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Accueil du site > RDV de l’Agora > Charles Beigbeder : De l’entrepreneur, à l’homme (...)

Charles Beigbeder : De l’entrepreneur, à l’homme politique

Charles Beigbeder a livré ses idées durant 1h30 face au publique de L'Agora.

Présomptueux ? Que nenni ! C’est un Charles Beigbeder très humble que l’Agora, tribune étudiante de l’EDHEC Business School, a reçu le mardi 15 janvier. Armé de ses fiches, il est venu discuter avec les étudiants de l’état de l’entreprise en France. Après avoir déclaré son amour au monde entrepreneurial, il a présenté ses diverses entreprises (Selftrade, Poweo, AgroGeneration, Happytime et Audacia) de leur fondation jusqu’à la cession de chacune d’entre elles, en expliquant les raisons de la séparation de ses bébés, et ce de façon très pédagogue. « Un patron doit se demander ce qu’il doit faire pour s’adapter à l’environnement pour favoriser l’intérêt social de l’entreprise ». L’intérêt social ? Oui ! Le féru de libéralisme ayant pour idole Paul Ryan considère les libéraux plus sociaux que les socialistes eux mêmes. Charles Beigbeder est libéral non pas par provocation, mais bien parce qu’il pense que « c’est le moins mauvais système pour créer des richesses. Une richesse qui permet d’avoir une solidarité réelle parce que financée et pas faite à crédit. Les vrais sociaux sont les libéraux et non les socialistes ». La France serait aujourd’hui si socialiste, qu’elle ne se rendrait même plus compte que les annonces du gouvernement actuel ne sont pas toutes adaptées à l’environnement.

Mais qu’on ne se lamente pas trop, le monde de l’entreprise ne va pas si mal en France selon l’entrepreneur. Il reconnait que le problème vient du fait que les entreprises restent « naines » sans aucun salarié. C’est selon lui l’environnement pollué par les signaux négatifs qu’envoie le gouvernement qui fait que les entrepreneurs ont peur des conséquences de leurs actes. « Les règles du marché sont trop rigides. (…) Il n’y a plus aucune confiance, et sans confiance, pas de croissance ». Il conclut qu’il faudrait « déparanoïaiser » les relations entre employeurs et employés. Il semble qu’il faille maintenant accepter le fait qu’on ne vit plus toute une vie en travaillant dans la même entreprise. « Se séparer, ça arrive. Il ne faut pas que ça soit un drame ».

Mais attention, le futur ex-entrepreneur / homme politique ne se limite pas à dénoncer les pratiques du gouvernement, il propose des solutions. Solutions dont il faut amorcer l’explication dès maintenant pour une application future, « préparer l’alternance ». Il propose 12 points, qu’il a détaillés avec les étudiants, parmi lesquels le retour aux fonctions régaliennes de l’Etat, une libéralisation des marchés du travail et du logement, et une grande réforme des prélèvements obligatoires. Ceux-ci sont selon lui « mal pensés et bien trop élevés par rapport à la moyenne européenne ». Le principe de l’impôt progressif, (a fortiori dégressif) est une aberration. Favorisant l’impôt proportionnel, et prenant comme fondement l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen selon lequel les impôts doivent être répartis entre tous les citoyens en raison de leurs facultés, il dit avec humour vouloir faire de la France un paradis fiscal. Et l’éducation ? Eh bien, il faut réformer l’école pour l’égalité des chances. Mais ne soyons pas utopistes, « l’égalité réelle n’existe pas. Il y aura toujours des inégalités ».

Interrogé sur l’état actuel d’Arcelor Mittal, il invoque la logique de la « destruction créatrice ». Il faut fermer ou moderniser les firmes pour que de nouvelles entreprises apparaissent. Le véritable crime, c’est de ne pas former les employés à autre chose.

Et le MEDEF ? Alors que Laurence Parisot dit avoir été sollicitée pour prolonger son mandat compte tenu de la situation actuelle du monde du travail, il s’est prononcé comme étant réticent à l’idée de « changer les règles du jeu pendant le match. C’est contraire aux statuts ». L’ombre d’un déjà vu se profile alors, mais « le MEDEF a suffisamment de talent pour succéder à Laurence Parisot ».

 

Cessons donc de jeter l’opprobre sur les entrepreneurs, c’est un Charles Beigbeder modeste et à l’écoute du public qui était à l’EDHEC. Accessible au point de proposer à un étudiant d’envoyer son business plan.

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