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Accueil du site > Actualités > Politique > Ce que nous apprend l’affaire Fillon

Ce que nous apprend l’affaire Fillon

Tout est légal récitent en chœur les parlementaires et les partis ! Une enveloppe financière destinée à payer les collaborateurs des députés et sénateurs est mis à la disposition de ceux-ci charge à eux de donner les noms de ces collaborateurs afin qu’ils soient payés par les services des assemblées.

Pour le reste, la nature du travail, les conditions et le lieu d’exercice des missions confiées relèvent de la discrétion du parlementaire qui signe le contrat de travail.

Tout va pour le mieux, donc

Jusque-là tout va bien effectivement sauf que l’on découvre que le système permet la création de véritables petites entreprise familiales, ce qui n’est pas interdit, mais qui sur le plan moral pose tout de même problème.

On découvre également dans l’affaire Fillon un très gros soupçon de travail fictif puisque l’intéressé elle-même (son épouse) déclare qu’elle n’a jamais été l’assistante de son député de mari (autrement dit nous serions dans un cas de détournement de fonds publics).

Juridiquement, c’est permis, encore faut-il préciser que ce sont en l’occurrence les parlementaires eux-mêmes qui votent les lois et les règlements qui leur permettent, au travers des mandats qu’ils détiennent du suffrage universel, de se livrer à ces acrobaties qu’ils sont les premiers à dénoncer lorsqu’ils parlent des pseudos errements des bénéficiaires de l’aide sociale publique et pour des sommes et des durées bien moindres.

Et ces bonnes âmes de brandir l’argument de la séparation des pouvoirs pour refuser toute intervention du pouvoir judiciaire dans ces montages que dans le privé l’on qualifierait sans doute d’abus de bien social : c’est légal, enfoncez-vous bien ça dans le crâne et circulez, il n’y a rien à voir.

On baigne dans la légalité

Parlons également du régime de retraite très spécial des parlementaires qui leur permet de toucher l’équivalent d’un SMIC après un seul mandat de six ans. Les smicards apprécieront.

Parlons aussi de l’indemnité représentative de frais qui s’ajoute à l’indemnité de parlementaire et de l’enveloppe pour les collaborateurs et qui a pu servir (ou sert encore) à rembourser les emprunts contractés par le parlementaire pour l’achat d’une permanence dans la circonscription et permet donc à terme la constitution d’un patrimoine privé avec de l’argent du contribuable.

Citons également une pratique bien répandue par le passé, (et qui touche à sa fin par la mise en place du non cumul de certains mandats) qui consistait à faire rémunérer par les impôts locaux des postes d’assistants ou collaborateurs qui géraient de fait le lien entre le conseil général ou la Mairie et le Parlement et qui s’ajoutaient aux collaborateurs parlementaires. On comprend pourquoi les réformes visant à supprimer une ou plusieurs couches du mille-feuille territorial n’a pas beaucoup d’écho auprès des députés et sénateurs.

Légal également, la mise en place d’un homme de paille à la Mairie de Nice destiné à contourner les textes concernant le non-cumul des mandats de M. Estrosi entre la ville et la présidence de la Région.

Légale enfin l’immunité parlementaire (qui ne peut être levée que par les bureaux des assemblées) et qui permet à certains parlementaires de continuer à siéger des années (et de se faire réélire) bien qu’ils soient mis en examen. Sur ce point on peut tout de même reconnaître qu’un mis en examen est présumé innocent mais pour le moins le parlementaire dans ce cas devrait céder son poste à son suppléant jusqu’au jugement définitif. Cela permettrait sans doute de limiter les procédures destinées à freiner la justice et éviterait les cas Balkany ou encore Dassault, ce dernier venant d’être lourdement condamné en première instance.

Saluons tout de même la mise en place du parquet financier qui a permis de juger rapidement l’affaire Cahuzac du non de ce ministre des finances, fraudeur fiscal (un comble) et citons la fameuse « phobie administrative » de M. Thévenoud, député socialiste.

Les dérives du système

Tout est légal, donc, mais on se rend compte que le statut particulier des élus pose tout de même question par rapport au droit commun applicable aux citoyens.

Ce statut, très avantageux, emporte le non renouvellement de la classe politique puisque le nombre des mandats de parlementaires n’est pas limité dans le temps. Ainsi, voit-on des élus qui n’ont aucune connaissance de la vie vécue par leurs concitoyens et qui trouvent logique leur statut privilégié.

Comment voter des lois qui s’appliquent aux autres lorsque soi-même on est à part ?

La durée de vie politique qui ne s’arrête pas à l’âge de 62 ans emporte également une très grande perméabilité aux souhaits et parfois exigences des lobbies qui assiègent les assemblées, contre l’intérêt général. Il n’est pas rare que des amendements préparés par le Medef, les institutions bancaires, les fabricants de cigarettes, les alcooliers, les chasseurs ou les professions médicales soient lus in extenso dans les hémicycles et dénaturent au final l’esprit des projets de lois.

Il est donc clair que la non limitation des mandats dans le temps a un impact certain sur la production parlementaire. Un plus grand renouvellement des assemblées limiterait de fait cette mainmise des lobbies sur le contenu des lois votées.

S’agissant de la vie démocratique, la non limitation du nombre de mandats a également des effets néfastes puisqu’elle se traduit par des promesses de campagne démagogiques destinées simplement à se faire élire. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

L’affaire Fillon est révélatrice mais c’est également une catastrophe pour le système

Même les candidats « hors système » s’insèreront un jour ou l’autre dans ce système et ses dérives. La pratique des « assistants parlementaires » payés par une institution mais n’effectuant pas leur missions au sein des assemblées qui les rémunèrent (par exemple les assistants du FN payés par le Parlement européen) montre bien qu’il est difficile de ne pas mettre les doigts dans le pot de confiture.

Aujourd’hui, on commence, dans le parti de M. Fillon, à parler d’accident industriel, d’élimination dès le premier tour. Les électeurs sont sidérés par cet homme réputé droit, gaulliste et catholique, comme il l’affirme lui-même, sombrer en s’abritant derrière des arguments de défense « légaux » alors que les électeurs ne parlent que de morale bafouée.

L’accident industriel, ce sont également les députés LR qui se voyaient déjà emportés jusqu’à l’Assemblée par une vague de droite et qui commencent à s’inquiéter pour leur rente.

Enfin, à qui profite l’affaire ? Sur ce point nous sommes déjà certains que le FN qui surfe sur le « tous pourris » engrangera des dividendes et que le petit nouveau Macron, ni de gauche ni de droite, si beau, si jeune, au charisme certain dans les meetings mais au programme vide attirera également des déçus de Fillon.

Pas sûr que la démocratie sorte grandie de cet épisode putride. Un jour, sans doute, nous nous reprocherons à nous même d’avoir laissé faire, d’avoir fait trop confiance à une classe politique hors sol et d’avoir confondu politique et téléréalité.

 


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109 réactions à cet article    



    • Harry Stotte Harry Stotte 3 février 10:45

      @bartneski

      Ce spot, c’est vraiment de la merde. Surtout pour ceux qui, comme nous, n’appartiennent pas à la moitié de l’humanité en question.


      D’une part, ce spot ne nous fourni aucune indication sur les huit heureux proprios. Publier huit noms, ça n’est pas la mer à boire, et ça s’appelle une information.


      D’autre part, s’ils ne sont que huit, et les autres, en face, les traîne-savates, sont 3 milliards 750 millions, c’est à qui de se sortir les pouces du cul ? C’est du 468 millions 750 mille contre 1 ! Il peut répondre à ma question, le pitbull de la gauche qui aboie ?

    • Dudule 3 février 14:50

      @Harry Stotte

      Et donc, tout va bien. On peut continuer comme avant, c’est ça ?


    • gogoRat gogoRat 5 février 19:15

      @Dudule

       Bonne question ,enfin ! continuer comme ça ?
       
      Mais alors, pourquoi ne pas pousser un chouia la question, à résoudre, des statuts ?
       

      • "Ce statut, très avantageux, [...] Ainsi, voit-on des [statutaires] qui n’ont aucune connaissance de la vie vécue par leurs concitoyens et qui trouvent logique leur statut privilégié.
        Comment
        [cautionner] des lois qui s’appliquent aux autres lorsque soi-même on est à part ?"

    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 3 février 09:35

      « une catastrophe pour le système »


      en tous cas, un coup porté à ce système mafieux en habit de soie.

      la France profonde a toujours connu l’existence des « crédits » non soumis à un quelconque contrôle, et le « système » en question, qui n’est rien d’autre que du clientélisme dure parceque beaucoup attendent du candidat pour lequel ils votent réellement (et qui n’est pas forcément ce qu’ils affichent), quelques retombées, des miettes, mais qui suffisent à les faire baver comme les chiens de meute à la curée. Les réflexes déodaux n’ont pas disparu : on soutien le hobereau qui vous fait la charité.

      Ce qui choque ces Français là, c’est de découvrir qu’en fait, ces gros cochons déjà bien gras gardent pour eux les quelques glands destinés à arroser les lèche-culs (et ils sont nombreux !).

      ça les fâche.

      • petit gibus 3 février 09:52

        « à qui profite l’affaire »

        Peut être aux Français qui commencent à réagir
        d’une façon un tout petit peu plus saine
        Qui sait ? smiley


      • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 11:55

        @Jeussey de Sourcesûre
        Un système clientélisme effectivement dans lequel les votes au profit des cumulards s’arrachent au comice agricole, à la fête de la centenaire de la maison de retraite, à l’inauguration du rond point ou bien encore au banquet des chasseurs : tout le contraire d’une vraie démocratie.



      • baldis30 3 février 12:17

        @Jeussey de Sourcesûre
        bonjour,

         l’une des façons de fournir des glands pour pas cher ce sont les décorations ....


      • Alice Alice 3 février 14:55

        @Jeussey de Sourcesûre
         

        J’ai lu quelque part qu’un député avait de le droit de faire ce qu’il veut de sa réserve parlementaire, il n’y a ni obligation, ni contrôle.

         

        Si c’est vrai (je vous demande confirmation) il peut la garder pour lui seul et ne rémunérer personne que ce soit sa famille ou autres.


      • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 3 février 15:56

        @Alice

        Sur le site de l’assemblée nationale, au chapitre « réserve parlementaire », on peut lire :

        « Claude Bartolone a souhaité mettre fin à l’opacité totale de ce dispositif en faisant en sorte que la réserve parlementaire réponde à des règles d’équité et de transparence. C’est ainsi, pour la première fois, qu’a été mis en ligne à la fin du mois de janvier 2014 le tableau retraçant l’utilisation de la réserve parlementaire en 2013. »

        Ce texte officiel montre :

        1. Que ce n’était pas le cas avant.

        2. Que l’opacité est devenue « partielle » ?

        La suite mentionne : « Apparaissent sur ce site le nom du bénéficiaire – l’association ou la collectivité locale – et son adresse postale ; le montant et la nature de la subvention ; le député ou le groupe politique étant intervenu ; et enfin le programme et l’action budgétaire sur lesquels la subvention a été créditée en loi de finances. »

        J’ai cherché, j’ai pas trouvé. Un site bien conçu aurait fourni un lien, non ?


      • JL JL 3 février 09:53

        Quelqu’un demandait pourquoi il faudrait changer de république !

         
         La réponse est là, sous nos yeux.
         
         La démocratie suppose l’honnêteté, la probité, la vertu. A défaut, il nous faut des gardes fous.
         
         Dans les rues il y a des milliers de caméras de surveillance ? Il faut un gendarme derrière chaque élu. Et moins d’élus. Beaucoup moins. 
         
         

        • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 11:59

          @JL
          Le gendarme, c’est nous ! Il nous faut interpeler sans cesse les élus sur leurs pratiques et ne pas hésiter à en parler autour de nous. Par exemple, lors des législatives, n’hésitons pas à interpeler les candidats dans les réunions publiques pour leur demander ce qu’ils comptent faire pour éviter que le cas Fillon se reproduise.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 février 12:04

          @JL
          La classe politique française, comme dans tous les pays européens, est tenue par l’oligarchie financière qui dirige l’ Europe.
          Comme vous voulez y rester, je ne vois pas ce qui changerait ??


        • baldis30 3 février 12:21

          @JL
          bonjour,

          là où Montesquieu était incomplet c’est lorsqu’il disait que la République repose sur la vertu des citoyens....

          Il oublia qu’il existe aujourd’hui des citoyens hors classe lesquels pour la vertu est une denrée ramenée à une taille inférieure ..... ! la petite vertu, dont on sait qu’elle se termine le plus souvent par la vérole !


        • Armelle Armelle 3 février 13:50

          @JL
          Oui mais la nature humaine fait qu’il faudra un gendarme derrière le gendarme !!!
          S’l y a des choses à supposer il en est une que je ne suppose plus, elle est une certitude ;
          Tous ces gens ont des « dossiers » sur lui ou elle et sur l’autre, c’est peut être même leur 1er boulot quand ils débarquent, d’où la convoitise du ministère de l’intérieur !!!
          Et quand l’enjeu est d’une grande importance comme celui qui viendra ensoleiller le mois de mai pour une partie des Français, et bien les cafards sortent du trou...
          Les fillon, Cahuzac, Thévenou, Sarkosy et les autres ne sont que l’arbre qui cache la forêt, et la forêt est grande...
          Avant la constitution, c’est peut être la mentalité humaine qu’il faudrait changer...


        • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 14:23

          @Armelle
          Vaste programme !


        • Armelle Armelle 3 février 15:20

          @Michel DROUET

          En effet vaste programme !!! Mais je reste convaincue que ça ne vient QUE de là. On trouve ces mêmes dérives à toutes les strates de l’administration sous d’autres formes bien sur, on les trouve aussi dans le privé à travers les magouilles opérées dans les grandes voire même petites entreprises !
          Quelle étrangeté de s’en étonner quand ça touche nos énarques gouvernants !!! Parce qu’on voudrait naïvement que ces gens soient intègres en plus ?
          Ils suffit juste d’observer pour s’apercevoir qu’ils le font même au grand jour, sous notre nez ; tenez, prenez le cas du C.E.S.E !!! Une belle institution dont il est facile de prouver qu’elle ne sert strictement à rien, et qu’elle regroupe la bagatelle de 238 membres rémunérés à hauteur de 5500,00 euros compris frais de représentation et le tout pour 2 après midi par mois !!! mais de qui se moque t-on ? Et là ce ne sont QUE les salaires ensuite il y a le fonctionnement car ils ne se réunissent pas dans des bungalows de chantiers !!!
          Et bien sur une partie des membres est nommée par le gouvernement, là où l’on retrouve nos fameux sujets vertueux...Alors facile d’y coller son ami dans une passe difficile où la fille du copain de chasse... le fils de la maîtresse, enfin toute une équipée de sangsues qui peut être seront les 1er à râler contre les chômeurs qui ne cherchent pas de travail.
          Si tout cela ne sent pour personne l’odeur de la guillotine, c’est que vraiment nous sommes descendus bien bas !!!
          Et aucun de ces pantins candidats n’ose évoquer ces dépenses inconsidérées, inutiles et colossales, pas même un Mélanchon le pov communiste à 15000 euros par mois. A côté, le facteur ne paraîtrait même sympathique !!!
          Mais quel théâtre !!!


        • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 15:42

          @Armelle
          Le CESE est une machine à recycler les copains et les perdants du suffrage universel, c’est exact.Il y a également les nominations au tour extérieur au Conseil d’Etat ou à la Cour des Comptes, sans compter les divers organismes ou agences de l’Etat qui sont des refuges en cas d’alternance. Tout cela ne donne pas une image vertueuse de l’Etat qui est une vaste lessiveuse.
          C’est vrai que les grands corps d’Etat (ENA, Polytechnique, Mines,...) participe de ce microcosme parasite et tout cela coûte très cher.
          Avant de supprimer 500 000 fonctionnaires (où exactement ?) on aimerait que les politiques mettent à plat tout ce système de postes réservés, mais comme pour les collectivités territoriales on n’en prend pas le chemin.
          Dernier point : supprimer le Sénat.


        • PiXels PiXels 3 février 20:54

          @Armelle
          .
          .
          Merci de ne pas prendre ce commentaire « spécialement » pour vous.
          .
          Mais comme c’est vous qui me tendez la perche...
          .
          « Avant la constitution, c’est peut être la mentalité humaine qu’il faudrait changer... »
          .
          Ou alors on fait marcher son cerveau et on en déduit forcément que...
          .
          .. vu que la nature (mentalité) humaine est ce qu’elle est et que PERSONNE ne la changera il ne reste qu’UNE solution..... changer la constitution !.
          .
          Mais (toujours si on est pas trop con) on pond une constitution qui tienne compte de la « nature (mentalité) humaine ».
          .
          Et (toujours si...) on comprend que si on laisse faire le boulot aux « politiciens », compte-tenu de la « nature humaine » ....ils vont pas s’empresser d’écrire des lois qui les empêchent de magouiller et qui les envoient en taule quand ils sont pris le doigt dans le pot de confiture.
          .
          Alors, parce que on est pas con du tout, on comprend que...
          .
          ... IL NE FAUT PAS LAISSER ÉCRIRE LA CONSTITUTION (qui a pour objectif de les « contrôler ») PAR CEUX QUI DEVRAIENT LA CRAINDRE (les « politiques »).
          .
           Élémentaire mon cher Watson...is’nt it ?.
          .
          Bon, je vous laisse digérer...après je vous parle du tirage au sort !


        • Xenozoid Xenozoid 3 février 21:15

          @PiXels

          hahaha,rien a ajouter

        • captain beefheart 3 février 22:45

          @Armelle
          On peut proposer un surveillance 24/24,7 jours sur 7 des hommes et femmes politiques,y’aura moins de vocations ! Finalement ce sont ces députés qui loi après loi diminuent nos libertés individuelles,font des contrats avec des entreprises de vidéosurveillance,lois sur le numérique,etc.mais vu la grande délinquance dans cette classe de la société ils devraient exercer leur tâche temporaire de représentant du peuple sous un stricte contrôle de la reste de la société.


        • Abou Antoun Abou Antoun 4 février 11:42

          @JL

          Et moins d’élus. Beaucoup moins. 
          Oui, beaucoup moins (sénat+assemblée nationale+CESE.+ parlement européeen + ++. Avec les frais de fonctionnement, les retraites, les assistants, etc.... Trop c’est trop. Système coûteux et inefficace. Une chambre unique avec 300 élus c’est plus que suffisant. 
           

        • Wakizashi Wakizashi 4 février 13:25

          Même si Armelle n’a pas tort concernant la mentalité humaine, à mon humble avis c’est PiXels qui a le mieux résumé le problème. Connaissant la « nature humaine » (je n’aime pas trop ce terme, mais il a le mérite d’être compréhensible par tout le monde), un système institutionnel basé sur la vertu ne peut pas tenir la route.

          Un système institutionnel, pour être crédible, doit au contraire être basé sur l’idée centrale de protection contre les abus que cette sacrée « nature humaine » nous poussera immanquablement à commettre. Il se trouve qu’en plus, toujours en vertu de la fameuse « nature humaine », une personne à qui l’on donne du pouvoir a naturellement tendance à vouloir en abuser. On retrouve ça à toutes les échelles, y compris chez les flics, les chefs de rayon des magasins, et même chez les parents vis-à-vis de leurs enfants.

          Une personne dotée d’une grande sagesse peut certes résister à cet appel, mais d’une part la sagesse est une denrée malheureusement rare par les temps qui courent ; et d’autre part plus le pouvoir est élevé, plus l’appel est puissant, plus la sagesse pour y résister doit être profonde.

          Il convient de dire aussi que contrairement à ce que prétend l’adage, ce qui rend aveugle n’est pas l’amour mais le pouvoir. Autrement dit, quand les gens ont beaucoup de pouvoir, ils ne touchent plus terre et ne se rendent même plus compte (ou à peine) des abus qu’ils commettent. C’est la fameuse « déconnexion des réalités » dont souffrent les élites, que tout le monde dénonce sans réaliser que c’est là un mécanisme psychologique de base. Autant dénoncer la pluie ou la gravitation. L’exemple de Fillon est à ce titre particulièrement parlant, parce que l’on voit bien qu’il ne se rendait même pas compte du problème (il semble que ça commence à lui rentrer dans le crâne maintenant, mais à quel prix ?).

          Bref, un système bien organisé est un système fondé sur la protection contre les abus de pouvoir. Pour cela, il existe beaucoup d’idées de bon sens qui ne datent pas d’hier, comme par exemple donner peu de pouvoir à beaucoup de gens plutôt que de donner beaucoup de pouvoir à peu de gens. L’idée d’une rotation permanente aussi, afin que le pouvoir ne soit pas toujours détenu par les mêmes. L’idée que chaque pouvoir doit être contrôlé (par des organes de contrôles indépendants, cela va de soi n’est-ce pas, et pourtant ce n’est pas le cas actuellement).

          Mais surtout, et c’est là que l’intervention de PiXels est pertinente, il est évident qu’il ne faut pas que ce soient les gens au pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir...

          Trop peu de gens le savent, mais le texte supérieur régissant les pouvoirs, et auquel toutes les lois sont subordonnées (on appelle ça le sommet de la pyramide des normes), c’est la Constitution. Presque tout le monde se fout de la Constitution comme de son premier slip, mais la base du problème est pourtant bien là.

          Il est vrai que l’on peut remonter encore plus haut (causalement), et dire comme Armelle que le problème provient de la mentalité humaine, ou de la « nature humaine » ; mais pour pertinent qu’il soit ce constat n’est pas opérationnel, dans le sens où personne ne peut nous changer à part nous-mêmes. Gandhi avait proféré une remarque d’une profonde sagesse lorsqu’il avait dit « sois le changement que tu veux voir dans le monde », mais on sort là de la dimension temporelle, pour rentrer dans la dimension spirituelle.

          Bref, l’un n’empêche pas l’autre (on peut parfaitement avoir une démarche spirituelle en parallèle d’une démarche politique), mais la politique fait partie de la dimension temporelle, et à ce titre on ne peut donc pas compter sur la spiritualité pour remédier à des problèmes politiques.

          Ceci nous fait donc retomber sur le problème des institutions, à commencer par le problème de la Constitution. Et avant même de parler du contenu d’une hypothétique nouvelle Constitution, la question qui devrait être débattue en priorité est bien celle de savoir QUI peut ou doit l’écrire. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut surtout pas que ce soient les pouvoirs...


        • Michel DROUET Michel DROUET 4 février 19:13

          @Abou Antoun
          Oui, et surtout la fin réelle du cumul et la limitation du nombre de mandats successifs à deux.


        • gogoRat gogoRat 5 février 21:12

          @PiXels

           ... et ensuite, quand on aura fait le tour de toutes les fausses ’bonnes intention’

          on pourra se mettre à réfléchir à ce qui a déjà fait ses preuves :

            des ’cahiers de doléances’ officiels accessibles en permanence à chaque citoyen !


        • Alpo47 Alpo47 3 février 10:15

          Légal ! Oui, parce que ce sont eux qui votent les lois à leur profit. Le stade ultime de la corruption. Un million d’euros détournés pour la famille. Normal, non ? Ce qui n’empêche pas nos « élus » de voter davantage de taxes, des lois confiscatoires pour la majorité.
          Ce sera difficile de trouver quelqu’un sans « casseroles », qui n’a jamais mis la main dans le pot de confiture, tant on sait que le pouvoir corrompt.

          Et même si cette campagne semble être là pour dégager le chemin pour l’homme de l’oligarchie, E.Macron -notons que l’on ne parle quasi pas de ses nombreuses casseroles dans les médias- c’est tout le système en place qui est à jeter.

          Comment faire pour que ce soit les meilleurs d’entre nous qui soient au pouvoir ? Donner le pouvoir de révocation au électeurs ? Surement une étape importante.


          • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 12:02

            @Alpo47
            Oui, nous manquons de contre pouvoirs.


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 3 février 12:08

            @Michel DROUET
            En restant dans l’ UE, vous n’aurez aucun contrepouvoirs...
            L’UPR en sait quelque chose, censurée depuis 10 ans.


            Les médias sont aux ordres, les syndicats sont affiliés à la CES, et les hommes politiques sont promus par l’oligarchie européenne, grâce... aux médias ...
            La boucle est bouclée, regardez comment les médias ont fabriqué Macron !

          • baldis30 3 février 12:35

            @Michel DROUET

             autant l’article est excellent autant je ne peux abonder dans votre sens sur l’absence de contre pouvoirs !

            En effet on a vu en URSS pourtant fortement contrôlée, que les samizdats se développèrent malgré toutes les embûches du pouvoir ...

            En occident on a l’explosion d’Internet et des forums qui ont permis une expression des citoyens ... tellement que les pouvoirs ont commencé à s’inquiéter de ce développement qu’ils ont de la peine à arrêter.... alors ils le sabotent, par personnes interposées ( voir les forums USENET pratiquement tous pollués , y compris ceux à vocation scientifique, par quelques personnes seulement) . Ils n’osent plus parler de censure, mais ils agissent autrement.

            Il y a des réactions comme celle d’Avx, elle reste limitée : quant aux réseaux sociaux n’en parlons pas ....

            On ne sait plus se servir des possibilités de contre-pouvoir, parce qu’on envahirait, voire on noierait des forums généraux de remarques si déplaisantes que le pouvoir serait obligé de se dévoiler ...

            Il reste aussi la pétition, mais je ne doute pas que d’ici peu nous aurons droit à une pétition pour approuver les faits que vous avez bien dénoncé dans votre présentation.  smiley


          • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 14:27

            @baldis30
            Prenons lEes médias par exemple, détenue à 90 % par des chefs d’entreprise... Où est l’indépendance ? Où est le contre pouvoir ?


          • baldis30 3 février 16:58

            @Michel DROUET
            « Prenons les médias par exemple, détenue à 90 % par des chefs d’entreprise... Où est l’indépendance ? Où est le contre pouvoir ? »

            Il y a les ordonnances de 1945... en ce qui concerne l’indépendance ....

            Le contre-pouvoir pourrait venir d’une limitation des revenus de la publicité dans les journaux ! 


          • PiXels PiXels 3 février 21:21

            @baldis30
            .
            « Avant la constitution, c’est peut être la mentalité humaine qu’il faudrait changer... »
             ;
            euh ? On pourrait pas commencer par arrêter de leur filer des subventions payées par les deniers publics ?


          • PiXels PiXels 3 février 21:25

            @baldis30
            .
            Pardon...erreur de copié/collé et envoi trop rapide (c’est pourtant pas mon genre)

            .
            « Le contre-pouvoir pourrait venir d’une limitation des revenus de la publicité dans les journaux !  »
            .
            euh ? On pourrait pas commencer par arrêter de leur filer des subventions payées par les deniers publics ?
            .
            Ça marche mieux comme ça !


          • Wakizashi Wakizashi 4 février 13:43

            @Alpo47

            « Comment faire pour que ce soit les meilleurs d’entre nous qui soient au pouvoir ? »

            C’est la définition exacte d’une aristocratie. Aristocratie, du Grec, Aristoi : les meilleurs, Kratos : le pouvoir.

            Les mots ont un sens. Je ne dis pas qu’il est horrible de défendre un système aristocratique, mais je préfère un système démocratique. En tout cas ce qui est sûr, c’est que ces 2 termes désignent des systèmes différents.


          • Alpo47 Alpo47 5 février 08:21

            @Wakizashi

            Les « meilleurs » en terme de valeurs, d’intégrité, de dévouement, d’évolution intérieure ou spirituelle ... (Servir et non Se Servir).
            Ces personnes existent déjà, mais elles ne sont pas dans les partis politiques.


          • Wakizashi Wakizashi 5 février 12:10

            @Alpo47

            J’avais compris, mais ça ne change rien. L’aristocratie est un système politique dans lequel ce sont les meilleurs qui ont le pouvoir aux. La démocratie est un système politique dans lequel c’est le peuple qui a le pouvoir.


          • Wakizashi Wakizashi 5 février 12:50

            @baldis30

            « je ne peux abonder dans votre sens sur l’absence de contre pouvoirs ! »

            La bonne blague !...


          • Fraternitus Fraternitus 3 février 10:21

            Bon article, mais j’ai quand même un doute sur la légalité de l’affaire.


            • Michel DROUET Michel DROUET 3 février 12:05

              @Fraternitus
              C’est une légalité uniquement applicable à une certaine caste et votée par elle, mais les citoyens parlent plutôt de moralité.
              D’un côte il y a donc la légalité dont se prévaut Fillon et de l’autre il y a l’aspect moral qui prend le dessus, et c’est très bien.

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