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Ce fleuron des intellectuels et penseurs de l’histoire contemporaine de l’Iran a rejoint l’éternité

Le Dr Manouchehr Hezarkhani, un auteur prolifique et l'un des intellectuels les plus célèbres d’Iran qui, au cours de près de 70 ans, a écrit et traduit d'innombrables livres et articles sur la philosophie politique et la littérature, est décédé.

Le Dr Hezarkhani est décédé à l’âge de 87 ans vendredi à Paris après un long combat contre une maladie pulmonaire.

Initialement formé dans une prestigieuse université française en tant que médecin, Hezarkhani s'est rapidement tourné vers l'écriture, la littérature et les sciences humaines. Dès les années 1960, il était largement reconnu comme un géant de la pensée iranienne moderne pour ses œuvres stimulantes.

Hezarkhani a fini par cultiver un grand nombre d’adeptes fidèles tout au long de ses sept décennies de vie professionnelle. Il était admiré pour son sens de l'humour élégant et ses commentaires politiques pointus. Il avait un talent enviable pour résumer des concepts socio-politiques complexes dans des phrases concises et magistralement construites, avec une cerise figurative de prose rafraîchissante sur le dessus.

Avec sa solide maîtrise du français et du persan ainsi que la philosophie politique, il a initié plusieurs générations d'Iraniens, en particulier des étudiants universitaires, à des idées stimulantes en politique et en littérature.

En s’orientant vers la politique sociale-démocrate, le Dr Hezarkhani a joué un rôle déterminant dans la traduction des œuvres d’un éventail d'intellectuels internationaux de son temps, dont le philosophe italien Antonio Gramsci, le poète français Aimé Césaire, l'historien Maxime Rodinson et le philosophe politique Frantz Fanon, pour n'en nommer que quelques-uns. Son dernier ouvrage, qu'il a achevé 10 jours avant sa mort, était la traduction persane du livre historique de 540 pages d'Antonio Negri, "Insurrections : pouvoir constituant et État moderne".

Manouchehr Hezarkhani est né à Téhéran en 1934. Ses intérêts éclectiques l'ont amené à envisager de devenir dentiste, à se lancer dans les mathématiques et à flirter avec l'écriture de romans. Mais à la fin, l’ambitieux polymathe a succombé à l'insistance de son père à devenir médecin. Il a étudié la médecine à la prestigieuse université française de Montpellier, vieille de 800 ans, et parmi ses diplômés se trouve le père de la philosophie des sciences, Auguste Comte.

Au cours des turbulentes années 1950, le tyrannique Shah a comploté avec des puissances étrangères pour renverser le gouvernement démocratiquement élu du leader nationaliste Dr Mohammad Mossadeq, que le jeune Hezarkhani admirait. En France, il a été membre de la Société socialiste iranienne et l'un des fondateurs de la Confédération des étudiants iraniens en Europe, devenue plus tard la Confédération mondiale des étudiants iraniens.

Après son retour en Iran, le Dr Hezarkhani a aidé à relancer l'Association des écrivains pour lutter contre la censure de l'État. Il a été élu plusieurs fois membre du conseil d'administration de l'association avant et après la révolution de 1979. Bien qu'il ait enseigné à l'Université de Tabriz pendant un certain temps, Hezarkhani a été arrêté à la fin des années 1960 par le Shah et a passé plusieurs mois en prison.

En 1977, alors que le sentiment anti-Shah en Iran a commencé à atteindre son apogée, plusieurs intellectuels éminents, dont Hezarkhani, ont organisé une célèbre série de conférences et de lectures de poésie au siège de l'Institut Goethe à Téhéran. Des milliers de personnes y ont assisté en personne pendant dix nuits. L'événement a finalement laissé une empreinte durable sur la psyché iranienne moderne en perçant l'épais voile de censure du Shah.

En octobre 1981, quelques mois après que les religieux fondamentalistes iraniens ont violemment réprimé les manifestations politiques pacifiques, le Dr Hezarkhani est devenu l'une des personnalités éminentes qui ont rejoint le principal parti de l’opposition du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), dirigée par Massoud Radjavi. Il est resté au CNRI jusqu'à sa mort, à la tête du comité des arts et de la culture.

Pendant son séjour au CNRI, le Dr Hezarkhani a œuvré au lancement de plusieurs médias d'opposition importants, notamment des magazines mensuels et des publications hebdomadaires.

Il avait une haute opinion de la charismatique présidente élue du CNRI, Maryam Radjavi, et des membres des Mujahedin-e-Khalq, la plus grande organisation membre du CNRI. Il s'est rendu à la base du MEK, "Ashraf", en Irak et plus tard en Albanie à plusieurs reprises depuis les années 1980, et l'a décrit comme le "cœur de la résistance" du peuple iranien contre la théocratie au pouvoir.

Réagissant au décès de Hezarkhani, Mme Radjavi l'a salué comme "le pionnier et l'initiateur de nombreuses idées, pensées et concepts prônant la résistance".

Avant la révolution, le Dr Hezarkhani a écrit un traité philosophique dans lequel il a interprété le sens d'un livre populaire pour enfants intitulé "Le petit poisson noir". L'allégorie politique, écrite par un activiste pré-révolutionnaire emblématique, parle d'un petit poisson qui ose quitter les confins d'une vie locale sûre pour s'aventurer dans des eaux lointaines.

Dans son interprétation, qui a influencé des dizaines d'activistes politiques en Iran, le Dr Hezarkhani écrit : « Ma simple mort, qui est inévitable, n'a aucune signification. La signification réside plutôt dans l'impression que ma vie ou ma mort laisse sur les autres. »

À la fin d'une vie de lutte ardue, qui est significative et valable, Mme Radjavi a dit, "le Petit Poisson Noir entre dans l'éternité elle-même. Il n'est pas simplement libre. Il devient une partie de la liberté elle-même."


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2 réactions à cet article    


  • sophie 9 avril 10:41

    Il écrivait depuis Langley ?


    • Seth 9 avril 14:10

      @sophie

      Il appartenait au CNRI et était proche de Radjavi à ce qu’il semble. Aucune référence au Tudeh par contre à moins que j’ai lu trop vite mais tout cela est du passé.

      RIP.

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