• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Economie > Hors de l’Euro et l’UE, la SNCF n’aurait pas de dette et (...)

Hors de l’Euro et l’UE, la SNCF n’aurait pas de dette et ne serait pas privatisée : explications ! #jesoutienslagrevedescheminots

Le régime Macron, à coups d’ordonnance interdisant le débat parlementaire, tente de lancer la privatisation de la SNCF en transformant le service public en une société anonyme. Une société à action, à l’image des multinationales qu’il pourra ensuite privatiser comme l’ont été France Telecom, GDF, EDF avant elle. Pour permettre la privatisation et l’ouverture à la concurrence, la réforme prévoit également la suppression du recrutement sous statut des cheminots – avant sans aucun doute de supprimer en totalité le statut. Prétexte avancé par le gouvernement pour justifier une attaque très impopulaire dans l’opinion, la dette de la SNCF. En réalité la cause de cette réforme non annoncée durant la campagne présidentielle, c’est les directives européennes qui imposent l’ouverture à la concurrence de la totalité du secteur ferroviaire en janvier 2019. L’homme de main du grand patronat et exécutant des ordres de la commission européenne n’a donc pas le choix et Macron ne fait ici qu’exécuter les ordres de la commission européenne. Face à la propagande du régime, les militants franchement communistes du PRCF vous propose de faire le point sur la question de la dette de la SNCF, les fameux 55 milliards de dette.

Aux origines de la dette de la SNCF : le privé et la concurrence, les directives du 1er paquet ferroviaire européen

En 1937 face à la faillite généralisé des entreprises privées exploitant les concessions ferroviaire – le régime étant alors celui de la concurrence et du marché libéralisé, une vieillerie auquel la Commission Européenne veut nous renvoyer sous prétexte de modernité – l’Etat est contraint de nationaliser l’ensemble des sociétés de chemin de fer. La SNCF est créée. L’entreprise publique hérite alors de la dette colossale accumulée par le privé. 30 milliards de franc. Cette dette initiale est l’équivalent de 17 milliards d’euros actuel. Elle explique déjà 37% de la dette actuelle de la SNCF, et la quasi totalité de la dette de Réseau Ferré de France à sa création en 1997 (20 milliards d’euros). Cette partie de la dette n’a rien à voir avec le statut public de la SNCF, son caractère de monopole ou le statut des cheminots. Mais est le résultat du privé et de la concurrence. Revenir à la situation d’avant 1937 ne sera pas un progrès. Bien au contraire !

Qui plus est l’ouverture à la concurrence du transport de marchandise imposée par l’Union Européenne a conduit à faire un trou dans la caisse de l’activité commerciale de la SNCF de 7,9 milliards d’euros. Les soit disant “solutions” du régime Macron, imposées par l’Union Européenne ne vont donc que creuser la dette de la SNCF.

La SNCF un service public très rentable hors charge de la dette

La SNCF est une affaire qui marche très bien. 33 milliards d’euros de chiffre d’affaire annuel, 1,33 milliard d’euros de bénéfices annuel. Mais le service public est plombé par une dette importante, dont la charge est en constante augmentation. Les intérêts de la dette de la SNCF représente désormais une charge annuel de 1 milliard d’euros. En l’absence de financement, la dette ne cesse d’augmenter expliquant ainsi 20 des 46 milliards d’euros de dette de RFF. Les intérêts de la dette de ces dix derniers années sont 30% plus important que les sommes allouées à l’entretien du réseau. Priorité est donc donnée à gaver les banques plutôt qu’à la sécurité et à la performance du réseau. Les usagers devraient ici comprendre que c’est bien les banques qui les prennent en otage alors que ce sont les cheminots qui les défendent !

Il est important de souligner que cette charge de la dette n’a rien d’automatique. Elle est le résultat du Traité de Maastricht et de l’obligation faite avec l’acte unique préparatoire à la création de l’Euro, puis le traité de Maastricht, de l’obligation de financer la dette de la SNCF sur les marchés financiers. Avec l’Euro, il est interdit à la banque de France de prêter directement à la SNCF et de financer ainsi à coût nul la dette de la SNCF. Une dette pourtant structurellement constituée d’investissements dans des infrastructures ultra rentables pour l’ensemble de l’économie. Car le réseau ferroviaire rapporte beaucoup plus qu’il ne coute à l’ensemble de l’économie. Et la grève des cheminots le démontre. Lorsque les trains ne circulent pas, les entreprises perdent chaque jours des centaines de millions d’euros.

De fait, la dette de la SNCF est une des preuves illustrant la visée politique de la construction de l’Euro avec la banque centrale européenne (BCE) indépendante et obligeant à financer les dettes publiques par l’emprunt privé. Celui de la contrainte externe rendant exsangue les services publics pour mieux justifier ensuite de l’impératif de les libéraliser puis de les privatiser. Cela afin d’ouvrir de juteux marchés aux multinationales capitalistes.

La transformation en Société Anonyme de la SNCF fera perdre la garantie de l’Etat sur la dette de la SNCF, faisant grimper les taux d’intérêts et donc la charge de la dette. Le gouvernement organise donc en réalité la faillite de la SNCF avec sa réforme. Sauf à considérer que les cheminots, par des baisses de salaires et une dégradation de leurs conditions de travail, de même que les usagers par des hausses massives des prix des billets paieront. C’est ce qui s’est passé en Grande Bretagne où les prix des billets sont sept fois plus élevés qu’en France.

Maastricht et l’Euro expliquent le refus du régime Macron de reprendre la dette de la SNCF

Si en 1997, pour répondre aux critères du traité de Maastricht qui conditionne le passage à l’euro à la maîtrise du déficit public, le gouvernement de la gauche plus rien – avec alors comme ministre des transports le PCF mutant Gayssaot – décide de loger la dette ferroviaire dans un nouvel établissement public, séparé de la SNCF : Réseau ferré de France (RFF, renommé SNCF réseau en 2014) c’est qu’il s’agit de ne pas faire entrer la dette de la SNCF dans le calcul de la dette public d’Etat et ainsi de respecter les critères des 3% de déficit public imposé par l’Euro.

C’est la même raison qui pousse le gouvernement Philippe et le ministère des finances à refuser la demande du patron de la SNCF – Pépy – de reprendre la dette de la SNCF.

Qui plus est, la SNCF totalement étranglée par l’Euro et son austérité permanente a dû se séparer à vil prix de quelques-uns de ces joyaux. Qui se souvient que pour trouver de l’argent frais, la SNCF a ainsi bradé alors que l’Union Européenne imposait l’ouverture à la concurrence des télécommunication son réseau de fibre optique.

Si la France n’avait pas été dans l’Euro et donc avait pu reprendre la dette de la SNCF en 2010, la dette de la SNCF serait 10 milliards d’euros moins élevé qu’actuellement. Un chiffre qui devrait faire réfléchir ceux qui pérorent que l’euro protège. Oui, mais uniquement les banquiers en faisant les poches des travailleurs.

JBC pour www.initiative-communiste.fr

https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/hors-de-leuro-et-lue-la-sncf-naurait-pas-de-dette-et-ne-serait-pas-privatisee-explications-jesoutienslagrevedescheminot/


Moyenne des avis sur cet article :  3.61/5   (18 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • JL JL 12 avril 12:06

    Croire que les réformes résorberont la dette relève de la pensée magique.
     
    Donner à croire une telle chose relève de la trahison.


    • Lugpapa 12 avril 15:04

      @JL

      Si on parle de la dette global de l’Etat il est évident que les réformes seront le seul moyen de la résorber, si on parle de la SNCF personne n’a dit cela.

    • JL JL 12 avril 18:54

      @Lugpapa
       
       non, aucune réforme ne résorbera la dette : ça se fera par un jeu d’écriture.


    • Jean Roque Jean Roque 12 avril 12:07

       
      APRÈS LES STAGES « SUD » INTERDITS AUX SOUCHIENS,
       
      SUR UNE IDÉE OBOBONO HOURI BARBUE DE L’EX-FRANCE SOUMISE,
       
      LA GRÈVE « SUD » RÉSERVÉE AUX BOUBOU ?

       
      Pour faire rire Rothschild et Soros qui se lassent de leur boubouffon négrier La Baudruche sans cravate.

       
      http://www.fdesouche.com/911635-deputee-daniele-obono-lfi-defend-stages-interdits-aux-blancs-organises-syndicat-sud-education-93
       
      « Votez Rothschild » Cacique CGTiste bientôt à l’UE où l’OIT...


      • arioul 12 avril 12:19

        Dans vos reves de bolcheviks. La SNCF va etre privatisée pour le grand bien de tous. Et toutes les grosses feignasses de cette entreprise de parasites iront au chomedu.


        • Lugpapa 12 avril 15:05

          @arioul

          La SNCF ne va pas être privatisé, ce n’est pas au programme de ce gouvernement, désolé de vous décevoir.

        • @arioul
          La SNCF fonctionne déjà comme une entreprise privée, qui supprime les lignes non rentables. On ne voit pas en quoi sa « privatisation » se ferait pour le bien de tous, puisqu’il ne s’agit que d’enrichir des actionnaires !


        • Lugsama Lugsama 12 avril 23:39

          @France Républicaine et Souverainiste

          Une ligne non rentable est une ligne qui n’est pas remplit et peux donc être substitué par d’autres services, le train est fait pour le transport de masse, si il n’y a pas de quoi remplir un bus c"est absurde vu les coûts.

        • titi 13 avril 10:11

          @Lugsama

          Exactement !

          Il est ahurissant de voir des gens qui juxtaposent les tracés des lignes ferroviaires à des époques ou le train était le seul moyen de transporter des marchandises et des voyageurs à plus de 20 km/h avec une autonomie de plus de 50km/jour, et les tracés actuels en nous disant : « vous voyez bien ! on casse le service public ! »

          Ahurissant !


        • Lamalice Lamalice 12 avril 12:38

          Attention le PRCF est devenue d’extrême dixit la cgt.

          « Du Front national aux Patriotes, en passant par différents mouvements favorables au ’Frexit’, des organisations identitaires, xénophobes et racistes se travestissent en pseudo-alliés et soutiens des travailleurs en lutte », poursuit-elle. "Toutes ces organisations ne font que diviser. Elles instrumentalisent la colère sociale à des fins populistes.

          LA CGT n’est pas revenu sur ces propos il me semble. Pour le PRCF qui publie de tel article est-ce normal ?

          On va pas refaire le sujet sur la présidentielle et votre soutien à la FI . Mais ce serait bien de vous positionner sur les propos de leader de la CGT


          • Lamalice Lamalice 12 avril 12:40

            est devenue d’extrême droite


          • taktak 12 avril 15:48

            @Lamalice
            C’est fait très clairement et depuis longtemps. Vous pouvez suivre les analyses et proposition du PRCF sur www.initiative-communiste.fr

            https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/mensonges-et-amalgames/

            Et pour rappel la CGT 13 a organisé la semaine dernière une manifestation allant occuper les locaux de la commission européenne. Comme quoi il ne faut pas confondre les militants de la CGT majoritairement pour le Frexit comme tous les travailleurs, et certains de ces dirigeants - proche des cercles mutants du P« C »F ou du PS influencés par les financements de la CES et donc de ladite commission européenne.


          • Lamalice Lamalice 12 avril 21:21

            @taktak

            Bonsoir taktak
            Cela mérite un pouce . Un vote . Par contre majoritairement pour le frexit j’espère que cela se verra de plus en plus pour le moment cela n’est pas flagrant. 
            Déformation télévisuel et instance dirigeante méprisante du plus grand nombre .


          • Salade75 12 avril 12:41

            Bonjour,
            Mensonges (concurrence avant 1937, lien entre libéralisation du fret et dette, ...), enfoncement de portes ouvertes (les directives européennes, un réseau sert à tous, ...) et spéculations (volonté cacher de privatiser) : cet article est fascinant !
            Notre monde n’est pas joli joli, mais je comprends que ceux qui vivaient dans un monde communiste aient voulu s’en débarrasser car je n’aimerais pas que les gens qui ont écrit cet article dirigent mon pays.


            • Konyl Konyl 12 avril 13:41

              @Salade75
              Mais comme sur Agoravox, vous pouvez publiez des chiffres issues de hoax en prétendant que c’est du 110 % vérifié et que même que c’est moi qui l’ai tapé je suis journaliste, tout est possible. Et quand vous mettez leurs nez dessus, ils vous censurent.
              https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/macron-l-ultraliberal-qui-veut-203242

              PRCF, pouvez vous citer vos sources pour les chiffres ? Pas votre site web partisan, les vrais chiffres ?


            • Lugpapa 12 avril 15:07

              @Salade75

              Laissez les rêver, l’ouverture à la concurrence et la fin de l’embauche des cheminots ont déjà été voté cette semaine.

            • buratino buratino 13 avril 10:03

              @Salade75, et ouais d’ailleurs toute la gauche, Mélenchon en tête étaient favorable à Maastricht et autres associations de malfaiteurs, ils traitaient même les opposants de fascistes comme d’habitude


            • Lugpapa 12 avril 15:11

              « Avec l’Euro, il est interdit à la banque de France de prêter directement à la SNCF et de financer ainsi à coût nul la dette de la SNCF. »


              C’est bien antérieur à l’Euro, et l’argent gratuit ça n’éxiste pas, la creátion monnétaire abusive est toujours payé par quelqu’un.

              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 12 avril 20:40

                @Lugpapa
                Non, Monsieur, avant Pompidou et surtout avant Maastricht, l’Etat empruntait à taux 0% à la Banque de France depuis 1801.


                Sans votre belle Europe des banksters, la dette publique de la France serait un non-sujet.

                Et c’est au nom de cette dette, fabriquée artificiellement pour gaver les financiers, qu’on nous explique « que nous n’avons plus les moyens du modèle social français »... Je suppose que vous avez un bon portefeuille d’actions bancaires ?

              • Lugsama Lugsama 12 avril 23:36

                @Fifi Brind_acier

                Vivre au dessus de ses moyens est un problème, l’argent ne pousse pas sur les arbres, emprunter a 0% à la banque de France est payé par tous les consommateurs au final.

              • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 13 avril 08:23

                @Lugsama
                Vous préférez la soumission à la finance, j’ai bien compris le message.


              • Lugsama Lugsama 13 avril 08:51

                @Fifi Brind_acier

                Non je préfère la bonne gestion que m’endetter sur le dos des générations suivantes.


              • Trelawney Trelawney 13 avril 11:20

                @Fifi Brind_acier
                UPR : Groupuscule politique voulant sortir à tout pris de l’UE et l’euro en adoptant un système politique d’avant Pompidou.

                Avant Pompidou on n’empruntait pas on fabriquait du billet de banque en garantissant cette monnaie par de l’or ou des richesses quelconques et quand je parle de richesses ce n’est pas sur la capacité industrielle de la France qui a toujours était virtuelle.
                Donc à l’époque on n’avait pas beaucoup d’or mais suffisamment pour financer ce que l’on avait à financer.
                Maintenant il nous faudrait des quantités d’or considérables pour fonctionner comme avant Pompidou. Donc à moins de faire descendre nos troupes du Mali vers l’Afrique du sud, d’envahir ce pays avec l’accord ou non de Poutine et des autres, je ne vois pas comment ce programme politique de l’UPR (digne du yakafocon) pourrait fonctionner.

                Mais le but de l’UPR n’est pas d’appliquer sa politique. Son but est d’exister pour qu’il soit à lui tout seul l’opposition à l’UE. C’est à dire une bande de clown avec qui l’UE peu compter pour exister sans concurrence possible

              • Zolko Zolko 16 avril 08:10

                @Trelawney : « Avant Pompidou on n’empruntait pas on fabriquait du billet de banque »
                 
                exact, et c’était payé en inflation. Et qui paye l’inflation ? Les salariés, car les « patrons » peuvent augmenter leurs prix à volonté, tandis que les « travailleuses et travailleurs » devaient constamment réclamer des hausses de salaires.
                 
                La solution n’est pas d’avoir de l’argent gratos, mais de ne pas dépenser plus que ce qu’on a.


              • Lugpapa 12 avril 16:22

                Bonne nouvelle pour les usagers la grève s’effondre.


                • foufouille foufouille 12 avril 16:38

                  le titre est stupide.


                  • bob14 bob14 13 avril 06:11

                    « la SNCF n’aurait pas de dette »..vous vivez au dessus de vos moyens chers Gaulois...Vos TGV vous mènent vers l’abattoir un peu plus vite...Vous avez 50 ans de retard sur le reste du monde mais voulez paraître à la page en élisant des incompétents à chaque élection.. smiley


                    • titi 13 avril 10:06

                      « Hors de l’Euro et l’UE, la SNCF n’aurait pas de dette et ne serait pas privatisée  »

                      Propagande idéologique que l’on peut décoder par « si ma tante en avait, ce serait mon oncle »


                      • zygzornifle zygzornifle 13 avril 10:18

                        Je soutient tout ceux qui plantent une épine dans le cul de Macron .....


                        • zygzornifle zygzornifle 13 avril 10:20

                          Mettez le patron d’Amazon et la SNCF deviendra rentable après l’exclusion d’une partie des cadres inutiles et de tous les copains des politiques placés la par copinage ....


                          • Konyl Konyl 13 avril 12:23

                            @zygzornifle
                            Vous oubliez les gilets rouges et bleus et les CM des blogs.


                          • Vraidrapo 13 avril 13:46

                            C’est bien dans le droit fil de l’UMPS :
                            - Concession des Autoroutes,
                            - Braderie d’Alstom,
                            - Privatisation de la SNCF
                            et je ne sais pas tout.
                            Quand l’État n’aura plus de ressources, qui c’est qui va trinquer... le Con-tribuable !


                            • Zolko Zolko 16 avril 08:05

                              #JemmerdeLaGreveDesCheminots

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès