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La Suisse, carrefour des luttes sociales

Au mois de novembre prochain la Suisse célébrera le centième anniversaire de la « Grève Générale », un événement qui marqua le début de la constitution de l’Etat-social et l’instauration de la légendaire paix de travail, pierres angulaires de la prospérité exceptionnelle de ce pays.

Le 1er août 1914 éclata la première guerre mondiale entre les nations de la triple Entente (France, Grande Bretagne, Russie et le reste du monde) et les empires centraux (le Reich allemand, l’Empire austro-hongrois et l’Empire ottoman). La Suisse dut prendre immédiatement des mesures pour assurer sa sécurité et le maintien de sa neutralité. Ainsi, le 2 août 1914, le parlement suisse donna plein pouvoir a son exécutif pour prendre toutes les dispositions nécessaires à cet effet et procéda à l’élection du germanophile et très controversé général Ulrich Wille. (generalstreik.ch). 

En effet, l’épouse du général, la comtesse Clara von Bismarck, aurait vu d’un bon oeil l’entrée en guerre de la Suisse du côté de l’Allemagne (Niklaus Meienberg 1987) et, pour la petite histoire, son fils, Ulrich junior commença dès la fin de la première guerre mondiale à sympathiser avec la nouvelle coqueluche de la droite réactionnaire allemande, Adolf Hitler. En 1923 il invita celui-ci avec son acolyte Rudolf Hess dans la villa Schoenberg à Zurich pour une conférence devant un parterre de la haute finance et l’industrie zurichoise dans le but de lever des fonds pour le financement de sa tentative de putsch à Munich deux mois plus tard. (Willi Gautschi 1978, Niklaus Meienberg 1987)

Dès l’ouverture des hostilités, le 21 août 1914, les associations de défense des travailleurs suisses se mobilisaient en créant une commission d’urgence, adressant les revendications les plus urgentes aux gouvernement suisse, tels que le report des créances de loyer, la remise en place de la loi sur les fabriques (protection des droits des salariés), la préparation de travaux d’urgence (création publique d’emplois), la régulation du prix des denrées alimentaires. Les premières manifestations contre la vie chère, dû à la pénurie alimentaire, dont profitaient les milieux agricoles, eurent lieu en mai et juin 1915. Après l’entrée en guerre de l’Italie, en mai 1915, la Suisse fut complètement encerclée par les belligérents. (réf. USS)  

Entre le 5 et le 8 septembre 1915, suivant l’invitation du socialiste suisse Robert Grimm, 38 pacifistes socialistes de toute l’Europe, dont les russes Vladimir Lénine et Léon Trotski, se réunirent, dans le village bernois de Zimmerwald, pour débattre de l’avenir de la deuxième Internationale socialiste, dont les partis socialistes allemands et français trahissaient honteusement l’esprit pacifique en votant des crédits de guerre à tout va. Les socialistes allemands finirent d’ailleurs par assassiner leurs dissidents pacifistes Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en janvier 1919.

Entre le 24 et le 30 avril 1916 la Commission socialiste internationale de Berne, présidée par Robert Grimm, organisa une deuxième conférence des pacifistes socialistes européens dans la commune bernoise de Kiental en présence de 44 participants, dont les russes Vladimir Lénine et Grigori Zinoviev, appelant une nouvelle fois à l’arrêt immédiat des hostilités sans indemnités ni annexions, désignant la cause de la guerre, le capitalisme.

Le 17 novembre 1917, un groupuscule de pacifistes et jeunes sympathisants de l’aile gauche du parti socialiste suisse, dont la direction se distançait d’ailleurs, se réunirent dans les rues de Zurich pour fêter la victoire de la révolution bolchévique du mois d’octobre à Saint Pétersbourg. Ce qui commença par une manifestation pacifique se termina par une intervention musclée de la police, une centaine d’arrestations et la mort de trois manifestants et un policier. Ce fut le déclencheur d’une série de grèves et manifestations contre la flambée des prix des denrées alimentaires et les dures conditions de travail.

A l’approche du premier anniversaire de la révolution bolchévique, le général Ulrich Wille fit part de son inquiétude au conseil fédéral en écrivant ceci : « J’ai l’intime conviction que les participants aux congrès de Zimmerwald et de Kiental avaient décidé de commencer par la Suisse le processus de renversement de l’ordre établi en Europe. Le triomphe des bolchéviques en Russie a favorisé ce projet. Chacun sait que de nombreux messagers des bolchéviques russes qui disposent des sommes d’argent importantes se trouvent en Suisse dans le but d’exploiter la situation et d’accélérer l’exécution de ce plan. » Le conseil fédéral réagit par l’occupation militaire préventive de la ville de Zurich pour éviter l’insurrection révolutionnaire.

En protestation contre cette décision du Conseil fédéral la direction du Parti socialiste suisse et la Fraction socialiste au Conseil national créèrent le 4 février 1918 le « Comité d’action d’Olten » dont les élus socialistes furent Robert Grimm (Berne), Friedrich Schneider (Bâle), Rosa Bloch (Zurich), Karl Dürr (secrétaire USS), Konrad Ilg (FTMH), August Huggler (Fédération du personnel des chemins de fer) et Franz Reichmann (Fédération des ouvriers du bois). (réf. USS)

Le 1er mars 1918 le comité présente un plan d’action pour une grève générale en tant que moyen de lutte et un catalogue de revendications :

  • Renouvellement de la chambre basse selon le principe de la représentation proportionnelle, celle-ci ayant été dominée depuis la naissance de l’état fédéral en 1848 par les libéraux (revendication réalisée le 13 octobre 1918 par l’acceptation par le peuple d’une initiative populaire qui marqua l’entrée du Parti socialiste au parlement et, plus tard, en 1943 dans l’exécutif)
  • Droit de vote et éligibilité des femmes (introduit en 1971)
  • Introduction du droit au travail pour tous
  • Introduction de la semaine de 48 heures dans toutes les entreprises privées et publiques (introduit en 1919)
  • Organisation d’une armée de milice
  • Mesures visant à assurer l’approvisionnement alimentaire
  • Introduction d’une assurance vieillesse et invalidité (introduite le 6 juillet 1947 par votation populaire)
  • Monopole de l’état pour les importations et les exportations (non réalisé)
  • Remboursement de la dette souveraine par les possédants (non réalisé)

Au mois d’avril le « Comité d’Olten » décide la préparation d’une grève générale suite au refus du Conseil fédéral de renoncer à l’augmentation du prix du lait. Au mois de juin avaient lieu des manifestations des ouvrières contre la faim. Un cinquième de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté à l’époque. S’ensuivirent une manifestation de solidarité de 15'000 ouvriers et ouvrières à Zurich une grève du personnel communal, une grande manifestation contre la faim à Bienne, une grève importante chez Sulzer, SLM et Rieter à Winterthur (6'000 grévistes). En juillet, grève générale à Lugano, émeutes de la faim à Bienne, limitation de la liberté de presse et de réunion. Septembre, grève du personnel des banques à Zurich,

Au mois d’octobre 1918 s’annonce la chute de l’Empire austro-hongrois et le 3 novembre les matelots de la marine allemande se révoltent contre leurs supérieurs à Kiel pendant que débutent les négociations de cessez-le-feu entre l’Allemagne et les puissances alliés à Compiègne en France.

Craignant une révolution, le 4 novembre le général Wille exprime sa volonté de mobiliser la cavalerie contre les grévistes et le 6 novembre le conseil fédéral rompt les relations diplomatiques avec l’Union Soviétique et décide d’engager l’armée dans le conflit. En réponse le « Comité d’Olten » lance une grève de protestation de 24 heures dans une vingtaine de villes suisses.

A Berlin Philippe Scheidemann du parti socialiste et Karl Liebknecht, le dissident pacifiste, proclament simultanément dans deux communiqués concurrents.la naissance de la République allemande, le deuxième se fera assassiner par les semblables du premier.

En réponse à l’intervention musclée de l’armée lors d’une manifestation à Zurich le 10 novembre, 1 mort et plusieurs blessés, le « Comité d’Olten », la direction du Parti socialiste suisse, l’Union syndicale suisse ainsi que la Fraction du PS au Conseil national décident d’appeler à la grève générale à partir du 12 novembre 1918.

Après trois jours de grève, le déploiement de 100'000 soldats, l’occupation de l’imprimerie et la rédaction du journal socialiste « Berner Tagwacht » le comité cède finalement aux pressions du gouvernement et décide l’arrêt de la grève le matin du 14 novembre. Malgré la capitulation sans concession des grévistes et les procès qui s’ensuivirent, la grande majorité de leurs revendications furent réalisés par la suite.

En mémoire du soulèvement courageux des travailleurs de ce pays la ville d’Olten organise pendant tout le mois de septembre un spectacle théâtral, impliquant une centaine d’acteurs amateurs.

Le milliardaire, ancien Conseiller fédéral, fils de pasteur, historien amateur à ses heures perdues, source intarissable d’inspiration et de finances du premier parti politique suisse UDC, connu pour sa rhétorique nationaliste et xénophobe, dont l’arrière grand-père avait immigré en Suisse depuis l’Allemagne en 1861, Christoph Blocher, ne se rendra pas à Olten. Il n’a pas la même vision « angélique » des événements de 1918.

Dans une interview accordée à son organe de propagande « Die Weltwoche », jadis un hebdomadaire de gauche, il théorise que « La grève générale de 1918 fut la plus importante crise de l’histoire de la Suisse. Le meneur et agitateur Robert Grimm projeta le renversement de l’ordre établi selon le modèle de la révolution bolchévique. S’il avait réussi, la Suisse serait aujourd’hui une dictature et le peuple virait dans la terreur et la misère. »

Ainsi, selon le quotidien « Blick » Monsieur Blocher, a décidé d’organiser, le 14 novembre prochain, son propre spectacle à la gloire des braves soldats, qui souffraient d’ailleurs des mêmes conditions que les manifestants et en plus de la discipline prussienne imposée par le général Wille, et la courageuse bourgeoisie suisse pour avoir défendu les valeurs patriotiques. Il laissera défiler, lors d’un important événement, des soldats en uniforme d’époque.

Il faut dire qu’il n’est pas le seul à avoir cette vision des choses dans ce pays, mais il est sans doute le précurseur des mouvements réactionnaires européens, un des premiers à avoir vu venir les dérives du capitalisme financier, dont lui-même avait su grandement profiter, en s’accaparant le potentiel du champ politique à droite des libéraux, décrédibilisés par les crises financières et le démantèlement de l’Etat-social.

Cependant M. Blocher a beau avoir transformé le parti agraire bernois en première force politique du pays il n’a, jusqu’ici, pas réussi à prendre le pouvoir. Le système collégial, qui l’en a empêché, ne lui a pas accorder un deuxième mandat en tant que Conseiller fédéral. D’autre part, contrairement à la Social-démocratie européenne, le Parti socialiste suisse a gardé une certaine estime dans la population pour ne pas avoir cédé aux sirènes du néolibéralisme en 2001, refusant le « Manifeste de Gurten » de la libérale Simonetta Sommaruga, actuelle Conseillère fédérale socialiste.

La mémoire de la « Grève générale » prend une dimension toute particulière en cette année 2018. Depuis que la droite réactionnaire a pris le pouvoir en 2015, cette entente cordiale et la légendaire paix du travail sont sérieusement compromis et les deux Conseillers fédéraux socialistes, empêtrés dans un collège réactionnaire, avalent couleuvre après couleuvre.

Ainsi, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga socialiste déclare, au sujet d’une initiative de son propre parti qui veut réguler un des systèmes de financement des partis politiques les plus opaques au monde, que cette initiative, qui envisage la déclaration de dons en dessus de CHF 10'000, ne serait « pas compatible avec l’esprit du système politique suisse. » Or il est de notoriété publique que l’entrée au Bundestag allemand du parti fasciste AFD en 2017 avec 12,6% des votes s’était fait largement grâce à des financements en provenance de la Suisse. Serait-il trop audacieuse de faire une analogie avec la venue du Führer et Rudolf Hess à Zurich en 1923 sur invitation d’Ulrich Wille ?

Alain Berset, ministre socialiste des affaires sociales, déclare au magazine du grand distributeur Coop au sujet de deux initiatives en faveur d’une agriculture durable, soumises au vote populaire le 23 septembre prochain, qu’elles seraient « contraire à l’esprit du libre échange ».

On pourrait ajouter à la liste, qui est loin d’être exhaustive, la décision de l’exécutif d’assouplir les conditions d’exportation de matériel de guerre dans des régions impliqués dans des conflits armés.

Il est fort à craindre que le capitalisme déchaîné remplace gentiment le capitalisme redistributif dans ce pays. Reste à savoir si sous ces conditions la collégialité et le consensus sont encore la bonne formule. 


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11 réactions à cet article    


  • Raymond75 5 septembre 11:43
    Oui, absolument, la Suisse est un modèle de démocratie, je dirai même LE modèle.

    Il est regrettable que nos brillants intellectuels, qui se répandent dans les médias pour refaire le monde, ne s’inspirent pas de ce pays.

    Pour ma part, je rêve plus modestement d’une simple transposition de la constitution suisse, et de l’organisation politique de ce pays, à notre pays, la France, toujours malade, incapable de maitriser son destin, mais toujours donneuse de leçons ...

    • Legestr glaz Ar zen 5 septembre 13:35

      @cyborg

      La démocratie existe si la Constitution du pays donne du pouvoir au peuple ! Même un peuple « uni », sans Constitution qui lui donne le droit d’exercer son autorité, sera balayé.

      La démocratie existe si et seulement si le Peuple à la possibilité de s’opposer aux décisions de ses « représentants ». Seule une Constitution parfaitement écrite peut le permettre. Le Peuple suisse dispose de deux moyens, pour contester les décisions de leurs élus : 
      1°) l’initiative populaire, qui permet d’inscrire dans la Constitution des lois à condition que celles ci soient conforme à la Constitution, c’est la seule limite. Cette initiative populaire est déclinée en Suisse à tous les échelons : fédéral, cantonal et communal.
      2°) le référendum « facultatif », qui permet au Peuple d’amender une loi votée par « ses » représentants. Ceci est également décliné à l’échelon fédéral, cantonal et communal.

      Nos personnalités politiques qui en ont plein la bouche de la « démocratie » feraient bien de regarder du côté de la Suisse. Notre système représentatif est une honte absolue. Ce n’est même pas le Peuple français qui décide du changement de sa loi fondamentale mais bien ceux à qui elle s’applique. C’est un non sens absolu.

      Je sais que l’UPR de François Asselineau, propose, dans son programme, la mise en place de l’initiative populaire. Ceci ne plait pas du tout aux puissances de l’argent qui perdraient la main sur la Constitution !

      La Constitution suisse ne donne pas la possibilité à ce pays d’entrer dans l’Union européenne. Il faudrait pour cela bouleverser de fond en comble la Constitution suisse et supprimer et l’initiative populaire, et le référendum facultatif. C’est beaucoup trop à avaler. En France, les modifications constitutionnelles pour faire coïncider le périmètre des traités avec la Constitution française ont été décidées en catimini, en douce, sans publicité, par « nos » représentants qui n’y voyaient, évidement qu’un fier service rendu à la population !

    • cyborg 5 septembre 16:31

      Ne me faites par Chouard le benêt.... et son papier cul constitutionnel miracle !  smiley
       
      Donner la constitution suisse à l’Égypte à moitié barbue et vous verrez le résultat ...
       
      Les germains était en démocratie directe car : pas de propriété, forât, nomadisme, peuple guerrier fantassins (Hermann voulant devenir roi après Totebourg tué)
       
      Les grecs car 5 à 10 fois plus d’esclaves, égalité nécessaire à maintenir la cohésion de la phalange d’hoplite contre les hilotes (et les autres cités)
       
      Le germains ochlocrates envahit le romain républicain, résultat : féodalité : structure de la production des terres fixes nécessitant servage, chevalier en armure rendant obsolète le fantassin.
       
      Bref la structure fait l’infrastructure. Le multiethniqué libidineux vie en oligarchie, c’est un impératif du réel. Le grec antique consacrait 50% de son temps à la Cité, gogochon, à ses loisirs.

      (Écoutez la conf Cousin Chouard, même si Cousin est pas très clair)


    • bob de lyon 5 septembre 12:56

      Si j’ai bien compris, l’officier Vogel qui commandait le groupe de militaires qui arrêta Rosa Luxemburg et lui tira une balle dans la tête était socialiste.

      Vogel emprisonné le 14 mai 1919 et libéré, épisode burlesque, le 17 novembre par Wilhelm Canaris, amiral et futur chef du service de renseignements nazi (l’Abwehr)… devait être socialiste lui aussi ; forcément.

      De même pour l’escorte militaire qui emmenait Karl Liebknecht en prison et qui l’assassinèrent : tous socialistes.

      Ah bon.

      PS.- Je ne suis pas socialiste, vous ne risquez rien.


      • Bruno Hubacher Bruno Hubacher 5 septembre 13:04

        @bob de lyon
        le bourreau n’est que l’outil 


      • Fergus Fergus 5 septembre 14:21

        Bonjour, Bruno

        Merci pour cet xcellent et très instructif article !


        • cyborg 5 septembre 16:21

          Un petit texte de Blocher, du parti des « pas gogochons »
           
          « Nous voulons que chaque citoyen porte une responsabilité politique et refusons que quelques rares fonctionnaires politiques ou diplomates décident du sort de la grande majorité des citoyens. La foi dans la toute-puissance de l’État a malheureusement une longue tradition et continue à marquer de son sceau la pensée de politiciens européens, chez les socialistes de tous les partis. C’est pourquoi nous souhaitons ne pas nous intégrer à l’UE et à ses instances, quelles que soient les sympathies que nous puissions avoir pour ces pays et les habitants de ce continent. L’idée d’une UE organisée de manière centralisée et bureaucratique « du haut vers le bas » plaît aux socialistes et socio-démocrates. Le mot magique dangereux est en l’occurrence « l’harmonisation ». Les socialistes souhaitent que la politique et l’administration décident de tout à un niveau le plus élevé possible et qu’ils décident par conséquent partout de la même façon. Ils souhaitent adhérer au plus vite à l’UE. Nous souhaitons en revanche que les décisions soient prises à un niveau le plus bas possible. C’est pourquoi nous nous battons pour une Suisse qui reste fidèle à elle-même et à ses valeurs que sont la liberté, l’indépendance, la démocratie directe et le fédéralisme. »
           
           — Christoph Blocher UDC


          • HELIOS HELIOS 5 septembre 17:33

            @cyborg

            ***** et refusons que quelques rares fonctionnaires politiques ou diplomates décident du sort de la grande majorité des citoyens. *****


            C’est pourtant la base de la démocratie représentative... celle-ci étant inévitable lorsqu’on est plus nombreux que quelques pingouins perdus dans un village !

            Par contre, si l’on s’attache au sens de ce texte, on comprend que ce n’est pas le fonctionnaire-roitelet qui decide du sort... et que la décision provient d’une démarche citoyenne, fortement démocratique, pourtant celle-ci n’est plus mise en oeuvre de nos jours.

            Ls moyens de télécommunications et de traitement actuels pourraient faire en sorte que les decisions citoyennes consensuelles soient portées par ces representants, fonctionnaires ou pas, mais evidement ce n’est pas du goût de ceux qui ne respectent pas l’esprit de la démocratie.

          • JP94 5 septembre 16:22

            Article fort intéressant, clair etc ... qui me rappelle une rencontre d’histoire à l’EHESS où était présent un historien ( dont j’ai oublié le nom) sur les usages publics de l’Histoire. 

            Il y avait évoqué des épisodes, peu nombreux il est vrai, de la lutte des classes en Suisse, totalement occultés par la vision lénifiante d’une Suisse hors lutte des classes, avec un Guillaume Tell consensuel, vision colportée par le bouquin la Suisse pour les nuls ... qui resteront tout aussi nuls après sa lecture.

            Or l’enjeu,au sujet de la Suisse, est de démythifier cette possibilité d’un pays capitaliste prospère « sans classes sociales ». 
            Le fonctionnement démocratique est intéressant, mais n’empêche nullement les Blocher de posséder plus de pouvoir qu’un citoyen suisse moins fortuné...le pouvoir de manipuler par presse interposée, et d’influer sur les lois.dans son intérêt privé qui n’est pas celui des Suisses.

            • cyborg 5 septembre 16:43

              A propos des ventes d’armes suisses, Oerlikon, fabriquant de canons anti-aériens, s’est faite bombardée par « erreur » pendant la 2nd guerre...
               
              Lénine, noble et riche, se l’est coulé douce en Suisse, à lire la Science de la logique d’Hegel sur une chaise longue, pendant que ses copains se faisaient massacrés par la police tsariste...
               
              Puisqu’on est chez les helvètes, magnifique extrait d’ Alexis Peiry : ‘L’or du pauvre’
               
              « Je crois très sincèrement que si je pouvais revivre mon enfance, et qu’on me laissât le choix entre l’aisance et la pauvreté telle que je l’ai connue, je choisirais encore la pauvreté, ne serait-ce que pour retrouver, grâce aux privations habituelles qu’elle impose, la surprise, la joie, l’extase de quelques minutes divines que des milliers d’enfants si choyés ne connaîtront jamais. Ces bonheurs sont bien difficiles à exprimer, étant plus proches de la sensations que du sentiment. Mais je n’aurais pas la paix, si je n’essayais pas de dire ce que fut pour moi la révélation du raisin ... »

               


              • bob14 6 septembre 07:54

                Bon nombre de Suisses passent les frontières pour aller faire leur course ailleurs tellement la vie est chère dans ce pays..

                Vaches fromages banques..paysage monotone... smiley

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