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Accueil du site > Actualités > Economie > Destructions créatrices et/ou créations destructrices, de Quoi ? de Qui (...)

Destructions créatrices et/ou créations destructrices, de Quoi ? de Qui ?

Joseph Schumpeter en 1942 évoqua (Capitalism, Socialism and Democracy) la notion de "destruction créatrice" pour caractériser quelques bouleversements dans l'économie : le progrès des techniques et produits, in fine, va créer d'autres emplois en compensation de la destruction des activités obsolètes. Son simple propos fut repris et développé par Theodore Lewitt en 1969 (Innovation and Marketing). Après le triomphe du système néo-libéral capitaliste et les dégats qu'il provoque sur l'emploi et sur l'environnement, les évolutions et/ou révolutions qu'il semble maîtiser sont plus complexes et surtout plus dangereuses, pour l'économie et pour les sociétés et les civilisations ! L'homme doit mettre pleinement en oeuvre son essence humaniste.

L'assertion de Schumpeter devrait être inversée, mais comme il veut mettre en avant l'aspect positif des retombées il insiste sur l'aspect "créatrice" dans le progrès des innovations et de la croissance en richesses et en emplois. Levitt tempère l'optimisme de Schumpeter par des inerties des marchés, par une faible croissance, par une coexistence entre ancienne et nouvelle gamme de produits, par des difficultés de reconversion pour les personnels privés d'emplois. Tout ce qui concourre à l'innnovation (nouveaux produits, procédés de fabrication, sous-traitance à moindre coût, moyens de vente, moyens de financements et nouvelles réglementations administrative, fiscale, douanière, bancaire, ) va créer un nouveau marché répondant à des besoins tout en disqualifiant les produits anciens. Tout baigne avec Schumpeter, et le système économique dominant utilise son assertion pour "justifier" les fermetures d'usine et les délocalisations qui ne sertaient qu'un moindre mal transitoire dans l'attente des lendemains qui chantent : mais pour qui ?

Le but principal des innovations est d'améliorer les profits de l'entreprises. Les bénéficiaires sont les dirigeants et les actionnaires, rarement le personnel sauf dans des entreprises fortement dynamiques en pleine croissance. Parfois les innovations dans le fonctionnement de l'entreprise sont destinées au maintien dans la course pour éviter de se faire distancer et disparaître à terme. Les délocalisations avec fermetures d'usines et licenciements sauvent peut-être les bénéfices des entreprises, en laissant les factures sociales aux chômeurs et à la collectivité nationale.

Cependant les consommateurs bénéficient parfois de meilleurs produits, plus performants, répondant à leur attente. Parfois aussi ils sont les dindons de la farce innovatrice, lorsque le nouveau produit est porté par la communication d'entreprise (pubs et autres), avec des principes actifs égaux ou inféieurs à ceux de l'ancien produit, mais dont le prix de revient est plus faible et le prix de vente plus élevé, donc l'innovation ne servait qu'à ponctionner davantage de profits.

Destructions subies involontaires

Dans l'histoire de la planète, avant et pendant l'humanité, ont lieu des destructions involontaires dites "naturelles", telles que les éruptions volcaniques, les séismes, les tsunamis, les ouragans, les inondations,... Lorsqu'elles détruisent des constructions ou installations oeuvres de l'homme, ce dernier, dans la plupart des cas, reconstruit les édifices et installations détruites : il en profite pour y apporter des innovations sur la solidité, l'emplacement, les technologies utilisées, les équipements, l'adaptibilité. Il apporte donc une part de créativité, et pendant la phase de reconstruction il y a besoin de plus d'emplois.

On peut assimiler à ces catastrophes naturelles, les destructions liées aux guerres, car elles sont subies par les populations qui en sont les victimes. Les chefs de guerre et les politiques qui ordonnent ces destructions en sont rarement les victimes, plus souvent les bénéficiares des profits générés par les reconstructions.

Destructions inconscientes de l'homme

Depuis que l'homme est entré dans l'ère industrielle, il a multiplié ses capacités d'action grâce à l'utilisation d'énergies motrices et/ou thermiques, tout en considérant que les ressources de la nature étaient illimitées. Les machines à vapeur tranformant l'énergie du bois, brûlant dans une chaudière, en force motrice pour des transports ou pour des usines, ont décuplé les forces humaines et initié une période dite de progrès. Seulement, du fait du succès grandissant, les forêts ont été décimées, les sources de bois s'éloignant, l'homme a dû "créer" une autre source de combustible, à savoir le charbon des mines ou houillères (différent du charbon de bois utilisé dans les forges artisanales), exploitable en petite partie à ciel ouvert et en grande partie en souterrain dans des conditions d'extrême pénibilité pour les mineurs contrairement à la situation des bûcherons. La disponibilité de charbon et de minerais de fer a ainsi créé de nouvelles activités industrielles.

La création de moteurs à combustion interne a supplanté dans de nombreuses activités les machines à vapeur alimentées au charbon. De nos jours, il subsiste toutefois, en grande quantité des "centrales à vapeur" brûlant du charbon et produidant de l'électricité.

 

Destructions matérielles volontaires de l'homme

Le destructions sont plus rapides que les constructions : l'homme manifeste sa puissance dans la destruction de biens, de richesses et de valeurs. Les motivations sont diverses :

-1- Destruction pour éliminer un adversaire et le ruiner

C'est le cas de nombreuses guerres et d'expéditions punitives : par exemple les "conquêtes" d'Alexandre le Grand, de l'Egypte jusqu'au Pakistan. Le perse Darius le Grand avait étendu son empire vers L'Assyrie et l'Anatolie (Turquie actuelle) et voulait faire la loi dans la mer Egée, le coeur marchand de la Grèce, d'où des escarmouches avec les Grecs. La route de la soie et des épices vers l'Asie et l'Inde était alors sous le contôle de Darius. La révélation des capacités guerrières d'Alexandre, des décennies après Darius I le Grand, le conduisit à une expédition guerrière contre Darius III moins combatif que son aïeul  : il ne se préoccupait pas du Macédonien qui n'avait unifié la Grèce que par la force. Alexandre enleva toutes les places fortes faiblement défendues, les détruisit, passa par Persépolis, la magnifique capitale et la réduisit en cendres. Fort de ses succès il poursuivit sa route jusqu'au Pakistan pour mettre au pas un certain nombre de tribus. Il voulait même pousuivre ses incursions en Inde mais ses soldats épuisés refusèrent. Au retour, il s'occupa de réduire Babylone, Ninive, les villes de Syrie, pour terminer son épopée en Égypte et aux portes de la Lybie. À sa mort son général Ptolémée pris le pouvoir en Égypte et fonda une dynastie. Le reste de l'empire grec se désagrégea progressivement, jusqu'à céder la place à l'empire romain. Alexandre avait besoin de piller les villes conquises pour "payer" ses soldats. Leur destruction systématique n'avait que pour but d'éradiquer l'empire perse pour toujours et de "sécuriser" l'accessibilité à la route de la soie et des épices pour les commerçants grecs. Même si finalement après son arrêt en Égyte Alexandre fonda Alexandrie, ville-port reliant la Grèce à l'Égypte, les fouilles archéologiques dégagent les ruines des merveileux palais perses, sumériens et mésopotamiens, et très peu de ruines des constructions nouvelles d'Alexandre (hors Alexandrie).

L'histoire de l'humanité fourmille des destructions complètes de villes par des conquérants ambitieux.

-2-Destructions partielles pour agrandir les domaines des conquérants

Les conquérants souhaitent soumettre les villes, quitte à éliminer leurs dirigeants, pour enforcer la puissance économique et guerrière du royaume ou empire en construction. Les meilleures conquêtes étant les réditions sans combats, avec prélèvement d'un tribut "de bienvenue" puis assujetissement à des impôts et taxes.

-3- Destructions pour construire des palais nouveaux, des villes mieux organisées

C'est le cas typique de la destruction de vieux quartiers de Paris par le Préfet Haussmann pour créer de grandes avenues, des hôtels particuliers, des bâtiments divers, des palais et surtout pour assainir Paris en créant un grand réseau d'égouts souterrains. La ville s'adaptait à la révolution industrielle naissante, à l'éclosion de la bourgeoisie d'affaires. La IIIième République poursuivit l'adaptation de la ville en creusant toutes les lignes du métropolitain. Dans ce cas on peut également parler de destructions créatrices.

 

Destructions immatérielles volontaires de l'homme

Les conquérants pour asseoir leur pouvoir imposaient leur culture et leur religion avec leur clergé soumis. Mais quand la différence de pensées entre le peuple conquérant et le peuple conquis, à soumettre, est trop importante, alors il faut mettre en oeuvre des moyens immatériels de coercition et d'assimilation suffisamment forts pour "détruire" le fonds culturel et religieux. Parfois la religion est remplacée par une idéologie, "un idéalisme transcendant", un système politico-économique. Enfin, la conquête mise en oeuvre peut être tout simplement immatérielle, religieuse ou idéologique : elle agit soit directement sur les individus et les groupes, soit indirectement par "glissement" des références et des valeurs.

-a- Lavages de cerveau idéologique

C'est la méthode pratiquée lorsqu'un groupe et sa structure dominante ont pris le pouvoir politique, économique et militaire : il manque la prise du pouvoir sur les esprits. La destructions des églises et locaux culturels est insuffisante, il faut agir sur les esprits. Les régimes politiques inspirés du marxisme et du communisme, ont largement utilisé les lavages de cerveau, avec des privations, des fatigues, une réduction progressive des résistances psychiques et enfin une "rééducation" servile. L'URSS, la Chine de Mao, les Khmers rouges, hier et encore aujourd'hui quelques centres de rééducation en Chine et au Vietnam. Et si le lavage rééducatif est insuffisant l'issue est la mort parr épuisement ou par exécution. Aujourd'hui on se rend compte d'un succès mitigé en URSS/Russie et en Chine, du fait des délices du capitalisme perçues par une oligarchie agissante.

-b- Excommunications et mises à mort

Les religions sont sous la férule de représentants de leur Dieu autoproclamé, et lorsque leur pouvoir est mis à mal par des fidèles hors de la ligne officielle, alors ces fidèles déviants sont sommés de rentrer très vite dans le droit chemin et de se rétracter, sinon c'est au mieux un procès et le plus souvent dans les périodes troubles c'est la torture et la mise à mort par les flammes purificatrices ("glorieuse" période de l'Inquisistion chrétienne) ou par un rite purificateur (lapidation, égorgement chez les islamistes). Ces crimes décidés par des hommes "de Dieu" sont exécutés au nom d'un Dieu d'Amour et de Miséricorde !

 

Destructions immatérielles et matérielles des sociétés ou des civilisations

La destruction est le but principal, alors des idées ou mesures créatrices sont mises en oeuvre dans ce but. Il s'agit de détruire tout ce qui ne pense pas comme les tenants des pouvoirs en place ou en devenir, et qui sont susceptibles de freiner ou stopper l'ascencion du système et de ses thuriféraires. Il en a été ainsi pour la diffusion et l'application des idées des Lumières, devenues révolutionnaires à l'encontre du système monarchique défendu par la noblesse et le clergé : la révolution "démocratique" de 1789 ne se contenta pas de la mise en place d'une Assemblée souveraine et d'une République, les partisans du pouvoir nouveau, prétendu démocratique, ont estimé nécessaire de détruire dans le sang les anciennes forces dominantes. Ces vagues d'exécutions des hommes et de destructions matérielles, confortaient les révolutionnaires partisans de la Démocratie dans la supériorité de leur pouvoirs. La civilisation chrétienne avec implication/soumission du pouvoir monarchique au Dieu des chrétiens (le roi était oint du saint-chrême le rendant chef et protecteur matériel de l'Église chrétienne) devait être sinon détruite, du moins soumise à l'autorité souveraine du peuple inclus dans une République qui plus tard affirma sa laïcité, sortant Dieu et les religions des institutions républicaines.

Cette volonté destructrice d'un type de société ou de civilisation, s'est poursuivie bien après la Révolution Française, avec la révolution bolchevique en Russie en 1917, épopée sanglante ; et de façon plus subtile dans les récentes décennies, et toujours à l'oeuvre de nos jours. Les deux systèmes à volonté dominatrice sont d'ordre politico-économique pour le capitalisme néolibéral et politico religieux pour l'islamisme.

Le capitalisme créateur et applicateur de solutions destructrices de la civilisation sociale

Le capitalisme né de réflexions d'économistes constatant le transfert pratique des pouvoirs de la société monarchique de l'Ancien Régime vers des hommes d'affaires, commerçants et industriels, permet l'accumulation des fortunes et des capitaux. Les riches bourgeois ont vite pris le pouvoir aux intellectuels révolutionnaires, égalitaristes avant de devenir sociaux ou socialistes. Ils se sont accomodés des restaurations partielles de la Monarchie et des Empires Napoléoniens. Le peuple est passé de l'état de serfs à celui d'ouvriers (femmes et enfants inclus) exploités sans droits réels de l'homme : le capitalisme avait une vue très restrictive et personnelle des droits formels de l'homme. Les capitalistes vont jusqu'à faire admettre que la liberté individuelle dans l'économie (avec ses excès) est un droit issu de la révolution, donc démocratique. L'entrepreneur qui réussit c'est celui qui fait fructifier les talents que Dieu lui a accordé ! La misère ouvrière est donc bénie ou admise par l'Église. La réussite entrepreneuriale avec captation des profits et capitaux serait soutenue et bénie par le Christianisme, implcitement pour le catholicisme et explicitement pour la multitude de protestantismes ! 

Tous les mouvements ouvrièristes et sociaux ont été ardamment combattus par les capitalistes, parfois dans le sang. La révolution bolchevique a été un profond traumatisme pour les capitalistes obligés -jusqu'à l'effondrement de l'URSS- de prouver que leur système non seulement acceptait les règles de la démocratie pour les élections de représentants politiques aux pouvoirs limités à la vie sociétale, mais encore, dans le cadre d'une liberté et d'une indépendance d'action, était capable d'assurer de meilleures conditions de vie économique et financière au monde ouvrier : les "Trentes Glorieuses" sont un exemple du partage de la prospérité sous l'épée de Damoclès de la prise du pouvoir par les communistes !  Depuis l'effondrement de l'URSS, le capitalisme néolibéral n'a de cesse de s'auto-proclamer le seul système économique possible, la recherche du profit maximum et la main invisible des marchés étant les credo fondateurs. La main invisible est si invisible qu'elle laisse les tenants de la recherche du profit maximum se complaire dans la recherche de positions dominantes, d'avantages "concurrentiels ou non concurrentiels", d'ententes et de monopoles.

Actuellement le monde des affaires, celui du capitalisme, fait des campagnes actives médiatiques et lobbyistes auprès des décideurs politiques et de l'opinion pour baisser les charges sociales et les impositions pesant sur l'activité économique. Pour redevenir concurrentiel vis-à-vis des délocalisations qu'ils ont provoquées, il faut réduire la part revenant indirectement aux salariés (les charges sociales, salariales) et celle des impositions finançant les écoles, les services publics et les infrastructures. Les politiques souvent soutenus financièrement pour leurs campagnes électorales tombent dans le panneau, accordent une partie des allègements demandés, de sorte que les revenus allant vers le capital, vers les riches possesseurs de l'économie ne cesse d'augmenter et celle allant vers les couches travailleuses diminue corrélativement. Des comparaisons fallacieuses sont avancées pour justifier les demandes de "toujours plus de profits" : par exemple, avec l'Allemagne assurant des services publics comparables avec des prélèvements inférieurs et un budget redevenu équilibré. Les pseudo experts oublient de considérer qu'en fonction de la population la France a plus d'un tiers d'enfants à élever, instruire, soigner, éduquer et former professionnellement soit, hors dépenses des familles, un surcoût annuel de l'ordre de 40 à 50 milliard € et inversement l'Allemagne si elle avait la démographie de la France, devrait financer un surcoût de 70 à 80 Md€ chaque année : c'est le résultat des évolutions démographiques comparatives depuis des décennies. En outre, l'Allemagne avec l'immigration annuelle d'environ 350 000 travailleurs bien formés en provenance des pays de l'UE, non seulement compense le déficit démocraphique, mais encore laisse la facture de l'éducation et de la formation aux pays d'origine, tout en les accusant de mauvaise gestion !

Tout le monde politco-économique et médiatique déverse la même rengaine sur la baisse des charges, des dépenses publiques et des impôts, de sorte qu'en dehors de quelques gauchistes qualifiés d'extêmistes hors sol, le néolibéralisme a gagné la bataille des idées et de leur marketing, même si, de plus en plus, des économistes émérites et esseulés tirent la sonnette d'alarme sur une situation divergente et explosive à terme : le train ne s'arrête pas, ni ne ralentit ! Les grands groupes internationaux se font un devoir et même une fierté d'optimiser fiscalement leur non participation à l'impôt, donc leur non solidarité aux dépenses publiques profitant à chaque société nationale.

La grande masse des Français et occidentaux soumis à ce système pervers de la remontée des profits vers des oligarques financiers mondiaux se rend parfaitement compte d'un malaise grandissant traversant la société et s'en inquiète. Un certain nombre de jeunes ne voit pas, comment dans ces conditions, construire un avenir et donner sens à leur vie : le capitalisme néo-libéral prêchant l'individualisme forcené ne se soucie guère des problèmes existentialistes et encore moins de déverser leurs profits en "ruissellement" sur les entreprises nouvelles !

Cette prise partielle de conscience se fait alors que le capitalisme néolibéral contrôle les différents média, dont la télévision financée par la publicité donc par l'économie marchande : les programmes ne doivent pas donner lieu à réflexions et enrichissement culturel et intellectuel personnel mais doivent dégager "du temps de cerveau disonible pour les publicistes" (selon la citation célèbre d'un PdG de TF1 Patrick Le Lay). Les enfants, ados et adultes en sont gavés.

La création des réseaux dits "sociaux" contrôlés par des super monopoles, des "big brothers" analysant les échanges dits libres, secrets et gratuits, aggrave le système ou le magnifie selon le point-de-vue en se finançant par des publicités et des offres ciblées selon les analyses informatiques. Indépendamment des arnaques, harcèlements et détournements d'images et de textes, destructeurs de la vie sociale et même de la vie individuelle !

L'islamisme créateur et applicateur de destructions de la civilisation occidentale

La civilisation occidentale avec son apogée actuelle capitaliste néolibérale se veut un mélange d'une base gréco-romaine pour la philosophie et la démocratie politique, et d'une structuration sociale et religieuse portée par le Christianisme, religion dite d'Amour du Christ et du prochain (tous les humains amis et ennemis embarqués dans une même charette), délayée dans les Évangiles et relayant, plus ou moins selon les époques et les diverses "hérésies", l'Ancient Testament de la Bible des Juifs. Le Christianisme s'est aussi comporté en destructeurs de civilisations dites payennes pour asseoir son implantation et sa diffusion dans les esprits et dans les masses populaires. Le Christianisme, Amour du prochain, respectueux de son intégrité et de ses valeurs, donc ayant bien intégré les notions de Liberté, d'Égalité et d'individualisme des Lumières et de la Révolution Française, avec les droits de l'homme et des minorités... est structurant pour la civilisation occidentale actuelle qui se doit de s'y soumettre. Elle le fait innocemment, inconsciemment ou consciemment, dans ses réponses ou réactions aux "attaques" d'individus ou de groupes qui fondamentalement n'adhèrent pas ses principes de liberté, de respect et de tolérance. À noter qu'historiquement les monarchies catholiques ou simplement chrétiennes se comportaient plus en dictatures qu'en démocratie (mot absent du lexique de l'époque), les habitants d'un pays conquis par la force ou donné par dote princière devaient adopter la religion du monarque en place et y prêter allégeance.

L'Occident et l'Islam dans ses variantes ou extensions politiques sont dans des relations conflictuelles. En Occident les musulmans sont respectés en tant qu'individus, libres de leur croyance religieuse et, dans le cadre du respect des lois des démocraties, libres de se comporter selon les cinq piliers de l'Islam : reconnaître et adorer Allah Dieu unique, lui faire cinq prières journalières, faire jeune pendant la lunaison du Ramadan, verser l'aumône pour les plus démunis et aller au moins une fois dans sa vie en pélerinage aux lieux saints sis en Arabie (la Mecque, Médine...).

Sur le plan politique les populations islamisées depuis des siècles, le plus souvent suite à des conquêtes guerrières, ont développé des ressentiments et des volontés de revanche sur leurs colonisateurs depuis les deux siècles passés, principalement les Français en Afrique du Nord et les Anglais au Moyen-Orient, Égypte incluse. La domination de l'Empire Ottoman, tout aussi mal vécue mais beaucoup plus ancienne, a disparu après la première guerre mondiale pour être remplacée par celle de l'Occident, est -pour l'instant- oublié car les Turcs sont musulmans et leur République laïque fondée par d'Ataturk est devenue une "République islamique". La domination ottomane a été remplacée par la mise sous tutelle "bienveillante" de la France et surtout de l'Angleterre, devenues de fait les nouvelles puissances occupantes. Certains pays ont conquis leur indépendance par la force armée (Arabie saoudite en 1932), Algérie en 1962 ou par des négociations (Irak en 1932) (Maroc 1956, Tunisie 1956, Koweit 1961, Emirats A.U. 1971...). L'Arabie Saoudite a noué des accords avec les USA sous Roosevelt pour se libérer des pressions britanniques et confier aux majors américaines l'exploitation de son pétrole.

Dans les mouvements politiques de libération nationale, les mouvements politiques marxisants soutenus par L'URSS étaient prépondéants en Afrique du Nord, les mouvements islamistes ont pris le relais (du Magreb jusqu'aux confins de l'Himalaya) en renforçant l'emprise des directives islamiques de la Charia sur les masses populaires et en créant une conscience politique nationaliste et internationaliste. En dehors de la révolution islamique chiite d'Iran, les deux grands mouvements politiques fédérateurs sunnites sont le salafisme/wahabisme et les Frères Musulmans (organisation transnationale islamiste sunnite pour la renaissance islamiste, avec une organistion structurée et des moyens armés si nécessaires), dont les buts communs sont le renouveau d'un Islam conforme aux textes sacrés, l'établissement de régimes islamiques appliquant la loi islamique (la Charia), la diffusion de l'Islam sur toute la planète en utilisant tous les moyens disponibles pour convaincre et pour éliminer les récalcitrants, les infidèles.

Au Maroc, le Roi, Commandeur des Croyants, tente de maintenir un équilibre entre des forces démocratiques et des forces islamiques. En Algérie la tentative d'instauration d'un régime islamique contre le FNL s'est soldée par une longue et féroce guerre civile. En Tunisie la révolution a failli déboucher sur un régime démocratique noyauté par les tenants de l'instauration de lois islamiques. En Libye, c'est la lutte entre des tribus islamiques pour prendre la gouvernement. En Égypte, la révolution anti Moubarak a été captée par les Frères Musulmans (soutenus par le Qatar) voulant instaurer une république islamique conforme à la charia : le Général Sissi a repris les rênes du pouvoir. En Syrie, les islamistes de Daech mouvement soutenu par les salafistes, donc par des personnalités de l'Arabie Saoudite et des Emirats, ont voulu imposer leur état islamique, un Califat. En Afganistan et Pakistan ce sont des mouvements salafistes avec leur branche active d'Al Qaïda, qui se manifestent violemment. Etc... pour l'Indonésie, la Malaisie, les Ex-republiques islmaiques de l'URSS...

Dans tous ces pays un double but est poursuivi : la destruction des "valeurs" occidentales (celles des occupants) et l'instauration de régimes politiques islamiques selon la charia. Ce double but est, en occident, la principale motivation des "radicalisés", des prêcheurs formés et soutenus par les salafistes et les frères musulmans. Ces organisations politiques disposent de moyens puissants : accès à Internet avec des sites diversifiés de propagande, des moyens financiers importants, et surtout de l'utilisation ou détournements des lois occidentales de liberté de paroles, de propagandes, d'exercice de religions, de déplacements. Toute entrave mineure à leur entreprise d'infiltration et de destruction des valeurs occidentales est relevée et combattue par des groupuscules de mouvance gauchiste dont l'ADN est le combat contre l'emprise capitaliste néolibérale. S'il est évident que les gauchistes ne veulent pas de l'instauration -à terme- d'une République islamique en France, tout comme ils ne veulent pas d'une République Chrétienne en France, ils s'auto-manipulent en gaucho-islamistes, à l'insu de leur plein gré !

Si le mariage musulman ne se substitue pas encore au mariage civil, la reconnaissance du divorce à l'amiable sans passer devant un magistrat civil, va ouvrir la voie au divorce musulman avec médiation privée musulmane : rien ne s'y oppose ! Si par contre les autorités catholiques ne veulent pas organiser un divorce catholique, ces mêmes autorités rejoignent les autres autorités religieuses dont celles de l'Islam dans des oppositions telles qu'à l'encontre du mariage homosexuel.

 

La société occidentale est dans un chaudron menacé d'explosion

La défiance vis-à-vis du capitalisme néolibéral adepte de la religion du profit dans les domaines de la vie en société, de la santé, de l'agriculture, de l'agro-industrie, de l'enseignement, de la culture, de la justice, de l'exploitation des ressources naturelles et fossiles, de la sécurité et des religions occidentalisées, est la grande créatrice de la destruction de la civilisation occidentale et dans la foulée de la destruction de la biosphère planétaire, humains inclus.

Les attaques menées pour les organisations politiques des Frères musulmans et des Salafistes/Wahabistes, viennent accélérer la destruction des valeurs de la civilisation occidentale chrétienne tout en rejetant les fausses valeurs du capitalisme néolibéral assimilé à la civilsation occdentale ! Pour l'instant seules les "sectes ou religions" de la mouvance du protestantisme ont des ambitions de résistance à l'islam et de conversion des musulmans. Les partisans de la Laïcité ne se sentent pas une vocation de prosélytisme et ils font profil bas pour ne pas être accusés d'anti religion !

La société occidentale se doit d'offrir des transcendances humanistes, des dépassements de la condition animale, à des humains déboussolés par les comportements des "humains" depuis l'âge industriel. La solidarité, la fraternité, l'Amour fraternel du prochain, sont des valeurs à diviniser.


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11 réactions à cet article    


  • Diogène diogène 20 décembre 2017 09:25

    Une « transcendance humaniste », c’est un peu comme un chrétien athée, un misanthrope charitable ou un ogre végétarien. 


    • hugo BOTOPO 20 décembre 2017 16:23

      @diogène
      Beaucoup de chrétiens sont devenus athées au vu du comportement « inhumain » ou « trop intrinsèquement humain » d’un grand nombre de chrétiens ou de religieux de toute obédience !
      Un ogre par nécessité peut devenir végétarien tout en se goinfrant. Des misanthropes en fin de vie peuvent devenir charitables, mais c’est rare et difficile.

      Si vous considérez comme « humaniste » le comportement actuel des humains sur la planète, alors ma « transcendance humaniste » n’est qu’un assemblage discordant. Ma transcendance humaniste considère que l’homme a un esprit et une conscience de lui-même, des êtres, des valeurs partagées de vie en société, du temps et des ressources planétaires. Ma transcendance humaniste n’a pas de références aux religions, elle est d’essence philosophique.


    • zygzornifle zygzornifle 20 décembre 2017 09:37

      De toute façon comme d’habitude ce sera les pauvres qui payeront l’addition ......


      • francois 20 décembre 2017 10:03

        la société occidentale a inventer la finance sauvant la planète.


        1)Schumpeter un croyant de la croissance infinie dans un monde fini à la population infinie. 
        2)Schumpeter a aussi prédit la fin du capitalisme sous l’assaut de la bureaucratie. 
        Schumpeter s’est trompé sur le 1
        Schumpeter ne s’est peut être pas trompé sur le 2 : Les bullshit jobs financiers peuplent les entreprises. 

        • francois 20 décembre 2017 10:04

          « des dépassements de la condition animale, » les autres animaux n’ont pas pillé la planète. Il serait bon de retrouver la condition animale


          • Armelle Armelle 20 décembre 2017 13:39

            @francois
            Les âneries de fanfois foisonnent...Il ne se repose jamais
             
            En revanche cette fois fanfois, vous avez du crédit repos car vous bénéficiez d’une avance substantielle sur les autres...


          • francois 20 décembre 2017 15:23

            @Armelle
            la reine de l’auto fellation dans ses oeuvres.


          • francois 20 décembre 2017 15:24

            @Armelle
            Profession Armelle : cracher le molard le plus loin possible. Champion(ne) du monde


          • hugo BOTOPO 20 décembre 2017 16:31

            @francois
            Les autres animaux ne pillent pas la planète : s’ils se développent trop ils font le bonheur de leurs prédateurs ou meurent de faim ou même pour les carnivores vont se dévorer entre eux !

            Les hommes manquent actuellement de prédateurs naturels sauf parfois de bactéries ou de virus.
            Leur réduction par ressources insuffisantes (eau, nourriture) ou par cataclysmes devient de plus en plus probable et vraisemblable.


          • francois 21 décembre 2017 15:50

            @hugo BOTOPO
            le robot sera le prédateur de l’homme


          • hugo BOTOPO 21 décembre 2017 17:08

            @francois
            Le robot prédateur de l’homme ! Pourquoi pas ?

            Le robot est une création du système dominant capitaliste néolibéral : pour améliorer les performances et les profits, pour réduire les coûts de main-d’oeuvre et certainement pas pour améliorer les conditions de travail et les revenus des travailleurs concernés.
            Cependant le robot n’est pas un prédateur au sens classique du terme, prédateur considéré comme extérieur (et parfois concurrent) au système.

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