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L’Afrique ambiguë de M. Macron et le sommet UE-UA d’Abidjan : terrain miné, amateurisme diplomatique et... court-circuit

"Ce n'est pas à moi de réparer votre électricité, c'est à votre président"

E. Macron, Ouagadougou (Burkina Faso), 28 novembre 2017

"Ni familiarité, ni copinage, mais du sérieux. Je suis venu vous parler en ami et en partenaire.

En ami, avec la décision que j'ai prise de faire la lumière et de chasser les ombres en coupant définitivement avec les collusions et compromissions et en décidant de restaurer, par exemple, la mémoire et l'œuvre de M. Thomas Sankara.

En partenaire, en vous proposant un accord économique qui prendra réellement en compte les problèmes politiques, économiques, financiers, humains, sociaux, stratégiques, militaires, géopolitiques qui nous lient désormais à l'échelle de nos pays et de nos deux continents

Je suis venu vous parler de guerre, de terrorisme, de migrations, mais aussi d'économie, de finances, de monnaie, d'agriculture, d'éducation, de santé, de démographie, de jeunesse, des femmes et des hommes, de ressources naturelles, de zone CFA, de Françafrique, mais aussi de Chine, des Etats-Unis, d'avenir et du retour de la Coopération avec la France mais aussi avec l'Europe.

Je suis venu au nom d'un renouveau pour le XXIe siècle..."

Voici le genre de propos qui eussent été les miens si j'eusse été à la place de M. E. Macron, président de la République française, à l'occasion de ce qui eût alors été le début d'une tournée triomphale en Afrique.

Au lieu de quoi ce fut un sketch ahurissant avec un personnage au talent comique, à l'humour réel et disposant de capacités éprouvées de chauffeur de salle pour retourner un public.

Mais M. Emmanuel Macron a-t-il oublié qui il était et en quelle qualité il discourait à la veille de l'ouverture du Sommet Union Européenne - Union Africaine qui s'ouvre aujourd'hui mercredi 29 novembre 2017 pour 48 heures dans la capitale de la Côte d'Ivoire ?

M. Emmanuel Macron a-t-il au moins eu conscience du désastre communicationnel qu'il a causé en brouillant le message qu'il souhaitait probablement faire passer devant les étudiants de l'université de Ouagadougou au Burkina Faso, ce mardi 28 novembre 2017, un message qui commençait plutôt sérieusement avec l'examen de projets entrepreneuriaux ?

La climatisation était sans doute en panne mais autorisait-elle pour autant l'orateur à donner l'impression d'entrer en surchauffe ?

Or, voilà que devant les étudiants de l'université de Ougadougou M. Macron a déclenché les rires de l'assistance aux dépens de son hôte, le président du Burkina Faso, M. Roch Marc Christian Kaboré.

Le ton sympathique, enjoué et facétieux laissait entrevoir les limites du dérapage diplomatique qui s'est finalement produit lorsque M. Macron, répondant à une question « sous-jacente... » de l'assistance sur le mauvais état de l'université de Ougadougou, a alors déclaré : « Mais vous m'avez parlé comme si j'étais le président du Burkina Faso », alors que, précisément, les liens entre la France, la Françafrique et le néo-colonialisme étaient au cœur de ce déplacement.

Mèche courte... eût dit James Coburn, sans attendre l'explosion, car ce fut un feu d'artifice !

Les rires, les sifflets et les applaudissements fusant de tous côtés, le président qui tenait son public en a alors rajouté une louche en déclarant, mi-énervé et mi-amusé : « C'est le travail du président » (du Burkina Faso,). L'intéressé, sans doute vexé sinon humilié, quittant alors subitement la salle, M. Macron l'a alors immédiatement interpellé en riant, s'adressant à lui en le tutoyant : « Du coup, il s'en va... Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation... »

Si en écoutant les propos qu'il a tenus à la tribune l'on peut effectivement y souscrire sur le fond pour leur partie indéniablement sérieuse (les risques attachés à l'engagement miltaire de la France dans sa lutte contre le terrorisme islamique au Sahel, par exemple), il n'en demeure pas moins que la forme, pour le moins extraordinaire sinon extravagante de son comportement, est indigne de la fonction présidentielle qu'exerce M. Macron et de la représentation qu'il donne de la France à l'étranger.

Imagine-t-on un seul instant le même style de plaisanterie...au Kremlin, par exemple, devant les regards impavides de MM. V. Poutine et S. Lavrov ? Ambiance glaciale garantie....

Qu'avons-nous là sinon l'exemple consternant d'une arrogance et d'une immaturité inquiétantes de la part du président français face à M. Kaboré, chef d’Etat burkinabé ?

Ma question est désormais très simple : faut-il, doit-on, peut-on encore continuer de la sorte avec un Chef de l'Etat qui vient par ailleurs d'essuyer une sérieuse rebuffade avec le chef de la diplomatie iranienne ?

L'amateurisme n'est pas de mise lorsque l'on conduit et représente un Etat comme la France.

On trouvera ci-après la version tronquée du gazouillis présidentiel :

https://twitter.com/EmmanuelMacron/status/935501623148924928/video/1

... et la version complète de ses propos :

https://twitter.com/DamienRieu/status/935522973758443523/video/1

https://francais.rt.com/international/46032-vous-me-parlez-comme-si-president-burkina-faso-macron

En forme de conclusion provisoire : l'ouverture du Sommet UE-UA d'Abidjan

Voici (plus) d’un demi-siècle, en 1957, comme le rappelle J-L. Racine, (directeur de recherche émérite au CNRS, au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS) de l’EHESS, et vice-président d’Asia Centre), l’anthropologue Georges Balandier publiait chez Plon, dans la jeune collection « Terre humaine », un ouvrage intitulé Afrique ambiguë. Il y analysait, à l’heure de la colonisation finissante, les formes multiples de la dialectique complexe qui faisait naître une Afrique nouvelle, entre usages et réinvention de la tradition ; héritage des cadres administratifs et économiques coloniaux, et volonté de transformation et d’indépendance.

L'Afrique, on le voit, a aujourd'hui considérablement et profondément changé, en bien comme en mal. La balance nr cesse d'osciller, de telle sorte qui'il est difficile de formuler un jugement qui serait de toute manière hasardeux et incomplet.

Il serait grand temps de s'en rendre compte et de laisser la place - pour parler avec elle -, à ceux qui s'y intéressent (beaucoup) et la connaissent (quand même un peu) pour y avoir vécu et y avoir longuement voyagé.

L'Afrique est aujourd'hui aux prises avec des difficultés qui ne peuvent plus être résolues avec les grilles de lecture et les solutions désormais obsolètes que l'on persiste à utiliser alors que le continent change profondément.

83 chefs d'État et de gouvernement et quelque 5 000 participants des 55 pays d’Afrique et de 28 pays d’Europe se réunissent ainsi à Abidjan pour des discussions qui devraient être dominées par les questions d'immigration et de sécurité.

Si des débats généraux seront tenus sur le thème officiel du sommet qui est l'investissement dans la jeunesse, il est en effet plus que probable que la question des migrants dominera les échanges gouvernementaux et les entretiens parallèles (les plus significatifs, comme chacun sait), car les deux questions sont étroitement mêlées.

L’urgence est là, car face à une jeunesse africaine (720 millions de moins de 25 ans ! soit 270 millions de plus que la population européenne) qui perd espoir et migre en Europe ou bien se révolte et manifeste avec plus ou moins de succès contre les pouvoirs en place, l’UE et l’UA veulent en effet donner une nouvelle impulsion dans leur partenariat.

Celui-ci, d'ordre démographique et économique, avec tout le cortège des questions qu'il induit (éducation, santé, travail), mais aussi militaire et stratégique, devrait être synonyme de solutions pour cette population de tout un continent qui, dans son ensemble, passera le cap des... deux milliards d’habitants d’ici 30 ans et dont la place est en Afrique et certainement pas en Europe comme le pensent de doux rêveurs.

Confrontés à cette bombe démographique à retardement, comme l’explique le président de l’UA Alpha Condé, il faut effectivement que les chefs d’Etat prennent leur responsabilité et trouvent enfin des solutions pour l’emploi, l’éducation, la couverture sociale et médicale, la sécurité, l'avenir exempt de conflits que chaque citoyen africain est en droit de revendiquer.

Mais sans doute faudra-t-il trouver autre chose de plus efficace et de plus constructif que les vœux, recommandations et incantations habituels propres aux conférences internationales en économie du développement éternellement évoqués sans réalisations concrètes, tels que « la promotion de l’éducation et de la formation, la coopération en matière de bonne gouvernance, la lutte contre la corruption etc. ».

Car la véritable difficulté ne sera pas tant de trouver des solutions au terme de ce sommet de 48 heures que de véritablement les appliquer par la suite en tenant compte de l'ensemble des puissances économiques qui s'intéressent de plus en plus à l'Afrique et qui sont curieusement exemptes des accusations de néocolonialisme alors que leur comportement de prédateurs sans scrupules est en réalité pire que celui qui fut pour partie celui des anciennes puissances coloniales et qui leur est encore éternellement reproché par de rigoureux censeurs aux visions partielles, partiales et partisanes, souvent confortabement installés en Afrique comme en France.

Puisse donc M. Macron reprendre son rôle qui est le sien, faire oublier ses frasques et, parlant au nom de la France et de l'Europe, inviter prochainement ses collègues à une conférence qui réunira de manière officielle et visible les grands absents de ce sommet UE- UA en y invitant les pays des BRICS, dont la Chine et l'Inde, mais aussi les USA, véritables prédateurs économiques, stratégiques et financiers du continent dont les rôles, les comportements et les objectifs devraient être d’autant plus sérieusement cadrés qu’ils risquent fort de déstabiliser l’Afrique d’une manière dramatique.

Nul doute alors que la France et l'Afrique sortiraient définitivement de cette ambiguïté qui sied mal au souhait de voir enfin – avec une Europe et surtout une France dont le capital et l’avantage sont uniques -, l’émergence « d'un partenariat d'égal à égal, dégagé de la relation donateur-récipiendaire désormais dépassée », comme l'a déclaré la Haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Mme Frederica Mogherini.

 

Références :

Georges Balandier, L’Afrique ambiguë, Paris, Plon, 1957

Jean-Luc Racine, « Afrique ambiguë ? », Transcontinentales [En ligne], 2 | 2006, document 1, mis en ligne le 30 septembre 2012, consulté le 28 novembre 2017. URL : http://transcontinentales.revues.org/394

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L'Afrique ambiguë de M. Macron et le sommet UE-UA d'Abidjan : terrain miné, amateurisme diplomatique et... court-circuit

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67 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 29 novembre 11:38

    J’espére que certain auteur « Agare a vos chiens » vont m’expliquer où ils ont vu une étincelle d’intelligence chez cet âne. Vraiment un pauvre type inculte, incapable de faire un discours de président. A balayer sans regrets, ni remords.


    • troletbuse troletbuse 29 novembre 11:46

      @troletbuse
      Et tous les merdias de planquer cette « discussion de comptoir ». Tous des pedés


    • Cateaufoncel 29 novembre 11:59

      @troletbuse

      « Et tous les merdias de planquer cette « discussion de comptoir ». »

      Vous faites bien d’en parler. Voici ce que cela donne dans Libération, sous le clavier de Mme Maria Malagardis, envoyée spéciale à Ouagadougou :

      "Macron a désamorcé l’agressivité de cette salle remplie de 800 étudiants, dont l’agitation, houleuse comme joyeuse, a été parfois difficile à canaliser.

      "Reste le supplice silencieux du président burkinabé, également présent dans l’amphi. Assis sur l’estrade, Roch Marc Christian Kaboré, élu fin 2015, se tait alors même que le président français lui renvoie la responsabilité de gérer certaines des complaintes exprimées sur la vie quotidienne des étudiants. Kaboré quitte momentanément la salle sans qu’on en connaisse le motif ? Macron ose même un « il part réparer la clim », allusion à l’absence de celle-ci, évoquée par les étudiants."


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 12:24

      @Cateaufoncel

      Il ne s’est donc rien passé et l’atmosphère est restée joyeuse et sympathique.

      M.Kaboré aura été sensible à l’humour et à la jeunesse de son collègue.

      Nul doute que les media sauront rendre compte du fait - si cela advient - que toutes les promotions d’étudiants présents dans la salle seront sanctionnées et que des entreprises ou des ressortissants français seront inquiétés au nom d’un « humour facétieux », d’une bonne humeur, de relations cordiales et d’un sens de la plaisanterie partagés.

      Bien à vous,

      Renaud Bouchard


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 13:29

      @Cateaufoncel

      J’oubliais...Rappelez-moi, voulez-vous, le nom du propriétaire du quotidien Libération ?


    • Buzzcocks 29 novembre 14:15

      @troletbuse
      Je n’ai aucune sympathie pour macron pour qui je n’ai pas voté, mais par contre, je crois qu’en terme de type inculte, de propos creux, vous êtes le champion du monde. Tous vos commentaires postés ici sont vides et n’apportent rien.


    • troletbuse troletbuse 29 novembre 14:53

      @Buzzcocks
      Comme le votre  smiley


    • troletbuse troletbuse 29 novembre 15:56

      @Bouchard
      Laurent Mouchard


    • Cateaufoncel 29 novembre 16:31

      @Renaud Bouchard

      « Rappelez-moi, voulez-vous, le nom du propriétaire du quotidien Libération ? »

      A ma connaissance, il n’y a pas un propriétaire unique, mais je sais que le dernier à a voir mis de l’argent est Patrick Drahi, soutien inconditionnel de Macron, par médias interposés, et je sais aussi que la financière du quotidien est tout sauf bonne.

      Le Parisien vient d’expliquer que le président Kaboré s’était absenté pour satisfaire un besoin naturel, et que les Burkinabés avaient très bien pris la « plaisanterie » parce que la « bonne ambiance pendant le discours prouve la proximité entre les deux hommes ».

      On ne nous explique pas, en revanche, pourquoi la vanne a provoqué des rires, mais aussi des « sourires gênés », et pourquoi le président africain a salué par deux fois l’assistance de la main droite en quittant l’amphithéâtre, ce qui se voit très bien sur les images.

      De toute manière, les Africains, en général, qui se seront sentis offensés par l’attitude cavalière de Macron ne changeront pas d’avis sur cette « explication », parce qu’ils savent très bien que le même Macron n’aurait jamais osé se comporter ainsi à l’égard d’un chef d’Etat européen, fut-ce celui de la Moldavie, Igor Dodon comme chacun ne sait pas.


    • mmbbb 29 novembre 21:54

      @Renaud Bouchard en ecoutant Macron, il apparaîtrait que la France en particulier et l Europe en general délaissent ce continent. Macron est dans la lignée des hommes politiques récitant des discours convenus et oublie de signaler les lignes de crédit debloques en l occurrence par l Europe lien http://www.nouvelle-europe.eu/l-aide-au-developpement-de-l-ue-en-afrique
      14 milliards ce n’est tout de meme pas négligeable surtout pour l Afrique Par ailleurs Macron s est offusque de l esclavage pratiqué en Lybie. La gars est époustouflant et ne manque pas d oxygène, c ’est la conséquence de la glorieuse intervention francaise en Lybie initiée par notre Feld Marechal,de génie BHL qui a seme le chaos. . Donc denoncer les consequences en prenant soin de ne pas évoquer les causes est une incroyable malhonnête intellectuelle . Quant a la bombe demographique, selon les projections, ce continent verra sa population doubler d ici 50 ans , le probleme est devant nous et surtout en Europe avec la pousse migratoire 



    • Parrhesia Parrhesia 2 décembre 09:54
      @mmbbb
      Salut, mmbbb,

      Dans la foulée de ses deux prédécesseurs, non seulement Macron ne néglige pas l’Afrique mais il y agit au contraire de façon fort dynamique. Tout cela dans le but de soutenir et de faciliter au maximum le transfert des pays de l’ancienne alliance France-Afrique vers une soumission pure et simple de l’Afrique au N.O.M. !!!
      J’ajouterai que nous ne sommes pas près de voir les oligarques mondialistes occidentaux s’opposer efficacement aux entreprises hégémoniques des oligarques chinois sur l’Afrique, sur la France et autres lieux. 
       Il y a évidemment collusion entre ces deux oligarchies dans la mesure où elles partagent déjà entre elles les bénéfices de juteuses ententes commerciales au détriment des populations du monde occidental en général, de l’Afrique et de l’Europe en particulier !!!
      Parions que certaines personnalités du N.O.M. savent pertinemment traduire « business is business » en Chinois et inversement !!!
      Mais les peuples européens ne devraient pas leur jeter la pierre a priori ! Au moins défendent-ils leurs intérêts, eux !!! 
      Les peuples européens devraient plutôt se préoccuper maintenant et en urgence d’un système qui les trahit commercialement (si ce n’est plus !) au bénéfice du N.O.M. et du capitalisme exclusivement financier !

      Bonne journée à vous, mmbbb .

    • Cateaufoncel 29 novembre 11:51

      Avec la sereine inconscience de ceux qui osent tout – il l’a dit lui-même, à Ouagadougou « Je n’ai peur de rien » - , Macron (39 ans) a fait perdre la face à un chef d’Etat de 60 ans devant huit cents étudiants, plus ou moins contestataires, qui n’ont pas laissé passer cette occasion de brocarder « leur » président.

      Rappelons que si Macron est en fonction depuis six mois, Roch Marc Christian Kaboré l’est depuis deux ans, et qu’à l’heure où le futur Elyséen découvrait le théâtre, la turlutte, la brouette japonaise et la paravent guatémaltèque dans les bras et le plumard de Mme Brigitte Trogneux, le président Kaboré était premier ministre de son pays.

      Insulté par un gamin mal élevé, il s’en est allé en saluant deux fois de la main, preuve qu’il n’avait pas l’intention de revenir.

      On se demande combien ça a coûté pour faire comprendre au chef de l’Etat burkinabé qu’un clash définitif allait torpiller toute la manœuvre africaine du Français qui-tient-le-chéquier-par-le-manche ?

      Alors, il est revenu, en silence, le président du Burkina Faso. Mais le mal était fait. Le site des Indigènes de la République parle, ce matin, d’ « humour colonial ignominieux ».

      Depuis quand se soucie-t-on de ce que disent les Indigènes de la République ?

      Ce n’est pas la question. La question est de savoir combien de millions, de dizaines de millions, d’Africains ayant eu vent de l’incident, pensent aujourd’hui la même chose ?


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 12:13

        @Cateaufoncel

        Bonjour et merci pour votre commentaire.

        Vous vous interrogez : "La question est de savoir combien de millions, de dizaines de millions, d’Africains ayant eu vent de l’incident, pensent aujourd’hui la même chose ?" à propos de l’interprétation que chacun effectuera du comportement primesautier du Président.

        Nous le saurons très vite en mesurant les réactions à venir.

        Bien à vous

        Renaud Bouchard


      • troletbuse troletbuse 29 novembre 12:15

        @Cateaufoncel
        Avec la sereine inconscience de ceux qui osent tout
        Et la phrase de Audiard est vraiment actuelle.

        Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 13:20

        @troletbuse

        Il y a toujours un chef d’escadrille et des ailiers.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 29 novembre 14:25

        @Cateaufoncel

        Eh bien je ne savais pas que les identitaires faisaient cause commune avec les Indigènes.

        ou plutôt qui se ressemble s’assemble smiley

        Le poutinisme est en train de devenir un crétinisme.


      • Fergus Fergus 29 novembre 15:42

        Bonjour, Cateaufoncel

        « Macron (39 ans) a fait perdre la face à un chef d’Etat de 60 ans devant huit cents étudiants »

        Une affirmation très largement démentie par les Burkinabés qui font état (pour la courte sortie du président) de la nécessité d’une « pause technique » (comprendre évidemment un détour par les toilettes) et d’un repas très cordial ensuite entre les deux présidents.

        Bref, sans doute beaucoup de bruit pour pas grand chose. Et des vaguelettes qui n’éclabousseront pas Macron.

        Ce n’est pas avec ce genre d’attaques que l’on parviendra à le déstabiliser. Et pendant ce temps, les contreréformes se poursuivent sans que cela change quoi que soit aux préoccupations des Français en cette période : achat des cadeaux de Noël et des calendriers de l’Avent, commandes d’huitres et de foie gras en prévision des fêtes...


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 29 novembre 16:26

        @Fergus

        Moi les poutiniens je les trouve un peu décatis :
        Renault Bouchard, « froncel&sourcils », Jacques Sapitre, etc...


      • Cateaufoncel 29 novembre 16:40

        @Fergus

        « Une affirmation très largement démentie par les Burkinabé... »

        Je vous renvoie à la réponse que je viens d’adresser à Renaud Bouchard.

        Où allez-vous chercher que « les » Burkinabés auraient tout aussi bien pu, le cas échéant, se déclarer profondément humiliés par l’attitude du bellâtre de l’Elysée ?

        « Ce n’est pas avec ce genre d’attaques que l’on parviendra à le déstabiliser. »

        Il ne s’agit pas de le déstabiliser, mais de compléter son portrait psychologique de personnage arrogant et méprisant. Psychopathe, de plus en plus certainement.



      • Fergus Fergus 29 novembre 17:15

        @ Cateaufoncel

        « Psychopathe », je n’y crois pas. En revanche « arrogant » et « condescendant », oui, sans la moindre hésitation.



      • Cateaufoncel 29 novembre 20:47

        @Fergus

        « « Psychopathe », je n’y crois pas.
         »

        Et moi, de plus en plus :

        https://www.agoravox.fr/spip.php?page=forum&id_article=198888&id_forum=5058509

        Si vous lisez le développement des 9 signes et symptômes auxquels se reconnaît un psychopathe, c’est encore plus troublant.

        Et comme le souligne le Pr Segatori, il n’y a rien de normal dans le développement d’un individu que les circonstances ont amené à croire que « tout est permis ».

        P.S. - Un autre point de vue, publié par « Le Monde-Afrique » : Quand la blague d’Emmanuel Macron sur un président africain passe mal



      • Fergus Fergus 30 novembre 09:45

        Bonjour, cateaufoncel

        En matière de « psychopathe » au profil avéré, on a eu plus significatif : Qui suis-je ?


      • Cateaufoncel 30 novembre 10:48

        @Fergus

        Je vois, mais même en réfléchissant bien, je n’ai pas le souvenir de propos insultants à l’encontre de groupes entiers de la population, à commencer par la masse de ceux qui ne sont rien.

        S’agissant de Macron et de Kaboré, j’observe que le vouvoiement reste de règle sur les chaînes de radio et de télévision, entre journalistes qui se tutoient à journées faites, reliquat d’un savoir-vivre à la française qui fout le camp comme tout le reste...


      • Fergus Fergus 30 novembre 11:48


        @ Cateaufoncel

        « je n’ai pas le souvenir de propos insultants à l’encontre de groupes entiers de la population, à commencer par la masse de ceux qui ne sont rien. »

        Vous avez oublié ! Selon son inspiration du moment, Sarkozy a traité d’« abrutis », de « connards », d’« imbéciles », de « petits pois », et même d’ « enculés » ses collaborateurs, les élus de l’opposition, les élus de la majorité, son Premier ministre, ses ministres, les écologistes, les Bretons, les juges, les diplomates, les syndicalistes, etc. Ces insultes et injures ont été relayées dans la presse en leur temps et pas seulement par le Canard enchaîné.

        Pour mémoire : Petit abécédaire de Sarkozy.

        Pour ce qui est de Macron, aucun doute, il s’est montré en différentes occasions condescendant avec telle ou telle partie de la population.

        Je mets à part l’usage du mot « illettrés » utilisé à juste titre dans un cadre très particulier. Sur ce coup-là, il y a eu un procès injustifié.


      • Cateaufoncel 30 novembre 14:30

        @Fergus

        "Ces insultes et injures ont été relayées dans la presse en leur temps et pas seulement par le Canard enchaîné.« 

        Ce qui est relayé par la presse ne m’intéresse pas : la presse trie ce qu’elle relaie et ne relaie pas. Je ne la suis ni dans ses indignations ni dans ses complaisances. Elle publie n’importe quoi en inventant,au besoin, des »prénoms fictifs« et des »témoins« s’exprimant sous couvert d’anonymat.

        Je distingue donc uniquement entre propos publics et propos privés. Et j’estime que croire ce qui va dans le sens de ce qu’on a envie de croire, n’est pas une bonne attitude. C’est pourquoi j’essaie constamment de me défendre contre cette humaine propension.

        Même les »sans dents« de Hollande me laissent sur la réserve. De Sarkozy, je n’ai qu’à aller sur You Tube, pour retrouver son »Casse-toi pauvre con !" qui ne s’adresse, haut et fort, qu’à un seul individu. Et point n’est besoin ni du Canard enchaîné pour le savoir.

        Canard enchaîné qui remonterait un peu dans mon estime, s’il donnait à une institution de bienfaisance honorable, l’Oeuvre des Orphelins de la Police, par exemple, le pognon que lui rapporté son rôle de petit télégraphiste du Corbeau, dans l’affaire Fillon


      • troletbuse troletbuse 30 novembre 14:40

        @Cateaufoncel
        Fergus souffre soit de l’amnésie lacunaire soit de la mémoire très sélective  smiley


      • Cateaufoncel 30 novembre 19:19

        @troletbuse

        C’est l’un ou l’autre, parce que les médias sont une des plaies purulentes de la démocratie.

        A chaque fois que l’on trouve une révélation, une indiscrétion, la dénonciation d’un scandale réel ou supposé, on peut se demander pour qui roule le média dans le cas particulier - c’est loin d’être toujours aussi évident que lors du lancement de la poudre (aux yeux) Macron.


      • Olivier Perriet Olivier Perriet 29 novembre 12:33

        C’est marrant ces « patriotes » qui se réjouissent par avance d’un supposé discrédit français depuis Moscou, un peu comme Sarkozy assassinant Chirac en 2003 depuis Washington.


        • Cateaufoncel 29 novembre 16:48

          @Olivier Perriet

          « C’est marrant ces « patriotes » qui se réjouissent par avance d’un supposé discrédit français... »

          C’est le discrédit de l’anomalie qui siège à l’Elysée qui importe. Même Sarkozy n’aurait jamais osé aller aussi loin dans la familiarité triviale à l’égard d’un de ses homologues.

          Dans le discours de Dakar, il n’a jamais fait que dire ce que Guaino avait écrit pour lui, l’auteur lui-même se croyant couvert pour avoir puisé son affirmation dans un discours de Victor Hugo.


        • Extra Omnes Extra Omnes 29 novembre 12:38

          Macron dans toute sa splendeur de psychopathe.


          • jaja jaja 29 novembre 12:46

            « Je suis d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé » : Macron, 28 novembre 2017...

            Ainsi Macron prétend que la France n’est pas responsable du marasme dans lequel l’Afrique se trouve et où les soldats français interviennent militairement dès qu’un Président mis en place par la France est menacé par son peuple !
            Si le Président du Burkina tenait tête aux multinationales françaises il finirait immanquablement assassiné comme le furent Sankara, Lumumba et bien d’autres...

            « La domination française, qui s’incarne notamment dans le franc CFA, survivance coloniale qui place 14 pays et près de 155 millions de personnes dans une situation de servitude monétaire à l’égard de la France, ne fait pas partie du passé. La France prend toujours une part active au pillage du continent africain et porte une responsabilité centrale dans nombre des tragédies qui s’y déroulent. En niant cette réalité, Macron s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs et nous rappelle que le combat contre la Françafrique est toujours d’actualité. »
            https://npa2009.org/actualite/international/la-francafrique-ce-nest-pas-du-passe

            Macron est bien le digne successeur des Mitterrand, Pasqua, Foccart et autres bourreaux des peuples africains !
            Les reproches adressés par la population au Président du Burkina sont plus que justifiés mais c’est bien la France impérialiste et ses multinationales qui décident si oui ou non il y aura de l’électricité dans le pays... Et c’est bien ce qui doit être dénoncé !


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 13:13

              @jaja
              Bonjour Jaja et merci pour votre commentaire.

              Pour le CFA la situation « est ce qu’elle est » On en reparlera bientôt.

              Quel est votre avis sur la pénétration et l’usage du Yuan RenMinbi comme monnaie de réserve ou deuxième monnaie dans plusieurs pays africains ?

              Quid de la Chinafrique après la Françafrique ?

              Un avis sur la présence et la coopération militaires de la Chine en Afrique ?

              http://www.thedrive.com/the-war-zone/12482/heres-what-you-should-know-about-chinas-new-african-base
              http://www.africanaerospace.aero/sudan-s-chinese-jet-milestone.html

              Bien à vous, Renaud Bouchard

              cf. ci-après :

              Chinese currency renminbi (otherwise known as yuan) is becoming increasingly popular in South Africa. SWIFT (provider of secure messaging services) found that renminbi usage in South African payments has increased by 65 percent over the last 12 months, and 112 percent in the last two years.

              “South Africa has experienced a major shift in renminbi growth over the last two years, strengthening the country’s trade relations with China and Hong Kong,” says Harry Newman, Head of Banking, SWIFT.

              Is renminbi rising across the continent ? We take a look :

              Angola

              In August 2015, China and Angola signed an agreement allowing reciprocity in the use of the currencies in both countries. Yuan is now Angola’s second legal tender.

              Nigeria

              The Nigerian central bank has 10 percent of its foreign reserves in the Chinese currency. In April this year, Nigeria and China reached a currency swap agreement. “It means that the renminbi (yuan) is free to flow among different banks in Nigeria, and the renminbi has been included in the foreign exchange reserves of Nigeria,” Lin Songtian, Director General of the African Affairs Department of China’s foreign ministry said.

              Tanzania

              The East African country has invested parts of its reserves in renminbi, joining Nigeria and Angola in pioneering the move into ‘dim sum bonds’.

              Zimbabwe

              In January this year, Zimbabwe adopted renminbi as legal tender. According to Finance Minister Patrick Chinamasa, use of yuan “will be a function of trade between China and Zimbabwe and acceptability with customers in Zimbabwe”.

              Ghana

              The West African country has also integrated renminbi into its financial market. The country allowed its banks to quote yuan rates and sell the Chinese currency in 2014.

              Mauritius

              In 2011, HSBC Mauritius began offering customers the option to open bank accounts in renminbi. Since then, the country has seen a growing demand for the Chinese currency.

              Zambia

              In 2011, the Lusaka branch of the Bank of China became the first in Africa to offer yuan banking services. Last year, The People’s Bank of China signed a memorandum of understanding on yuan clearing with Zambia’s central banks.

              Kenya Kenya hosts a clearinghouse that enables investors and traders to conduct transactions between Kenyan shilling and yuan, without going through the US dollar first. In 2016, Kenya’s CFC Stanbic Bank became the first bank in the country to use renminbi at its branches.

              Source : http://www.africanbusinessreview.co.za/finance/2534/The-rise-of-renminbi-yuan-across-Africa


            • jaja jaja 29 novembre 13:40

              @Renaud Bouchard

              Les impérialistes qui entendent se partager le Monde ne sont pas meilleurs les uns que les autres...
              Pour les pays dominés jouer les uns contre les autres se révèlera toujours comme étant un jeu de dupes !


            • Christian Labrune Christian Labrune 29 novembre 12:48

              @Renaud Bouchard

              Votre article et les faits qui l’inspirent me font penser au verset X,16 de l’Ecclésiaste :

              « Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin ! »


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 novembre 13:18

                @Christian Labrune

                Bonjour et merci pour ce rappel auquel celui-ci fait écho :

                17" Heureux toi, pays dont le roi est de race illustre, et dont les princes mangent au temps convenable, pour soutenir leurs forces, et non pour se livrer à la boisson !"

                Ecclésiaste 10.17 (Louis Segond 1910)

                Bien à vous, Renaud Bouchard


              • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 29 novembre 13:27

                À l’auteur :
                « Confrontés à cette bombe démographique à retardement, comme l’explique le président de l’UA Alpha Condé, il faut effectivement que les chefs d’Etat prennent leur responsabilité et trouvent enfin des solutions pour l’emploi, l’éducation, la couverture sociale et médicale, la sécurité, l’avenir exempt de conflits que chaque citoyen africain est en droit de revendiquer. »


                Et quid de la Sécurité Alimentaire et de la grande pauvreté des agriculteurs de produits vivriers première source alimentaire ?...

                1)
                Sécurité Alimentaire, Commercialisation des Produits Vivriers dans les PVD : La question qui ne se posa jamais !
                http://www.sincerites.org/2014/03/securite-alimentaire-commercialisation-des-produits-vivriers-dans-les-pvd-la-question-qui-ne-se-posa-jamais.html 
                2)

                Commercialisation des produits vivriers : LE Grand Secret (de Polichinelle ?) !
                http://www.sincerites.org/article-commercialisation-des-produits-vivriers-le-grand-secret-de-polichinelle-67741582.html
                3)
                Les produits vivriers doivent devenir des produits de rente !
                http://www.sincerites.org/article-les-produits-vivriers-doivent-devenir-des-produits-de-rente-39291626.html
                4)
                Théorie de la Sécurité Alimentaire Restreinte & Générale.
                http://www.sincerites.org/article-theorie-de-la-securite-alimentaire-restreinte-generale-85313643.html

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