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A risques plus fréquents, réorganisation des responsabilités

Dans un éditorial* de la revue américaine Science, un chercheur Australien s’intéresse aux risques climatiques pouvant subvenir sur les groupements urbains et les réponses qu’il faudrait leur opposer pour en réduire significativement les effets.

Selon ce chercheur, les catastrophes étaient autrefois espacés dans le temps ce qui permettait aux gestionnaires des villes d’établir de nouvelles règles susceptibles de lutter plus efficacement contre ces aléas ; il cite en illustration, l’incendie qui a ravagé Londres en 1666 à la suite duquel ont été établies de nouvelles normes de construction et les inondations qui affectaient le Rhin et le Danube ont édicté des règles de zonage qui sont devenues des standards pour toute l’Europe. Le temps long qui séparait deux catastrophes permettait d’en corriger les effets. Cette situation avantageuse a disparue, l’urbanisme est devenu volatil.

Un urbanisme est volatil, selon l’auteur, lorsque la succession des désastres est si rapprochée que l’on n’a plus le temps d’en analyser les causes ni d’en corriger les effets. Il en résulte une inadaptation chronique à leur survenue. Il cite la ville de Mumbay (Inde) qui a subi de graves inondations liées à la mousson en 2005, 2017, 2019 et 2023.

Nous pouvons d’ailleurs illustrer nous-même cette répétabilité en rappelant la succession des grands feux de forêts en France. En 1949, un très grave incendie, dans la forêt Landaise, entraînait la mort de 82 personnes et détruisait 52 000 hectares de pins maritimes. Cet incendie avait incité à la création de pistes d’accès aux parcelles et à la réorganisation des moyens de lutte. Un incendie de cette intensité ne s’était plus reproduit. En 2022 puis en 2026, coup sur coup, deux incendies d’intensité équivalente se sont déclenchés et laissent craindre que ce phénomène, lié au réchauffement climatique, ne se reproduise à fréquence élevée.

Comment y faire face ? Trois causes s’ajoutent pour aggraver les effets de ces phénomènes. La première est d’ordre juridique, les gestions de l’eau, de l’énergie, du transport, de la nourriture et de la santé sont séparées et obéissent à des investissements n’ayant ni le même cycle ni les mêmes budgets ; lorsqu’une catastrophe climatique survient exigeant une réponse coordonnée rien n’impose que ces systèmes fonctionnent ensemble. Il y a ensuite une inadéquation temporelle entre la décision qui se prend au cours d’une mandature politique de 5 à 6 ans et son effet sur les infrastructures dont les modifications peuvent s’étaler sur plus de 80 ans. Les mauvaises décisions et les investissements inappropriés ne peuvent être corrigés à temps pour faire face à des catastrophes presque simultanées. Il y a enfin, avec l’évolution des techniques, une perte de connaissances ; les gestionnaires non spécialistes devant la complexité des systèmes à gérer, font confiance à des opérateurs externes qui eux même ne savent pas quelles en sont les priorités.

Que faut-il faire ? Selon l’auteur il ne faut pas légiférer mais réorganiser les responsabilités. Revoir aussi ce qui n’a pas fonctionné dans la lutte contre une catastrophe climatique notamment la coordination des actions ou la disponibilité des moyens de lutte. Les municipalités devraient créer des autorités d’infrastructures opérant sur le long terme et non sur une mandature.

 

*Zaheer Allam, Science, 9 juillet 2026, p.125.


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4 réactions à cet article    


  • tinga1 17 octobre 17:08

    Une des plus grosse menace est la pollution causée par les satellites en quantité beaucoup trop grande autour de notre planète,qui menace gravement la couche d’ozone. L’édito du GEAB d’octobre aborde la question, qui devrait être au centre des préoccupations des écolos et des politiques, mais ce n’est pas le cas.


    • LeMerou 27 octobre 07:29

      Bonjour,

      Vous évoquez un problème complexe, celui du changement climatique et ses conséquences, d’abord le phénomène n’est pas nouveau dans la vie de la planète que l’humain soit présent ou non d’ailleurs.

      Et nous sommes désormais confronté à deux choses :

      - Réduire nos apports qui en théorie peuvent accélérer ce dernier

      - Se préparer, à ce qui est et qui sera durable.


      Ainsi, nous sommes face à un problème politico-climatique, dont la différence majeure est l’échelle de temps, pour l’un c’est la duré d’un mandat et pour l’autre des siècles, sans bien sûr évoquer les notions de coûts associés mais.....

      Personne ne voulant s’attaquer à la source réelle et pour cause, alors que c’est quand même le premier principe ou acte à mettre en oeuvre, cependant il équivaut à contrarier le modèle civilisationnel d’un grand nombre de Pays.

      De surcroît le bénéfice du ou des actes n’est pas immédiatement visible pour les raisons citée plus haut, ce qui peut engendrer de nombreuses frustrations et n’hésitons pas à le dire des jalousies profondes. (changer les mentalités sera aussi long que les effets climatiques)

      Maintenant concernant la préparation, elle est vitale, mais frappée d’un paramètre supplémentaire bien établi, et commun à une grande partie de la planète, ce paramètre étant le modèle économique, ou en exagérant le gain de la dépense doit être quasi immédiat. Or la préparation au changement ne rapportera rien, sinon que vivre ou survivre pour les plus pessimistes.

      Il est sûr que l’hyper concentration ,humaine, voulu ; organisée, est bien plus fragile que prévu, si tant est que cela fut étudié, j’en doute beaucoup. L’humain prenant doucement conscience que son environnement tout comme sa présence est fragile n’étant point protégé par son environnement immédiat dans lequel il « s’épanouit ».

      Ne plus avoir le temps d’analyser les causes est la conséquence d’une absence totale de vision à long terme, d’un paramètre inéluctable, d’écoute des empêcheurs de tourner en rond et d’une bonne dose de déni, accompagnée d’une confiance aveugle en les capacités de l’humain.

      Alors nous tournons en rond, Réduire ou faire face ? Faire face et réduire ? Ou encore Réduire et faire face ? Donc dans quel ordre et l’ensemble dans un modèle économique, que personne ne veut modifier.

      Le paramètre de la réduction des émissions est Nationale, alors que le faire face est territorial (la problématique de la Capitale ou grand centre urbain, n’étant pas la même que celle d’un village du Vercors par exemple).

      Notons que si notre Pays n’émet plus rien, le problème climatique sera toujours là (l’échelle de temps), mais ce n’est pas pour cela qu’il ne faut rien faire non plus. Or les mesures engagées ou prises, sans juger de leur bien fondé, sont lourdement affectée par l’économie, c’est peu être le vecteur principal, nous devons réduire mais sans rien changer. Tout ceci sans évoquer l’état de nos finances générales….

      Le traitement des impacts climatiques au niveau local, me semble plus que raisonnable, le problème ne s’exerçant pas à l’identique en fonction du lieu géographique, cette réalité venant à l’encontre de grandes politiques Nationale. Mais revenons à la réalité, qui paie ou va payer ?

      L’ensemble (ayant déjà à gérer leur problème locaux) ? Ou cela devra être assumé localement avec les conséquences associées dans les débuts. Je ne pense pas qu’à terme, il y aura un lieu géographique ou il fera bon vivre et pas cher....

      Ma pensée est que l’état doit assumer que qui profite à l’ensemble et le local à ceux qui en profite par la spécificité géographique.

      C’est déjà toute une organisation à mettre en œuvre (avec le handicap de l’échelle de temps électoral), avant de créer des structures globales pour répondre à tout et à peu ou pas assez.

      Il faudra assumer à un moment son choix de vie sur tout les plans. Les solutions globales prenant en compte les intérêts locaux, ne seront génératrices que de forts mécontentements. Nous ne pouvons plus continuer comme il est fait actuellement créant des injustices réelles.


      • MONET René 29 octobre 11:05

        René Monet

        Votre contribution à mon billet est intéressante, peut-être êtes-vous trop pessimiste. Une publication de l’année dernière faisait état d’un pic probable des émissions de CO2 au niveau mondial attribuable aux efforts de la Chine. Si pic il y a, le réchauffement continuera encore mais bien plus lentement. La cessation des émissions de CO2 anthropologique pourrait survenir vers 2050. 


        • MONET René 30 octobre 11:29

          anthropique et non anthropologique

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