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Accueil du site > Actualités > Politique > Les Républicains en ordre de marche ?

Les Républicains en ordre de marche ?

« [À l’UMP], il a déjà repéré son prochain poulain. Il n’a pas quarante ans, une ambition dévorante, un goût de la provocation qui se lit sur son visage. Il s’appelle Laurent Wauquiez. (…) Le garçon a déjà une belle carrière derrière lui (…). Mais il veut davantage, aller plus vite, rejoindre le cercle fermé des présidentiables. (…) Laurent Wauquiez choisit de se vouer corps et âme à ce "nouveau populisme chrétien" que Patrick Buisson encense dans les colonnes du "Monde". » (Ariane Chemin et Vanessa Schneider, "Le mauvais génie de Nicolas Sarkozy", éd. Fayard, paru le 18 mars 2015).



L’ancien ministre Laurent Wauquiez n’a jamais été ma tasse de thé, à cause de son arrivisme, de son carriérisme, de ses retournements de veste idéologiques, de son extrémisme contre la protection sociale ou contre l’immigration, son populisme anti-élite alors qu’il fait partie lui-même de l’élite, de son illisibilité sur la politique européenne, et je crois pouvoir dire que sauf situation exceptionnelle (je ne sais pas ce que l’avenir réservera aux Français), je ne serais jamais tenté de voter pour lui dans une élection nationale. Je pourrais ajouter prudemment "le cas échéant", c’est-à-dire, dans le cas où Laurent Wauquiez serait candidat à une élection nationale, mais cette perspective paraît presque certaine.

Encore plus certaine depuis ce dimanche 10 décembre 2017 vers 20 heures. Je n’apprécie pas Laurent Wauquiez, mais il faut reconnaître que son élection à la présidence du parti Les Républicains dès le premier tour a été un grand succès. Ce succès pourrait n’être que provisoire, mais il est un bon départ pour relancer la "machine".

Pourquoi ? Parce que le problème de Laurent Wauquiez, c’était de montrer qu’il était "bien" élu. Or, face à des candidats nains médiatiques (mais peut-être plein d’avenir malgré tout), Laurent Wauquiez était considéré comme inéluctablement vainqueur sans combat et le risque était évidemment la démobilisation. Il n’en a rien été.

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En effet, près 100 000 adhérents de LR ont pris part au vote (électronique). Sur ces exactement 99 597 votants, 73 554 se sont reportés sur la candidature de Laurent Wauquiez, soit 74,6% des suffrages exprimés. Cela signifie trois choses : 1° la mobilisation a eu lieu, et une mobilisation plutôt du côté de l’opposition que de la bienveillance par rapport au gouvernement actuel, 2° l’élection de Laurent Wauquiez est large (trois quarts des votants environ), plus large que l’élection de Nicolas Sarkozy le 29 novembre 2014 (64,5%), mais 3° pas trop large non plus.

Rien à voir avec les dictatures communistes du siècle dernier. Il n’a pas fait 90%, ce qui était pourtant possible, car ses deux adversaires, courageux et combatifs, ont mené une bonne campagne : Maël de Calan sur les idées, a obtenu 9,3%. Florence Portelli sur le militantisme en général, a gagné la deuxième place avec 16,1%. Ces deux scores sont très honorables. Des deux, il est probable que Maël de Calan ira le plus loin car il a tout du leader politique, des convictions et de l’ambition, mais il est peu probable que son épanouissement politique passe par ce parti LR.

Pour un parti effondré, dévasté par les défaites, que 100 000 de ses membres se mobilisent est un grand succès. Pour un parti en décomposition, la décomposition reste encore assez marginale. On pourrait toujours reporter ce nombre aux 234 556 adhérents à jour de cotisation, c’est-à-dire 42,5% de participation, mais c’est très élevé déjà en temps normal. Il suffit de se tourner vers le PS pour définir ce qu’est un parti en lambeaux : avant l’explosion nucléaire de la primaire de janvier 2017, il y avait à peine autant d’adhérents au PS que d’électeurs réels de Laurent Wauquiez.

Et les comparaisons sont toujours mortifères. À La République En Marche (LREM), il n’y a eu que 800 "électeurs" du conseil national (une grande majorité de cooptés et les autres tirés au sort ; 800 ou 80 000, cela n’aurait rien changé au caractère non démocratique) pour désigner à main levée (caractéristique hautement antidémocratique !) l’unique candidat Christophe Castaner à sa tête. Un seul candidat aussi pour la présidence du MoDem, l’autre parti de la majorité, où François Bayrou "rempile" pour un nouveau mandat, au congrès des 16 et 17 décembre 2017.

Quant au Front national ou à France insoumise, les deux leaders Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se sont autodésignés avec une démocratie interne fortement discutable (au point que Florian Philippot, pour l’un, l’a quitté). Pas sûr qu’un adversaire masochiste viendrait s’opposer à l’ancienne candidate à l’élection présidentielle lors du prochain congrès du FN.

Déjà, certains responsables ou cadres locaux de LR, pourtant pas particulièrement épris de Laurent Wauquiez, ont avalé leur salive et pensent pouvoir repartir avec ce dernier pour reconquérir le pouvoir. Laurent Wauquiez pourrait en effet se dire que même s’il est clivant, même s’il n’est pas apprécié par les "anciens", même s’il est très changeant sur le plan des idées (c’est la caractéristique des "leaders" au long cours), il a franchi la première étape : première étape de relance du parti LR comme force d’opposition, et surtout, première étape de sa propre ambition désormais dans la cour des grands. Il l’avait d’ailleurs largement évoqué pendant sa campagne interne, son seul adversaire, c’est Emmanuel Macron lui-même !

Laurent Wauquiez ne manque pas d’atouts. Son expérience, son intelligence et son jeune âge (débutant la quarantaine alors que ses plus grands concurrents ont déjà bien entamé la cinquantaine) sont une évidence. Son parti qu’il contrôle désormais totalement est aussi un parti de renouvellement : beaucoup de nouveaux jeunes élus, non seulement locaux, mais aussi parlementaires (certains élus en juin 2017 n’ont pas 30 ans !). Ce vivier est "vierge" de toute fidélité : ce sera la génération Wauquiez. Il va se choisir une direction LR à sa couleur, parmi ces jeunes pousses. Le renouvellement va donc être très fort, à mesure que les "vieux" leaders désertent leur parti voire la vie politique elle-même (il y en a tellement qu’il serait laborieux de les énumérer).

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Après Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, voici donc Laurent Wauquiez, pour encore deux ou trois décennies. C’est en tout cas ce qu’il doit se dire. Et pourtant, il a aussi des handicaps. Le premier, c’est son absence de conviction. Passer de la démocratie-chrétienne à une sorte de protectionnisme national, c’est un grand écart élastique. Pourtant, les deux leaders cités en comparaison ont eu aussi ce même genre d’élasticité, mais ils ont aussi montré dans certaines conditions leur colonne vertébrale idéologique : refus total de l’extrême droite pour l’un, libéralisation de l’économie pour l’autre.

Le deuxième handicap, c’est que, contrairement aux deux précédents, Laurent Wauquiez n’a pas le même liant : ni l’amour des gens de Chirac, ni l’humour convivial de Sarkozy qui permettaient à leurs opposants internes de les rejoindre malgré tout. D’une certaine manière, Jean-François Copé est beaucoup plus liant que Laurent Wauquiez (Jean-François Copé qui aurait rencontré discrètement Emmanuel Macron en novembre 2017 !). Son ton est souvent dur, et ses méthodes sont brutales et autocratiques, souvent basées sur la contrainte, le chantage, le rapport de forces. Charisme très faible.

Le troisième handicap est le principal, car les deux autres sont évolutifs : on peut se doter de vraies convictions sur le tard et se trouver un comportement plus rassembleur humainement (c’était le cas de François Mitterrand). Ce troisième handicap, c’est de maintenir la cohésion de LR dans une époque folle où près de deux sympathisants LR sur trois avoueraient dans les sondages être satisfaits de Président Emmanuel Macron et du Premier Ministre Édouard Philippe qui vient de LR. C’est cela le paradoxe : le pouvoir actuel fait du LR sans LR ! Même Nicolas Sarkozy est fasciné par Emmanuel Macron.

Du coup, le succès du dimanche a été éclipsé dès le lendemain. Alors que Laurent Wauquiez était l’invité du journal de 20 heures sur TF1 le 11 décembre 2017, au même moment, sur la chaîne concurrente, sur France 2, le président du conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand a annoncé qu’il quittait "définitivement" Les Républicains parce que Laurent Wauquiez ne correspondait pas à ses idées.

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Partir sur l’arrivée d’une personne à sa tête n’est pas très pertinent : ils ont cohabité dans le même parti depuis quinze ans, et dans le même gouvernement pendant plusieurs années. Il aurait été plus judicieux de claquer la porte de LR sur des faits, sur des actes, sur des prises de position sur l’Europe par exemple, et pas seulement sur un "délit de sale gueule". Xavier Bertrand n’a jamais caché sa volonté d’être candidat à l’élection présidentielle de 2022 coûte que coûte, mais il l’avait déjà dit pour 2017. Velléitaire ?

Reste à savoir ce que feront Valérie Pécresse et Christian Estrosi (que certains journalistes qualifient maintenant de "centriste", en oubliant les déclarations sur la "cinquième colonne" !). Et aussi Alain Juppé qui aurait une grande difficulté de quitter formellement LR alors qu’il en a été le seul réel fondateur (un peu comme si Jean-Marie Le Pen était hors du FN… ah ben si, en fait !). Certains évoquent déjà le transfuge de Maël de Calan vers LREM dont les talents seraient de toute façon nettement mieux exploités. Jean-Pierre Raffarin a déclaré le 11 décembre 2017 qu’il serait vigilant avec Laurent Wauquiez (on se demande pourquoi il n’a pas quitté LR dès 2008 !), et Gérard Larcher a déclaré le 12 décembre 2017 qu’il a fait le choix de rester à LR mais il s’était posé la question. On voit bien qu’il y a un trou énorme entre LREM et LR et cela ne risque pas d’être comblé par Agir (le pseudo-parti des LR macronistes).

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Il sera intéressant à scruter la composition du nouveau secrétariat national de LR, qui, comme le bureau politique, sera entièrement renouvelé. Le secrétaire général sortant, Bernard Accoyer, ancien Président de l’Assemblée Nationale, a déjà déclaré sur LCP le 12 décembre 2017 qu’il quitterait l’équipe pour laisser place aux plus jeunes.

Ce mercredi 13 décembre 2017 au siège de LR, avec son ton saccadé habituel, Laurent Wauquiez a présenté à la presse son nouveau bureau politique, composé de 15 membres d'une moyenne d'âge de 43 ans. La première vice-présidente est Virginie Calmels. Guillaume Peltier et Damien Abad sont les deux autres vice-présidents. Annie Genevard (secrétaire générale adjointe sortante) est nommée secrétaire générale de LR, Geoffroy Didier secrétaire général délégué à la communication, et il y a six secrétaires généraux adjoints dont Julien Aubert et Valérie Boyer, et trois porte-parole. Daniel Fasquelle reste trésorier.





Parmi les futurs leaders, on peut imaginer l'influence par exemple de Guillaume Larrivé (au nom prédestiné !), très ambitieux, et bien sûr, le nouveau bras droit (je n’ai pas su féminiser l’expression !) de Laurent Wauquiez, "pêché" à Bordeaux, Virginie Calmels dont l’inexpérience politique pourrait d’ailleurs lui être très dommageable.

La dernière bourde de Virginie Calmels le 11 décembre 2017, c’était sa déclaration pour dire que « pour le moment », il n’était pas question d’alliance avec le FN. Le "pour le moment" est terrible car ce lapsus confirme inconsciemment l’arrière-pensée qu’on imagine aisément chez Laurent Wauquiez : il n’y a jamais eu d’alliance avec le FN et en disant "pour le moment", elle a laissé entendre que dans le futur, il y en aurait peut-être. Ce point est essentiel pour la cohésion de LR : au moindre doute, la plupart des "anciens" leaders quitteraient LR.

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Tout l’avenir de ce parti dépendra bien entendu du "corpus" idéologique et programmatique qui habillera LR à la sauce Wauquiez, avec deux options.

Ou Laurent Wauquiez, fort de sa légitimité incontestable, se recentrera pour retrouver la position habituelle de l’ancienne UMP, avec le problème de la concurrence de LREM, mais cela préservera la cohésion d’un parti qui se dit encore "de droite et du centre" (alors que Laurent Wauquiez ne cesse, encore ce 10 décembre 2017, de parler de droite, de droite, de droite). Et dans ce cas, Laurent Wauquiez adoptera une stratégie pour gagner un second tour à l’élection présidentielle (misant sur l’échec du quinquennat d’Emmanuel Macron).

Ou Laurent Wauquiez, fidèle à ses déclarations depuis plusieurs années, continuera à mener LR dans une idéologie de droite musclée, brutale, extrême, dans le seul but de "voler" les électeurs du FN. Ce repli identitaire, souhaité par Patrick Buisson, le rendra plus crédible et plus acceptable que Marine Le Pen, enlisée dans ses propres incompétences, et lui permettra sans doute d’atteindre le second tour d’une élection présidentielle. Ce sera alors une stratégie de premier tour d’élection présidentielle, mais avec un fort risque d’être dans l’incapacité de rassembler une majorité absolue de Français au second tour. Et aussi avec le risque de faire de LR qu’un simple groupuscule de droite identitaire.

Dans tous les cas, Laurent Wauquiez aura besoin d’un baptême du feu national. Et quel meilleur baptême que la tête de liste aux élections européennes de mai 2019, avec le retour aux listes nationales ? Mais pour cela, il va lui falloir proposer clairement aux Français son projet européen. Pour l'instant, son adversaire a un temps d'avance


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (13 décembre 2017)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les Républicains en ordre de marche ?
Résultats détaillés de l’élection du président de LR le 10 décembre 2017.
L’élection du président de l’UMP le 29 novembre 2014.
Le retour aux listes nationales pour les européennes.
Mathématiques militantes.
Laurent Wauquiez.
Rapport de refondation de la droite du 7 novembre 2017 (à télécharger).
Les Républicains en pleine introspection.
Les Républicains, parti des expulsions.
La primaire LR de novembre 2016.
François Fillon.
Alain Juppé.
Nicolas Sarkozy.
François Baroin.
Gérard Larcher.
Jean-Pierre Raffarin.
Xavier Bertrand.
Valérie Pécresse.
Jean-François Copé.
Nathalie Kosciusko-Morizet.
Bruno Le Maire.
Édouard Philippe.
La relance de l’Europe à la Sorbonne.
Emmanuel Macron.
Programme 2017 d’Emmanuel Macron (à télécharger).
Le Président Macron a-t-il été mal élu ?
Audit de la Cour des Comptes du quinquennat Hollande (29 juin 2017).
Les élections sénatoriales de 2017.
La XVe législature de la Ve République.
Les Langoliers.
Forza Francia.
La Ve République.


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7 réactions à cet article    


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 14 décembre 2017 17:21

    La messe est en train d’être dite :

    Les Républicains, quittés par les centristes et refusant toute alliance avec le FN, vont être écrasés entre Macron et ses alliés, et FN et assimilés.

    Au reste, qu’apportent-ils de neuf ? Plus rien, la seule ambition de LW c’est de refaire Sarko 2007...en moins bien (et refaire la même chose c’est toujours difficile).

    Alors, bien sûr, ce sera sans doute une mort lente, voire très lente smiley

    Après tout on parle encore des radicaux alors qu’ils ne comptent plus pour grand chose au niveau national. D’ailleurs, radicaux de droite et de gauche viennent de se rabibocher depuis leur fracture de 1981.

    Qui en parle ? smiley


    • Le421 Le421 14 décembre 2017 17:46

      @Olivier Perriet
      Et combien de millions de dette chez LR ? 50 ? Je ne sais pas au juste mais pas loin.
      Vente du siège, environ 25 à 30. Resteront 20 à 25 millions à trouver.
      Et comme le fric est parti chez Macron...
      Dur dur !
      Comme pour le FN.


    • Le421 Le421 14 décembre 2017 17:44

      Il faut se tenir une sacré couche de bêtise ou de mauvaise foi pour douter de la perméabilité LR-LREM... Quand je dis LR, je parle de la faction « non Laurent Wauquiez », bien sûr.
      Quand à cette élection, le résultat m’inspire de sérieux doutes.
      Le nombre de votants et le pourcentage.
      Bon, c’était un vote électronique.
      Donc, 100% fiable et impossible à truquer...

       smiley


      • Parrhesia Parrhesia 14 décembre 2017 20:39
        Et l’auteur arrive à retrouver un « Centre » dans ses analyses !!!

        Le Centre... Vous savez... Ce parti conduit par François Bayrou, érudit que nous n’avons jamais vu dans les faits dénoncer sérieusement ni la moindre tendance capitaliste exclusivement financière, ni la moindre des décisions mondialistes !!!

         Enfin... Au point où nous en sommes, nous pouvons aussi bien appeler cette chose « un centre » ...

        • zygzornifle zygzornifle 15 décembre 2017 08:40

          Marcher oui c’est bien mais pour aller ou ????


          • zygzornifle zygzornifle 15 décembre 2017 08:43

            LR = Les Reptiliens si cher a nos anciens astronautes et fans d’Alien Theory ..... 


            • Dr PEB Dr PEB 15 décembre 2017 13:34

              En fait, les Républicains sont devenus le grand parti des collectivités locales. Laurent Wauquiez est d’abord et avant tout un grand élu local. Xavier Bertrand se trompe lourdement en quittant sa formation. Il aurait pu participer activement à cette mutation. La gestion publique oblige les exécutifs locaux à se recentrer sur l’intérêt général. Valérie Pécresse l’a bien compris en créant son mouvement Libres ! tout en restant inscrit dans l’appareil militant, dont l’élu nordiste se coupe irrémédiablement. Je ne suis pas sûr qu’il puisse se construire un destin national en 2022.

              Sous des abords impitoyables, la droite classique essaie de se redéfinir, face à l’État marcheur parisien, comme le chevalier blanc de la ruralité et des petites villes perdues qui rassemblent une part conséquente de la population. Il y a dedans de l’ouvrier délaissé et du bourgeois méprisé, réunis sous la bannière identitaire de la Patrie et de la Chrétienté. On ne les séduit pas avec la guimauve des bons sentiments d’une urbanité distingué mais avec le « réalisme » du « terrain » « qui ne ment pas. »

              Choqués par les mésaventures d’élections censément gagnés et lamentablement perdues, les Républicains se cherchent encore. Mais pour se rassurer, rien de tel qu’un chef fort en gueule. Les militants (à ne pas confondre avec les sympathisants) sont emplis de rancœur et se méfient du juppéisme comme de la peste. Cela remonte aux primaires de 2016 lorsque le camp d’Alain Juppé - il fallait le voir le soir du 27 novembre ! - décida de marcher avec Emmanuel Macron.

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