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Le cauchemar étasunien, partie 5 : la ségrégation moderne

Le « melting pot  » fait partie des éléments du rêve étasunien qui nous ont été vendus. Mais le communautarisme ne semble vraiment pas mener à une fusion dans un pot commun. Au contraire, il produit des frontières de plus en plus étanches entre les communautés, au point de sembler recréer une forme de ségrégation à peine moins dure que quand elle était légale…

 
De la condition des noirs au 21ème siècle
 
Là encore, les quelques stars ou même le président sortant sont les arbres qui cachent la forêt. Et à ceux qui objecteraient que la France serait pire, on rappellera qu’alors que la ségrégation était encore légale aux Etats-Unis, le deuxième personnage de l’Etat en France, Gaston Monnerville, était noir. Là encore, les statistiques, effarantes, décrivent un pays fracturé où la condition des hommes noirs est incroyablement différente des autres étasuniens. Quand le taux d’homicide des non-noirs tourne autour de 4 pour 100 000 dans les grandes villes, ce chiffre est 10 fois plus important pour les noirs, qui représentent plus de 50% de victimes pour à peine plus de 10% de la population.
 
 
Parce qu’ils représentent 40% de la population carcérale, cela signifie que 2 à 3% des adultes noirs sont en prison à tout moment. Le Monde évoquait une statistique effarante : 60% des hommes noirs sans diplôme passent par la prison à un moment de leur vie  ! Le Figaro évoquait aussi le fait que les erreurs judiciaires concernent en majorité des personnes noires. Il est également assez incroyable de constater que le taux de mortalité infantile des petits enfants noirs est à la fois plus de deux fois supérieur à celui des enfants blancs et que pourtant, il progresse, indiquant que les Etats-Unis, c’est aussi le pays où le progrès n’est pas automatique et où il est possible de revenir en arrière…
 
 
Dans un autre papier, The Economist décrit un système éducatif où les races sont « séparées et inégales  ». Alors que les droits civils avaient permis une hausse de la mixité, avec plus de 40% des élèves noires dans des écoles où les blancs sont majoritaires, ce chiffre est tombé aujourd’hui à 20%. 80% des enfants noirs grandissent dans des écoles où ils sont majoritaires ! Dans un autre papier d’il y a un an, il montrait que les noirs sont les laisser-pour-compte de la reprise du marché immobilier, la valeur de leur maison continuant à baisser depuis dix ans. Les Etats-Unis sont un pays où chaque communauté vit de plus en plus isolément, refusant de se mélanger aux autres, et cela, les noirs le paient cher.
 
 
Bref, le bilan du pays qui a mis en place quelques quotas et se vante de respecter les modes de vie de ses différentes communautés est absolument désastreux si on se penche sur la condition des noirs. L’écart qui sépare certaines communautés semble s’aggraver fortement et durablement, faisant de la grande majorité des noirs des citoyens de seconde zone, sans le moindre espoir de progrès pour une grande majorité, de plus en plus cloîtrés dans des zones qui leur sont devenues réservées. Cela amène à se demander si le communautarisme n’est pas une forme de racisme, par le renvoi permanent à sa différence, qui n’en fait pas un égal et rend difficile la construction d’un commun partagé.
 
Voilà pourquoi j’ai toujours été opposé à cette discrimination dite positive, qui est surtout une discrimination, une mise en avant de la différence, de facto considérée comme inférieure, et dont on voit bien aux Etats-Unis que son bilan est désastreux. Nous devons absolument défendre notre modèle républicain, finalement bien plus universaliste, égalitaire, généreux et ouvert que le communautarisme anglo-saxon. Bien sûr, notre modèle impose une forme d’arrachement, comme le décrit Malika Sorel, et une adoption sans réserve de nos principes de société, mais c’est cette voie qui permet une vraie assimilation. C’est cette voie qui rend le port de la burka, du burkini, voire du voile, inacceptable.
 
 
Ces faits montrent que la condition des noirs aux Etats-Unis est effrayante. Si son modèle économique accentue sans doute le phénomène, le communautarisme à l’œuvre semble en accentuer tous les travers. Derrière quelques stars, encore une fois, le rêve étasunien n’est qu’un rêve distant et inatteignable pour plus de 90% des noirs, qui deviennent les intouchables de cette société.

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10 réactions à cet article    


  • Cateaufoncel 28 octobre 09:23

    « ...les noirs, qui représentent plus de 50% de victimes pour à peine plus de 10% de la population. »

    On trouve, sur le web, des chiffres du FBI pour 2012. Ils montrent, entre autres, que 91 % des victimes noires ont été tuées par d’autres Noirs.


    • Alren Alren 28 octobre 13:01

      @Cateaufoncel

      Un cercle vicieux s’installe dès qu’un groupe identifiable au faciès, c’est la cas des Noirs étatsuniens, est victime d’exclusion par le groupe dominant. Cela commence par un taux de chômage élevé qui dissuade les jeunes garçons voyant leur père, leur aînés sans emploi ou occupant des emplois systématiquement subalternes et mal payés, de compter sur l’école pour acquérir une place honorable dans la société.

      Faute de qualifications, ils n’ont pas d’emplois et donc de ressources à l’âge adulte et sont amenés pour survivre dans une société indifférente et culpabilisatrice, à recourir aux trafics, à la violence.

      Pour oublier cette misère de vie, beaucoup de ces ostracisés ont recours à la drogue. Et l’un des trafics les plus profitables est alors de vendre de la drogue à l’intérieur de la communauté.

      Le profit facile amène à la concurrence entre les gangs qui tentent de s’accaparer le marché. La vente d’armes quasiment libre aux USA facilite les règlements de comptes d’où un taux d’homicides communautaires élevés.


    • foufouille foufouille 28 octobre 13:24

      @Alren
      ton raisonnement fonctionne aussi pour 1900 en france ?
      les sans dents devaient donc cramés des bagnoles et faire du trafic .........
      les machettes sont en vente libre comme certaines armes à feu.


    • foufouille foufouille 28 octobre 13:36

      @Cateaufoncel
      tu remarqueras que les blancs se tue entre eux également en grande partie.


    • Cateaufoncel 28 octobre 16:13

      @foufouille

      Ce qui démontre qu’il n’y a pas de chasse aux Noirs, et que l’on tue des gens que l’on connaît, que l’on fréquente ou que l’on côtoie, pour des motifs liés à cette proximité


    • foufouille foufouille 28 octobre 18:33

      @Cateaufoncel
      ce n’est pas possible d’après la réponse de alren.


    • Cateaufoncel 28 octobre 22:57

      @foufouille

      « ce n’est pas possible d’après la réponse de alren. »

      En tant qu’extrémiste de gauche,il tourne avec un petit nombre de schémas standards qu’il applique à toutes les situations.

      Ainsi nous parle-t-il d’exclusion à propos d’une communauté dont l’un des membres à été élu, et réélu, président des Etats-Unis.


    • foufouille foufouille 28 octobre 10:19

      "Il est également assez incroyable de constater que le taux de mortalité infantile des petits enfants noirs est à la fois plus de deux fois supérieur à celui des enfants blancs et que pourtant, il progresse, indiquant que les Etats-Unis, c’est aussi le pays où le progrès n’est pas automatique et où il est possible de revenir en arrière…« 

        » black infant mortality in America stopped falling in around 2012. The paper found that if black babies had died at the same rate as white ones, in 2015 nearly 4,000 infant deaths would have been averted.The main explanation for the racial gap is that black babies are much more likely than white ones to be born prematurely."
      le pourquoi est expliqué dans ton lien.

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