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Accueil du site > Actualités > Economie > Une sale Laffer

Une sale Laffer

Sévèrement abimé par la crise, l’arsenal idéologique de la droite maigrit aussi vite que grossit la dette et que grandit le nez de Sarkozy. Sacraliser le capital, louer la dérégulation et les bienfaits de la main invisible du marché devient compliqué par les temps qui courent. Du coup, les dernières régionales l’ont montré, l’UMP recycle une fois de plus ses vieux rebuts : identité-immigration-sécurité, le tout dans le même paquet pour bien effrayer, et bien sûr, l’autre fléau, les impôts.
 
Trop d’impôt tue l’impôt
 
Ce dicton populaire a pour origine la courbe de Laffer, sempiternelle référence servie par les idéologues libéraux et les possédants pour justifier leur allergie à l’impôt progressif. Cette courbe en forme du U inversé mesure la variation des recettes fiscales de l’Etat en fonction du taux d’imposition. Au-delà d’un certain taux, l’incitation au travail et donc les recettes fiscales diminueraient. Le problème est que la courbe de Laffer telle que présentée n’a jamais été démontrée. A fortiori le taux retenu par la les théoriciens libéraux, évidemment bas, entre 20 et 40% selon leur degré d’intégrisme.
 
La mise en pratique religieuse de cette théorie aux Etats-Unis, depuis Reagan et jusqu’à Bush, avec des baisses d’impôt drastiques ciblées sur les plus riches, est l’une des causes de l’intensité de la crise : déficits publics abyssaux, redistribution hyper inégalitaire des richesses avec une minorité de la population en captant l’essentiel et les deux-tiers vivant à crédit, protection sociale limitée et chère, taux de pauvreté élevé...
Les fameux « amortisseurs » opportunément loués en France après la crise par ceux-là même qui se sont évertués à les détruire ne sont rien d’autres que des transferts sociaux issus de la redistribution des impôts, bénéfiques à la majorité des Français, au pays et à l’économie. Car moins d’impôt ne profite qu’à ceux dont les moyens financiers les mettent à l’abri des risques de la vie. Pour tous les autres, c’est-à-dire la grande masse, moins d’impôt signifie services publics dégradés, couverture sociale amoindrie, précarité.
Bref la réalité serait plutôt « moins d’impôt tue une société ».
 
Aucun consensus des économistes sur la courbe de Laffer :
lire, entre autres, le hors-série d’Alternatives Economiques « Comprendre les économistes » de novembre 2007, ou les analyses de Thomas Piketty, notamment dans « L’Economie des Inégalités » ou « Les hauts revenus en France au XXème siècle ».
 
Extrait d’Alternatives Economiques :
Le seul problème est de déterminer à partir de quel niveau de prélèvements cette allergie fiscale joue. 10% pour les libéraux façon Hayek. Les marxistes vont sans doute jusqu’à 90 %. Laffer avançait 30 % et il a convaincu Reagan. En baissant fortement l’impôt sur le revenu en 1981, l’administration Reagan s’attendait à avoir davantage de recettes fiscales : elle eut le plus gros déficit public depuis 1945. En France, Bruno Théret et Didier Uri ont essayé de mesurer le taux maximal à partir duquel "trop d’impôts tuent l’impôt". Ils ont trouvé... 85 %. Thomas Piketty a montré, à partir des baisses des taux supérieurs de l’impôt sur le revenu consenties par plusieurs gouvernements successifs entre 1986 et 1996, qu’elles n’avaient eu aucun effet sur la croissance, seulement sur l’ampleur du déficit. Face à autant de démentis, Laffer s’est fait très discret.
 
Thomas Piketty :
En 1932, quand Roosevelt arrive au pouvoir, le taux de l’impôt fédéral sur le revenu applicable aux plus riches était de 25 % aux Etats-Unis. Le nouveau président décide de le porter immédiatement à 63 %, puis 79 % en 1936, 91 % en 1941, niveau qui s’appliqua jusqu’en 1964, avant d’être réduit à 77 %, puis 70 % en 1970. Pendant près de cinquante ans, des années 30 jusqu’en 1980, jamais le taux supérieur ne descendit au-dessous de 70 %, et il fut en moyenne de plus de 80 %. Cela n’a pas tué le capitalisme et n’a pas empêché l’économie américaine de fonctionner.
 
Emmanuel Saez, économiste français spécialiste de la théorie de la taxation optimale et de l’étude des inégalités économiques, qui travaille à l’Université de Berkeley et qui a reçu en avril 2009 la médaille John Bates Clark (première marche pour certains avant un prix Nobel d’économie), établit qu’il est possible, surtout dans une société très inégalitaire comme les Etats-Unis, de fixer un taux nettement supérieur à 50%.
 
- Qu’est-ce qu’une politique fiscale juste ?
Emmanuel Saez : Une politique fiscale juste est une politique qui redistribue des hauts revenus vers les bas revenus sans compromettre l’activité économique et d’une façon qui soit la plus transparente et la plus simple possible. En particulier, dans le cas des très hauts revenus, la politique fiscale juste doit tenter de maximiser les recettes fiscales que l’on peut obtenir des très hauts revenus, ce qui veut dire des taux d’imposition dans le haut de la distribution pouvant dépasser nettement 50 %.
 
- Est-ce que la seule fiscalité juste ne consiste pas à supprimer tous les impôts indirects (TVA...) et en rester aux impôts directs réellement progressifs par rapport aux revenus quels qu’ils soient (travail, spéculation...) ?
Emmanuel Saez : Pour moi, les impôts directs, c’est-à-dire fondés sur le revenu total des personnes, et progressifs constituent la forme d’imposition la plus juste et transparente. En pratique, la progressivité des impôts directs est compromise par le développement de nombreuses niches fiscales, ce qui oblige les Etats à utiliser des impôts indirects, comme la TVA, qui sont moins justes puisque non progressifs, mais qui sont efficaces pour obtenir des recettes fiscales conséquentes.
 
- Que pensez-vous du bouclier fiscal ? N’accroît-il pas les inégalités ?
Emmanuel Saez : Selon moi, il n’y a pas de justification économique solide à limiter l’impôt à 50 % des revenus. En pratique, le bouclier fiscal n’inclut que certains types d’impôt et pas d’autres. Et par ailleurs, l’application pratique du bouclier fiscal est fort compliquée. Bref, je serais en faveur de la suppression du bouclier fiscal.
 
- Comment se positionne la science économique d’aujourd’hui par rapport au fameux adage "trop d’impôt tue l’impôt", exprimé par la fameuse courbe de Laffer ?
Emmanuel Saez : La courbe de Laffer nous montre comment les recettes fiscales varient en fonction du taux d’imposition. Puisque personne ne voudrait travailler si le taux d’imposition était de 100 %, c’est une courbe en forme de "U" inversé, et le sommet de ce "U" inversé détermine le taux d’imposition qui maximise les recettes fiscales. Ce taux d’imposition dépend évidemment de la façon dont les agents ajustent leur activité économique en fonction de l’impôt. En pratique, l’activité économique ne réagit qu’assez faiblement aux changements de taux d’imposition. Néanmoins, si le système d’impôt offre d’abondantes possibilités d’évasion fiscale (niches fiscales), le taux d’imposition qui maximise les recettes fiscales sera faible. La leçon est donc qu’il faut mettre en place un système d’impôt qui minimise les possibilités de niches fiscales. A partir de là, il devient possible d’augmenter les taux d’imposition très fortement sans compromettre les recettes.
 
 
Sans parler des nombreux facteurs interdisant des comparaisons simplistes entre pays (nature des impôts, assiette, part des impôts progressifs, nombre et qualité des prestations financées….), rien n’indique que le niveau atteint en France est trop élevé et nuit au dynamisme économique.
 
Si le niveau des prélèvements en France avait dépassé le plafond de la courbe de Laffer, les baisses d’impôts accordées aux plus aisés depuis 2002 (environ 30 milliards par an de pertes de ressources pour la collectivité http://www.alternatives-economiques.fr/il-n-y-a-pas-que-le-bouclier-fiscal-_fr_art_633_42332.html) auraient augmenté les recettes fiscales. Or, chaque baisse d’impôt se traduit par une baisse des recettes correspondantes, preuve que le seuil théorique maximal n’a pas été atteint.
 
La légende dit que Laffer aurait dessiné cette courbe sur une nappe, dans un restaurant. Décidément tout est contestable dans cette affaire…
 

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53 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 mars 2010 10:04

    à l’auteur

    Des impôts ! Encore des impôts ! Toujours des impôts ! Et le monde sera sauvé ! ! ! N’est-ce pas là une sorte de pensée unique ?

    Qu’est-ce qui empêche les « pauvres » de s’enrichir par les mêmes moyens que les milliardaires ?


    • Céphale Céphale 17 mars 2010 10:57

      Quand j’ai lu ce lien, je n’en croyais pas mes yeux. Llabrés propose d’enrichir tous les français en les rendant obligatoirement actionnaires d’une grande société coopérative d’investissement qui leur rapporterait 4% par an (vu la situation, on peut en douter). Donc il voudrait obliger tous les français à participer à la spéculation financière qui ruine l’économie mondiale. Un beau plan en vérité !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 mars 2010 11:19

      Céphale (xxx.xxx.xxx.182) 17 mars 10:57
      N’existe-t-il pas une énorme différence entre « en les rendant obligatoirement » et en invitant les Français à décider, librement, de devenir solidairement actionnaires ?

      "une grande société coopérative d’investissement qui leur rapporterait 4% par an
      (vu la situation, on peut en douter)« 
      Une rentabilité de 4% est envisagée sur le très long terme, de l’ordre du siècle, ainsi que l’avait calculé Jacques Marseille. Si vous en doutez, il vous appartient de prouver l’inexactitude des travaux de Jacques Marseille.

       »Donc il voudrait obliger tous les français à participer à la spéculation financière qui ruine l’économie mondiale".
      En lecteur extrêmement attentif, vous aurez certainement remarqué que les investissements envisagés se feraient dans l’économie réelle de marché (toutes entreprises confondues ; banques incluses) et non pas dans la spéculation financière.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 mars 2010 11:24

      P.S. :
      il convient de souligner que c’est fondamentalement par le mécanisme décrit que « les riches deviennent toujours plus riches ». Dans ce cas, pourquoi ce mécanisme ne ferait­-il pas également que « les pauvres deviennent, d’abord, de moins en moins pauvres puis, enfin, de plus en plus riches » ?


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 mars 2010 11:29

      Erratum :
      Lire :
      Une rentabilité de 4% est envisagée, en moyenne, sur le très long terme
      au lieu de :
      Une rentabilité de 4% est envisagée sur le très long terme


    • Céphale Céphale 17 mars 2010 12:11

      JPL,


      Ce serait plutôt à vous de prouver la justesse des élucubrations de feu Jacques Marseille.

    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 17 mars 2010 12:32

      Céphale (xxx.xxx.xxx.182) 17 mars 12:11
      « Ce serait plutôt à vous de prouver la justesse des élucubrations de feu Jacques Marseille ».
      Vous avez une telle manière d’inverser la charge de la preuve que votre mauvaise foi en est évidente ! ! !
      Vous affirmez que les travaux de Jacques Marseille sont des « élucubrations » : Prouvez-le ou cessez de diffamer les travaux d’un homme mort ! ! !
      Votre attitude est indigne, irrationnelle, illogique, et ne mérite pas qu’on dialogue avec vous.


    • Céphale Céphale 17 mars 2010 11:00

      Merci à l’auteur de m’avoir fait connaitre cet entretien de Frédéric Lemaître avec Emmanuel Saez dans Le Monde. Une démonstration très convaincante.


      • Vincent Marot 17 mars 2010 12:15

        @ Céphale
        Emmanuel Saez mérite vraiment le détour. J’ai eu la chance de le cotoyer par hasard durant mes études. Son intelligence est à la hauteur de sa gentillesse et de son humilité. J’ai lu qu’il participait à la rédaction d’un livre sur la fiscalité avec Thomas Piketty et Camille Landais. Vivement.


      • jef88 jef88 17 mars 2010 11:49

        Le nez de Sarkozy s’allonge ! C’est un scoop......
        Mais à raconter de telles âneries le reste de l’article perd toute sa valeur car on sent bien qu’il est orienté politiquement.
        Quand nous parlera t’on d’économie avec seulement un peu de rationalité ?


        • Vincent Marot 17 mars 2010 12:09

          @Jef88
          Vous n’avez pas dû aimer le dessin non plus.
          Tenez-vous bien, je vous livre un scoop de plus : l’orientation politique peut être compatible avec la rationalité ! Dingue non ?
          Deuxième scoop, accrochez-vous bien au nez de Sarkozy : l’humour aussi.


        • Céphale Céphale 17 mars 2010 12:14

          Vincent,

          Troisième sccop : Jacques Marseille ne faisait pas de politique !

        • titi 18 mars 2010 07:19

          « l’orientation politique peut être compatible avec la rationalité ! Dingue non ? »

          On ne peut pas être orienté politiquement sans passion. Donc nécessairement la raison décroit et la rationalité aussi...


        • drlapiano 17 mars 2010 16:27

          « Sacraliser le capital, louer la dérégulation et les bienfaits de la main invisible du marché devient compliqué par les temps qui courent. »

          Ca c’est vous qui le dites, et vous n’argumentez pas la dessus.
          Bien au contraire il y a de nombreuses voix, qui n’ont de cesse avec d’excellents argument d’en appeler à un sursaut de l’esprit du capitalisme
          http://libres.org/francais/actualite/archives/actualite_0310/030210_a1_capi talisme.htm

          Quand Emmanuel Saez dit « Une politique fiscale juste est une politique qui redistribue des hauts revenus vers les bas revenus » Il nous fait part d’une position tout à fait respectable mais qui ne saurait en aucune façon être imposée comme une quelconque justice ... il ne suffit pas de le postuler !



          • Le péripate Le péripate 17 mars 2010 17:01

            Pourquoi discuter de la pertinence de la courbe de Laffer ?

            A 0% de prélèvement le revenu de l’état est de 0. A 100% zero aussi. Et entre deux il a un revenu.
            Que cette courbe ait une ou plusieurs bosses, elle existe et va de zero à zero. Il n’y a pas besoin d’autre démonstration.

            La question est bien sur empirique pour déterminer à tel moment et dans quel pays un taux plus faible est susceptible de rapporter plus.

            Sauf que cette question, quelle part, on s’en fout.

            Parce que le rôle de l’impôt est de financer le fonctionnement de l’État, et non de voler l’un pour donner à l’autre.
            Parce que la seule manière juste de percevoir cet impôt est de la faire de la même manière pour tous. C’est une question d’égalité devant la loi. Un taux unique pour tous les revenus.


            • Nethan 17 mars 2010 17:30

              Minimiser l’impôt à une simple question d’égalité ne ferait que la rendre injuste.

              Il y a les égalités injustes comme les inégalités justes, et l’impôt progressif est de cette dernière catégorie, car 30% d’impôt sur un faible revenu n’a pas le même impact que sur un haut revenu, pour des raisons assez évidentes.


            • Le péripate Le péripate 17 mars 2010 21:58

              Combien de points vous faut-il pour dessiner une courbe ?

              C’est idiot mais trois suffisent. Tempêtez, hurlez à la machination idéologique mais des courbes sont possibles. C’est quoi qui vous gêne dans ce croquis « rapidement ébauché sur un coin de table » ? En bon macro-économiste vous voulez déjà tracer des tangentes, faire des calculs précis. Oui, trois points ne suffisent pas à dessiner une courbe complète.

              Mais.

              Le premier point ne pose pas de problème : 0% d’impôts, 0 revenu.
              Le second non plus : un taux existe, un revenu aussi.
              C’est le troisième qui est plus difficile à comprendre : à 100% de prélèvement, il n’y a plus d’économie.
              Empiriquement, c’est prouvé suffisamment. Mais théoriquement c’est plus compliqué et la courbe de Laffer est une partie de l’explication.
              D’où l’intérêt idéologique de s’y attaquer en lui faisant dire ce qu’elle ne dit pas.


            • JL JL 17 mars 2010 22:06

              @ péripate, j’ai expliqué en quoi cette théorie est fausse dans mon post de 20H39 ci-dessous. Vous n’êtes bien entendu pas obligé d’essayer de comprendre.


            • JL JL 17 mars 2010 23:44

              « D’ailleurs je ne suis même pas certain qu’à 100 % il n’y aurait pas de recettes fiscales... » (léon)

              Peut-être la première année, mais pas la deuxième ! smiley

              Ceci dit, cette supposition d’un taux moyen à 100% est absurde si le taux n’est pas un taux unique, ce qui invalide, la remarque de léon ci-dessous comme la courbe de Laffer elle-même ! avec un taux progressif, jamais le taux moyen ne pourrait monter si haut : il faudrait qu’à partir d’un certain seuil, certains paient plus d’impôts qu’ils ne gagnent d’argent !  smiley

              Et c’est le sens de mon propos : cette courbe est une supercherie intellectuelle.


            • Le péripate Le péripate 18 mars 2010 05:45

              Qu’est ce que c’est que ce charabia....

              Vous avez été pédagogue....

              Plutôt de mauvaise foi.


            • Le péripate Le péripate 18 mars 2010 17:39

              Comme du jus de boudin... Votre mauvaise foi est consternante.


            • Vincent Marot 17 mars 2010 17:47

               « La contribution doit être répartie entre tous les citoyens en raison de leurs facultés » (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, article 13, préambule à la Constitution Française). L’impôt progressif parait en conformité avec cet article. Non ?


              • Vincent Marot 17 mars 2010 18:52

                Je me suis pris les pieds dans le nez mais on peut deviner l’idée, pour répondre au Péripate. L’impôt progressif est en conformité avec l’article 13 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.
                Si la fonction prioritaire d’un impôt est de financer, il est aussi un moyen d’inciter/dissuader ou de corriger les inégalités.


              • Le péripate Le péripate 17 mars 2010 21:34

                En bon français « en raison de leur faculté » ne signifie que celui qui a plus contribue plus. Sauf pour les ânes socialistes et spoliateurs ceci s’obtient par une proportion unique appliquée à tous.

                Je n’aimerais pas partager les frais d’un logement de vacances avec vous. Mauvaise compagnie.


              • JL JL 17 mars 2010 20:39

                Le principal reproche que l’on peut faire à cette théorie de l’économiste A. Laffer, illustrée par la célèbre courbe du rendement de l’impôt qui porte son nom, et qui est depuis associée à la politique reaganienne, est ceci :

                Cette une théorie du tout ou rien en ce sens qu’elle donne une idée erronée de ce qu’est l’impôt progressif . Cette théorie laisse entendre qu’il conviendrait de fixer un optimum, le même pour tous, choisi entre 0 et 100% ! 

                Un impôt progressif ne doit pas aller jusqu’à 100% parce que cela mènerait à un paradoxe : en effet, cela supposerait qu’à partir d’un certain seuil, plus on gagnerait d’argent, moins il en resterait après paiement ! Absurde.

                Un bon impôt progressif est un impôt tel que le système des tranches, avec des tranches réellement progressives. Remarquons que, à la limite, si la dernière tranche était à 100% cela ne serait pas absurde, ça signifierait que l’impôt est confiscatoire pour la partie de revenus au-delà d’un certain seuil.

                Pour prendre un exemple, on peut supposer des tranches exponentiellement croissantes. Et si la dernière tranche est de 90% à partir de 1 million d’euros, l’individu qui déclare 2 millions d’euros conservera autant que celui qui déclare 1 million (peut-être 500 000) plus 10 000 euros (10% de 1 million).

                C’est pourquoi cette théorie de Laffer est un sophisme, et la courbe une escroquerie intellectuelle.

                Pour ma part voici comment je procèderait : à partir d’une fonction progressive telle que RI= f (R, x), R étant le revenu déclaré, x un paramètre de progressivité, je calculerais un x tel que la somme des RI soit égale au budget à combler par l’impôt. Ce paramètre calculé ainsi, x, à ne pas confondre avec le taux d’imposition, serait bien entendu déclaré valable pour tous les contribuables.


                • JL JL 17 mars 2010 23:31

                  N’importe quoi cette remarque à propos de ce que j’ai dit. Il faut savoir faire la différence entre un système de tranches et un système à taux unique. D’ailleurs, parlant de taux unique, il y a deux interprétations possibles de ce qu’est un taux unique : celle qui consiste à appliquer un taux sur un revenu, à l’instar d’une taxe, et celle de péripate qui voudrait appliquer ce taux unique à tous les contribuables. Evidemment, péripate rejette l’idée des tranches parce que, implicitement le principe des tranches exclut le taux unique.

                  J’explique pour les lourdauds : étant donné le système actuel des tranches et des taux progressifs : je propose d’ajouter des tranches et de faire croître les taux afférents aux nouvelles tranches jusqu’à un plafond donné inférieur ou égal à 100%.

                  Je dis que ce plafond peut être atteint plus ou moins rapidement - les tranches sont « élastiques » - en fonction des besoins de l’Etat, et que cette progressivité peut être calculée par itération dès lors que le service des impôts est en possession des déclarations de tous les contribuables.

                  Mais bon, dans un tel domaine, et par une intervention écrite telle qu’ici dans un post au débotté, il est illusoire d’espérer être compris, puisqu’une compréhension nécéssite un minimum de collaboration lectorielle, et que léon n’a qu’une idée en tête : faire passer ses interlocuteurs pour des décérébrés.


                • JL JL 17 mars 2010 23:37

                  Et le taux moyen global n’est que le rapport entre la somme des impôts payés sur la somme des revenus déclarés. Ce n’est pas tant ce taux qui compte que la façon dont l’impôt est réparti. La supercherie de laffer est de faire l’impasse sur ce point, voire, pour ceux qui s’en servent, d’induire en erreur en suggérant qu’au delà d’un certain seuil, on perde de l’argent à en gagner.


                • bara paul karim 17 mars 2010 23:45

                  La courbe de Laffer n’a pas de sens puisqu’elle a abouti à un déficit record. Il aurait expliqué cet échec par le fait que l’administration Reagan aurait été trop timide en la matière.

                  Le taux optimal d’impôt dépend beaucoup de la culture et du consensus social.

                  L’article est excellent et très claire.

                  Bravo et adieu Laffer.


                  • Vincent Marot 18 mars 2010 09:37

                    Merci.
                    Laffer est closet.


                  • epapel epapel 18 mars 2010 22:33

                    Tout à fait d’accord, en France depuis 20 ans plus on diminue les impôts directs plus les déficits se creusent ce qui prouve qui si la courbe de Laffer est juste alors on s’éloigne de l’optimum par insuffisance du taux d’imposition (recettes 300 milliards d’euros soit 15% du PIB).

                    La progressivité de l’impôt est nécessaire, car si on augmentait les impôts en relevant seulement le taux de TVA alors la consommation des ménages diminuerait donc l’activité diminuerait donc les recettes diminueraient : cela est prouvé par l’expérience de 1995 (passage de 18.6 à 20.6) qui a plombé l’économie française pendant 4 ans, ensuite Jospin a repassé le taux à 19.6 en 2000 et terminé son mandat sur une réduction du déficit budgétaire.

                    A contrario les diminutions de la progressivité n’ont eu aucun effet sur l’activité mais bien entraînées un diminution nette des recettes : cela est prouvé par l’augmentation constante des déficits de 2002 à 2008 alors que les réductions d’impôts pour les revenus élevées se multipliaient.


                  • Le péripate Le péripate 21 mars 2010 07:45

                    De plus, la courbe de Laffer a été démontré empiriquement.

                    Les baisses drastiques d’impôts sous Reagan se sont soldés par une augmentation des rentrées d’argent pour toutes les administrations de 4% pendant sept ans. Seule une autre époque avait fait aussi bien, sous Kennedy, qui avait justement réduit les impôts... pas de chance...

                    La défense de Laffer par Laffer lui-même.

                    C’est con, mais augmenter les impôts ne marchera pas.

                    Déçu ?

                     smiley


                    • JL JL 21 mars 2010 08:04

                      Cette courbe de Laffer ne représente rien ! Si en abscisse on y met le taux d’imposition, il est évident que l’ordonnée ne saurait représenter ce qu’encaisse le Trésor Public.

                      En effet, à 100% d’imposition, et en supposant que l’Etat ne mange pas l’argent, c’est-à-dire contrairement à ce que laissent entendre les libéraux - les dépenses de l’Etat sont des dépenses qui valent celles de Mr Toulemonde du point de vue de l’économie - on se trouve dans une économie de type socialiste. Cela veut dire que l’Etat perçoit la totalité du PIB et le redistribue en totalité - il redistribue toujours en totalité, plus ou moins équitablement, certes, mais c’est un fait, n’en déplaise à péripate.

                      Et je ne parle pas d’un taux à 0% : ça nous ramènerait à la préhistoire !

                      Donc ce qui est en ordonnée n’est pas le produit de l’impôt ! Et ce n’est pas non plus le PIB : ce n’est donc rien du tout, et cette courbe n’a pas de réalité.


                      • Le péripate Le péripate 21 mars 2010 08:18

                        Il y a un point intéressant dans votre pastis : à 100%, nous sommes en régime socialiste. J’aimerais poser la question pour 99% 98%,... 50%, 30%, etc..., mais je doute que vos lumières soient d’un grand intérêt sur cette question.

                        Plus simplement, ne vous est-il jamais venu à l’esprit que quand l’État prend tout ou presque, il n’y a plus rien à redistribuer, que la famine rôde comme en Corée aujourd’hui, ou en Ukraine hier.

                        Ces exemples sont des illustrations de ce qui se passe dans le haut de la courbe. Et c’est empirique.


                      • JL JL 21 mars 2010 08:52

                        Désolé péripate, je vois que vous êtes passé à coté.


                      • JL JL 21 mars 2010 09:05

                        péripate, je suis charitable, c’est pourquoi je vous donne encore une chance : la géométrie est l’art de raisonner juste sur des figures fausses. Je vous démontre que la courbe est fausse, et vous persistez à en tirer des enseignements comme si elle était La vérité. Vous faite une tautologie : vous posez une figure a priori et en tirez des conclusions qui vous servent à valider la courbe. Cette théorie de Laffer est une théorie qui s’auto-valide. C’est absurde.

                        Si vous avez un peu de temps et de bon sens, relisez mon post précédent et essayez d’y faire une objection intelligente. Nous en rediscuterons alors.


                      • Le péripate Le péripate 21 mars 2010 09:06

                        C’est que je n’ai pas votre hauteur de vue, disons stratosphérique.

                        Bonne journée.


                      • JL JL 21 mars 2010 09:43

                        Objection recevable ! smiley

                        Bonne journée aussi. 


                      • wesson wesson 21 mars 2010 12:30

                        Bonjour l’auteur et merci pour votre article sur lequel il n’y a rien à redire. Je me permet de le résumer : c’est a partir d’une escroquerie à l’allure scientifique, une courbe dessinée sur un coin de table de restaurant, que M. Reagan a trouvé le prétexte à mettre en place un régime ultra-libéral aux USA, et qui a provoqué l’explosion du déficit public.

                        L’argumentaire des libéraux est d’ailleurs tout a fait constant : dès lors que l’on parles d’augmentation des impôts, ceux-çi expliquent que tout le monde est concerné, même et surtout les contribuables les plus modestes. Pire, ils vous expliquent que ceux qui jusqu’alors ne payaient pas d’impôts direct vont maintenant devoir verser leur écot !

                        Et c’est vrai que cet argumentaire fonctionne dans l’esprit du public, jusqu’à l’absurde.

                        Et pourtant il y aurait une manière très simple d’en finir avec notre déficit public en augmentant les impôts mais de manière judicieuse !

                        On pourrait commencer par créer un impôt guillotine sur les revenus du capital : Tout ce qui dépasse 5-6% de ROE, l’état prends tout ! D’une part, cela toucherai uniquement les possesseurs d’actions ce qui représente quelque chose comme 20% de la population, et la plus riche de surcroit. D’autre part, ce type de mesure permettrait de rendre totalement inutile toute pression de l’actionnaire sur les entreprises pour lui faire cracher une rentabilité à coup de licenciement et de délocalisations !

                        Ensuite, relever les tranches d’imposition supérieures à 70, voire 90%, en tout cas très au dessus de ce qu’elles sont actuellement. Là encore, ce ne seraient que les plus haut revenus qui seraient impactés.

                        Et pour finir, que l’état prélève les impôts qui lui sont dû, et que pourtant il ne prélève pas. La fraude fiscale des grosses entreprises en France s’établit autours de 50 milliards d’€ par an (chiffre donné par le conseil des prélèvements obligatoires). Le simple fait de récupérer ces sommes permettrait déjà de presque diviser par 2 notre déficit budgétaire.

                        etc etc

                        Comme quoi, il existe plein de solutions pour sortir la France de l’ornière dans laquelle les libéraux l’ont précipitée, et l’y maintiennent. Une des solution quasi-obligatoire sera le rétablissement d’une imposition forte aux revenus les plus important, afin d’en revenir à une réelle progressivité de l’impôt. Les libéraux savent bien cela, mais se battrons jusqu’au dernier sang pour que cela ne se sache pas, ni n’arrive jamais. Le libéralisme a besoin d’un état faible pour prospérer !


                        • JL JL 21 mars 2010 13:11

                          @ Wesson, c’est exactement ça. Il se trouve que le pouvoir économique est un pouvoir comme un autre - voire plus qu’un autre, puisque sans contre pouvoir -, et à ce titre il ne lâchera rien autrement que par la force. La question est : quelle force pourrait-elle imposer ces réformes salvatrices ?


                        • wesson wesson 21 mars 2010 15:25

                          Bonjour JL,

                          "La question est : quelle force pourrait-elle imposer ces réformes salvatrices ?"

                          Effectivement, c’est la question centrale de la résolution de cette crise. Je ne voit qu’une seule force capable de cela, c’est la force populaire.

                          Et c’est tout le sens de l’emprise médiatique sur le peuple, qui le désinforme et le maintient dans la solitude et la désorganisation. Les vrais acteurs de la paix sociale, qui permet au pouvoir de se maintenir en place, c’est la flicaille, TF1 et le foot.

                          Le tout est de savoir à quel moment la marmite explosera, car elle explosera. Le système est anthropophage, en ce sens qu’il bouffe bon nombre de ses supporters, jusqu’au point ou ses défenseurs se retrouvent dans une telle minorité qu’il n’est plus possible de le sauver. Et quand cela arrive, on a droit à un épisode révolutionnaire, avec son cortège d’injustice et de violence.

                          Malheureusement, même un homme politique doté d’une volonté de faire une société plus juste et pérenne existait, il ne trouverai pas un espace médiatique suffisant ou il puisse exprimer ses idées. C’est donc vraiment en dernière analyse que je pense qu’il n’y a plus que le peuple lui même pour être capable de reprendre en main son destin ! Et vu la désorganisation voulue de ce peuple, ça ne pourrait se faire que par un passage par une anarchie forcément très violente.


                        • Vincent Marot 21 mars 2010 16:29

                          Bonjour et merci.
                          Evidemment d’accord avec vous.
                          Autre levier à utiliser, la suppression des niches fiscales, qui sapent le principe de progressivité. 
                          En commençant par les plus inutiles d’entre elles, il y a de quoi faire :(http://www.liberation.fr/economie/0101616114-quand-l-etat-exonere-c-est-140-milliards-qu-il-perd)


                        • ChatquiChouine ChatquiChouine 21 mars 2010 13:54

                           Merci à l’ auteur de rappeler le taux d’imposition des tranches supèrieures aux Etats Unis jusqu’à la fin des années 70, c’est instructif pour ceux qui associent systématiquement ce types d’impositions aux régimes marxistes.

                           Le problème avec l’ agité de Sarko, c’est que quant on a voulu lui parler de la courbe de Laffer, il a cru que celle-ci concernait le taux d’imposition des hauts revenus et que, ayant une forme en « U » inversé comme tentait de lui expliquer Christine Lagarde, il en a immédiatement conclu que l’axe de symétrie du « U » étant au milieu, il suffisait de fixer l’optimum à 50%...et gratifia sa ministre d’un
                           « -bon, ça va, dégage maintenant, j’ai pas que ça à faire ! »

                          On notera au passage la communication faite autour de cette décision, axée sur le fait qu’il était anormal qu’un citoyen travaille plus de 1 jour sur 2 pour l’ état....
                           Evidemment, vu sous cet angle, cela marche beaucoup mieux que de dire que lorsqu’un administré gagne en une journée l’ équivalent de 500 jours de salaires d’un autre, il considérait comme anormal de réduire cette disproportion en deça de 250 !


                          • Céphale Céphale 21 mars 2010 16:15

                            Wesson,

                            Je partage entièrement votre proposition d’imposer lourdement les revenus du capital, jusqu’à un impôt guillotine au delà d’un certain revenu.

                            Vous savez ce que répondent les chantres du libéralisme : cela ferait fuir les capitaux ! 

                            Chiche !

                            • wesson wesson 21 mars 2010 17:09

                              Bonjour Céphale,

                              "Vous savez ce que répondent les chantres du libéralisme : cela ferait fuir les capitaux !« 

                              Effectivement, c’est bien entendu l’argument ultime. A cela je réponds qu’il faut faire effectivement le bilan de la présence de capitaux et de leur grand agrégateurs ! Si l’on »s’amusait" à établir ce bilan, j’ai bien l’impression que dans la colonne des + on y trouvez bolloré, sellière, lagardere, bernard arnaud (dont la fortune personnelle s’est accrue l’année dernière de 11 milliards de $, pour arriver à 27.5 m$). En fait au niveau européen, nous avons 248 milliardaires (une 40aine en France) qui à eux seuls détiennent à peu près l’équivalent du PIB de la France.
                              Dans la colonne des -, par contre on peut y mettre au bas mot 3 millions de chômeurs, la destruction du tissus industriel du pays, et précarité pour tout le monde.

                              Alors avoir voulu retenir le capital pendant 30 ans, voilà le bilan que l’on peut en tirer. Mon impression étant que j’ai furieusement envie d’essayer sans ce capital, voire même de foutre dehors tous ces milliardaires pour qu’ils aillent s’emmerder sur leur tas d’or à Saint Barth coté Hollandais, chez les putes et les casinos. ça fait pas 100 personnes à virer pour commencer à y voir un peu plus clair, une paille à l’échelle de notre pays !

                              Pour en revenir un peu sérieusement à cet argumentaire, la fuite des capitaux n’est pas en soi une chose terriblement incapacitante dans la mesure ou le système bancaire joue le jeux avec honnêteté. D’une part encore aujourd’hui les entreprises se tournent massivement vers les banques pour leur besoin en financement, tout simplement parce qu’elles savent parfaitement que le coût du financement par l’actionnaire est totalement insupportable car en constant relèvement par rapport à une norme totalement déconnecté de la réalité économique, et se révèle en dernière analyse être une cause de mort pour l’entreprise. C’est pourquoi en parallèle à une politique de ratiboisage des revenus du capital, il faut également régler leur compte aux banques et les transformer en structures réellement mutualistes, histoire que justement elles proposent des prêts simples et non basés sur de la spéculation financière avec effets de levier, du genre LBO et toutes ses variantes. ça pourrait passer dans une première étape par une nationalisation totale de tout le système bancaire, puis dans une deuxième leur donner un vrai fonctionnement mutualiste de manière à les rendre indépendantes de volontés électoralistes des membres du gouvernement.

                              En ajoutant à cela de ne plus rembourser la dette extérieure de la France, ce qui mécaniquement devrait nous faire gagner 8 à 10 points de PIB, en moins de 10 ans nous pourrions avoir retrouvé une situation de prospérité économique et de plein emploi en France, si entre temps nous ne prenons pas un tapis de bombes atomiques sur la gueule, de la part de nos amis les pays farouchement libéraux.



                            • Le péripate Le péripate 21 mars 2010 19:21

                              L’esclave a une productivité lamentable. L’assisté fait un peu mieux, mais seul l’homme libre accomplit toutes les merveilles qui nous nourrissent et plus encore.

                              Ceci est la raison cachée sous la courbe de Laffer.

                              Ce n’est pas facile pour ceux qui rêvent de l’esclavage collectiviste. Dure réalité.


                              • eric 21 mars 2010 19:45

                                A l’auteur, vous avez toutes les excuses du monde.

                                Comme tout un chacun, vous voyez midi à votre porte. Le libéralisme ne peut donc être pour vous que l’antithèse de vos idées. C’est pourquoi vous en avez une vision qui est une inversion de vos propres convictions. Vous y voyez une idéologie quant c’est une éthique. Vous imaginez qu’il peut confondre des modèles d’analyse des faits, comme la courbe de Laffer, avec la réalité. Ce n’est que dans une perspective de gauche qu’un modèle est un but à atteindre, voir à imposer, a un caractère « exemplaire ». dans une perspective libérale, un modèle est un outil pour essayer de comprendre une réalité Vous imaginez qu’il est contre l’impôt par principe sans doute parce que vous êtes pour par principe.Ors, les pays à prélèvement fiscaux élevés sont des pays libéraux. Vous supposez que la théorie de main invisible est un idéal quand ce n’est qu’un instrument pour tenter de comprendre des fonctionnements. Vous imaginez que la dérégulation est un but en soi quand elle n’est qu’une tentative de réguler certains excès administratif sans doute parce que vous imaginez vous même que la "régulation est la solution à tous les problèmes sociaux
                                A nouveau, tous cela n’est pas très grave à deux détails prêt.
                                Votre profonde méconnaissance de votre adversaire explique pourquoi vos idées échouent toujours et partout. Il n’est pas un pays démocratique et développé qui ne soit principalement libéral dans ses modes de fonctionnement, et il n’est pas un pays anti libéral qui soit en même temps démocratique et développé. Les inégalités sont plus réduites dans le monde libéral que partout ailleurs. Vous combattez en permanence le système qui offre les résultats les plus proches de vos idéaux.

                                Que vous échouiez tous le temps et partout n’est pas non plus très grave. Que vous déconsidériez vos propres propos en dénonçant a tous va le seul système qui donne des résultats allant dans le sens de vos souhaits c’est votre problème

                                Le vrai problème, c’est qu’en vous inventant un épouvantail à votre image, un hypothétique ultralibéralisme mondialisé qui expliquerait vos échecs, vous consacrez votre énergie à dénoncer quelque chose qui n’existe pas au lieu de contribuer à l’amélioration de ce qui existe. C’est une perte de temps et d’énergie pour vous et pour la société.

                                Un exemple ? Vos semblables en leur temps ont consacré presque plus de temps et d’énergie a essayer de supprimer l’enseignement catholique au lieu d’essayer d’améliorer l’éducation nationale.

                                Ce qui est à mon avis grave, c’est que votre méconnaissance de la réalité, votre invention d’un ennemi mythique sur mesure, justifie votre non contribution constructive à la société.
                                Je dirai que vous nous privez de vous, de ce que vous pourriez faire d’utile. C’est un peu dommage


                                • Vincent Marot 21 mars 2010 20:39

                                  à Eric,
                                  N’avez-vous pas l’impression d’inventer vous-même une gauche caricaturale ? Un ennemi idéaliste mythique ? 
                                  Le principal objet de l’article est de montrer que l’impôt, si possible progressif, reste un moyen, et non une fin, pour améliorer ce qui existe.


                                  • eric 21 mars 2010 20:55

                                    Alors il n’a pas de raison d’être car tous le monde en est d’accord et plus particulièrement les pays libéraux qui ont a la fois le systèmes fiscaux les plus performants et les Etats les mieux financés. Maintenant quand on dépasse le seuil de 50% du pib utilisé par l’Etat, il est clair que les principales ressources potentielles deviennent l’optimisation de l’utilisation de l’argent public existant plus que celles d’une augmentation d’ impôt. Faire le choix de défendre l’impôt est un a priori idéologique insoucieux de l’efficacité sociale.


                                    • Vincent Marot 21 mars 2010 22:27

                                      Nous y voilà. Le dogme derrière le pragmatisme affiché.

                                      Réduire les impôts, des riches principalement, pour favoriser la croissance est devenu une fin en soi depuis dix ans. Par principe.

                                      Résultats : non seulement cela n’a eu aucun effet économique positif (certains très négatifs même comme les exonérations sur les heures supplémentaires), mais en plus, la politique fiscale n’assure plus des recettes suffisantes pour financer les dépenses publiques, et ne joue plus non plus son rôle de correction des inégalités, avec une fiscalité progressive devenue famélique à force d’être la cible de ce gouvernement (IR, ISF, droits de succession).

                                      La France a encore de la marge de manœuvre par rapport à d’autres pays « libéraux » (43% de prélèvements en France contre 49% au Danemark et en Suède), et si en plus d’éminents économistes cités dans mon article affirment que dépasser le seuil de 50% ne nuit pas à l’efficacité, pourquoi ne pas essayer ?

                                      Faire comme vous le faites le choix idéaliste du moins d’impôt est un à priori idéologique insoucieux de l’efficacité économique et sociale.


                                      • JL JL 22 mars 2010 09:17

                                        Eric ci-dessus, écrit : « Maintenant quand on dépasse le seuil de 50% du pib utilisé par l’Etat, ... »

                                        Et de fait, cette phrase résume toute l’escroquerie de cette courbe de Laffer qui a servi de prétexte pour justifier le bouclier fiscal : en effet, si l’Etat prélève 50% du PIB d’une part, et que le bouclier fiscal fixe à 50% le taux de prélèvement maximum d’autre part, alors force est de dire que tout le monde paie, sous une forme ou sous une autre, 50%, c’est mathématique : si le maximum est égal à la moyenne, si la moyenne est égale au maximum, alors c’est que tous les échantillons ont la même valeur ! CQFD.

                                        Si l’on n’en est pas encore là, ça ne saurait tarder. Mais il est clair aussi que l’administration fiscale n’enverra pas des chèques à tous les Français comme elle l’a fait pour les riches.

                                        La courbe de Laffer est une vessie qui a été présentée à Sarkozy comme étant une lanterne par Lagarde de l’école de Chicago, et le bouclier fiscal est un crime contre le « vivre ensemble », puisque, à terme, il justifie le taux unique d’imposition, voire pire ! Les pauvres taxés et imposés plus que les riches. Un comble !





                                        • JL JL 22 mars 2010 09:27

                                          De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Avant l’Etat fiscal, il y a eu la servitude féodale… et après lui il y a la prédation actionnariale. …Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera au passage qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.«  » (Frédéric Lordon)

                                          Les dépenses de l’Etat valent, en terme de consommation, celles des particuliers. En effet, qulle différence cela fait-il pour un industriel, que ce soit une collectivité qui paie un bâtiment plutôt qu’un particuler ? Aucune !

                                          Je ne dis pas que toutes les dépenses de l’Etat sont bonnes : loin de là, et je dirais même

                                          Les pertes d’emploi ne sont pas « le résultat de 20 ans de destructions de l’emploi, grâce aux géniales politiques redistributives et au génial salaire minimum
                                           »« mais dues à ces politiques anti-keynesiennes ou keynesiennes négatives, appelées du doux euphémisme de » politiques de l’offre« , ces politiques qui conduisent comme dit Michel Rocard, à une redistribution à l’envers. Et c’est cela que les terroristes de la pensée qualifient de redistributives et utilisent pour demander qu’on tue ce »malade congénital" qu’est l’État pour régler le problème.


                                        • Et hop ! Et hop ! 22 mars 2010 11:55

                                          Il faudrait distinguer les deux sortes de fiscalité :
                                          - les impôts dont la fonction est de financer des services et des équipements d’intérêt public (les contributions directes et indirectes),
                                          - et les impôts qui servent à compenser des inégalités ou des injustices géographiques, sociales, générationnelles, etc.. (par exemple la péréquations de dotations pour l’entretien des routes entre les départements très peuplés et les départements montagnards peu peuplés). Les premiers sont les véritables impôts ; les autres sont proches de cotisations de mutualisation des dépenses ou de primes d’assurance.

                                          Ce deux fonctions sont toutes les deux légitimes, mais leurs modalités et leurs intensités peuvent être critiquées. Bien qu’elles soient maintenant très souvent confondues dans les mêmes impôts ou taxes, elle n’ont aucun lien de connexité l’une avec l’autre.

                                          Il faut ajouter une troisième fonction qui est beaucoup plus discutable quand à sa légitimité et à son efficacité :
                                          - la fonction d’exécution d’une politique économique ou sociale. Dans ce cas, l’impôt est utilisé comme moyen de pression sur le particuliers et les entreprises pour inciter à un comportement ou pour le réprimer. Il y avait les primes et les amendes, les majoration et les exonérations de taxes,.. il y a maintenant des hybrides qui sont à mi-chemin entre le pénal et le fiscal, entre l’amende et la taxe, comme la taxe carbone : le mauvais comportement est interdit, mais toléré et rançonné par le fisc.

                                          Le trop d’impôts tue l’impôt n’a pas le même sens selon que l’on le considère dans l’une de ces trois fonctions.

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