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La résistance iranienne s’organise

Depuis le week-end du 15 novembre, de nouvelles secousses déstabilisent la république islamique d’Iran. Le peuple ne quitte plus la rue, brûle les symboles de l’oligarchie des mollahs et semble déterminé à mener le combat jusqu’à la chute de la théocratie. D’autant que le combat ne concerne pas seulement la capitale mais toutes les provinces du pays. Partout, le message est le même et il est clair : dehors les mollahs !

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Depuis l’instauration de la république islamique au lendemain de la chute du Shah en 1979, la résistance n’a cessé de parfaire son organisation. Dès 1981, toutes les minorités et tous les opposants au nouveau régime se réunissaient sous la bannière du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI). Depuis le camp d’Achraf en Irak, cette résistance a poursuivi son travail de sape des années durant. Après l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, les Etats-Unis offre ce pays sur un plateau d’argent au régime des mollahs, et en se retirant d’Irak, laissent le camp d’Achraf - qu’ils ont désarmé- libre aux milices chiites sous les ordres du pouvoir iranien, entrainant des massacres dans les rangs des opposants.

Au pays, les résistants iraniens sont engagés sur le terrain, fournissent des informations capitales et parviennent à faire déjouer certains plans des pasdarans. A l’extérieur, le CNRI alerte l’opinion publique et noue des relations diplomatiques et stratégiques.

En bref, il aura fallu des années de construction, d’organisation et d’informations pour enfin parvenir à ce que le monde regarde la réalité du pouvoir iranien en face ; une dictature sanguinaire régnant par la terreur mais affaibli et isolé au sein de son peuple. Les droits les plus fondamentaux ne sont pas respectés. Les opposants politiques de tous bords sont embastillés, torturés et même exécutés. Pendant des années, le régime, a toujours répondu à son peuple avec les mêmes outils : la répression violente et la propagande. Une propagande qui a commencé à se fissurer en août 2016, lors des révélations liées au massacre de l’été 1988, commandée par le guide suprême lui-même, quand plus de 30 000 opposants politiques emprisonnés ont été purement et simplement exécutés pour leur opinion politique dont mon frère.

A compter de ce moment et des aveux fiers et cyniques de certains membres du gouvernement et même d’un candidat sérieux aux élections présidentielles de 2017, les consciences se sont éveillées partout. A l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Alors ce que disaient les Moudjahidines du peuple depuis des années était donc vrai ! Il ne reste donc plus qu’une seule option ; chasser les mollahs du pouvoir et écrire ensemble une nouvelle constitution. Un travail d’ores et déjà bien avancé au sein du CNRI, instance exilée comportant 500 élus provenant de toutes les minorités ethniques et religieuses du pays. Politiquement, la résistance est prête.

Au pays, la résistance s’est encore mieux organisée. On compte aujourd’hui des unités de résistance dans toutes les villes. Formées par les Moudjahidines du peuple, rompus à l’exercice depuis la naissance du mouvement dans les années 60, ces unités de résistance s’attaquent directement aux symboles du pouvoir des mollahs. Les grandes affiches à l’effigie du guide suprême brûlent partout. Ce pendant que les manifestants affichent clandestinement sur les murs et les lieux publics des photos de Maryam Radjavi, présidente élues du CNRI ou d’autres héros ou martyres locaux ou nationaux de la résistance.

Malheureusement, le régime iranien se retranche dans sa torpeur. La propagande n’a plus d’effet à l’intérieur des frontières iraniennes. Elle ne séduit plus non plus en Irak, au Liban ou en Syrie. Il ne reste que les armes pour tenter de stopper l’inéluctable. Et l’état l’emploie contre son peuple, comme il l’avait déjà fait un jour de juin 1981. Mais malgré la violence déployée, malgré les tirs à balles réelles, malgré les 1000 morts et plus de 4 000 blessés depuis le début des dernières secousses, malgré les plus de 12 000 arrestations arbitraires, malgré les rafles, malgré la haine ordinaire distillée par les pasdarans, malgré tout cela, le peuple tient. Parfaitement soutenu par la résistance, totalement déterminé, animé par un objectif clair, il tient. De toute façon, il n’a plus rien à perdre. Il ne peut plus reculer. La seule issue à ce conflit de près de 40 années entre un pouvoir et son peuple tient en un seul mot : démission. Mais pour envisager cette option, il faudrait aux mollahs une qualité qui leur fait cruellement défaut : la sagesse.


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7 réactions à cet article    



    • JC_Lavau JC_Lavau 20 décembre 2019 22:44

      En bref : tu travailles pour USraël.


      • Massada Massada 21 décembre 2019 08:22

        Des informations sur la réalité de la situation en Iran parviennent à traverser le filtre gouvernemental pour décrire le véritable état insurrectionnel dans lequel est plongé le pays.
         

        720 banques ont été incendiées et leurs réserves d’argent parties en fumée. Des milliers de pompes à essence ont brûlé, limitant la fourniture d’essence donc les déplacements. 18 écoles religieuses ont été incendiées en même temps que des milliers de Corans pour marquer le rejet de cet islam par la population. Les opposants ont détruit plusieurs bureaux des services de renseignements pour faire disparaître les dossiers des opposants.
         

        Des officiers rebelles ont tué, dans plus de 200 villes, plusieurs commandants du régime.

         

        L’armée bouge ; en effet une force anti-régime composée d’officiers rebelles a été constituée. La seule défense du régime est la désinformation. C’est pourquoi il limite l’accès à Internet pour désorganiser les communications entre rebelles.

         

        Des miliciens rebelles apportent leur soutien logistique à la lutte armée dans les villes de Sistan-&-Baloutchistan. Les troupes restées encore fidèles sont épuisées physiquement et moralement ; certains éléments envisagent de déserter.
         

        Le peuple iranien se bat avec les mains nues dans le silence complice du monde occidental qui, pour sauvegarder ses intérêts économiques, est prêt à brader l’essence même des droits de l’homme. Où sont les manifestants à Paris qui s’élevaient contre les trois ou quatre morts de Gaza ?
         



        • symbiosis symbiosis 23 décembre 2019 11:23

          @Massada
          Mais comment sais-tu tout ça ? Je croyais que la censure était totale.

          Le peuple iranien se bat avec les mains nues dans le silence complice du monde occidental.


          D’un coté la censure, de l’autre le silence. Tu es dans le secret des dieux, Massada ?


        • V_Parlier V_Parlier 21 décembre 2019 10:00

          Que d’emballement pour un grand bordel de plus... A chaque fois qu’il y a eu une « révolution » en Iran ça a été encore pire après. Donc là attendez vous à du costaud si ça réussi, votre truc.


          • Ouallonsnous ? 22 décembre 2019 11:00

            @V_Parlier

            Si ca réusit ? Parce que jusqu’a présent il est basé sur les images et le « bashing » anti pays non alignés sur USRael !


          • ETTORE ETTORE 21 décembre 2019 17:32

            Vont sûrement réécrire un nouveau coran....

            On les sent tellement pleins d’inspiration et de bienfaisance....et d’ouverture d’esprit

            que les pays limitrophes, devraient déjà proposer des villégiatures....à fortes valeurs spirituelles !

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