en conviens, peut malgré tout faire l’objet d’une application simple et directe sur notre manière de penser la ville.

La ville de demain sera polycentrique afin de militer les déplacements et faire naître les solidarités. Une manière de « recréer » nos quartiers d’antan sans les opposer au progrès technique et sans rechercher l’ « éternel hier ».

Le ville de demain aura une forte mixité fonctionnelle afin de ne pas cloisonner les activités. A titre d’exemple, de plus en plus d’entreprises « découpent » leur grand ensemble de bureaux en plus petit bassins d’emplois, répartis sur le territoire, favorisant ainsi la motivation de leurs salariés (qui ne passent plus 1h dans les transports en commun) et un développement territoriale équitable. Les nouvelles technologies, la vidéo-conférence par exemple, résolvent naturellement les problèmes techniques liés à un tel étalement.

La ville sera aimable et sensuelle, grâce à la contribution des artistes urbains. Nous avons trop souvent tendance à favoriser « l’ingénieurerie » par rapport à l’esprit dans la construction de nos projets.

Nous ne devons pas pour autant être dogmatique et croire qu’un cahier des charges parfait existe pour nos « éco-villes » ou nos « éco-quartiers ». Là encore, le territoire doit être notre référence. Les territoires sont différents, les projets doivent l’être tout autant afin de s’intégrer durablement.

 

Fabien ROBERT

Maire-adjoint de la ville de Bordeaux

www.fabienrobert.com

Pour que ce mieux vivre-ensemble urbain prenne tout son sens, une très forte volonté politique semble nécessaire.


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3 réactions à cet article    


  • Christian Delarue Christian Delarue 26 octobre 2009 14:34

    Il est exact que la segmentation trop forte est un danger issu de la dynamique citoyenne qui pousse à lla démocratie locale (quartier, ville). Contre ce danger, il y la dynamique inverse, de centralisation, qui est réelle mais sans intervention citoyenne. Il n’y a pas plus d’intervention citoyenne dans les « pays » ou les seuls intervenants sont les experts, le patronat local, les syndicats. C’est là une logique de gouvernance mais pas de la « démocratie participative ».


    • Michel DROUET Michel DROUET 26 octobre 2009 15:27

      Au travers de cet article, vous posez la question de l’aménagement du territoire : dans quel cadre cet aménagement s« exerce t-il au mieux ?
      Les centralisateurs vous dirons qu’ils faut piloter les choses depuis Paris, les élus locaux auront tendance à dire que c’est eu niveau local que cette politique trouve sa pleine expression. Encore faut-il s’entendre sur cette notion de niveau local qui fait beaucoup débat en ce moment avec le projet de réforme des collectivités locales et qui semble beaucoup oublier le citoyen.
      L’ennui, c’est que pour aménager le territoire, il faut aussi de l’économie et là, les politiques ne maîtrisent plus grand chose : ce sont les entreprises, les industries, qui répondant de plus en plus à la logique financière, délocalisent leurs activités dans les pays à bas coûts salariaux.
      Le »territoire réel" que vous évoquez est une coquille vide. Aujourd’hui, pour les financiers ; c’est le monde le territoire réel et l’homme n’est pas près d’y trouver sa place.


      • Nadir BOUMAZA Nadir BOUMAZA 31 octobre 2009 12:48

        J’apprécie votre article et votre positionnement. Ce que vous défendez est formalisé depuis assez longtemps t de diverses façons par la pensée scientifique critique et peut s’appuyer sur un socle théorique solide (cf F. CHOAY, Pour une anthropologie de l’espace, le projet local, A. MAGNAGHI ) lequel permet de conforter les choix politiques. Oui le territoire constitue le meilleur cadre pour réorganiser le rapport des hommes à leur milieu, sur la base d’une maitrise locale des techniques, des technologies, des implantations et des pilotages des d’entreprises (donc de l’emploi et de l’investissement), de l’innovation qui peut s’alimenter dans les traditions savoirs faire, des nouvelles valeurs environnementales et écologiques.etc. Les obstacles à cette perspective se trouvent dans le fonctionnement de la classe politique et dans ses complicités irresponsables, avec les intérêts constitués dans les systèmes productifs générateurs de délocalisation et de dévitalisation culturelle et technologique des « pays » et des populations. Le local modernisé et à l’écoute du monde voilà le cadre de mobilisation d’avenir. Nadir BOUMAZA

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