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Accueil du site > Actualités > Economie > Le Lucre au principe

Le Lucre au principe

L'affairisme économique soutenu par les Etats comme seule réalisation de soi aujourd'hui, est à but lucratif. Mais qu'est-ce que le lucre, au juste ? ... Coup d'œil.

Au moment de la parution de cet article, le Wiktionnaire dit pour lucre : « Profit plus ou moins licite que l’on recherche dans une entreprise. » Or, le Wiktionnaire est intéressant, d'avoir été réalisé par le sens commun (bénévolat des wikis). La notion de plus ou moins licite laisse songeur : car une chose est licite ou ne l'est pas. Néanmoins, elle suggère l'emploi de rétorsions, de formalisme au-delà de tout respect, de « privilège de la lettre de la loi sur son esprit ».

Le Larousse en ligne, toujours au moment de la parution de cet article, dit pour lucre : « Profit, argent, considéré en lui-même et recherché avec avidité. » Ce qui est assez explicite : la finalité n'est pas la personne, mais le lucre lui-même. D'ailleurs, dire à but lucratif redouble le niveau : est à but lucratif ce qui vise de se viser. Logique nombriliste ou - puisque le vocable est à la mode - perverse narcissique, hypernarcissique. Où l'avidité vient couronner l'ensemble sans surprise, qui est une frénésie.

Le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales, encore plus sérieux que les deux précédents, dit pour lucre : « Vieilli. Gain, avantage, profit tiré d'une activité quelconque. - Péjoratif. Profit pécuniaire, souvent matériel, plus ou moins licite et recherché avec avidité. » Mais notez aussitôt que le sens péjoratif, lui, n'est pas vieilli. De plus, on a beau juger péjorative la notion de lucre, c'est bien elle qui trône dans l'expression à but lucratif. Encore plus notable : le CNTRL accrédite le Wiktionnaire comme le Larousse, avec les notions de plus ou moins licite (rétorsions) et d'avidité (frénésie).

Enfin, éminence entre les éminences, le Trésor (Informatisé) de la Langue Française, 8ème édition de l'Académie française (la 9ème étant en cours de rédaction) pour lucre  : la pure et simple reprise du CNTRL, où c'est évidemment le CNTRL qui reprit le TILF.

Le vil Scrooge n'a rien d'un gentil Picsou, et tous les gentils Picsous restent des pique-sou, sans différence avec les Gripsou.

Mal' - LibertéPhilo

 

  • Source Wikipédia : Charles Dickens, auteur de Scrooge.

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22 réactions à cet article    


  • zygzornifle zygzornifle 16 mars 15:51

    Le vil Scrooge n’a rien d’un gentil Picsou, et tous les gentils Picsous restent des pique-sou, sans différence avec les Gripsou.


    On a un gouvernement de flaire-sous , de pique-sou et de gripsou ....

    • Mal' Mal’ 16 mars 15:57

      @zygzornifle Qui dit mieux ?


    • Étirév 16 mars 16:06

      Suivant une tradition rapportée par Porphyre (philosophe du 3ème siècle de notre ère) dans son ouvrage « De l’Abstinence » (abstinence de la consommation de chair animale), les premiers hommes n’offraient sur les autels des dieux que des fleurs, des fruits et des touffes d’herbes.

      La galanterie fut rustique au début, elle est toujours un peu pastorale, parce qu’elle rapproche l’homme de la Nature. C’est la générosité, le dévouement, l’abnégation de cette belle jeunesse primitive qui reparaît, par atavisme, dans le désintéressement de notre jeunesse actuelle, dans sa tendance vers l’idéal.

      Ces beaux sentiments, antérieurs à l’invention de la monnaie, ont été altérés ou détruits par l’amour de l’argent qui a tari la source de la générosité primitive.

      Cordialement.


      • Mal' Mal’ 16 mars 21:05

        @Étirév Ça a le mérite de la simplicité.


      • Claudec Claudec 16 mars 17:34

        L’homme, comme tout ce qui vit, est avant toute autre considération, un consommateur. Il est même le premier de tous et considéré comme le premier des prédateurs.

        Mais contrairement aux autres être vivants, il a inventé l’échange, d’abord troc puis commerce, d’où l’économie, le marché, le profit, etc. Le tout au service de la satisfaction de ses besoins, vitaux comme accessoires, voire superflus, car il sait aussi s’inventer des besoins, d’où le lucre, qui n’existe pas chez les autres espèces qui peuplent notre planète.

        • Mal' Mal’ 16 mars 21:06

          @Claudec Le marchandage, le à but lucratif, n’est de loin pas toute l’Histoire humaine.


        • Claudec Claudec 17 mars 12:07

          @Mal’

          Il ne s’agit pas ici d’histoire humaine, mais de la vie, dont l’histoire humaine n’est qu’un aspect parmi tant d’autres, n’en déplaise à la vanité de l’homme. Aucun être vivant, dont l’homme (encore que celui-ci fasse même commerce de sa mort et de sa naissance. Cf. les juteux commerce prénatal et funéraire), n’y échappe : tous, avant toute autre considération, sont des consommateurs.

          Essayez de trouver un seul exemple des innombrables activités humaines, où l’échange, et plus largement l’économie, n’apparaissent pas de près ou de loin ; vous allez être surpris.

        • Mal' Mal’ 17 mars 15:20

          @Claudec Je parlais de but lucratif.


        • Claudec Claudec 17 mars 18:30

          @Mal’

          Le but de tout échange est lucratif, chacun de ses protagoniste s’y livrant pour obtenir (plus ou moins subjectivement) davantage que ce qu’il offre.
          La monnaie (ou l’argent) n’étant qu’un facilitateur de ces échanges, inventé par l’homme et de nos jours universellement employé.
          Ce qui n’empêche pas le don d’exister (?), mais peut-être est-ce ce que vous appelez l’échange non lucratif.

        • Mal' Mal’ 17 mars 19:29

          @Claudec « Le but de tout échange est lucratif ... ce qui n’empêche pas le don d’exister. » Le don n’est pas un échange ?


        • Claudec Claudec 17 mars 20:13

          @Mal’

          Par définition, non.
          D’après le TLF (CNRS) : Don = Action de donner, de céder gratuitement et volontairement la propriété d’une chose

        • Mal' Mal’ 17 mars 21:26

          @Claudec Oui pardon, je pensais à des transactions, des circulations. Et pourtant, c’est toute une économie que le don, aussi. Du reste, mon objectif était de vous faire sentir - maladroitement, de toute évidence - que toute économie n’est pas à but lucratif, contrairement à vos généralisations abusives.


        • Jason Jason 18 mars 09:57

          @Mal’


          Je ne suis pas tout à fait d’accord. Le don est un acte non marchand, à un bénéficiaire dont on n’attend rien en échange Quand on fait un don à une association caritative ou à un centre de recherches, on n’attend rien en échange, il se fait pour soi, en soi. Il exclut l’acte marchand.

          Il serait bon de retourner à l’essai de Marcel Mauss : Essai sur le don.

        • Mal' Mal’ 18 mars 10:13

          @Jason Hum. C’est ce que je disais, @Jason, c’est ce que je disais. Seulement, votre exemple est mal choisi : dans son essai sur le don, Mauss démontre bien à quel point on donne de façon dispendieuse, pour des raisons d’échange, contrairement d’ailleurs aussi à la définition de @Claudec, d’ailleurs, aussi. En effet, quand je donne, j’échange un bien contre - at least - de la reconnaissance. Il y a transfert de valeur affective. Aussi me permettez-vous de rebondir contre @Claudec. Le don reste une économie car, pour pouvoir donner, il faut des ressources, c’est l’évidence.

          Au-delà, @Claudec, toute économie n’est pas - et de loin - à but lucratif. Quid des économies de subsistance ? des économies basées sur les ressources (EBR) ? J’en passe et des meilleures ? ... l’économie lucrative est bien précise, et se donne le « joli » nom de croissance, comme si nous étions des enfants perpétuels nécessitant de croître et exigeants de finir géant (situation de monopole). C’est futile, et dangereux.


        • Jason Jason 18 mars 10:58

          @Mal’

          Oui, d’accord. Mais, à ce moment-là il serait bon d’établir deux catégories : échange équilibré, sans marge de profit, et échange avec une marge : le profit > le lucre. Qu’en pensez-vous ?

          Dans l’opération de don au sens de Mauss, le « Potlatch », je crois, crée une surenchère souvent ruineuse qui atteint les donateurs. Une course à la supériorité en somme. Escalade du prestige.

          P.S. Quand les politiques et les économistes parlent de croissance il s’agit du PIB. Ce dont se moquait Keynes : « Si j’épouse ma femme de ménage, je fais baisser le PIB ». Lquel PIB ne tient absolument pas compte de la qualité de la vie. Imposture, supercherie et compagnie. 

        • Mal' Mal’ 18 mars 12:08

          @Jason Pas mieux.


        • Claudec Claudec 18 mars 14:51

          @Mal’

          Maladroit peut-être, mais en tout cas superficiel et pas très clair.
          Et il ne suffit pas de se montrer péremptoire pour avoir raison.
          De quelles généralisations s’agit-il ? Et en quoi seraient-elles abusives ?

        • Mal' Mal’ 18 mars 14:58

          @Claudec Lisez donc la suite, toutes les réponses à vos questions y sont. Quant au péremptoire, il n’y a que vous pour le voir. Bonne journée


        • Claudec Claudec 18 mars 18:39

          @Mal’T


          Botter en touche n’est pas une réponse.
          Toujours aussi maladroit et peu convaincant.

        • Mal' Mal’ 18 mars 19:21

          @Claudec Vous croyez qu’appuyer plus fort vous donne raison. L’important, c’est que vous vous le sentiez.


        • Jason Jason 16 mars 18:06

          Lucre (quand on le recherche, il faudrait créer le mot « lucrerie »), avec ses compagnes avarice, cupidité, ladrerie, et quelques autres, sont de gros vilains défauts qu’il faut soigneusement dissimuler.

          C’est pourquoi certains ont eu l’idée de créer des sociétés à but non lucratif. Associations, centres religieux et sectes (surtout aux USA), fondations, organismes divers et autres combines pour ne pas être taxés.

          Mais, toutes les associations ne sont pas « vicieuses ». Certaines sont reconnues d’utilité publique et sont vraiment non lucratives. Cependant elles ont souvent la mauvaise habitude de rémunérer somptueusement leurs membres (surtout) directeurs et hauts cadres. Je pense à la Croix Rouge dont j’ai rencontré des cadres dirigeants. Beaucoup vivent de donations et de financements publics.

          Si vous faites un don à une association à but non lucratif, demandez-leur donc de vous fournir un tableau détaillé de l’utilisations de ses fonds, vous aurez des surprises. La plupart n’en fournissent jamais.

          Le lucre se cache, vous dis-je.

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