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Parasites fiscaux, déserteurs, vol légal : bien nommer le mal pour mieux le combattre

Les nouvelles révélations sur les pratiiques fiscales détestables des multinationales et des plus riches ont soulevé une nouvelle vague d’indignation. Mais quelle déception de constater qu’après toutes ces années, ceux qui dénoncent ces pratiques continuent à mal les nommer, apportant de l’eau au moulin de ceux qui justifient ce qui revient à un vol légal. Encore un effort !

 

Le choix des mots n’est pas neutre
 
Cela fait plus de six ans que je me bats pour essayer de populariser les termes de « parasite fiscal  » ou de « désertion fiscale  ». Mais il faut bien reconnaître que ce combat n’a pas été couronné de succès. Certes, j’ai pu constater que Joseph Stiglitz employait il y a un an le terme de « parasite  » et proposait de mettre en « quarantaine  » ces trous noirs, mais en France, les termes de « paradis fiscal  », « d’évasion fiscale », ou, pire, « d’optimisation fiscale  » restent ceux qui sont employés dans la sphère publique, y compris de la part des journalistes d’investiguation qui dénoncent ces pratiques ! Pourtant, ces termes ne sont pas anodins et contribuent à cadrer le débat de la pire des manières.
 
Au risque de me répéter, parler de « paradis fiscal  », c’est implicitement véhiculer l’idée que l’alternative est, par nature, « un enfer fiscal  », rejoignant le discours anti-Etat et anti-impôts des ultralibéraux. Ce faisant, ce terme projette l’idée que le mal, ce serait davantage la France, l’Allemagne ou les Etats-Unis que l’Irlande, le Luxembourg ou les îles Caïmans. Le terme « d’évasion fiscale  » n’est pas plus neutre quand on considère que l’on s’évade notamment des prisons. A nouveau, ceux qui ont recours à ces pratiques sont présentés comme des personnes qui échapperaient à la prison fiscale que représenteraient des pays comme le nôtre, quand le Luxembourg ou l’île de Man représenteraient la liberté…
 
Voilà pourquoi je persiste à employer des termes qui me semblent mieux refléter la réalité de ces pratiques. L’Irlande ou le Luxembourg sont des parasites fiscaux, des petits pays qui profitent de leur taille et de leur position pour aspirer une part des recettes fiscales des Etats qui les entourent, comme ces parasites qui se nourrissent du sang de leurs hôtes. Ceux qui les utilisent sont des déserteurs, des entreprises ou des particuliers qui refusent d’honorer leurs devoirs. Et parce que tout ceci est malheureusement souvent légal, je pense que le terme de vol légal en capture bien la réalité, car il s’agit bien d’un vol de la ressource des Etats qui les font riches, aussi légales que soient ces pratiques.
 
Il est crucial de bien nommer ces procédés car les termes employés aujourd’hui sont à double tranchant. Certes, ils qualifient des pratiques critiquées, mais leur sens implicite est très ambigu, dénonçant de facto la pression fiscale de nos Etats, comparés à des enfers ou des prisons, alors que cette pression est d’autant plus forte que beaucoup ne payent pas véritablement leur dû. Voilà pourquoi il ne faut surtout pas reprendre ce vocabulaire, qui entretient la propagande des ultralibéraux et qualifie bien mollement ces procédés détestables. Et si l’absence de progrès sur ces questions depuis près de dix ans était aussi le signe que quelque chose ne va pas dans le choix des mots pour les dénoncer ?
 

 

Aussi, je lance un appel à tous ceux qui sont révoltés par ces pratiques qui appauvrissent les pauvres et enrichissent les plus riches. Il est essentiel d’avoir une discipline féroce pour les dénoncer et refuser d’utiliser les qualificatifs des ultralibéraux. Voilà pourquoi je vous conjure de lutter contre les parasites fiscaux, l’évasion fiscale, et ne pas hésiter à parler de vol légal.

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10 réactions à cet article    


  • Agor&Acri Agor&Acri 5 décembre 10:49

    Oui,

    Basique, simple, simple, basique
    Il faut donner les bases
    pour combattre le mal et le mal-dit
    avec les justes mots qui révèlent les maudits...parasites
     smiley

    • bob14 bob14 5 décembre 11:05

      Les démocraties-mafieuses veulent le beurre et l’argent du beurre... !


      • rugueux 5 décembre 11:30

        Plutôt que jeune gaulliste il me semble que l’auteur ait tout du jeune gogol...

        Evidemment que s’il y a évasion fiscale c’est qu’il y a des prisons fiscales, et s’il existe des paradis fiscaux c’est que bien des pays, à commencer par la France sont des enfers fiscaux...Je rappelle que les prélèvements obligatoires y atteignent 57% du PIB...tout ça pour un « service public » en décrépitude, des hôpitaux au bord du collapsus, une armée à bout de souffle et de moyens, une école en ruine...un service de la dette insoutenable et le trou qui chaque année est plus profond...et bien sur aucun politique n’est responsable de rien...

        On ne gouverne pas un pays comme l’on gère une entreprise ou comme l’on dispose de son budget familial, mais les bonnes recettes et le bon sens sont universels...Quand une entreprise se trouve confronter à des difficultés financières, elle commence par réduire ses charges et un ménage fait de même. C’est désagréable mais c’est du bon sens, un patron en difficulté ne va pas choisir comme solution d’augmenter ses prix, sauf s’il est patron de la SNCF ou de la sécu, et un ménage va se passer de vacances ou du dernier écran plat plutôt que de réclamer une augmentation...

        Pourquoi nos politiques et nos jeunes mongols comme l’auteur réclament-ils toujours plus de recettes, toujours plus d’enfer fiscal sans jamais demander l’évidence, à savoir une baisse des dépenses et leur rationalisation..Je précise que rationaliser tient de « ratio » raison en latin et non pas de rationner au sens alimentaire..


        • Alren Alren 5 décembre 15:00

          @rugueux

          Pour maximiser le taux des prélèvements obligatoires et faire réagir négativement le Français moyen inculte en matière d’économie, avaleur béats de la propagande télévisée d’un Langlet, on inclut évidemment les dépenses de sécurité sociale.

          Demandez aux gens simple M. rugueux (!) s’ils sont prêts à renoncer à la couverture que propose l’assurance maladie et les indemnités de chômage comme aux USA !

          L’État, à la différence des banques privées contrôlées par les gros rentiers, vrais parasites sociaux, n’a pas pour but de s’enrichir sur le dos des citoyens. Il restitue l’argent engrangé sous forme de biens et service à la disposition de tous.

          Si l’impôt direct, le plus juste des impôts et les impôts indirects, les plus injustes, sont si importants, c’est qu’il faut rembourser la dette auprès des banques privées depuis 1973 et l’interdiction faite à la Banque de France par la loi Pompidou-Giscard de prêter directement à l’État.


        • Drugar 6 décembre 11:14

          @rugueux
          Oui, le fameux enfer fiscal de la France avec son cortège de réduction de cotisations ou d’aide ( CICE, réduction Fillon, ...) aux pauvres PME en perdition telles qu’Amazon, qui s’empresse de planquer leur pognon dans les parasites fiscaux, aider en cela par l’article 63 du TFUE, provoquant des scandales tels que les LuxLeaks, empêchant une rentrée fiscal nécessaire au bon fonctionnement des services publiques.


          Commentaire sans queue ni tête de la part d’un inculte qui ne sait même pas que les mongols sont les habitant de la Mongolie  : allez donc dire en face à Gengis khan qu’il est un imbécile, vous serez bien reçu.

        • zygzornifle zygzornifle 5 décembre 12:50

          Ne vole pas l’état ne supporte pas la concurrence ......


          • zygzornifle zygzornifle 5 décembre 13:02

            Notre président qui a usé ses pantalons dans le nid de crotales de chez Rothschild doit être au courant de tout et de bien plus encore et en a certainement largement bénéficié , je vois mal un requin de la finance au dents bien blanches n’avoir pas un bon pactole planqué et intraçable , il a certainement participé a cette évasion fiscale lui qui a bouffé un SMIC par jour pendant 3 ans pour vider ses comptes en France avant d’aller couiner chez Hollande ,peu avant Sarkozy a l’époque ou il était avocat d’affaires amenait sa clientèle fortunée ouvrir des comptes a l’étranger , c’est passé comme une lettre a la poste , aucun opposant politique ni média n’a jamais porté le pet comme quoi ils se couvrent bien tous les uns les autres , leur devise : copains comme cochons .....


            • francois 5 décembre 16:25

              la France un enfer fiscal ? la propagande medef ultralib marche à fond. 


              • rugueux 6 décembre 12:12

                @alren
                J’ai bien parlé de prélèvements obligatoires pas d’IR...et je remarque que vous ne contestez pas ce taux exorbitant.

                J’ai travaillé dans des pays où la couverture maladie est du ressort du privé, cela marche tout aussi bien que la SS et ça coûte un peu moins cher à service identique, les suisses sont aussi bien, sinon mieux soignés que les français. mais je ne suis pas un fanatique du secteur privé et loin de moi l’idée d’abandonner la SS, je souhaiterais qu’elle fonctionne mieux tout simplement.

                Je ne sais pas si je suis inculte en matière d’économie mais vous vous êtes d’une naïveté qui confine à la bêtise en colportant cette ineptie complotiste sur Pompidou, Rothschild, la finance internationale etc..etc...Lâchez-vous pour de bon et ajoutez-y la finance internationale apatride et cosmopolite...le tableau sera complet, ne soyez pas honteux de vos convictions !

                Plus techniquement si la banque de France prête en faisant marcher la planche à billet la monnaie nationale se déprécie d’autant, ce qui était possible avec le franc ne l’est plus avec l’euro...et une dépréciation de x% ça ressemble très fort aux intérêts payés sur un emprunt à x%....Si vous n’en êtes pas convaincu merci de bien vouloir m’expliquer la différence...


                • Le421 Le421 6 décembre 15:20

                  François Lenglet a trouvé que faire la chasse aux fraudeurs fiscaux, c’était créer un impôt supplémentaire.
                  Chapeau l’artiste !!
                  Voir l’émission politique avec Mélenchon.

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