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World Environment Day pour sauver une biodiversité en crise

Depuis plus de 40 ans, chaque année avec son thème, la journée mondiale de l’environnement s’invite au cinquième jour du mois de Juin pour rappeler certains aspects de la dégénérescence des fondements du vivant. Nous sommes en 2020 et c’est au tour de la biodiversité de jouir momentanément du regard attentionné si rare de la part d’une civilisation qui jouit sans parcimonie de sa générosité

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Comme les traditionnelles journées du même type, cette journée bénéficie d’une médiatisation exceptionnelle et le message nodal a toujours été le même : « notre environnement va mal. »

Biodiversité : entre surexploitation et inégalités sociales

La biodiversité si riche et généreuse est opprimée par un bourreau qui ne lui est pas étranger. Représentant le vivant sous toutes ses formes animales, végétales et humaines, elle voit se réduire dangereusement, un nombre impressionnant d’espèces et d’habitats naturels, gages de son équilibre. C’est sous la houlette de l’espèce humaine qu’on dit éprise de bon sens que tout se passe. Selon l’Académie des Sciences, la surexploitation des espèces sur les continents et dans les océans, l’agriculture, l’élevage, la déforestation, l’urbanisation et les espèces invasives sont à la base de la dégradation actuelle de la biodiversité. Quasiment toutes ces causes sont liées aux activités humaines. C’est pour cela qu’il est aujourd’hui vital de changer notre façon de consommer, de produire, de commercer et notre conception même du progrès est remise en cause. Depuis Rio en 1992, la notion de développement durable véhicule l’idée d’un progrès socialement équitable, écologiquement soutenable et économiquement efficace. Mais le constat est cousu de fil blanc : seul l’économiquement efficace est le mieux poursuivit. L’écologiquement soutenable est un objectif bien loin des habitudes de consommation actuelles. En 2019 par exemple, le jour du dépassement [1]est arrivé plus tôt que l’année précédente car le 29 Juillet déjà, l’humanité avait fini de consommer exagérément toutes les ressources que la Terre était capable de régénérer en une année. Quant au socialement équitable, dire que l’objectif est encore imaginaire serait un euphémisme, à voir les inégalités qui se creusent inéluctablement. Pour preuve, selon le nouveau rapport d’Oxfam [2] sur les inégalités mondiales, les richesses des 1% les plus riches de la planète dépassent doublement la richesse de 6,9 milliards de personnes réunies. Par ailleurs, les Nations Unies elles-mêmes rappellent le chiffre de 25 mille représentant le nombre de personnes qui par jour meurent parce qu’elles n’ont rien à manger pendant que 826 millions de personnes vivent avec la faim au ventre. Au Yémen, le Programme Alimentaire Mondial souligne le chiffre de 15,9 millions de personnes en état d’urgence alimentaire. Toutefois, derrière de telles inégalités se cachent les 1,3 milliard de tonnes de nourriture jetées ou perdues chaque année dans le monde.

Notre empreinte écologique est lourde pourtant, les fruits ne profitent pas au plus grand nombre. Les écosystèmes ont été modifié, certains maillons de la chaine alimentaire ont dû s’adapter, d’autres n’ont malheureusement pas survécu à nos ambitions prédatrices. La biodiversité aquatique a elle été transformée tout simplement en un réceptacle insatiable à ordures.

Focus sur la biodiversité aquatique

La faune aquatique est polluée, asphyxiée, piégée cyniquement mais dévorée telle quelle. Le milieu marin est le siège de tous les déversements toxiques. Et pour attirer notre attention sur la pollution aux hydrocarbures, il y a eu le naufrage du Torrey Canyon dans la Manche en 1967 sur les côtes occidentales britanniques, l’une des plus tristes actualités environnementales. Selon le Cedre, organisme de lutte contre les pollutions aquatiques, plus de 25 mille oiseaux ont péri dans cette marée noire. Ce n’était que le début d’une succession d’empoisonnements chimiques des masses d’eau. Car, malgré cette catastrophe, le trafic délétère a très vite légalement repris. Les rejets accidentels, dissimulés et répréhensibles se sont alors accumulés dans les fonds marins. Le Golfe de Guinée, l’une des régions les plus polluées d’Afrique a pris cher de sa gestion légère en 2006. Le 19 Août 2006, des résidus toxiques sont déversé en quantité suffisante pour rendre malade tout un quartier en quelques heures et intoxiquer la capitale économique ivoirienne en quelques jours. Que de rebondissements pour situer les responsabilités et les impacts réels du désastre écologique en Côte d’Ivoire. Jusqu’aujourd’hui, les malades ambulants se comptent par milliers mais l’affaire reste tout un mythe. En réalité tout ce que nous rejetons inconsciemment ou consciemment dans les océans se retrouve dans nos assiettes. Nous cuisinons nos propres déchets. Le corps humain est devenu tellement fragile ! Nous consommons des ressources halieutiques intoxiquées par nos déchets liquides comme solides à tel point que le plastique se retrouve dans notre organisme. « La plupart d’entre nous avons aujourd’hui dans notre intestin une quantité non négligeable de microplastiques. » affirme le biologiste Jean Weissenbach[3]. Alors une journée de l’environnement #PourLaNature : de quelle nature s’agit-il ? Des recherches ont prouvé que même les régions terrestres humainement inhabitables contiennent des traces de l’homme. Les scientifiques ont ainsi découvert des traces de gaz carboniques issus des moteurs dans les glaces de l’Antarctique.

 

Le temps est plus que jamais venu de donner une nouvelle orientation à ce monde en crise mais qui s’entête à poursuivre sa marche inéluctable vers sa fin. La Covid19 ne nous a-t-elle pas assez fait réfléchir ? Allons-nous renouer avec notre monde d’avant ou réfléchirons-nous à un modèle qui nous permettrait de nous soigner sans rendre la planète malade ? Un nouvel avenir est quoi qu’il en soit en construction : cet avenir qui nous sauvera ou nous enfoncera pour de bon.

 

Yves-Landry Kouamé

Du blog Etre Sensible à Son Environnement

etresensibleasonenvironnement.mondoblog.org

 

[1] « Jour du dépassement »https://www.footprintnetwork.org/2019/06/26/press-release-june-2019-earth-overshoot-day/ (page consultée le 04/06/2020)

[3] Jean Weissenbach. Dépolluer la planète,2019, p. 29.


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13 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 5 juin 2020 16:02

    Bon, j’suis pas fana des n’artiks écolos, d’une manière générale.

     

    Mais je dois reconnaitre que pour une fois que je ne lis pas d’élucubrations débiles sur le céhodeu et le réchauffement planétaire...

    Et que je vois dénoncer à juste titre, gabegie et pollution...

     

    Bon, disons que j’adhère...

     


    • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 00:20

      @Jeekes

      Merci d’apprécier. Il est devenu rare de voir ce genre de commentaires dans un monde en proie à toutes les haines verbales comme physiques et dont internet constitue l’un des nouveaux déversoirs.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 5 juin 2020 16:20

      Au Yémen, le Programme Alimentaire Mondial souligne le chiffre de 15,9 millions de personnes en état d’urgence alimentaire.

      Uniquement par la volonté de l’Arabie saoudite, et de ses amis occidentaux et sionistes, qui organisent le génocide de la population en détruisant systématiquement toutes les infrastructures vitales : eau, nourriture, santé, éducation... Glisser ça dans un article pseudo-écolo (c’est la faute au climat !) est particulièrement infecte.


      • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 5 juin 2020 16:38

        @Opposition contrôlée

        Salut, infecte , oui tout à fait...c’est aussi mon avis....l’écologie bien sur idiots , agents utiles du mondialisme, pas par charité mais pour un petit voir un gros billet..


      • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 00:23

        @Opposition contrôlée

        Dans l’article aucune phrase ne dit que le climat entraînait la fin au Yémen même si rien ne prouve le contraire. Relisez le paragraphe, parfois une seule lecture ne suffit pas pour saisir là quintessence du message.


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 6 juin 2020 10:41

        @Yves-Landry Kouamé

        aucune phrase ne dit que le climat entraînait la fin au Yémen

        Le paragraphe en question nous parle de biodiversité, de pollution et d’inégalités des richesses. Je vous reproche pas de dire que c’est le climat qui entraîne la faim au Yémen (c’était de l’ironie de ma part), mais bien qu’il n’y a aucune phrase qui dit que c’est la guerre qui provoque cette famine. 

        Je vous confesse que je suis facilement irritable sur cette question, constatant que la presse fait semblant de ne rien voir, alors que c’est bien un génocide, dans le plein sens du mot, conscient, planifié et méthodiquement exécuté, qui est à l’oeuvre au Yémen.


      • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 11:14

        @Opposition contrôlée le paragraphe parle de biodiversité et surtout d’inégalité d’accès. Le fait est que les ressources sont surexploitées mais inégalement redistribuées ou encore il y a un accès inégal aux ressources. Après la question du Yémen peut être abordée sous plusieurs angles car bien sûr très vaste.


      • joletaxi 5 juin 2020 16:25

        blablablabla... jamais fatigué d’ânonner ce tissu d’idioties « bien pensantes »

        en lisant en diagonale, j’ai vu oxfam, que voilà des gens crédibles, le torreycanion, ? on voit pas très bien où on va encore trouver quoi que ce soit, et le CO2, fatalement issu des moteurs, l’auteur ne respire plus depuis longtemps, dans les glaces de l’antarctique, on en trouve même qui a 10.000 ans, parfois on se demande ?

        bref, un article à faire paraître dans le Lancet


        • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 00:24

          @joletaxi

          Plus facile de dire blablaca que de fonder une véritable argumentation... encore une fois, nous empruntons la voie de la facilité.


        • ZenZoe ZenZoe 5 juin 2020 16:50

          Il est toujours plus facile de créer une Journée Spéciale et de défiler dans la rue que de changer ses propres comportements n’est-ce pas ?

          Tant qu’individuellement, la majorité des humains sera incapable de réfréner ses pulsions de consommation à outrance, d’exiger la qualité et non plus la quantité, de préférer des biens fabriqués localement et pas à l’autre bout du monde, de jeter ses ordures dans des containers appropriés et non plus dans la rue ou les parcs, de gaspiller tant et plus, de ne plus anéantir la moindre parcelle naturelle dans leurs propres jardins, de limiter l’usage de produits chimiques etc., la situation ne s’améliorera pas beaucoup...


          • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 00:26

            @ZenZoe

            Vous avez tout a fait raison. Parce qu’on ne peut plus agir sur la durée, l’on se rabat sur des journées pour faire de la Com de bonne conscience et continuer le massacre. Le temps est plus que jamais venu de donner une nouvelle orientation à ce monde en crise mais qui s’entête à poursuivre sa marche inéluctable vers sa fin.


          • caillou14 rita 6 juin 2020 09:55

            Le problème des écologistes, c’est qu’ils sont vert dehors, et rouge dedans, en fait de vrais pastèques !

             smiley


            • Yves-Landry Kouamé Yves-Landry Kouamé 6 juin 2020 11:10

              @rita Le problème de ceux qui se sont donnés pour moyen d’actions la critique intempestive de ceux qui essaient d’agir, c’est qu’ils pensent que quelqu’un sauvera le monde à leur place. C’est eux les plus toxiques. A l’image du colibri que chacun fasse sa part, nous nous sommes assez fait la guerre.

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