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Accueil du site > Actualités > Politique > Quel futur combat pour le Parti de Gauche ?

Quel futur combat pour le Parti de Gauche ?

Fallait-il aller voter ?

Tout cela était-il bien nécessaire ? Les français ne s’y sont pas précipités, la participation est en recul de trois points sur 2007, c’est un record d’abstention. Pas de surprise au fond, quel intérêt d’aller voter derrière une présidentielle si déterminante dans les orientations politiques ? Le peuple a déjà fait son choix, à quoi bon lui demander d’élire des législateurs, pourquoi ne pas les nommer ? Sans ironie, c’est malheureusement un peu ce qui s’est produit, un vote de confirmation, une chose inéluctable comme une réplique suit immanquablement un séisme. Le PS arrive en tête, l’UMP enregistre plus ou moins le même score à la proportionnelle, le FN et le FDG privés de leurs têtes d’affiches dans les médias perdent en visibilité, et pâtissent tous deux de sept points par rapport à la présidentielle, sept points qu’ils rendent aux deux gros « machins ». On nous la promettait, comme on nous promettait Strauss Kahn et Hollande, la voilà, la fameuse bipolarisation de la vie politique française.

C’est d’une part une défaite rude, sèche et franche que nous subissons, au sein du Front de Gauche, et particulièrement au Parti de Gauche. C’est d’autre part une victoire écrasante du PS. Écrasante, c’est le mot juste…

C’est une victoire de l’appareil politique sur l’esprit citoyen, la Politique avec un grand « P » déjà très peu représentée parmi les acteurs et dans les médias, a définitivement déserté le paysage. À la lecture de l’hémicycle, la pluralité de pensées n’est plus. Comment ne pas déplorer l’extermination du centre, l’éradication du groupe écologiste conservé par perfusion contractuelle, ou encore la disparition progressive des représentants de la gauche de la gauche ? La lecture des courants radicaux, socialistes, libéraux, humanistes, gaullistes ne se fait même plus, tout est digéré dans un même gloubiboulga de députés, agglomérés sous deux étiquettes ; le clivage est total, le manichéisme triomphant, la pluralité en berne et la diversité végétative.

Eric Coquerel, Corinne Morel-Darleux, François Delapierre, Martine Billard, Jean-Luc Mélenchon, plus proches de nous René Revol, Charles Ménard et Danielle Floutier sont tous arrivés derrière les candidats socialistes. Seul Marc Dolez du PG dans la 17e circonscription du Nord remporte 30,84% des voix et devance le candidat socialiste de 8 points, les candidats FN et UMP de 10 points, se retrouvant ainsi dans une quadrangulaire. La réalité c’est que, même lorsqu’un candidat Front de Gauche se maintient au second tour, c’est toujours derrière un candidat PS sauf dans une dizaine de cas sur 577. Nous nous apprêtions à ne pas faire de cadeaux à Dominique Strass Kahn, nous n’en n’avons pas fait à son successeur François Hollande, bien que nous aurions pu être parfois plus virulents, en l’occurrence, lui n’a pas été franchement fracassant, mais il a fait le boulot, et plutôt bien fait. Un candidat PS dans chaque circonscription, pas d’arrangement avec les petits, à la guerre comme à la guerre, c’est une victoire totale.

À Hénin Beaumont, on a voulu se battre, on a pris des coups et on est tombés.

C’était courageux, d’aucuns diront téméraire, voire inconsidéré. Facile de dire aujourd’hui que c’était une très mauvaise idée, mais il faut le dire haut et fort, c’en était une. Combattre les idées du FN est une chose, cogner sur la figure de son leader, pointer du doigt un adversaire en permanence, c’est le statufier et lui offrir un piédestal. Nous ne devons pas nous égarer dans cette lutte de longue haleine qui ne pourra se résoudre en une ou deux élections. Le mal est profond, il vient de loin, bien trop loin pour qu’à nous seuls et en si peu de temps nous refermions la plaie. C’est une perte d’énergie que de vouloir réparer ou démolir un édifice rongé et corrodé par la vermine, c’est un travail tout aussi difficile et laborieux, mais bien plus honorable et utile que de construire une nouvelle bâtisse, et c’est là notre fonction, notre but au Parti de Gauche. Tôt ou tard, les gens désertent un lieu étroit et renfermé pour un espace ouvert, frais et convivial. Promouvoir les idées qui sont les nôtres, c’est-à-dire concrétiser la justice sociale, organiser une meilleure répartition des richesses, mettre fin aux stigmatisations communautaires, dénoncer un système néo libéral qui marche sur la tête, reconstruire une démocratie qui aujourd’hui s’étiole, voilà les tâches difficiles auxquelles nous devons nous atteler. Personne ne fera ce travail à notre place. Personne n’a en tout cas l’ambition de le faire.

République, Socialisme, Écologie.

Voilà nos objectifs au Parti de Gauche, ceux que nous portons pour la France. Le FN se fout de la république, il s’intéresse à la nation. Le FN se fout du socialisme, ou considère qu’il n’a cours que pour une caste d’élus naturels. Le FN se fout d’écologie, jamais je n’ai entendu quelqu’un du FN parler d’économie verte, de politique énergétique avec conviction et ferveur. Qu’à t-on gagner à dénoncer le Front National ? À quoi bon blâmer une population qui s’engouffre dans une position idéologique dont elle ne saisit pas la portée historique et les conséquences à long terme ? À quoi bon tancer ces gens qui adhèrent peu à peu, malgré eux parfois, faute de mieux, au message ségrégationniste du FN ? À quoi bon enfin vitupérer contre ces électeurs qui se bornent à rejeter tout en bloc ? 42,36 % au premier tour, voilà ce que l’on doit retenir. Ces gens-là, et ils sont plus nombreux, pour l’instant veulent Marine le Pen. Ce qu’il faut c’est comprendre pourquoi, et nous n’avons pas encore compris ; ce qu’il faut c’est constater, froidement, et prendre conscience des faits, de la réalité.

Devait-on houspiller les journalistes pour avoir abuser de la métaphore du match de boxe ?

N’était-ce pas autre chose ? Comment appelle-t-on un combat que l’on souhaite mener en duel contre un poids lourd de la politique ? En janvier de cette année, nous étions poids plume, et puis nous avons pris du muscle, en même temps que nous avons pris la bastille, nous voilà poids moyen dans le cœur, et en dehors du ring, dans les débats, sur les idées, on gagne, partout, tout le temps. Au point que les sondeurs nous nommaient « challenger » et nous plaçaient même devant le poids lourd qui refusait de débattre, de combattre, sous prétexte que nous serions hors catégorie. Alors nous montions une première fois sur le ring. 17,9 contre 11,1. Premier K.O. on se relève, et à nouveau, les débats sont lancés, mais les médias s’y trompent un peu moins. À vrai dire dans le cœur, le poids moyen se sent poids léger, mais toujours ardent, fier, et prêt à se remettre en piste. L’arbitre, le peuple, lui, constate les dégâts, après tout le jeune veut combattre, qu’il y aille. La cloche sonne, c’était ce dimanche, et vlan, deuxième coup de poing dans la mâchoire. On peut bien se rassurer, bomber le torse, dire qu’on l’on a amélioré son score, on est une fois de plus au sol. N’oublions pas le grand organisateur de la soirée, l’observateur du combat qui en coulisse empoche la monnaie, quel que soit le résultat. Alors l’arbitre se penche sur le blessé. Ce dernier se relève, se relèvera toujours, c’est un jeune, et c’est un dur, toujours prêt au combat. Mais auquel ?
En boxe, le troisième Knock Out est souvent le dernier, l’arbitre prononce alors le KO technique, c’est l’élimination, le match est perdu.

Ne nous trompons donc plus de combat.

Oui nous avons le jeu de jambes, oui nous avons la jeunesse, l’esprit clair, l’ambition élevée, et peut-être un peu d’arrogance du fait de nos récents faits d’armes. Ce n’est pas rien de rassembler cent mille personnes dans la rue, mais c’est autre chose de changer des millions d’esprits, d’infléchir la ligne du monde. Il faut une force bien plus grande que la force brute, il faut la force du nombre, la force de la raison. Il arrivera peut-être que les choses changent par la force du désespoir, mais un désespoir qui ne serait soutenu par rien de cohérent ou de construit, conduirait inexorablement les peuples vers le chaos. Il faut préparer d’ores et déjà l’espoir de demain, le modèle de société qui devra remplacer celui que nous subissons, y réfléchir maintenant et former l’utopie dans chacun des esprits citoyens de notre belle et grande république, donner de l’air, donner l’envie, donner le courage et la force d’un possible, c’est là que nous étions les meilleurs. Notre combat au PG, pour les cinq ans à venir, n’est plus à l’assemblée, il est dans les esprits de soixante-dix millions de français. Notre combat commence dans les salles de boxe des quartiers à côté de chez nous, nous devons apprendre la parade plus que d’apprendre à donner des coups. On gagne parce qu’on est physiquement fort, en place, parce qu’on connaît bien son adversaire, parce que lui se fatigue et qu’un jour vulnérable, il montre son flanc droit que l’on peut frapper pour le mettre à terre. Et le relever. Ne perdons pas à l’esprit que se sont les idées que nous combattons, jamais les personnes qui les portent. Que notre adversaire persiste dans ses erreurs, et il tombera toujours par son flanc droit, jusqu’au jour où il comprendra, et ce jour peut venir, nous ferons qu’il advienne. Notre premier combat est donc au pied de nos immeubles, à l’orée de nos villes, auprès des citoyens qui souffrent et qui vont souffrir pour les dix ans à venir. Cinq ans de PS à tous les étages, à la présidence, aux ministères, au parlement, aux régions, aux départements et aux villes, c’est l’assurance de se retrouver avec cinq ans de droite décomplexée à tous les étages aux prochains coups, la garantie que la politique du pays sera conduite en dehors de nos frontières, au sein d’une assemblée technocratique non élue, non représentative et non démocratique. Il arrivera certainement qu’entre temps des gens exaspérés et poussés à bout conduiront des luttes désespérées, nous ferons tout pour les soutenir ; mais sans le moindre doute, ce système viendra irrémédiablement les casser.

Militants du PG, militants du Front de Gauche, citoyens concernés par la chose politique, le combat doit en réalité commencer ici, d’en bas. Nous devons dès à présent nous atteler à améliorer la vie des concitoyens qui sont proches de nous, dans les associations d’abord, dans les syndicats d’ouvriers, de travailleurs et de patrons, puis dans les conseils municipaux de nos villages, dans ceux des villes, et plus tard, dans les conseils généraux, puis régionaux. Voilà notre combat aujourd’hui pour les dix prochaines années. Rappelons nous à chaque instant qu’un long voyage commence toujours par un petit pas.


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17 réactions à cet article    


  • captain beefheart 14 juin 2012 08:54

    J’ai pris une baffe de fatigue avec vos métaphores de boxe,et je ne vois plus votre homme au marteau.

    Mais comme vous exprimez bien vos idées ,l’aimerai que vous me donneriez la lecture que vous faites du conflit syrien,c.à.d. la position du Front de Gauche en cas d’intervention militaire tant souhaitée par les socialistes-capitalistes que vous soutenez...


    • Xavier Aliot Xavier Aliot 14 juin 2012 13:53

      J’espère tout de même que la baffe était gantée et qu’elle n’a pas laissé trop de séquelles ;)


      Les soutiens au PS se font par désistement des candidatures ayant réuni des suffrages inférieurs aux candidats socialistes, comme le veut la règle non écrite lorsque de tels cas se présentent. Ce n’est donc pas un soutien très éclairé, mais plutôt un inclination au regard de la décision du peuple et des règles constitutionnelles. Après, pour nombre de gens, le PS est encore un parti de gauche, on croit encore à tort qu’il proposera une alternative au capitalisme débridé par la droite. Je vous rejoints, les socialistes voguent dans un capitalisme modéré, pardonnez l’oxymore, c’est déplorable en plus d’être vain...

      À ce titre, au FdG, nous nous opposons fermement à l’orientation qu’a choisi le PS depuis 83. Je crois qu’il faudra encore du temps, peut-être 5 ans pour comprendre que la gauche qu’on croit, n’est plus la gauche qu’on espère. Et c’est le sens de mon article, au moment de cette désillusion, il faudra être là et prêts à proposer une alternative concrète et républicaine, véritablement socialiste et écologiste au système néo libéral.


      Concernant la Syrie, je suis loin d’être renseigné correctement sur cette question. Il me semble qu’au FdG, nous observons d’abord la position de l’ONU.

      Personnellement, je trouve qu’une intervention armée est absurde, dangereuse et beaucoup trop incertaine. Chaque peuple doit aller chercher seul la liberté à laquelle il aspire. Un régime peut tomber, une armée peut être défaite, une révolte écrasée, mais une révolution est indélébile, dans les coeurs et les esprits. Ceux qui ont conduit un combat laissent dans l’histoire et aux générations futures les raisons de leurs luttes. La Syrie a déjà changé.

      Plus de deux siècles après notre révolution, notre démocratie patine toujours, l’abolition des privilèges est encore une idée neuve. Mais les droits de l’homme et du citoyen sont inscrits dans notre patrimoine génétique, c’est un précédent. Rien ne peut plus être comme avant, et malgré l’horreur, la barbarie et la guerre, la révolution des esprits est une victoire indéfectible.

    • captain beefheart 14 juin 2012 17:28

      Merci,l’auteur pour votre reponse.


    • logan 14 juin 2012 09:08

      Pas mal, au moins vous allez jusqu’au bout de la métaphore ;)

      Je pense effectivement que ce n’est pas comme cela qu’il faut combattre le FN. Personnaliser ainsi les débats, alors que nos adversaires préfèrent calomnier Mélenchon plutôt que de nous combattre sur le terrain des idées, c’est nous fragiliser.

      Le front de gauche doit continuer à expliquer comment tout est lié, il est vain de se focaliser sur un seul des éléments du système.

      Néanmoins je pense que Mélenchon y gagne, s’il n’a pas gagné du galon comme fin stratège, il a au moins gagné du galon comme homme de conviction qui n’a pas peur d’aller au charbon pour défendre ses idées. Cela ne sera pas oublié pour plus tard. Les gens comme ça sont rares en politique.


      • Xavier Aliot Xavier Aliot 14 juin 2012 22:58

        C’est vrai, ça ne s’oubliera pas. Le courage est rare en politique, trop rare malheureusement...


      • Nestor Nestor 14 juin 2012 09:27

        Salut ...

        Hier je parlais avec un pote et je lui disais que le taux d’abstention n’était vraiment pas cool et lui me disait que les députés ne servaient de toute façon à rien, des mecs payés à rien foutre car souvent ils ne font pas leur taf, ils ne sont pas présent à l’assemblée. Alors pourquoi se faire chier à les élire ?

        Les politiques s’indignent quand ils voient le nombre d’abstentionniste ... Ben qu’ils s’indignent en premier lieu envers ceux qui dans leur parti sont censés représenter les personnes qui les ont élu et qui ne font pas l’effort (alors que les gens se sont déplacés pour les élire) ...

        En résumé vu comme ça mon pote à raison, pourquoi se faire chier un dimanche pour élire des hommes et des femmes qui par la suite ne font pas le taf pour lesquels on leur a donné notre confiance...

        Tu prends le citoyen qui lui se lève et va à son travail tous les matins, si il ne va pas bosser ben il n’est pas payé et si ça persiste on le vire. Pour les députés qui ne sont pas présents dans l’hémicycle il y a cas leur supprimer leurs salaires et le reste, voir pire les exclure du parti qui sont censés représenter.


        • taktak 14 juin 2012 11:58

          S’il ne servent à rien, c’est surtout car à 80% ils ne font que transcrire des directives européennes qui ne sont issues d’aucune souveraineté populaire.
          Pire, lorsque le peuple réafirme sa volonté d’exprimer sa souveraineté au niveau national (référundum de 2005) les députés godillots votent pour (UMP et PS) ou s’abstiennent.


        • Xavier Aliot Xavier Aliot 15 juin 2012 02:44

          C’est un cycle infernal. En effet, les députés ne représentent plus le peuple, et en toute logique, il se désengage d’une élection legislative vidée de son sens par le calendrier électoral, aucune part de proportionnelle, c’est triste à dire, et à constater pour un républicain convaincu, mais ton pote a raison. Les deux gros partis ont fait en sorte qu’il ne serve plus à rien de se déplacer pour élire ceux qui au quotidien sont sensés rédiger nos lois.

          Comme le souligne Taktak, aujourd’hui en plus, il ne s’agit plus au parlement que d’enregistrer, de traduire et de reformuler les directives européennes de plus en plus nombreuses, nous ôtant toute souveraineté, toute marge de manoeuvre. C’est le sens de mes premiers paragraphes, la politique avec un grand « P » n’est plus, la démocratie française a deserté, nous vivons dans une monarchie, si encore elle était parlementaire, mais même pas...

          Il ne faut surtout pas se décourager, monter aux tribunes et dénoncer haut et fort, partout où cela est possible, encore et encore, cette situation indigne. Nous finirons par avoir notre révolution citoyenne.


        • Fergus Fergus 14 juin 2012 10:19

          Bonjour, Xavier.

          Un grand bravo pour cette analyse lucide du déroulement et des conséquences des deux campagnes électorales prsidentielle et législative.

          Oui, il aurait fallu concentrer l’action sur la défense des idées et non se perdre dans un pugilat potentiellement dangereux avec le FN, au risque de donner à celui-ci une visibilité plus grande, et au risque également d’occulter le projet de la gauche radicale sous les anecdotiques horions échangés entre Le Pen et Mélenchon.

          Un Mélenchon qui a été le plus gros atout, mais aussi le plus grand handicap du Front de Gauche. Atout car il a su, grâce à la flamboyance de son discours et à sa posture combattante, synthétiser sous la bannière FdG l’électorat radical. Il a même réussi un temps à aller au delà, en attirant vers lui des électeurs venus du PS. Handicap car il en trop fait dans « le bruit et la fureur », trop fait dans l’invective et l’agressivité envers le FN. Avec pour conséquences d’engendrer un double effet attirance-répulsion. Dommage.

          Comme vous l’écrivez, les idées du Front de Gauche ne pourront pas s’étendre dans le pays sans un gros travail de terrain, un travail de pédagogie long et difficile dans un contexte sociologique très peu porteur. L’erreur a été de croire qu’un grand mouvement se mettait en marche. A plusieurs reprises, j’ai essayé de mettre en garde contre cette illusion ; cela m’a valu des volées de bois vert. Aujourd’hui, j’espère sincèrement que tout cela pourra déboucher sur une approche plus pragmatique. La politique est constituée de combats longs et difficiles, rarements de belles aventures romantiques !


          • Xavier Aliot Xavier Aliot 15 juin 2012 02:46

            tout à fait d’accord.


          • taktak 14 juin 2012 12:11

            @ l’auteur

            "République, Socialisme, Écologie. Voilà nos objectifs au Parti de Gauche, ceux que nous portons pour la France. Le FN se fout de la république, il s’intéresse à la nation. "

            Non, cela n’est pas juste, si le discours du FN est nationaliste au sens xénophobe du terme, il ne s’interresse en rien à la Nation. au sens républicain du terme. C’est à dire le peuple qui exprime sa volonté de façon souveraine, au delà des intérêts particuliers, en particulier de la classe bourgeoise.

            Je crois qu’il appartient à la gauche, et donc nécessairement à la seconde force à gauche, la seule qui est une certaine vitalité et conviction politique, c’est à dire le FdG, de prendre à son compte le combat de la défense de la Nation en tant qu’expression de la souveraineté populaire.
            Et au premier rang de cette lutte, figure l’affrontement avec l’UE. A mon avis la grande faiblesse du FdG est de ne pas avoir sur dire que si besoin été, il réclamerait la sortie de l’UE, de l’Euro puisqu’en tant que telle l’UE et l’Euro sont totalement incompatibles avec le programme l’humain d’abord.
            Ce faisant, le FdG aurait fait la preuve que l’expression populaire qu’il porte n’est pas négociable, et que la volonté du peuple français ne peut être infirmée par celle des marché : dans une république sociale, l’Etat, émanation de la Nation peut beaucoup. Notamment affirmer la suprématie de l’intéret général sur l’interet particulier. Un tel discours aurait aussi pour effet de montrer que le fond du programme du FN n’est pas de défendre la Nation mais de la diviser à travers son programme xénophobe, et de la soumettre à la l’oligarchie (banque centrale indépendante, paiement de la dette, politique autoritaire...)

            Je note que vous préconisez une réelle indépendance du FdG, et plus particulièrement du PG, du PS. Je suppose que cela doit se traduire en terme de participation au gouvernement.
            Une partie de l’échec au législative repose aussi à mon avis en parti sur le flou sur le soutien du FdG au gvt. On ne peut pas dire que l’on ne votera jamais de motion de censure de la droite...
            Cela serait il le cas si le PS voulait imposer un plan d’austérité à la Papandréou ?

            Rappelons nous que là ou Die Linke c’est compromis avec le SPD, il a disparu. Rappelons nous que le 21 avril 2002 est le résultat de la gauche plus rien, de ses privatisations, du traité de Nice...


            • Xavier Aliot Xavier Aliot 15 juin 2012 04:11

              Merci d’avoir reformulé et précisé le double sens que pouvait revêtir le terme de Nation. En effet, je vous rejoints totalement, le FN est nationaliste au sens xénophobe du terme. Le parti de Gauche, comme normalement tout parti républicain issu des lumières françaises, doit être le garant de la souveraineté du peuple.


              La positionnement du FdG concernant l’Europe n’a pas toujours pu être clairement détaillée, faute de place dans les médias et d’intérêt pour la question. Cependant à chaque occasion qui nous a été donné, nous nous sommes opposés fermement au traité de Lisbonne, que le peuple a rejeté par voie référendaire et que le parlement à fait passer en force avec l’aide des socialistes et notamment d’un certain François Hollande. Nous ne voulons pas plus du Pacte Euro + et de tout ce que nous concoctent les technocrates de la commission bruxelloise. Le Front de Gauche, en proposant une nouvelle mission pour la banque centrale européenne, l’arrêt du dumping social inter-États membres, une réforme du secret bancaire, aurait nécessairement provoqué un blocage des institutions européennes qui se seraient dressées vent debout contre une telle réorientation de la politique de l’union. On ne fait pas l’Europe sans la France.
              Jean-Luc Mélenchon n’a pas cessé durant la campagne présidentielle de marteler ce message. Si ce n’est pas ce que veut la France pour l’Europe, c’est l’Europe qui a un problème, pas la France. Tout cela me parait bien loin maintenant...

              Si je parle plus particulièrement du PG, c’est que j’y milite dans le Gard. Jamais il n’a été ou il ne sera question d’une quelconque alliance avec le PS, ou à la seule condition que celui-ci se rallie à notre ligne politique. La position n’est pas aussi claire pour certains courants minoritaires du PCF, ce qui a et qui aura sans doute pour effet de provoquer de vifs débats au sein du Frond de Gauche. Au PG nous ne souhaitons aucune alliance avec le PS.
              La raison est simple. Même si aujourd’hui, encore beaucoup de nos concitoyens pensent que le parti socialiste est prêt à s’attaquer au capitalisme et à protéger les gens des marchés, dans les faits, il n’en est plus rien depuis 1983. L’orientation pragmatique du PS vise à favoriser la croissance dans un premier lieu, par tous les moyens capitalistes qui existent (niches fiscales, assouplissement des conditions de travail, austérité, etc.) pour dans un second temps redistribuer les fruits qui auraient été éventuellement produits (rien n’est moins certain). Nous refuserons donc de nous associer à tout type de casse sociale ou pragmatisme capitalistique, tout gouvernement de type Hollandréou.

              Sur les motions de censure.
              Il faut 58 députés pour proposer une motion de censure. Autant dire qu’avec 10 députés, ce n’est pas le FdG qui sera en mesure d’en proposer une. Si bien que seul un groupe issu de l’UMP (on imagine mal que cela puisse venir du PS) pourrait proposer une telle motion. Si elle était votée à la majorité absolue, le gouvernement serait contraint de donner sa démission. Nous refusons donc en tout état de cause d’avaliser un stratagème de droite qui viserait à renverser un gouvernement que le peuple s’est choisi par les urnes, bien que l’on puisse en dire long sur les dysfonctionnements et les aberrations du scrutin présidentiel en France. Voilà donc le sens de cet engagement.

            • alinea Alinea 14 juin 2012 14:56

              Je le dis depuis toujours au sein de mon comité : travail de fourmis, opiniâtre, tenace, patient
              Qu’en est-il de votre point de vue dans votre comité ?Vous semblez tout comme moi être très proche du Gard et de l’Hérault ? En ce qui me concerne, je l’avoue tout de go : dès que je parle : black out, silence, mes paroles tombent dans un trou. Me voilà bien seulette !


              • bernard29 bernard29 14 juin 2012 18:19

                Pour la vie deans les comités locaux du PG , parlez en à Ariane Walter . Elle y a trouvé le bonheur ... semble t’il !!


              • Xavier Aliot Xavier Aliot 15 juin 2012 04:22

                Comme je disais dans mon article, il me semble que plus rien ne se passera pour nous à l’assemblée nationale. Dans son dernier billet, Jean-Luc Mélenchon entendait mettre à disposition les forces du front de gauche au service de tout type de manifestations citoyennes visant à dénoncer les aberrations du système. Voilà l’engagement que nous pouvons prendre à l’avenir. Vigilence sur les luttes dans nos quartiers, dans nos usines, dans nos villages et nos villes.


                De notre côté nous commençons dès la semaine prochaine à sonder les territoires pour monter un projet cohérent pour notre ville, républicain, socialiste et écologiste. C’est un travail colossal, difficile, rigoureux, de patience et de tenacité comme vous dite. C’est la difficulté et l’ampleur de la tâche qui suscite le silence et le black-out des plus démunis, nous le sommes tous d’une certaine façon. Il faut avoir de la volonté pour dix pour faire bouger ne serait-ce qu’une seule personne. Je crois que c’est le cas dans de nombreux comités y compris dans le nôtre à Alès-Pays Cévenol. C’est l’état politique dans lequel la France se retrouve qui désole nos concitoyens et les plus motivés d’entre nous qui souhaitent pourtant faire bouger les lignes. 

                Mais peu importe, ne vous découragez pas, n’écoutez pas les bougons, ralliez un ou une camarade à votre cause, puis deux, puis trois, un grand voyage commence toujours par un petit pas ;)

                N’hésitez pas à nous contactez !


              • Dénia 14 juin 2012 20:59

                Très belle analyse. J’avais écrit sur le blog de JLM, dès que le combat fut annoncé, que c’était une ineptie. Je fus censuré et interdit, à ma grande surprise, de tout autre commentaire sur le blog. Décevant, pour une fidélité si sincère. Il me semblait qu’il fallait appeler un chat un chat, et dire, tout bonnement, qu’il s’agissait là d’un parachutage redoutable car l’électeur se défie souvent des parachutés.

                Et que pouvaient en penser les électeurs du grand-sud-ouest qui ont fait député européen JLM ? Face à un PS néo-libéral omniprésent à Toulouse, notamment, et un FN vibrionnant, il y avait là également beaucoup à entreprendre. M. Borgel, le monsieur élections du PS et liquidateur en chef de la gauche plurielle, n’était-il pas candidat en Haute-Garonne ? Enfin, Mélenchon au tapis, ce serait de nouveau, dans l’opinion, le Front de Gauche qui pourrait l’être aussi. Sa voix, à mes yeux, risquait d’en être passablement altérée. Privé de son leader charismatique, de son héraut, de son dynamique porte-parole, la gauche radicale pouvait voir ses idées, ses propositions durablement déniées et oubliées. Aujourd’hui, mes craintes d’alors paraissent malheureusement avérées. Et, alors, - je sais bien, la fin certes peut justifier les moyens : s’afficher aux côtés du « tricheur », du « bras cassé », de l’ennemi des communistes de Carlin, le sieur socialiste Kemel, n’est-ce pas une mascarade ? Doit-on tendre indéfiniment l’autre joue ?

                • Xavier Aliot Xavier Aliot 15 juin 2012 04:30

                  Je suis très amer quant à tout cela pour ma part également. J’attends la fin des législatives et le débriefing général des différents congrés pour réagir. Nous avons intérêt à nous positionner fermement, clairement, et définir une ligne politique aussi claire que celle que nous proposons dans le programme partagé. C’est à cela que nos concitoyens les plus démunis ont adhéré, pas aux invectives permanentes et aux mascarades comme vous le dites bien, franchement peu utiles à notre cause.

                  Je crois que nos commentaires et nos analyses qui se recoupent souvent dans les comités que j’ai croisé ces derniers temps, finiront par remonter aux « oreilles nationales »...

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