• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Symbole de l’insouciance d’une élite, Notre Dame a néanmoins (...)

Symbole de l’insouciance d’une élite, Notre Dame a néanmoins bénéficié d’une chance, ainsi que la France

A la fois abasourdi, en colère, honteux, effondré de voir en direct disparaitre cette pointe de cathédrale, je n’ai pas pensé un instant écrire un article, ni avoir la capacité de l’écrire. Trop de larmes aux yeux. Lorsque les personnes se sont succédées pour m’en parler et souvent me demander mon avis, j’ai à chaque fois répondu que j’étais encore sur le choc et que je n’avais pas les diplômes et l’expérience technique de chacun des métiers concernés par cet incroyable sinistre en plein jour, au centre de Paris, en plein cœur des plus hautes technologies sécuritaires européennes. Cet incendie représente un fort symbole de vulnérabilité de notre civilisation, ancienne, sophistiquée, spiritualisée, scientifique, rayonnante et finalement bien fragile. Une grande leçon s’en dégage.

JPEG

Non, je n’étalerai pas ma peine et ne m’abandonnerai pas aux polémiques politiciennes qui commencent à naître. Y compris sur le fait que tous les délicats et coûteux chantiers industriels investissent en général dans un système de gardiennage humain avec extincteurs préventifs.

 

Par contre, entre ma tristesse et ma colère qui me paralysaient, en analysant la situation, j’ai remarqué deux incroyables CHANCES à travers ce morceau de civilisation partant en fumée : Des citoyens courageux, en uniforme, en tenue civile ou en soutanes (y compris l’aumônier des pompiers) ont spontanément foncé pour sauver tout ce qui pouvait être sauvé de l’intérieur. Des pompiers avec de maigres moyens, non soutenus par des hélicoptères porteurs de ralentisseurs (en poudre ou en mélange liquide) ont pu sauver les deux tours et l’encadrement structurel de l’édifice. C’était limite à cause du risque d’effondrement. C’était splendide de découvrir tout ce qui a été sauvé d’extrême justesse. Pensée aux blessures dans l’équipe des pompiers. Soulagement de n’avoir aucun décès. Preuve qu’avec un élan de bonne volonté et de solidarité, on arrive parfois à palier au manque de moyens pour passer une vilaine épreuve. On va réparer les dégâts. On y arrivera. Comme on a toujours fait à peu près jusqu’ici. Le Président a même dit en 5 ans. Sans ristourne fiscale, ont proposé quelques généreux milliardaires. Mais ce sinistre aurait pu arriver quelques heures plus tard dans la nuit, avec des conséquences plus graves. C’était la première grande CHANCE (à savourer sans retenue).

 

A travers ce coûteux sinistre culturel (pas uniquement financier), je fais un facile parallèle avec un autre coûteux sinistre social tout aussi actuel et source de gâchis. Dans les deux cas, la fumée dissipée doit laisser entrevoir des idées, des solidarités, des solutions, des stratégies, des décisions, bref, de l’espoir d’un MIEUX pour la suite.

 

« La deuxième CHANCE, elle est où ? », s’impatiente mon dernier visiteur, s’attardant sur l’encombrant stock des deux derniers dépliants 4 pages et sur mes doigts hésitant sur mon clavier. « C’est Macron, les Gilets Jaunes et toute la France qui vont peut-être bénéficier de cette deuxième chance, de cette incroyable chance du destin découlant du brasier de Notre Dame ! ».

 

Rien à voir avec le recueillement électoralo-politicien à la Hollande après chaque attentat plus ou moins bien géré (prem’s pour étudier un jour ce qui avait été mal géré pour éviter la répétition de nos impuissances face aux attentats !).

Rien de politicien tout cours.

Je vais expliquer. Calmement.

1) Emmanuel Macron a enregistré une longue intervention monologue de 28 minutes.

2) Il refile une copie vidéo aux médias pour la diffusion du 16 Avril à 20h.

3) Le Président annule la diffusion à cause de l’incendie.

4) Le contenu de la vidéo fuite dans les médias et enclenche des débats télévisés.

5) Les Gilets Jaunes y découvrent des manques par rapport à leurs revendications.

6) Nous aussi, « les bouledogues de la République » de tous partis ou œuvrant dans le think tank « En Marge », nous découvrons que le contenu de nos tracts semble avoir eu une influence « insuffisante ».

 

« La deuxième CHANCE, elle est où ? » grommellent maintenant trois personnes présentes.

Elle est dans le report de diffusion de cette allocution déjà distribuée ! 

En reculant d’une semaine son allocution, Emanuel Macron va pouvoir bénéficier

► d’une semaine de critiques de texte gratos via les débats audio-visuels,

► d’un samedi de plus (un peu plus festif semble t’il) de manif Gilets Jaunes, et

► d’autres distributions de tracts « En Marge » complémentaires,

pour inciter son proche entourage à lui faire améliorer son texte.

Un peu comme si lors d’un examen au Bacc ou à l’université, on t’offrait par miracle 30 minutes de plus pour rendre ta copie de philo, de sociologie ou d’économie. Mais là, ce ne sera pas avec des minutes ou des heures, mais avec une longue semaine pour bien écouter autour de toi, pour bien lire des documents non encore lus jusqu’ici, pour bien réfléchir, pour bien compléter ta copie et obtenir une meilleure note. Grâce à ce dramatique sinistre à l’impact culturel international, Emmanuel Macron gagne non seulement du temps mais sait déjà, à l’avance, où sa copie a des imperfections et des manques.

 

Ce tango médiatique sur une allocution (transmise aux médias mais non diffusée, commentée, critiquée, débattue via les commentateurs puis, par conséquent, sagement refaite) sera donc une formidable CHANCE pour Emmanuel Macron, mais aussi pour la France toute entière, échappant tous deux à un coûteux embrasement social.

 

« Cet optimisme Bisounours semble te faire du bien ! » me dit-on au milieu d’un rire collectif.

« Et s’il ne profite pas de ce délai pour améliorer sa copie ? » rajoute la timide voie inquiète d’une nouvelle visiteuse. Je me retourne lentement, silencieusement, vers maintenant 4 paires d’yeux en attente de ma réponse. Puis je me lève et me dirige tout aussi lentement vers les piles de cartons de tracts « En Marge ». En réfléchissant à ma future réponse, je tapote sur le haut d’une des piles qui encombrent l’entrée du local.

 

Les propositions des citoyens du Grand Débat National sont disparates et parfois contradictoires, sans même avoir la valeur scientifique d’un véritable et sérieux sondage. De leurs côté, les Gilets Jaunes , tiraillés entre, notamment, l’extrême droite, l’extrême gauche et les anars, n’ont pas été capables de s’unir et de proposer solennellement un document collectif. Les partis sont presque tous à la ramasse. Et LaREM est passé d’un très long silence complice de la situation à un brouillon caquetage de basse cour. Dans un tel contexte de pagaille et de désordre potentiel, notre document mérite vraiment d’être diffusé et d’être lu. Certes, comme les pompiers de Paris, on n’a pas d’hélicoptères pour asperger chaque bâtiment institutionnel avec nos documents. On va donc faire comme eux et arroser là où on peux avec nos maigres moyens. Jusqu’au dernier jour de délai, afin d’empêcher un incendie social plus grand. Je termine mon propos en frappant d’un grand coup la pile de papier : « Jusqu’au bout, bordel ! ». Je suis allé me rassoir en ronchonnant, sans croiser le regard de mes visiteurs, en refusant ostentatoirement un petit travail de photocopie du visiteur numéro trois. Il a eu l’extrême gentillesse de ne pas insister, en me réconfortant à haute voix « Il est tard. Je reviendrai demain. Je prends un lot de dépliants pour boiter mon immeuble ». Je me retourne et brise mon injuste attitude d’hôte bourru : « Merci les amis. Je vais le terminer cet article que je ne voulais pas faire. Je vais l’envoyer à Agoravox ce soir même à cause du délai » (c’est-à-dire sans la semaine de relecture collective que l’on me reproche de sauter trop souvent depuis le décès de 14 de nos précieux relecteurs en moins de 5 ans). Montrant à nouveau les cartons de tracts, je rajoute : « Et on doit bien arroser les pare-brise pendant cette semaine de délai inattendue ».

 

Après l’envoi de cet article sur Avox, je vais moi-même améliorer d’urgence notre précédent texte d’appel du 3 Avril, sur les conseils d’une littéraire reconnaissante (nouvelle précieuse connaissance, que j’aurais du rencontrer avant l’impression du premier lot de 10.000 ex !).

 

En conclusion :

Nul n’est parfait. Pour moi comme pour Emmanuel Macron, le travail collectif sera toujours meilleur.

 

Par conséquent, profitons donc de cette fumée dispersée pour faire mieux connaissance, pour mieux échanger, pour mieux nous organiser, pour mieux agir et vaincre les difficultés. Les français (gaulois ou non) sont capables de grandes choses lorsqu’ils arrivent à s’organiser, à s’unir vers des idéaux communs.

Au-delà des cloisonnements culturels, sociaux et politiques qui ont trop souvent affaiblis et appauvris la France depuis 30 ans, que le VRAI grand web-débat « transversal » sur le VRAI changement commence !

 


Moyenne des avis sur cet article :  2.27/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

16 réactions à cet article    


  • Jean De Songy Jean De Songy 18 avril 08:42

    Insouciance ? Vite dit et pratique...

     

    Incendie criminel de l’église Saint Sulpice, 17 Mars :
     
    Les prostitués du mondialisme avaient dans les 5mn dit que c’était un accident...
     
    Notre Dame, l’architecte des bâtiments de France, Benjamain Mouton, ancien conservateur de la cathédrale, qui a mis en place des portes coupe feu et des systèmes de détection, affirme que seule « une forte charge calorique » peut avoir déclenché l’incendie. Une poutre en chêne ne s’enflamme pas comme du papier...
     
    « La protection incendie mise en place dans la cathédrale était à son plus haut niveau »
    « En 40 ans d’expérience, je n’ai jamais connu un incendie de la sorte »
    « L’incendie n’a pas pu partir d’un court-circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant. »

     
    Les prostitués du mondialisme ont dans les 5mn dit que c’était un accident... le don d’ubiquité du Ministère de la Vérité sans doute... où une révélation d’Allah ?
     
    https://www.valeursactuelles.com/societe/paris-saint-sulpice-incendiee-la-piste-criminelle-privilegiee-105030
    https://www.batiactu.com/edito/notre-dame-apres-incendie-rien-n-est-fini-selon-ex-56147.php?%20%0A


    • Jean De Songy Jean De Songy 18 avril 08:54

      Pas de chalumeau ni aucun point chaud, le chantier commençait à peine, juste l’échafaudage à monter... Électricité coupée... personne sur place.
       
      Les prostitués du mondialisme ont vraiment la vision divinatoire....
       
      https://fr.sputniknews.com/france/201904171040786914-notre-dame-paris-chantier-commentaire/


    • baldis30 18 avril 09:14

      @Jean De Songy

      bonjour,
       n’oubliez pas que dans la langue de bois ( encore une histoire de bois ...) officielle matinée d’expressions anglaises le « cas fortuit », alias « cas de force majeure » se traduit en anglais par ...
       ACT OF GOD
       Circulez il n’y a rien à voir ... que des décombres et trois mots anglais suffisent pour que tout le monde comprenne ! 


    • REMY Ronald REMY Ronald 18 avril 09:41

      @Jean De Songy @baldis30

      Bonjour.

      Vous avez raison : La vitesse météoritique de cette « élite insouciante », de cette classe supérieure, à décider pour tout le monde, à affirmer médiatiquement, à la place des experts, avant début de l’enquête, m’a autant sidéré que l’incendie lui-même. Une attitude péremptoire inacceptable pour des « responsables » (responsables jamais coupables de rien). A méditer très très sérieusement...

      Je maintiens cependant que les chantiers délicats, dangereux et surtout coûteux (money is money, moi aussi y’en a parler 3 mots d’english) imposent la surveillance humaine et la présence de moyens anti-incendie. Tous ceux qui prétendent le contraire seront privés de déssert (en priorité nos tout aussi coûteux ENArques incompétents et caquetteurs de très basse courre).

      A+ pour le débat suivant.

      Cordialement.


      • REMY Ronald REMY Ronald 18 avril 10:00

        @Positronique

        Bonjour.

        Attaque aussi « rugueuse » que nous-mêmes, damnés de la Terre, qui nous réveillons parfois années après années sur le bitume, en grognant, apercevant les fils qui dépassent d’un sous-vêtement d’une douce et agréable Marianne aux bras de ses deux ENArques maquereaux à droite et à gauche. Dans chaque courant de pensée du pays, il n’y a pas que des cons. Même chez les ex-Verts (au gouvernement ou sur le macadam).

        Ayant moi-même fauté par d’inutiles virulences qui braquent stérilement au dépend du débat citoyen, je ne t’en tiens pas rancune.

        Il faut orienter notre énergie résiduelle vers les critiques, constructives si possible, avec des idées alternatives et d’action, en laissant de côté les inutiles attaques de personnes (attitude digne de clochards se querellant au bénéfice des EMI : Enarques Maquereaux Incompétents).

        Nos enfants ont besoin de notre réveil, de notre unité et de notre future efficacité.

        A+ pour le(s) vrai(s) débat(s) suivant(s).

        Cordialement. 


        • zygzornifle zygzornifle 18 avril 15:38

          La chance pour Macron ça c’est sur , il va mener le mougeon a l’urne pour veauter pour son parti ....


          • zygzornifle zygzornifle 18 avril 15:52

            Notre Dame comme Terminator s’est auto terminée , lassé de voire passer des curés pédophiles , des faux croyant et souillée par les politiques qui ont posé leurs culs crapuleux sur ses sièges osant même prier leur veau d’or dans ce lieu sacré , de désespoir elle a fait une combustion spontanée .....


            • Paul Leleu 18 avril 18:23

              @zygzornifle

              « combustion spontanée »... Saint Jean serait mort de la sorte


            • JC_Lavau JC_Lavau 18 avril 18:59

              @Paul Leleu.
              Et monté sur le faîte, il aspire à des cendres.

              (Corneille. Cinna).


            • JC_Lavau JC_Lavau 18 avril 19:01

              @JC_Lavau. Oui, c’est là où on trouve :
              Prends un siège Cinna et assieds toi par terre,
              Et si tu veux parler, commence par te taire.


            • sylviadandrieux 18 avril 23:29

              Les pompiers de Paris avec de maigres moyens ???

              Des hélicoptères déversant des machins ralentisseurs ?

              Heureusement que l’on a fait appel aux professionnels et non aux badauds pour éteindre l’incendie. J’imagine sans mal l’horreur qui en aurait suivi. Un peu comme Donald Trump et ses bombardiers d’eau.


              • REMY Ronald REMY Ronald 19 avril 00:16

                @sylviadandrieux
                Bonjour.
                Je ne suis pas spécialiste et me contente des avertissements de pompiers sur d’éventuels sinistres qui concernerait de très hauts bâtiments.
                Le résultat de cet incendie en plein Paris en plein jour en 2019, avec toute la technologie existante, démontre que nous sommes très vulnérables quand il y a un grand nombre d’étages (et encore plus s’il y a un mélange de bois sec et de plomb laissé sans gardien(s) physique(s)).
                .
                Les gardiens de chantiers coûteux et dangereux (d’usage dans les chantiers industriels standards) coûteraient trop cher dans un seul pays au Monde : la France...
                .
                Si elle n’existe pas déjà (donc non appliquée), une bonne loi de circonstance changerait cet évident laisser aller avec la sécurité. Mais si cette loi est proposée par des « Gilets Jaunes En Marge », elle risque d’être rejetée par principe par tous les cons des partis fédérés dans l’impuissante bêtise qui les caractérise depuis 30 ans.
                A+
                Cordialement.


              • Parrhesia Parrhesia 19 avril 09:14

                @sylviadandrieux
                Il est pourtant probable que des hélicoptères porteurs d’eau, équipé ne serait-ce que d’une seule lance de 70 sous pression adaptée, ou de toute autre solution techniquement modernisée, et évoluant ainsi dans les meilleurs angles possibles, modifieraient sans doute l’issue de tout sinistre potentiel dans toute grande métropole.
                C’est une « sacrée » bonne idée à creuser.


              • Parrhesia Parrhesia 19 avril 09:46

                @Parrhesia
                « à creuser », ou à recreuser...


              • baldis30 19 avril 17:59

                @Parrhesia

                hé bé on n’est pas sorti de l’auberge avec des solutions pareilles 
                règles de survol des agglomérations ... de jour comme de nuit
                turbulences liées l’ascendance des gaz et air chauds 
                visibilité de la zone à arroser
                capacité des hélicoptères ...

                 pour être à creuser , c’est à creuser ... auparavant creusez donc quelques tombeaux ...


              • Parrhesia Parrhesia 19 avril 19:58

                baldis30
                Mis à part les règles de survol des agglomérations, règles qui pourraient être probablement revues et corrigées en fonction des cas de force majeure ici considérés, vos trois autres objections ont déjà été étudiées pour la techniques des hélicos bombardiers d’eau… Ils sont régulièrement utilisés hors agglomération.
                Or ici, je ne suggère pas (modestement, si vous voyez ce que cela peut signifier)l’utilisation du bombardement d’eau par hélico, mais l’utilisation éventuelle de lances à incendie à pressions appropriées…
                Et à part cela, comment se présente la récolte des olives en Basse Provence ???

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès