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Accueil du site > Actualités > Qui se sucre sur le dos de la France et des Mahorais ?

Qui se sucre sur le dos de la France et des Mahorais ?

A l'heure où les négociations succèdent aux blocages malgré quelques jusqu'au-boutistes, un état des lieux économique.
A qui profite le crime ? Une approche foncière d'Armand Launay, professeur de philosophie. 
Migrations et importations : qui se sucre sur le dos de la France et des Mahorais ?
 
 
 
Vers 1725, l’auteur britannique Daniel Defoe traitait déjà un peu ce sujet dans un chapitre de ses grandioses histoires de pirates : Libertalia. Déjà l’archipel des Comores était partagé entre quelques familles qui revendiquaient la souveraineté sur l’archipel. Ouh les sultans batailleurs ! En ce temps, l’auteur visait les Mohéliens et les Anjouanais. Defoe dut confondre la très peu peuplée Mohéli avec la populeuse Ngazidja (Grande-Comore), déchirée alors entre deux sultans.
 
Libertalia ‒ à lire avec profit ‒ fait intervenir des corsaires français et ceux d’autres nations cherchant à créer une cité idéale, démocratique, égalitaire, au-delà des particularismes. Une idée bien européenne ! Le sultan d’Anjouan, surtout, et de Mohéli ont compris de suite l’aide que les navires européens, chargés de canons, allaient leur offrir, en sus de leurs mercenaires (malgaches ?). La reine d’Anjouan [sic] s’allia au capitaine Misson, chef français des corsaires ; et celui-ci vainquit le sultan mohélien. Il se dit même qu’avec un peu de ruse il deviendrait maitre de l’archipel, mais s’y refusa, par morale. Merci camarade. Sans le savoir, Daniel Defoe dépeignit l’avenir de l’archipel où des Français prendront peu à peu le pouvoir à partir de 1841.
 
Alors Defoe : au-delà de Jack Sparrow, littérature ou réalité ?
Ce qui nous intéresse est cette image de l’archipel il y a 300 ans. Les choses ont-elles changé ? À priori, les hommes se partagent toujours dans l’archipel entre des idéalistes démocrates, des corsaires venus s’enrichir sur le dos des autres et des sultans épris de pouvoir sur les 4 iles.
 
Tout d’abord, qui ne voit que les Mahorais n’ont jamais eu la velléité de commander les Comores ? 
 
Qui ne voit que seuls Anjouan, Ngazidja et certains chefs Malgaches ont eu les moyens de leur prétention sur l’archipel, l’ont utilisé et l’utilisent encore pour certains ?
 
Qui ne voit que les corsaires sont encore bien présents : les immigrés qui ne souhaitent pas développer Mayotte mais en bénéficier, un temps, avant de gagner Saint-Denis ou Notre-Dame de la Garde (priez pour nous nous, pauvres pécheurs !) ? 
 
Qui ne voit que des Métropolitains passent sans meilleur intérêt que des primes et les reflets du lagon ? 
 
Qui ne voit, encore, que quelques centaines de familles s’enrichissent de l’importation et de la démographie que ce soit à Mayotte ou aux Comores ?
 
Même un auteur Français qui aime marquer contre son camp ‒ Pierre Caminade ‒ ne parvient à le cacher dans son ouvrage, paru en 2009 : Mayotte-Comores : une histoire coloniale. À la page 62, lui qui fait profession de démolisseur de la France, dénonce le président des Comores Ahmed Abdallah, ancien sénateur formé par la France en politique et en économie. Il le dénonce aussi d’être devenu détenteur du monopole de l’importation du riz avec l’Indien Kalfane. L’auteur le flingue car il était censé développer la production locale contre les importations. Wikipédia corrobore qui nous apprend qu’Ahmed Abdallah surfacturait le riz à son peuple et, grâce à cet argent, se constitua un réseau de clientèle. L’indépendance des Comores a seulement donné plus de pouvoir à ces potentats locaux, ces sultans-corsaires, avec moins de contre-pouvoirs démocratiques, des mercenaires mais guère d’idéalistes démocrates.
 
On entrelit dans Mayotte en Sous-France (2017), ouvrage rédigé par Mahamoud Aziary ‒ un sacré buteur contre son camp ‒ que le secteur de la construction (logements et urbanisme) est défendu par les services de l’État et voit d’un mauvais œil la concurrence de la Société immobilière de Mayotte (SIM). Alors, qui ne comprend que quand des élus traitent de construction de logements sociaux, ce sont quelques sociétés monopolistiques telles que la COLAS et SMTPC qui s’enrichiront ? Par conséquent, caribou les immigrés ! Quand le bâtiment va tout va ! 
 
Qui ne comprend, itou, que les importateurs et (autres) revendeurs au détail ‒ qui se font des marges folles ‒ ne se plaignent pas de l’arrivée massive de bouches achetant des couches, du lait, de l’huile, du riz, des fientes de poulets brésiliens ? Samba ! Qui ne voit que ces gens consomment et mangent selon un schéma consumériste prolifique ? 
 
Qui ne connait le nom d’Ida Neil, souvent donné en pâture comme si cette importatrice d’Afrique-du-sud était seule à récupérer une partie des sommes versées chaque année par l’État et échappées de l’incurie du Conseil départemental ? 
 
Qui n’a vu la mosquée des Indiens à Kawéni ? Le terrain et les parpaings seraient-ils tombés du ciel, comme autant de bétyles témoignant de la bienveillance du Tout-puissant (SAW) ? 
 
Les monopoles au port, à l’aéroport, les élus et agents qui partent travailler chez Mayotte channel gateway (MCG) ‒ pour ne citer que cette société ‒ ne sont-ils pas des robinets qui nous font payer le prix cher chaque bidon rempli ?
 
Les décolonisateurs de tous poils sont souvent comiques. Ils confondent tout sous le terme de colonisation. Sans trop abuser du Doliprane, on peut distinguer la colonisation en tant que colonie de peuplement ; la colonisation en tant que souveraineté d’un État considéré comme étranger ; et, enfin, la colonisation comme mafia commerçante et exploiteuse des biens et des hommes. Quand elle est légale, on l’appelle capitalisme. Hallo Karl !
 
Alors les Comores ont été décolonisées de l’État français mais pas de la mafia locale et internationale.
Mayotte est colonisée par quelques groupes économiques et par le peuple des miséreux des pays d’à-côté. Mais la chance de Mayotte est de pouvoir actionner les leviers démocratiques français afin que le peuple soit libre et non colonisé. C’est ce que les Comores se sont interdits de faire. Ils en paient les conséquences comme maints ex-territoires français.
 
Où sont les contre-pouvoirs démocratiques ? Au premier chef, les communautés villageoises qui ont manifesté, (trop) barré les routes et exigé l’intervention de l’État. C’est là un trait bien mahorais : patienter, supporter longtemps puis craquer avec emportement ! 
Tirons leçon de ce début 2018 : la pression des Mahorais, des Français, doit se maintenir tous les jours dans les organes de l’État, dans les prochaines élections où il s’agit d’élire plus de personnes compétentes, réfléchies et respectées du peuple, par l’action quotidienne de milliers de Mahorais œuvrant ‒ ou fantômant ‒ dans les administrations et les services publics qui doivent remplir leurs fiches de postes, si tant est qu’ils en ont ! Par un travail d’éducation politique, de partage d’une appétence pour la chose publique, la politique, pour la rhétorique, pour le mot qui désigne l’idée juste !
 
Que fait le procureur de la République dans la lutte contre la corruption ? Pourquoi attendre le rapport de la Cour des comptes et de constater les déficits des collectivités territoriales alors qu’un accompagnement permanent par les agents de l’État permettrait un transfert de compétences réel et pas seulement sur le papier, comme depuis 2011 ? 
 
Que font les juges qui affaiblissent les citoyens utilisant la légitime défense dans des quartiers et villages que l’on sait sous-dotés en policiers ? 
 
Où est la défense de la culture et de la sociabilité mahoraise qui ne doivent pas être diluées dans un mélange de peuples superficiellement attachés à cette terre ? 
 
Où est la défense des petites entreprises et l’émergence de production locale malgré les intérêts des importateurs ?
 
 
Tâchons de ne pas reproduire la fin de Libertalia où les idéalistes démocrates se font massacrer par le surnombre de leurs voisins, restés étrangers à leurs beaux projets, quelque part du côté de Madagascar. Défendons les frontières ! Défendons nos familles !

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19 réactions à cet article    


  • Matlemat Matlemat 3 avril 11:53

     On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, soit Mayotte est française et dans ce cas les avantages attirent les migrants, soit elle est rattachée aux Comores et c’est la pauvreté, et les migrants n’auraient plus de raison de venir.


     On dirait que sur un île on a les mêmes problèmes du monde mais en miniature, la population augmente dangereusement et écologiquement c’est une catastrophe, comment être écolo quand on a déjà du mal boucler sa fin de mois. 

    • Alren Alren 3 avril 12:12

      @Matlemat

      J-F Dedieu explique bien que le problème de l’immigration clandestine n’est pas le seul qui se pose aux Mahorais.
      Que les monopoles privés, l’inefficacité de l’administration dans le cadre d’une économie « libérale », occasionnent des pertes (pas pour tout le monde) et des gâchis qui rendent la vie beaucoup plus pénible que ce qu’elle pourrait être.

      Et qu’une grosse partie de la solution est dans le choix d’élus incorruptibles et actifs qui pourraient assainir la situation.
      Encore une fois c’est le bulletin de vote le moyen le plus efficace pour améliorer la vie.


    • Matlemat Matlemat 3 avril 13:13

      @Alren
      c’est bien ce que je dis, ce sont les mêmes problèmes qu’en métropole sauf que c’est plus exacerbé et plus visible sur une petite île.


    • Armand Launay Armand Launay 3 avril 17:31

      @Matlemat
      En effet, il n’y a pas opposition entre les deux interventions. C’est bien parce qu’un robinet coule que l’immigration déboule et que des groupes font des marges. La démocratie consisterait à rendre public l’usage de ce robinet et à en conditionner l’accès pour qu’il puisse perdurer. 


    • foufouille foufouille 3 avril 17:13

      vu le parti politique de 3 députés et sénateurs, c’est normal.


      • Armand Launay Armand Launay 3 avril 17:26

        @foufouille
        Justement, ils sont débordés et dépassés par le Collectif citoyen et l’Intersyndicale. Je ne crois pas que ce soit une question d’élu mais bel et bien l’élimination des partis du devant de la scène. Seul le FN, avec les interventions de Marine Le Pen à travers les médias, a gagné en audience mais cela ne transpire pas (même s’il fait chaud !) dans les revendications des militants. 


      • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 4 avril 08:05

        @Armand Launay

        La vie politique, le cortège des grosses écuries suivies des petits partis, c’est fini. Les marcheux de Macron piétinent sur place... ils ne représentent qu’une transition... ce n’est pas un nettoyage constitutionnel cosmétique qui changera les choses... une mue complète s’impose. Pourquoi avoir peur d’une Sixième République qui apporterait un nouveau souffle, même si elle ne nous garantit pas des bouleversements à venir ?.. 


      • zygzornifle zygzornifle 3 avril 18:57

        tout le monde se sucre sur le dos de la France les politiques en tete sauf les citoyens de base qui se font défoncer par la France ....


        • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 4 avril 09:35

          @zygzornifle

          « Sans la liberté de blâmer, il n’est pas d’éloge flatteur. »”

        • Armand Launay Armand Launay 4 avril 11:02

          @zygzornifle
          Ce n’est pas si simple. Les Mahorais et autres Français sur place vivent correctement grâce aux dotations de l’Etat. Ce n’est pas une exploitation pure et simple. Mais les sommes versées par l’Etat ne sont pas toutes dépensées dans le sens de l’intérêt général et se diluent dans une immigration massive actuelle qui empêche d’investir sur un moyen terme. 


        • aimable 4 avril 17:30

          @Armand Launay
          ce ne sont pas ceux qui dirigeaient l’ A R C a une certaine époque ?
           ou alors ce sont leurs semblables , de toutes façons ils appliquent la même technique  !


        • Ouam Ouam 3 avril 19:42

          @JF Deudieu
          Un bien bel article, tu à tout compris à ce que j’ai pu en lire.

          J’espere que le petit peuple résistera un maximum contre cet etat irresponsable (le notre)
          et tes potentats négriers locauxs.

          Ce phénomène ne touche pas que ton ile, c’est désormais un phénomène modialisé, j’entends par la ceuxs n’ayant pas des dirigeants responsables à la tete de leurs états respectifs
          Les états responsables eux ne le subissent pas (ou bien bien moins).
           
          T .bonne soirée à toi.


          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 3 avril 20:38

            @Ouam

            merci d’apprécier cet angle d’attaque particulier intéressant... Tu peux être sûr que je partage à 100 % le tableau dépeint par Armand. Bonne soirée aussi !


          • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 4 avril 07:51

            Pour ma part je m’étonne, comme pour l’autre article du jour consacré à Mayotte, que l’auteur n’évoque pas la question du droit du sol alors qu’elle est cardinale.
             
            Certes l’immigration existait avant le passage à la départementalisation et à l’instauration du droit du sol ainsi que les facteurs de corruption et de pauvreté mais on pouvait encore espérer les résoudre.
             
            Avec le droit du sol, c’est devenu impossible car les Comoriens disposent alors d’un puissant pied de biche pour s’instroduire dans la maison France. Ils accouchent et, comme je le disais ailleurs, ils accoucheront même sur la plage ou dans les champs s’il le fallait, cad, si on retirait le droit du sol à la maternité de Mayotte (la plus importante de France par le nombre de naissances).
             
            Le droit du sol doit être levé à Mayotte et je pense que, la situation étant ce qu’elle est en métropole, il doit l’être sur tout le territoire national.
             
            La France ne pourra rester une terre d’accueil et de liberté que si elle reste la France et ne devient pas une pétaudière ou un hôtel (de passe) comme le voudrait Jacques Attali.
             
            La première chose à faire pour s’occuper de la misère du monde n’est pas de se mettre en situation de guerre civile mais de cesser d’entretenir des guerres un peu partout dans les monde afin d’asservir les peuples et de piller leurs richesses ainsi que le fait l’Empire Anglosioniste dont la France est devenue un parfait vassal depuis Sarkozy.

            Bref, il est temps que les citoyens se saisissent du problème et cessent de faire confiance à leurs élites corrompues et irresponsables qui ont voté l’instauration du droit du sol sans jamais penser aux conséquences.
             
            C’est ni plus ni moins que de la haute trahison et il faudra bien un jour que ce système soit remis en cause.


            • Armand Launay Armand Launay 4 avril 10:56

              @Luc-Laurent Salvador
              En effet la question du droit du sol mérite un débat national et une action rapide à Mayotte. L’article ci-dessus n’en traite pas qui ouvre une lecture moins fréquente, ces temps-ci, sur les forces économico-mafieuses en présence dans l’archipel. ++


            • Nain Solent 8 avril 20:20

              Puis-je, 


              Entre deux dénonciation du grand capital et de incompétence étatique, glisser que les propriétaires de maisons et de terrains peuvent consulter les cadastres de leur ville, et en moins d’une journée de fouille, avoir le nom des une a trois personnes qui possèdent la commune.

              Laissez tomber les princes, les ministres. Les coupables de la mauvaise gestion sont probablement bien plus humble que vous ne le croyez. Bien sur il y a des liens avec le top, des prets, des soutiens des part de budgets publiques donnés sans contre-partie proportionnée...

              Mais vous pouvez prendre rendez-vous avez eux, les approcher via leurs employés que vous connaissez, et vous aurez en face de vous les vrais décideurs locaux. A vous de voir quelle relations vous voulez avoir avec eux sachant que le tribunal la police et la mairie s’alignerons sur leur avis.

              ++




              • Armand Launay Armand Launay 9 avril 15:52

                @Nain Solent
                Assurément des familles sont bien possessionnées. Ceci dit, les décasages sauvages - rares mais relayés par la presse - impliquent des dizaines de familles villageoises. A Mayotte, il y avait peu d’habitants naguère : 32600 en 1966 sur 374 km². Les Mahorais possédaient de vastes espaces subdivisés entre des enfants nombreux. Le parcellaire est aujourd’hui émietté. Les collectivités territoriales peinent à rassembler le foncier nécessaire aux aménagements. Ensuite, il n’est pas sûr que l’avis du tribunal, de la police et de la mairie suffisent à régler la question des nombreux squatteurs comme en témoigne la longue affaire de la famille Batrolo, en justice : http://lejournaldemayotte.com/societe/occupation-illegale-union-de-deux-collectifs-autour-du-cas-batrolo-a-kaweni/


              • Spartacus Spartacus 9 avril 09:22

                Quand on sait que 100% des payeurs d’impôts sur la fortune à Mayotte sont des fonctionnaires expatriés bénéficiaires de primes soleils. 


                Majoritairement des couples de haut fonctionnaires..

                Le sucre il vient de la gamelle de l’état et des contribuables pour les obligés de la gamelle de l’état....

                A coût de mot vaseline « social »,« solidarité », « racisme », ils obtiennent de l’argent qu’ils s’empresse d’empocher dans des primes et des avantages corporatistes.



                • Armand Launay Armand Launay 9 avril 15:58

                  @Spartacus
                  L’impôt sur la fortune immobilière ou, plus simplement et largement, la taxe d’habitation et la taxe sur le foncier bâti dont les assiettes ont été très mal calculées et réparties ? 

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