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Accueil du site > Actualités > International > Afrique sub-saharienne : Comprendre et être en bons termes avec les (...)

Afrique sub-saharienne : Comprendre et être en bons termes avec les Etats-Unis d’Amérique

I. Introduction :

Au moment où plusieurs régions du monde, et en particulier l’Afrique, sont en proie à une grave instabilité, et que le monde est menacé par de graves périls (terrorisme international, pandémies dévastatrices, groupes armés non étatiques, etc.), il me parait utile de rappeler que, pour n’importe quel pays sur notre planète, il n’est pas souhaitable, et plutôt dangereux d’être en mauvais termes avec les Etats-Unis d’Amérique. 

A ceux qui l’aurait peut –être oublier, les USA sont, et le resteront encore pour longtemps, la Superpuissance mondiale qui agit pour réguler les affaires du monde au gré de ses intérêts et de sa puissance, capable de se déployer et d’agir, au grand jour ou dans l’ombre, dans n’importe quel endroit de la planète et même au-delà. Cette grande capacité de nuisance, il vaut mieux l’avoir avec soit que contre soit. Cela tient du bon sens le plus élémentaire. Les rêveries souverainistes des nervis de tous bords qui cherchent à plaire à certains Chefs d’Etats traduisent de la part de leurs auteurs une mauvaise lecture des enjeux stratégiques, dans un monde d’interdépendance ou même les plus grands se plient aux exigences de ce village planétaire. Ce bon sens, je vais le mettre à profit pour tenter d’apporter mon éclairage sur la politique africaine d’Etats-Unis.

Je ne suis pas un spécialiste de la politique américaine. Mon éclairage va donc s’appuyer sur la réflexion de ceux qui le sont. Ce qui explique les nombreuse références et citations diverses, puisées au gré de mes investigations. Celles-ci ont l’avantage d’offrir à mes lecteurs un choix varié pour ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur le sujet. Mon analyse est fondamentalement insuffisante et incomplète. Elle permet cependant d’augmenter la compréhension des intentions américaines sur le continent et de guider nos dirigeants dans détermination de leurs choix. Elle permet aussi, et c’est peut-être son mérite le plus important, d’ouvrir le débat sur les avantages que les pays africains peuvent tirer à entretenir des bons rapports avec l’administration américaine au moment où le continent est sollicité de toutes parts par les autres pôles émergents (Chine, Inde, etc.…). 

II. Les principes de la politique des Etats-Unis en Afrique :

Les principes qui dictent la politique américaine en Afrique ne sont pas toujours très clairs. Ils changent dans le temps en fonction du contexte géopolitique. A la fin des années 1980, la détente s’impose. L’effondrement de l’URSS réduit les tensions dans le monde. L’Afrique perd alors de son – modeste – intérêt stratégique et militaire. Sous la pression de l’opinion publique et du Black Caucus au Congrès, le gouvernement américain engage une politique d’apaisement et de règlement de certains conflits, en Angola, en Namibie, en Afrique du Sud. Traduisant les divergences entre le Congrès et la Maison-Blanche, la pression américaine, réelle, est ambiguë à l’encontre du régime sud-africain. Dès 1986, la loi COMPREHENSIVE ANTI APARTHEID ACT impose un embargo partiel dans les relations commerciales avec l’Afrique du Sud ; certains produits sont frappés par ces restrictions commerciales (charbon, fruits, diamants, quelques produits manufacturés), mais d’autres produits jugés stratégiques restent en dehors de cette contrainte (chrome, manganèse, or).

La période qui suit est organisée en trois phases :

  • La politique de Washington semble tout d’abord en retrait, hésitante et sans principes directeurs ; dans la première moitié des années 1990, le gouvernement américain hésite à s’impliquer dans les problèmes du continent, en particulier dans le drame rwandais.
  • Mais, dans une seconde phase, les Etats-Unis définissent une nouvelle stratégie axée sur la progression des positions économiques américaines en Afrique. Ainsi, en 1996, B. Clinton réoriente les priorités diplomatiques générales du pays, accordant une primauté de l’économique sur le militaire, au risque de mécontenter le Pentagone, dont le budget diminue. L’épisode somalien participe au processus de redéfinition de la politique africaine de Washington. En 1992, un véritable "effet CNN" réveille l’opinion publique américaine, la chaîne privée d’information retraçant sur le petit écran la guerre civile et la famine qui sévissent en Somalie. Le gouvernement lance alors l’opération "Restore Hope" ("Restaurez l’espoir"), en janvier 1993. Le même appareil médiatique provoque la réaction inverse en octobre 1993, lorsque la diffusion des images du corps d’un soldat américain traîné dans les rues de Mogadiscio soulève l’opinion publique et pousse B. Clinton à retirer les troupes. Cependant, l’objectif géopolitique sous-jacent de cette opération est déjà d’endiguer l’influence islamiste. Cette opération s’achève dans la confusion, de manière tragique et humiliante pour les Etats-Unis. B. Clinton promulgue alors les trois principes qui président son action sur le continent :
  1. Trouver des solutions africaines aux problèmes africains, c’est-à-dire limiter les interventions directes et chercher des relais sur place ;
  2. Intégrer l’Afrique dans les circuits de l’économie mondiale, comme fondement de la diplomatie commerciale de l’après-guerre froide ;
  3. S’opposer activement au terrorisme, islamiste, comme au Soudan ou en Libye.

Si, dans un premier temps, le gouvernement Bush n’apporte pas de bouleversement majeur à ces principes, les attentats du 11 septembre 2001 marquent sans doute le début d’une troisième phase. Ainsi, alors que la politique de B. Clinton peut être qualifiée de défensive et préventive, ou encore de "wilsonisme pragmatique", celle de son successeur est caractérisée par une volonté d’exercer un leadership agressif qui fait peu de cas des alliés traditionnels[1]. En effet, la guerre contre le terrorisme a transformé les enjeux et surmultiplié les moyens mis en œuvre par G.W. Bush. Ainsi, la présence militaire américaine est-elle renforcée en Afrique, avec l’ouverture à Djibouti en septembre 2002 d’une base comptant désormais plus de 1 000 soldats,[2]tandis que les pressions de Washington s’accentuent pour accéder à des bases militaires dans plusieurs pays africains[3]. En outre, le pétrole africain devient une priorité stratégique pour les Etats-Unis, expliquant largement l’insistance de Washington pour appuyer le développement des entreprises américaines sur le continent.[4]

III. Quelles mutations dans les principes ?

Finalement, la mise en perspective de la politique africaine des Etats-Unis sur le temps long laisse apparaître des permanences et des mutations.

  • Première rupture, depuis l’avènement de la diplomatie commerciale de B. Clinton, l’accent est mis sur le potentiel économique de l’Afrique. Washington, dont l’objectif est de réduire la dépendance énergétique nationale à l’égard du golfe Persique, souhaite accroître ses importations pétrolières en provenance de l’Afrique occidentale, de 15 % en 2001 à 25 % en 2020[5]. Plus généralement, l’intervention américaine est désormais guidée par un principe de sécurisation préventive, qui passe par une politique tournée vers le développement économique, le renforcement du processus de démocratisation du continent, et la prévention du sida. Aujourd’hui on peut ajouter la lutte contre le virus Ebola, comme la souligné le Président Obama lors de son intervention aux nations-Unies récemment.
  • En même temps, la politique de sécurité militaire amorcée par B. Clinton et réactualisée par G.W. Bush articule permanence et mutation. En effet, la théorie de l’endiguement s’est réorientée vers la lutte contre l’expansion de l’islamisme intégriste, essentiellement dans la Corne de l’Afrique (en particulier au Soudan) : permanence, l’endiguement de l’opposant idéologique, et mutation, avec un nouvel ennemi, l’islamisme radical. Après le 11 septembre 2001, G.W. Bush renforce la stratégie de l’endiguement de l’islamisme érigée en impératif absolu dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Mais, dans une certaine mesure, les objectifs des deux présidents sont marqués par une relative continuité, d’autant que l’appareil bureaucratique gérant la politique africaine de Washington impose son inertie[6]. Le président Obama ne s’est pas éloigné de cette dynamique initiée par ces devanciers.

La tournée en Afrique de G.W. Bush en juillet 2003 se déroule au moment où la crise au Liberia atteint son paroxysme. L’extrême prudence de G.W. Bush à engager des troupes au Liberia, en dépit de la pression de l’ONU via Kofi Annan et, semble-t-il, des attentes de la population, atteste de la réticence de G.W. Bush à remettre en question le principe de sous-traitance militaire défini par B. Clinton ;( le président Obama poursuit dans la même logique) d’où le rôle joué par la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest).

IV. Dispositifs et formes de l’action des Etats-Unis :

Au-delà des principes, comment se traduit la politique africaine des Etats-Unis ?

4.1. Une logique de "sous-traitance" militaire :

Les Etats-Unis ont mis en place des programmes d’assistance militaire, dont les trois principaux sont [7] :

  • L’INTERNATIONAL MILITARY EDUCATION TRAINING (IMET),
  • LE JOINT COMBINED EXCHANGE TRAINING (J-CET) et
  • L’AFRICAN CRISIS RESPONSE INITIATIVE (ACRI)/AFRICA CONTINGENCY OPERATIONS TRAINING ASSISTANCE (ACOTA).

Avec l’IMET, à l’instar de l’Amérique latine par le biais de l’"Ecole des Amériques. Longtemps localisée dans la zone du canal de Panama contrôlée par les Etats-Unis, avant d’être rapatriée à Fort Benning en Géorgie en 1984, cette école a formé techniquement et idéologiquement plus de 50 000 officiers, dont quelques "grands noms" de l’appareil militaire latino-américain, tels M. Noriega ou L. Galtieri. En 1993, le représentant démocrate M. Meehan disait de cette institution : "Si l’Ecole des Amériques organisait une réunion des anciens élèves, on y rencontrerait les brigands les plus répugnants de tout l’hémisphère occidental"[8]. Ce qui devrait utilement attirer l’attention des africains.

L’Afrique bénéficie désormais de programmes de formation pour ses officiers dans les écoles militaires américaines. Le J-CET permet l’envoi d’équipes de 8 à 12 membres des forces spéciales américaines pour former soldats et officiers africains. L’ACRI définit les modalités d’un entraînement aux opérations humanitaires et au maintien de la paix ; il complète l’IMET et le J-CET, et renvoie au principe selon lequel les Africains doivent eux-mêmes trouver les réponses à leurs problèmes.

Ces programmes accompagnent une stratégie reposant sur la notion classique d’"Etats pivots" ; l’assistance militaire est en effet orientée prioritairement vers certains Etats, considérés comme susceptibles d’assurer la stabilité régionale. C’est bien sûr, toujours, l’Afrique du Sud qui, en 1999 et 2000, a bénéficié de la moitié du seul budget IMET pour le continent. C’est aussi de plus en plus une véritable "coalition anti-soudanaise", regroupant l’Ouganda, l’Ethiopie, l’Erythrée et le Rwanda, dans la logique de l’endiguement de l’islamisme ; mais cette stratégie a pour l’instant été couronnée d’un succès relatif en raison des tensions qui traversent cette coalition. Par ailleurs, d’autres Etats occupent une place prépondérante dans la politique américaine, tels le Kenya ou le Nigeria.

Géographiquement, trois régions émergent donc de cette politique de sécurisation :

  • Tout d’abord le nord-est (la Corne de l’Afrique) autour de la coalition anti-soudanaise et du Kenya ; ensuite, le sud, autour de l’Afrique du Sud, allié historique des Etats-Unis ; enfin, le golfe de Guinée.
  • L’installation à Djibouti, qui préfigure probablement le développement de nouvelles bases militaires américaines en Afrique[9], s’inscrit dans le cadre spécifique de la guerre contre le terrorisme. En dehors de ce cas très particulier d’engagement, la stratégie américaine dessine les contours d’une politique de sous-traitance militaire, pour, après l’expérience somalienne, éviter toute implication directe des forces américaines dans les conflits internes du continent africain.

4.2. Développement, démocratie, sécurité, stabilité :

L’abondance des richesses naturelles de l’Afrique, le pétrole en particulier, suscite le repositionnement de la diplomatie américaine. La priorité est donc désormais le soutien à la démocratie et au développement économique, conçus comme étant articulés ; c’est la stratégie de l’"élargissement démocratique" chère à B. Clinton. Symboliquement, cette nouvelle posture se concrétise par le renouvellement du dialogue diplomatique et politique entre les Etats-Unis et l’Afrique. Elle se traduit surtout en 2000 par le vote de la loi TRADE AND DEVELOPMENT ACT (dite AGOA, AFRICAN GROWTH AND OPPORTUNITY ACT) qui facilite l’accès au marché américain pour certains produits (en l’occurrence, concrètement, le textile) d’Afrique et des Caraïbes. Mais cela n’est pas sans risque pour le continent africain dont la position dans la division internationale du travail se voit ainsi entérinée. En outre l’AGOA, instrument de la politique commerciale de Washington afin de contrecarrer la menace que représentent pour l’industrie textile américaine des pays tels que la Chine, l’Inde, l’Indonésie ou le Pakistan, apparaît comme un "marché de dupe" pour l’Afrique subsaharienne, peu assurée d’en tirer un avantage commercial.[10]

Dans le même ordre d’idée, en 2002, l’Administration Bush annonce la création de la MILLENIUM CHALLENGE CORPORATION. Cette institution, si elle devient effective, aura pour fonction de canaliser les aides au développement accordées à l’Afrique, augmentées à cette occasion. Les sommes permettront de financer les pays qui respecteront une liste de critères attestant de leur caractère démocratique et de leur politique de lutte contre la corruption (la "bonne gouvernance") ; elles seront prioritairement dévolues au développement du potentiel local, d’une manière intégrée à l’économie mondiale et devraient donc bénéficier secondairement aux entreprises américaines. Cette diplomatie commerciale, engagée par B. Clinton et accentuée par G.W. Bush, privilégie donc la promotion du développement économique et de la démocratie. Parallèlement, les chefs d’Etats africains mettent en place le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et son corollaire L’AFRICAN PEER REVIEW MECANISM (APRM). Ces dispositifs traduisent, pour les pays africains, la volonté d’attirer des capitaux étrangers. Pour les Etats-Unis et les autres partenaires du développement, ils favorisent la sécurisation des investissements sur le continent.

Mais l’approche américaine n’est pas dénuée d’intérêt stratégique puisqu’elle constitue aussi une appréhension plus globale de la sécurité, fondée sur la stabilité attendue de l’insertion – délicate – des sociétés africaines dans la sphère de l’économie marchande, dominée par les Etats-Unis. Cette approche repose aussi sur la double stratégie du SHAPING et de la CIVILIANIZATION [11] :

  • Le SHAPING consiste à façonner l’environnement social et économique africain aux normes et standards américains par un ensemble d’opérations de médiatisation favorables à l’image de marque des Etats-Unis.
  • La CIVILIANIZATION repose sur le principe que les forces démocratiques dominent les forces militaires. Cette double stratégie est définie comme un préalable à la mise en place d’un processus de développement, commercial, dont l’économie américaine pourrait tirer parti.

Cependant, la propagation du sida (aujourd’hui EBOLA) fait aussi l’objet d’un intérêt particulier de la part de Washington à la fin de la décennie ; peut-être tardivement, comme le souligne W. Zartman : "l’Administration Clinton ne s’est réveillée à ce sujet qu’en 1999"[12]. Ainsi, non sans l’appui de la droite incarnée alors par Jesse Helms, Bill Clinton déclare l’épidémie "question de sécurité nationale" et engage des actions de surveillance, de recherche, de prévention et de soins en Afrique. Si les motivations humanitaires sont présentes (ce qui est un moyen de répondre au lobby afro-américain et de toucher la communauté noire), l’objectif est aussi de placer les Etats-Unis en situation dominante sur le marché du traitement de la maladie. Mais, là encore, les considérations sécuritaires, liées au risque de déstabilisation politique et économique régionale induit par les effets dévastateurs du sida, influencent la stratégie de Washington. Une douzaine de pays, dont le Zimbabwe et le Botswana par exemple où la situation est particulièrement dramatique, sont concernés par les GLOBAL AIDS PROGRAMS (GAP).

V. Les enjeux économiques et géopolitiques :

L’intérêt et le soutien apportés à certains pays s’expliquent par des considérations tout à fait classiques. Les facteurs stratégiques sont à prendre en considération ; ces pays sont situés dans les angles stratégiques du continent et/ou à proximité du monde islamique dans la Corne de l’Afrique. Mais, de plus en plus, les facteurs économiques jouent un rôle explicatif prépondérant ; en raison des richesses naturelles qui s’y trouvent, ces pays suscitent un intérêt croissant du gouvernement et des firmes américaines. Celles-ci convoitent en effet leurs ressources minières, plus particulièrement le pétrole, dans la perspective de réduire la dépendance énergétique des Etats-Unis à l’égard du Moyen Orient.

Cette expansion des entreprises américaines en Afrique accroît les rivalités commerciales avec la France[13].

Ainsi, les traditionnelles "zones d’influence" des alliés pendant la guerre froide sont-elles remises en question dans le nouvel environnement géopolitique mondial. La prééminence française dans la partie francophone est contestée au Gabon, au Cameroun et au Congo est en particulier mise à mal par les entreprises pétrolières américaines. Mais, inversement, les entreprises françaises accroissent leur présence au Nigeria, situé dans la sphère anglo-saxonne.

L’Afrique francophone est donc le théâtre d’un nouvel affrontement diplomatique, stratégique et surtout économique entre la France et les Etats-Unis. En fait, "tant que les Etats-Unis et la France avaient des intérêts fondamentalement différents en matière de politique étrangère – l’idéologie pour les Etats-Unis, la culture et l’économie pour la France –, l’Afrique francophone bénéficiait d’un régime de guerre froide complémentaire dans lequel les relations Etats-Unis/France tendaient à être équilibrées, coopératives et prévisibles"[14]. Cette situation consensuelle et stabilisée se dégrade au milieu de la décennie 1990, lorsque, pour Washington, la fin de la guerre froide réduit l’impératif idéologique au profit des objectifs économiques. Selon le principe "TRADE NOT AID", l’Administration Clinton se lance alors dans la diplomatie commerciale et affirme par la voix de Warren Christopher que les "zones d’influence" n’ont plus lieu d’être.

VI. Priorité à la politique sécuritaire :

Dans ses récentes interventions le président Obama a rappelé l’impératif sécuritaire pour les Etats-Unis d’Amérique et leur volonté de le faire valoir en toute circonstance quelques soit les lieux ou il existe une menace potentielle ou réelle contre les intérêts et la sécurité des USA.

Aux États-Unis, le « UNITED STATES AFRICA COMMAND (AFRICOM) » est le commandement militaire qui exécute une partie de la politique de sécurité vers l'Afrique. Parmi les missions qui sont assignées à cette structure et qui sont des objectifs militaires des USA ont peu épinglé :

  • Décourager ou empêcher AL-QAÏDA (aujourd’hui l’Etat islamique en Irak et au Lavant) et d'autres organisations extrémistes violents opérant en Afrique (en collaborant avec des partenaires militaires), les priver d'asile, et de perturber leurs activités de déstabilisation.
  • Dissuader et combattre les menaces transnationales
  • Assurer l'accès aux ressources africaines pour les États-Unis
  • Prévention de conflits futurs ... en travaillant avec les militaires africains et les partenaires régionaux pour répondre aux préoccupations de sécurité et à accroître la stabilité sur le continent.

Les Etats-Unis se sont préparés, dans le cadre d'une approche globale du gouvernement, pour aider à protéger les Africains des atrocités de masse. On le remarque notamment à travers l’engagement du Président Obama à combattre l’épidémie d’Ebola et autres fléaux qui menacent l’Afrique.

La façon la plus efficace, selon les Etats-Unis, est un engagement soutenu avec les militaires africains. Renforcer les capacités de défense des Etats africains et les partenaires clés régionaux.

  • Soutient humanitaire d'urgence : ... en fournissant une assistance militaire, lorsqu'elle est dirigée, en réponse aux crises humaines et naturelles.
  • Protéger les intérêts de sécurité des Etats-Unis : ..Pour assurer la sécurité des Américains contre les menaces transnationales émergentes de l'Afrique ; et en renforçant les capacités de défense des Etats africains et augmenter la stabilité sur le continent.

AFRICOM protège et défend les intérêts de sécurité nationale des États-Unis :

  • En renforçant les capacités de défense des Etats africains et les organisations régionales et,
  • Mène des opérations militaires, afin de dissuader et de vaincre les menaces transnationales
  • Fournir un environnement sûr et propice à la bonne gouvernance et le développement.

VIII. conclusion :

Cette petite réflexion avait pour objectif d’apporter un éclairage sur la politique africaine des Etats-Unis pour contribuer à renforcer la compréhension de nos décideurs (tout au moins de ceux qui me lisent) sur les choix stratégiques qu’ils sont amenés à opérer dans la définition de nos relations avec cette superpuissance mondiale. Comme j’ai eu à le souligner au début de mes propos, cette analyse est forcément incomplète et insuffisante du fait qu’elle a été réalisée avec les quelques informations que j’ai puisées par ici par là au gré de mes recherches et de la documentation auquel j’ai pu avoir accès. Comme chacun sait, plusieurs paramètres apparents ou occultes, interviennent dans les relations entre les Etats, paramètres réels ou fictifs, dont les contours évoluent en fonction des personnes et des époques. Ce dont je puis être sûr, c’est de la grande capacité de nuisance que possèdent les Etats-Unis d’Amérique pour ceux qui se mettent en travers de leur chemin. Au moins, pour cette raison, cette réflexion aura eu son utilité.

 

Fait à Kinshasa, le 26 février 2018

Joseph Kindundu Mukombo

+243(0)816537881

+243(0) 999623333

josephkindundu@hotmail.com

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[1] Hassner, P. et J. Vaïsse (2003), Washington et le monde, Paris, CERI/Autrement.

[2] L’arrivée des forces américaines met un terme à la présence exclusive des forces françaises (2 800 soldats) dans un territoire stratégiquement situé (Leymarie 2003)

[3] Jarreau, P. (2003), "George Bush demande à l’Afrique de s’engager contre le terrorisme", Le Monde, 8 juillet

[4] W. Kansteiner, secrétaire d’Etat adjoint chargé des affaires africaines, déclare en janvier 2002 que "le pétrole africain présente pour nous un intérêt stratégique national" (Breuillac 2003).

[5] Servant, J.-C. (2003), "Offensive sur l’or noir africain", Le Monde diplomatique, janvier

[6] Schraeder, P. (2000), "Cold War to Cold Peace : Explaining US-French Competition in Francophone Africa", Political Science Quarterly, vol. 115/3, p. 395-419.

[7] Bagayoko, N. (2001), "La politique américaine de sécurité en Afrique subsaharienne sous le président Clinton", Afrique contemporaine, n° 197, p. 12-23.

[8] Lemoine, M. (1996), "En Amérique latine, la “sale guerre” perdure", Le Monde diplomatique, février

[9] Jarreau, P. (2003), "George Bush demande à l’Afrique de s’engager contre le terrorisme", Le Monde, 8 juillet

[10] Voir le bilan critique de l’AGOA qu’en ont tiré les acteurs de la réunion tenue à l’île Maurice (13-19 janvier 2003). En outre, contre l’éligibilité à l’AGOA, les Etats africains ont concédé un certain droit de regard à Washington sur leur politique extérieure, en particulier une capacité à dénoncer toute activité qui nuirait à la sécurité nationale des Etats-Unis.

[11] Bagayoko, N. (2001), "La politique américaine de sécurité en Afrique subsaharienne sous le président Clinton", Afrique contemporaine, n° 197, p. 56

[12] Zartman, W. (2001), "L’administration Clinton et l’Afrique : une appréciation d’ensemble", Afrique contemporaine, n° 197, p. 3-11.

[13] Le propos nécessite sans doute d’être nuancé dans la mesure où l’on assiste à une érosion des relations franco-africaines, en même temps qu’à une européanisation de la politique d’aide au développement française. En effet, le quart de l’aide publique au développement française à destination de l’Afrique est versée désormais par le biais de l’Union européenne. En outre P. Demba Thiam considère que "s’ils ne veulent pas disparaître de l’Afrique, il est temps que les Européens se réveillent"

[14] Schraeder, P. (2000), "Cold War to Cold Peace : Explaining US-French Competition in Francophone Africa", Political Science Quarterly, vol. 115/3, p. 395-419


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9 réactions à cet article    


  • microf 27 février 12:11

    Bon article qui soulève des questions !

    Comme vous l´avez si bien écrit, votre article se résume par sa fin en ceci, " Ce dont je puis être sûr, c’est de la grande capacité de nuisance que possèdent les Etats-Unis d’Amérique pour ceux qui se mettent en travers de leur chemin".
     Vous avez raison, car ce pays a une grande capacité de nuisance, il n´ya qu´á regarder ce qu´il fait et commet comme nuisances dans le monde pour s´en rendre compte.
    Mais la question que j´aimerai vous poser serait de savoir si les autres pays doivent laisser les Usa continuer á nuire.
    Vous savez aussi que et les Empires ou Puissances se crées, s´étendent et disparaissent, c´est ce qui se passe en ce moment avec les Usa, ce qui est tout á fait normal.

    Je ne sais pas si vous avez lu les Discours du Président Poutine parlant des Usa, surtout celui prononcé á Munich en 2007, je vous l´envoi en entier
    https://youtu.be/bITizUpYMW0,
    https://youtu.be/FN0hVt-OTcA
    https://youtu.be/1YCWUdoovOU
    sinon, je vous prierai de les lire et de me dire ce que vous en pensez..


    • sls0 sls0 27 février 15:04

      Quand je regarde ce qui c’est passé en Irak, quand le sujet a un rapport avec les USA, j’aimerai que l’on définisse les mots démocratie et terrorisme.

      Un article ayant un rapport avec les USA c’est comme une mélodie jouée au xylophone dont deux touches seraient fêlées, ces deux touches seraient les mots démocratie et terrorisme.
      Je laisse le soin à d’autres lecteurs de trouver d’autres touches.


        • sirocco sirocco 27 février 22:35

          Bon, une perle relevée parmi tant d’autres (accrochez-vous !) :

          "Parmi les missions qui sont assignées à cette structure [le « UNITED STATES AFRICA COMMAND (AFRICOM) »] et qui sont des objectifs militaires des USA ont peu épinglé : [...]
          - Prévention de conflits futurs ... pour ... accroître la stabilité sur le continent."

           
          Hein, ça vaut son pesant de moutarde ! Trouver tant de bons sentiments et de visées pacifiques chez un fouteur de m... universel, faut le faire !

          Ne serait-ce pas plutôt que les Yankees s’alarment de ne pas avoir en Afrique une concentration de bases militaires comme sur les autres continents ?

          On avait déjà Rakotoarison et le Dr. salem alketbi, il faut maintenant faire avec un autre américanolâtre...


          • microf 27 février 22:43

            @sirocco

            Il faut de tout pour faire un monde.


          • V_Parlier V_Parlier 28 février 10:03

            @sirocco
            Disons qu’ici l’américanolâtrie est plus réfléchie et pragmatique. Mais c’est plutôt désespérant quand même. En bref : Soumettons nous car il n’y a pas d’autres moyens de rester en vie.


          • Joseph Kindundu Joseph Kindundu 28 février 15:49

            @sirocco
            Pour aller face à un adversaire, il est plus prudent de le connaitre correctement.
            Décoder son mode opératoire. Connaitre ses buts. Mesurer sa force et sa capacité de nuisance. Voir s’il ne vaut pas mieux l’avoir avec soi que contre soi. Le temps de devenir assez fort pou choisir.


          • Joseph Kindundu Joseph Kindundu 28 février 15:43

            Non ! il ne faut pas se soumettre. C’est peut être simple à dire en quelques mots, mais il faut absorber leur énergie et l’utiliser à notre profit. un peu comme les japonais. mais aussi, la non participation, en nous éloignant des grands circuits internationaux pour privilégier des projets économiques et financiers locaux, qui échappent aux grandes machines à fabriquer des pauvres.


            • Frédéric Leriche 4 octobre 21:51

              Cher Monsieur Kindundu,

              Je partage à 75% votre point de vue, que j’ai moi-même développé dans un article publié en 2003, soit 15 ans avant vous, dans la revue « Afrique contemporaine » :
              Vous reconnaîtrez sans aucun doute la formulation de vos idées, qui ressemble étrangement à la mienne.
              Bien cordialement,
              FL.

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