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Indépendance des Chercheurs

Collectif de chercheurs pour la défense de l’indépendance des scientifiques au service de l’intérêt général.

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Photo : Illustration d’un livre de Giordano Bruno sur la Mnémotechnique (source : Wikipédia).
 

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Derniers commentaires

  • Par Indépendance des Chercheurs (---.---.---.225) 18 juin 13:09
    Indépendance des Chercheurs

    C’est pourquoi il est particulièrement inquiétant de constater l’abandon de fait de la défense de la langue française par l’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche sous la pression de certains politiciens.

    Voir notre article de ce jour :
     
     
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/18/loi-fioraso-la-mobilisation-se-poursuit-ii.html

    Loi Fioraso : la mobilisation se poursuit (II)

    Le 18 juin 2013, une intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) appelle à manifester contre le projet de loi de Geneviève Fioraso. Elle demande « l’abandon de l’actuel projet de loi sur l’ESR », revendication avec laquelle nous ne pouvons qu’être d’accord. Cependant, un problème très grave nous semble se poser en ce qui concerne l’enseignement dans des langues étrangères (en clair, en anglais). Une question stratégique vitale mais sur laquelle l’intersyndicale ne prend aucune position claire et de surcroît s’en prend aux médias qui se seraient «  focalisés sur le seul problème de l’enseignement en langue étrangère ». Nous avions déjà évoqué cette situation dans plusieurs articles récents, notamment « Loi Fioraso, souveraineté nationale, langue française, CNRS... » et « Loi Fioraso, anglais, EELV... ». En réalité, force est de constater que des milieux politiques qui se prétendent « contestataires » par rapport à la loi Fioraso soutiennent l’enseignement en anglais. Dans la pratique, tout semble indiquer qu’une loi sera adoptée. Et dans ce contexte, l’attitude de l’intersyndicale sabordant la défense de la langue française sera très lourde de conséquences. Quels intérêts sert objectivement une telle stratégie, si ce n’est ceux des grandes multinationales et des milieux financiers ? Alors que VousNousIls emploie le titre « Université : "le tout anglais pour la science est dépassé !" » pour présenter des déclarations du rec­teur de l’Agence uni­ver­si­taire de la fran­co­pho­nie (AUF) Bernard Cerquiglini, Le Monde rapporte à propos de École des hautes études commerciales du Nord (groupe EDHEC) « A l’Edhec, le directeur refuse le retour des cours en français » et MeltyCampus « L’EDHEC ne veut plus de cours en français ». Le problème ne se pose pas uniquement en France. Il y a un mois en Italie, Corriere della Sera écrivait « No all’inglese come lingua esclusiva. Il Tar ferma il Politecnico », se référant à une décision du Tribunal administratif régional qui a désavoué la politique de « tout anglais » du recteur du Polytechnique de Milan. Le 18 juin également, Le Bien Public souligne « Barroso prend la réaction française de plein fouet », après ces incroyables propos du président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso sur l’exception culturelle dans l’audiovisuel : « Cela s’inscrit dans le cadre d’une vision antimondialisation que je considère complètement réactionnaire ». Mais précisément, où mène la politique d’abandon de la langue française dans l’enseignement supérieur ? Romandie.com diffuse une dépêche intitulée « Grèce : Samaras contraint de rouvrir temporairement ERT, gouvernement remanié », à propos de la situation de la radiotélévision publique ERT. Qui peut raisonnablement ne pas voir que la souveraineté des Etats est devenue un enjeu majeur ? Et pourquoi l’actuel silence autour de la question du numérique, où les mêmes problèmes se posent avec acuité  ?

    [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/18/loi-fioraso-la-mobilisation-se-poursuit-ii.html ]
     
     
    et pour rappel :
     
     
    http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/270513/loi-fioraso-souverainete-nationale-langue-francaise-cnrs

    Loi Fioraso, souveraineté nationale, langue française, CNRS...

    Le 27 mai 2013, L’Express rapporte « La candidate PS éliminée au 1er tour de la législative partielle en Europe du Sud », se référant à l’élection législative partielle dans la huitième circonscription des Français de l’étranger. Le Conseil Constitutionnel avait annulé l’élection de deux députées du Parti Socialiste dans les circonscriptions des Français de l’étranger. Cette élection, comme celle en cours pour les Français d’Amérique du Nord, se caractérise par une montée de l’abstention. Doit-on s’en étonner ? Demain, l’Assemblée Nationale risque d’entériner en première lecture un projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) dont on peut sérieusement craindre qu’il ne prépare un abandon progressif de la souveraineté nationale dans plusieurs domaines. Notamment, le statut de la langue française visé par l’article 2 du projet de loi ou, par l’article 43 bis, celui du secteur public de l’ESR, voire l’existence même des établissements publics de recherche comme le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) ou l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale). Des mesures législatives aussi graves sont préparées par une procédure d’urgence, au moment où Pierre Moscovici réclame la mise en place de l’Europe politique dans un délai de deux ans. Nous avons abordé ces dangers sans précédent dans nos articles récents « ESR : le projet de loi Fioraso doit être retiré » (I) et (II), « Langue française et mondialisation » (I), (II), (III) et (IV) et « ESR : l’indispensable retrait de la loi Fioraso ». La mobilisation citoyenne est plus que jamais indispensable, quoi qu’en disent ceux qui volent au secours des auteurs d’une telle politique.

    [la suite, sur le lien http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/270513/loi-fioraso-souverainete-nationale-langue-francaise-cnrs 
     
     
    Cordialement

    Le Collectif Indépendance des Chercheurs
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/
    http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

  • Par Indépendance des Chercheurs (---.---.---.4) 16 juin 10:53
    Indépendance des Chercheurs

    Merci à Universitaire pour ces rappels. A propos de la chercheuse précaire, voir aussi notre article :

    CNRS, INSERM, recherche et précarité (I)
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/14/cnrs-inserm-recherche-et-precarite-i.html

    Et s’agissant de l’actuelle politique gouvernementale, il y a aussi la santé, les retraites... Voir notre article d’hier :
     
     
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/15/sante-la-manifestation-du-15-juin-a-paris.html

    Santé : la manifestation du 15 juin à Paris

    Le 15 juin 2013, une manifestation nationale unitaire a lieu à Paris pour la Santé, l’Action Sociale, les Retraites et la Protection sociale. Avec le titre « Paris : Manifestation nationale pour le droit à la santé, la protection sociale et la fin des déserts médicaux », Culture Femme dénonce à juste titre « les plans d’économie de la sécurité sociale » conduisant à une situation où « une grande partie de la population n’a plus accès aux soins et y renonce ». Cette manifestation a lieu trois jours avant l’examen au Sénat d’une autre loi de casse sociale : celle proposée par la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Genevève Fioraso. Notre article « Recherche publique : le rapport de l’Académie des Sciences (II) » souligne à ce sujet la stratégie de privatisation et, en même temps, de bureaucratisation et de «  managérisation » de ces services publics. Etrangement, il ne semble pas que les médias soient très bavards à propos de la manifestation de ce jour. L’Humanité souligne « La santé, un bien de moins en moins accessible », évoquant notamment « les dépassements d’honoraires, les franchises ou encore les déremboursements de médicaments », de même que la politique de restructurations. Dans tous ces domaines, comme dans bien d’autres, la politique réelle de l’actuel gouvernement ne diffère pas de celle du quinquennat précédent et le démantèlement des services publics français se poursuit. La situation n’est pas différente en ce qui concerne les universités et la recherche. Le 15 juin également, Challenges écrit « Rejet de la solution proposée par Samaras sur la télé grecque ». La prétendue solution consistait à embaucher quelques personnels pour remettre en place un programme d’informations. Partout en Europe, des services publics stratégiques sont la cible des politiques actuelles. Est-ce autre chose que la suite d’une stratégie récurrente basée sur les privatisations, les délocalisations et la casse sociale ? Le renforcement progressif des pouvoirs de l’Union Européenne et le développement de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) devaient nécessairement conduire à ette débâcle économique et sociale. C’est tout aussi flagrant s’agissant des retraites, explicitement visées (déjà sous Lionel Jospin) par les accords européens de Barcelone onze ans avant le rapport Moreau. Qui ose le rappeler ?

    [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/15/sante-la-manifestation-du-15-juin-a-paris.html ]
     
     
    Cordialement

    Le Collectif Indépendance des Chercheurs
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/
    http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

  • Par Indépendance des Chercheurs (---.---.---.40) 15 juin 16:00
    Indépendance des Chercheurs

    Pour ce qui est des programmes capitalistes de marginalisation et de manipulation de populations, voir ce « petit paragraphe » d’Elisabeth Guigou dans un rapport de la Commission Trilatérale de novembre 2011 commenté dans nos articles :

    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/04/20/commiss ion-trilaterale-europe-et-afrique.html

    Commission Trilatérale, Europe et Afrique (I)

    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/09/bilderb erg-2013-des-puissances-en-crise-i.html

    Bilderberg 2013 : des puissances en crise (I)
     
     
    Elisabeth Guigou écrit, pages 8-9 du rapport « Europe’s Response to the Arab Awakening, Contributions by European Members to the Panel Discussion » proposant la création d’une zone économique Europe - Afrique :

    http://www.trilateral.org/go.cfm?do=File.View&fid=168

    http://www.trilateral.org/download/file/EU%20ESSAY%20ARAB%20SPRING%20NOV%202011%20Final%20website.pdf

    Response to the Arab Awakening, Contributions by European Members to the Panel Discussion

    (...)

    - Europe, whose population is ageing, will lose 20 million inhabitants by 2030 and will therefore find it increasingly difficult to fund its social model. It will need the demographic dynamism of the southern and eastern Mediterranean where the population is young, job hungry and mobile.

    (...)

    (fin de l’extrait, source : site de la Commission Trilatérale, http://www.trilateral.org , Copyright Commission Trilatérale)

    Les auteurs de ce rapport (parmi lesquels le président de Goldman Sachs International, Peter Sutherland) ne semblent pas avoir demandé l’avis des Africains.

     

    Cordialement

    Le Collectif Indépendance des Chercheurs
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/
    http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

  • Par Indépendance des Chercheurs (---.---.---.73) 15 juin 11:21
    Indépendance des Chercheurs

    Il s’en prépare de beaucoup pires avec ce projet de grande zone économique comprenant l’Europe et l’Afrique mis en avant par la Commission Trilatérale (réunion européenne de novembre 2011) mais sur lequel les auteurs (notamment Elisabeth Guigou et le président de Goldman Sachs International Peter Sutherland) semblent avoir oublié de demander l’avis des Africains.

    Voir nos articles :
     
     
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/04/20/commiss ion-trilaterale-europe-et-afrique.html

    Commission Trilatérale, Europe et Afrique (I)


    Le 20 avril, Le Point écrit « L’Afrique peut désormais contribuer à la croissance mondiale (ministres) ». L’article se réfère à des déclarations récentes de ministres africains en rapport avec la publication, cette semaine, d’une étude du Fonds Monétaire International prévoyant notamment une forte croissance pour l’Afrique subsaharienne en 2013 et par la suite. Même si Jeune Afrique rétorque « Afrique : en 30 ans, le nombre de pauvres a été multiplié par deux ». En revanche, la situation en Europe ne paraît guère prometteuse. Peut-on estimer dans ces conditions que les interventions européennes en Afrique sont vraiment désintéressées ? Au même moment, la Commission Trilatérale vient de mettre en ligne les comptes rendus de sa réunion européenne d’il y a un an et demi (La Haye, novembre 2011). Se trouvait déjà en ligne un long document intitulé « Europe’s Response to the Arab Awakening, Contributions by European Members to the Panel Discussion » qui recommande notamment la création d’une grande zone économique comprenant l’Europe et l’Afrique. Mais dans quelle mesure les auteurs (Elisabeth Guigou, Andrzej Olechowski, Volker Perthes, Stefano Silvestri et Peter Sutherland) avaient-ils demandé l’avis des Africains ? Vu la situation actuelle, il convient d’analyser en détail ces documents de la Trilatérale. Nous nous proposons donc de le faire dans une série d’articles sur ce blog. Mais force est de constater que les pays jadis « riches » payent lourdement la facture de leur stratégie de privatisations et de délocalisations des trois dernières décennies. Qui peut, sérieusement, s’en étonner ?

    [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/04/20/commiss ion-trilaterale-europe-et-afrique.html ]
     
     
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/09/bilderb erg-2013-des-puissances-en-crise-i.html

    Bilderberg 2013 : des puissances en crise (I)

    Le contexte de la rencontre de Bilderberg de 2013 qui devrait avoir lieu dans un mois n’est pas rejouissant pour l’Europe et les Etats-Unis. Pour la France, non plus. Le 9 mai, La Tribune publie un article de Robert J. Shiller intitulé « Relancer l’économie sans aggraver la dette », proposant une augmentation simultanée d’impôts et dépenses publiques. C’est oublier la stratégie permanente de privatisations et de délocalisations qui domine depuis une trentaine d’années l’économie et la politique sociale des pays jadis « riches  ». Les investissements publics nationaux deviennent ainsi des otages de fait du capital financier international et des grandes multinationales. Cette semaine, les médias ont rappelé l’ahurissant historique des privatisations françaises. Dans son article «  L’État veut réduire sa participation dans certaines entreprises publiques », Le Figaro commente l’annonce par Jean-Marc Ayrault d’une nouvelle cession d’actions au secteur privé. Jusqu’où ira la vente des meubles ? Ouest-France évoque à son tour : « Privatisations. La grande vague des années 80-90 ». Mais la tendance a-t-elle été différente par la suite ? Quant aux délocalisations, Yabiladi rapporte encore : « La Société Générale prévoit de délocaliser une partie de ses activités au Maroc », alors que New Banques analyse « La Société Générale vise un plan d’économies de 900 millions d’euros d’ici à 2015 » et Boursorama fait savoir : « ...la Société Générale va supprimer plus de 1.000 postes ». Le 9 mai également, un article d’Irnerio Seminatore dans Le Monde porte le titre « Londres, Pékin, Tokyo et l’agonie du multilatéralisme ». Une chose est certaine : la stratégie de mondialisation du capitalisme a conduit à la catastrophe des puissances dont les « élites » pensaient ou déclaraient contrôler ce processus. Et si à ce jour la direction générale de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est assumée par le « socialiste » français Pascal Lamy, c’est le brésilien Roberto Carvalho de Azevêdo qui devrait lui succéder prochainement. Le salaire minimum brésilien, un peu plus de 250 euros mensuels, est presque six fois inférieur au SMIC français. Que peut-il en résulter, dans un « marché mondial de la main d’oeuvre » et avec une régulation mondialisée imposant la « libre circulation des capitaux et des marchandises » ? The Watford 0bserver annonce « The Bilderberg Group to meet in The Grove Hotel in Watford », se référant à un renseignement fourni par la police locale qui aurait annoncé ne pas vouloir faire obstacle à des manifestations « pacifiques ». La rencontre de Bilderberg de 2013 devrait donc avoir lieu à Watford (Hertfordshire), à 27 Km. de Londres, du 6 au 8 juin et sous la présidence de l’ami personnel de François Hollande qu’est le PDG d’AXA Henri de Castries.

    [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/05/09/bilderb erg-2013-des-puissances-en-crise-i.html ]
     
     
    Cordialement

    Le Collectif Indépendance des Chercheurs
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/
    http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

  • Par Indépendance des Chercheurs (---.---.---.73) 15 juin 07:38
    Indépendance des Chercheurs

    Et dans la recherche et les universités, ils nous préparent la loi Fioraso qui n’est que la suite de la politique de Sarkozy et Pécresse. Privatisation, et à la fois maintien de la politique de bureaucratisation. Il fallait le faire.

    Voir nos articles :
     
     
    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/13/recherc he-publique-le-rapport-de-l-academie-des-sciences-ii.html

    Recherche publique : le rapport de l’Académie des Sciences (II)

    Le 13 juin 2013, Le Soleil écrit « La fermeture de la Radiotélévision publique déclenche une nouvelle crise politique en Grèce ». Nous commenterons dans un article ultérieur cette inquiétante décision du gouvernement grec, contre laquelle une pétition est en cours. Au même moment, le Sénat annonce le dépôt de plusieurs rapports et documents concernant le projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche qui sera examiné dans une semaine. Précisément, le pire est à craindre de la loi proposée par Geneviève Fioraso en ce qui concerne l’avenir des services publics de la recherche et de l’enseignement supérieur. La question de la survie, dans un tel contexte, des grands organismes publics de recherche comme le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) se pose de manière particulièrement préoccupante. Or c’est dans une telle situation, que l’organigramme du CNRS fait apparaître une direction générale déléguée aux « ressources » sur un plan d’égalité avec une direction générale déléguée à la science. Peut-on valablement, dans un établissement public de recherche, placer au même niveau l’activité scientifique et celle liée au «  management » et à l’administration ? Et peut-on raisonnablement qualifier de « ressources humaines » des personnels scientifiques dont les créations originales sont censées être un moteur décisif des véritables résultats d’établissements comme le CNRS ? Si le poids numérique croissant des administrations au CNRS et dans d’autres entités scientifiques a été souligné par le rapport de l’Académie des Sciences évoqué dans notre article « Recherche publique : le rapport de l’Académie des Sciences (I) », celle du rôle de la coupole de l’administration ne semble pas avoir fait l’objet d’un examen explicite. Pourtant, telle semble être la question la plus essentielle. D’autant plus que la montée des coupoles administratives dans la recherche publique s’ajoute à l’évolution progressive vers l’administration et le « management » d’un certain nombre de tâches théoriquement scientifiques (direction de laboratoire ou de programme, « chef de groupe », encadrement d’ingénieurs et techniciens...). En dépit de nombreux silences, force est de constater dans la réalité que la « managérisation » croissante des organismes de recherche et des universités reste à ce jour l’un des principaux problèmes de ces services publics. Il s’agit pourtant d’une évolution invariablement voulue par « nos décideurs » depuis des décennies. Le 13 juin également, Le Point rapporte « Émigration : l’Europe du Sud en pleine hémorragie des talents ». Mais en France même, la création originale et le travail productif sont-ils vraiment reconnus ? La triste réalité est que leur marginalisation contraste avec le statut des « gestionnaires ».

    [la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/06/13/recherc he-publique-le-rapport-de-l-academie-des-sciences-ii.html ]


    et pour rappel :


    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/09/30/recherc he-publique-le-rapport-de-l-academie-des-sciences-i.html

    Recherche publique : le rapport de l’Académie des Sciences (I)

    Le 30 septembre 2012, ArcInfo rapporte « Politiques de rigueur : manifestations en Espagne et au Portugal », alors qu’en France « La gauche de la gauche dénonce une « impasse » » d’après Le Figaro. Le Matin (Suisse) écrit à son tour « Les rues de Madrid et Lisbonne en ébullition ». Se référant aux manifestations prévues en France le 30 septembre, Le Progrès annonce « La gauche de la gauche monte au front contre le traité budgétaire européen », mais souligne que les dirigeants du Front de Gauche refusent de se présenter comme des opposants à François Holande et se définissent comme les « ayant droit de la victoire ». En clair, la « gauche de la gauche » réclamerait « moins de rigueur ». Y a-t-il une opposition dans l’avion ? On dirait que, tout compte fait, la politique de casse sociale suit son cours sans trop de tensions au sein du monde politique et de l’ensemble des milieux influents. Qui, dans ces conditions, défend les organismes publics de recherche français, à commencer par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) ? Un rapport récent de l’Académie des Sciences, intitulé « Remarques et propositions sur les structures de la recherche publique en France » et diffusé pendant la consultation des Assises de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, estime que la recherche française « souffre ». Le rapport de l’Académie désigne parmi les « facteurs de dégradation » ce qui apparaît à ses auteurs comme « l’augmentation inexorable dans les établissements de recherche et les universités, de la masse salariale par rapport à la dotation de l’État (rapport MS/DE) ». Les académiciens signalent explicitement « l’évolution de ce rapport MS/DE pour le CNRS », passé de 47% à 84% en l’espace de cinq décennies (1960-2010). Rien de vraiment nouveau. Déjà il y a trente ans, on entendait des chercheurs influents du CNRS proclamer que « dans la période récente, on a trop embauché ». Mais les embauches au CNRS sont-elles le véritable problème ? L’échec historique de la « grande expansion coloniale » initiée et claironnée sous Léon Gambetta et Jules Ferry aurait dû inciter les décideurs français à renoncer à la politique d’exportation de capitaux qui avait conduit à deux guerres mondiales et développer à la place une politique d’investissements massifs dans la recherche publique nationale. Tel n’a pas été vraiment le cas, et de moins en moins au cours des quatre dernières décennies. L’Académie des Sciences constate à juste titre la marginalisation croissante des initiatives créatrices individuelles des chercheurs, les entraves au « démarrage de projets originaux hors des sentiers battus »... Reste-t-il, cependant, à tirer toutes les conséquences de ce constat. Y compris, en ce qui concerne le rétablissement des carrières des chercheurs du CNRS et d’autres établissements ayant subi des formes diverses de discriminations pour cette raison.

    [la suite, sur le lienhttp://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2012/09/30/recherc he-publique-le-rapport-de-l-academie-des-sciences-i.html ]


    Cordialement

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