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Carl

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  • Carl 11 octobre 2009 21:42

     


    Mouais... pas convaincu par cet article. Je me prononcerai pas sur le bouquin de Wolton que je n’ai pas lu. Mais d’abord :
    S’il y a bien deux termes dans la langue, c’est donc qu’il y a bien une différence, voire deux notions différentes, voire même deux concepts bien qu’il soit évident qu’ils sont connexes. A moins de précisémement de considérer que cette différence est elle-même est idéologique, pour cacher les intérêts inavouables des journalistes et cela...au profit de quoi ?.De la communication et des communiquants ! La communication serait le grand englobant... ce qui me semble particulièrement dangeureux.
     Dabord d’un point de vue strictement théorique la communication est un lien entre un émetteur et un recepteur qui demeure indifférent à ce qu’il communique, elle est comparable à un conduit, canal, une ligne (téléphonique) un réseau (genre Facebook) ou tous autres moyens. En ce sens aussi un journal est un support papier qui participe de ce qu’on appelle les techniquesde communication (l’imprimerie) de la même manière qu’Internet de façon plus élaboré.
    Donc faire de la communication, et on voit depuis longtemps le nombre incroyables de formations universitaires dans ce domaine, c’est simplement maîtriser les différents outils de communication avec toujours une indifférence complète quant au contenu. Et quand contenu il y a, on parle alors d’un message, qui même codé, est relativement simple. Pourquoi ? Parce que plus il sera simple, plus il touchera l’émotion du recepteur par la puissance évocatrice du mot. (un mot, une couleur, un vêtement sont des codes culturels). Par exemple, en vous habillant de telle façon vous utilisez, de façon plus ou moins consciente, une technique de com. Mais l’intention ici n’est jamais attesté : vous pouvez vous désintéresser de la mode, et des vêtements en général, car ce n’est pas votre manière d’exister ou de vous exprimer, inévitablement votre façon de vous habiller parlera pour vous que vous le vouliez ou non ! Vous ne donnez pas ici une information, puisque toute personne qui décodera votre vêtement sera obligé d’alléguer des vérités invérifiées. Il ne fera que des allégations à partir d’indices. 
    Ce n’est pas étonnant donc que ce domaine de la communication qui elle pour le coup se pare de la qualité parfois de la science, avec toute la connotation très favorable qu’elle reçoit dans le grand public, devient l’outil idéal du monde de la pub, mais aussi des politiques et de nombreuses entreprises qui précisément, contre l’information, veulent la contrecarrer, autrement dit l’influencer pour mieux contrôler leur image. La technique, elle, peut être très élaborée le message lui doit être simple, clair, sans ambiguïté, incontestable. Autrement dit revêtîr les carractères prétendument et généralement accordés à la science.
    Or, l’information journalistique se veut différente, (même si elle n’échappe pas aux codes de la communication), car le journaliste travaille à la vérification des faits et à leur établissement, ce qui consitue, au final, la nature même d’une information. Théoriquement il cherche d’abord à rendre compte d’une actualité dans sa complexité (non pas rendre compte d’un fait mais d’une série de faits articulés) dans un souci ( toujours théoriquement) d’objectivité qui n’est pas comme on le sait le renoncement à la subjectvivité, mais l’acceptation de celle-çi, d’une subjectivité ouverte qui tend à faire l’effort d’intégrer la possibilité de visions subjectives autres, voire opposées. Ce qui n’est pas le cas de la communication qui s’accomode très bien de stratégies et de manipulation pour faire valoir une vérité et non des faits.

    L’information ce n’est pas seulement un article, ni même un journal, mais plusieurs articles, plusieurs journaux. Je dirais même que c’est sa vertu, puisqu’elle se veut plurielle. Par nature elle est donc ouverte à toutes les contestations. Ces informations sont-elles pour autant réductible à une communication, cad une technique orientée en vue d’influencer ? Non, à moins de faire un procès d’intention aux journalistes.. qui aujourd’hui est devenu parfois à tort un sport national. Car l’intention du journaliste c’est d’informer. En toute honnêté. Tout comme l’intention du médecin c’est de soigner. Que cette information puisse avoir une influence, c’est indéniable mais elle n’est pas au coeur du métier. Dans un monde parfait, le journaliste n’aurait même pas à prendre cela en considération. Car l’informateur avant de s’adresser à son lecteur, à d’abord un devoir vis à vis des faits, qu’il doit vérifier, recouper au mieux et confronter. C’est l’honnêteté du journaliste qui fait la qualité de l’information. Et l’honnêteté n’est pas une science exacte. Donc que l’information soit imparfaite, criticable, humaine en somme, ne permet pas de réduire l’information à de la communication. Le travail du journaliste n’est pas un travail de lobbyiste, même si trop souvent, en vertu des contraintes qui pèsent sur la presse, le journaliste, il est vrai se transforme en comuniquant Ainsi quand on lui demande par exemple, d’écrire court et simple, pour être lisible par le plus grand nombre, mais aussi abonder dans le sens de l’émotion, ou de ce que prétendument les lecteurs attendent, voire taire des vérités qui nuiraient au groupe qui le finance, etc).
    Il n’empêche que, au final, ce sont les communicants de profession qui sont les ennemis de l’information. Lesquel même finissent par réussir le tour de force de se faire passer pour journalistes !


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