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Accueil du site > Actualités > Politique > Vers une 7ème République ?

Vers une 7ème République ?

S'il est un mot qui caractérise ce début d'année 2013, c'est bien le mot : "crise" ! Crise économique, avec son cortège de misère, de drames, de revendications plus ou moins justifiées et d'insatisfaction quasi générale. Crise politique également, via des électeurs de plus en plus mécontents de leur propre choix mais aussi via des élus "brebis galeuses" qui mettent à qui mieux-mieux des scandales sur le feux. Toute cette cocotte-minute étant bel et bien en train d'engendrer une crise institutionnelle.

Non pas que les institutions ne soient pas respectées mais, dans l'esprit de nombreux citoyens, qu'elles ne soient plus respectables ! Mais qu'est-ce donc qui est en cause ici ? Guère besoin d'aller très loin dans les fondements de la démocratie, c'est tout bonnement la représentativité des élus qui laisse désormais à désirer. Car il ne s'agit pas d'un terme comme les autres ! Le mot "représentant" (du peuple) contient toute la démocratie en soi. Ceux qui sont portés tout en haut portent à leur tour le message du peuple, par définition inaudible sans organisation. Tout naturellement, l'organisation qui semblait la plus adéquate jusqu'à maintenant consistait à désigner des hommes chargés de porter la parole du peuple et à en débattre entre eux. Déjà sans doute hasardeux, quant à la dilution de la parole venant du bas vers le haut, dans une société auparavant fondée sur les classes et relativement fermée sur le monde extérieur, ce système porte aujourd'hui la parole du peuple, ce que chacun pense et souhaite, de manière probablement très fantaisiste jusqu'à l'hémicycle des Lois !

De nos jours, la société française est plus complexe que jamais. Les problèmes à résoudre et les décisions à prendre concernent désormais non seulement la France et les Français, mais aussi la France dans le monde et les Français dans l'Humanité. Face à cet imbroglio de paramètres qui régissent la vie des citoyens, on peut aisément imaginer que les électeurs d'un même "représentant" pensent tantôt la même chose tantôt son exact opposé. Peut-on alors encore parler de représentants ?

Un exemple parmi mille : Les Français se posent-ils la question de savoir s'ils préfèrent 5 000 morts et 10 000 radars sur les routes ou bien l'inverse ? Quand on les prend séparément, avec leur seul impératif quotidien de conserver leur permis de conduire pour tenter de conserver leur emploi, nul doute qu'ils se prononceraient pour la suppression des affreuses "boites à fric" ! La VOLONTE du peuple serait donc, dans ce cas, de ne pas être soumis à la loi de ces radars... mais alors pourquoi leur représentants proposent-ils et mettent-ils en place exactement et de plus en plus l'inverse ? Au delà de l'aspect moral (ou immoral) de cet exemple, force est de reconnaitre que la simple "représentativité" des élus est loin d'être assurée par le système actuel. Le moyen d'y parvenir ? Le recours au referendum pour les "grands" projets et les "grandes" orientations politiques, sociales et sociétales !

Resterait alors à définir et circonscrire le mot "grand" ! C'est évidemment une condition sine qua non ! Car le peuple ne peut pas non plus décider de tout directement, ne serait-ce que pour une question de réactivité lorsqu'il y a urgence. Mais à contrario, on ne peut plus l'écarter systématiquement des grandes décisions et orientations. On peut imaginer qu'aujourd'hui, du fait de pressions morales, comme dans le cas de notre exemple ci-dessus, ou d'un éventuel sentiment de supériorité des élus quant à savoir ce qui est bon ou non pour le peuple, nombre de décisions sont prises qui s'avéreraient peut-être, si l'on s'en assurait, contraires à la volonté du peuple ! Nos représentants auraient alors littéralement perdu leur vocation, justifiant dès lors le passage à de nouvelles institutions faisant la part belle au referendum ! J'entends déjà les craintes... mais point d'affolement, bien pensé, ce système ne créerait pas plus d'instabilité que l'actuel, au contraire, il permettrait de dépasser, de transcender les clivages simplement partisans ou stupidement idéologiques.

Je ne parle nullement d'un recours au "tout referendum", mais à une sorte d'équilibre entre moins de représentants et plus de referendum. Avant d'avoir à nouveau confiance dans leurs institutions et leurs représentants, ce qui est une véritable demande aujourd'hui, il faudra proposer aux français un nouveau modèle de participation à la vie publique, dont ils se sentent non seulement exclus mais trop souvent les faire-valoir. Ce n'est plus possible !

Or le fossé est tel qu'il nous faut faire un grand écart d'imagination pour nous mener directement à une 7ème république, sans même passer par la 6ème, rien que de nom encore trop proche de l'actuelle !


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13 réactions à cet article    


  • citoyenrené citoyenrené 20 avril 2013 08:42

    @ l’auteur,

    article intéressant,
    très bonne réflexion sur le mot « représentant », au double-sens dramatique aujourd’hui

    il est marrant de voir que de telles réflexions ont déjà eues lieues, de Siéyes à Madison

    « Guère besoin d’aller très loin dans les fondements de la démocratie » justement, le concept a peut-être besoin d’être questionné en profondeur

    un Sénat Citoyen, bicamérisme harmonieux, est pour moi (pour Attac et d’autres) la synthèse intelligente, la sortie par le haut
    à voir l’insuccès ou l’indifférence suscitée par cette proposition, je me disais, nombrileux, « le monde n’est pas prêt » (j’plaisante)


    • garuda 20 avril 2013 14:53

      Sauf qu’un bicamérisme harmonieux n’a plus de raison d’être puisque la raison de cette double origine est de limiter les excès de l’une par l’autre.


      Plutôt que le bicamérisme, je préfère une chambre démocratique (c’est à dire désigné par le tirage au sort) et une chambre oligarchique (c’est à dire désigné par le vote). Le dernier mot allant à la démocratie, à savoir la chambre désignée par tirage au sort.

      Ainsi les dérives de l’oligarchie seraient surveillées et bloquées par la chambre démocratique.

    • citoyenrené citoyenrené 20 avril 2013 16:13

      @ Garuda,

      une chambre démocratique et une chambre oligarchique = 2 chambres

      donc du bicamérisme

      de plus, une sénat citoyen serait tiré au sort, démocratique, l’Assemblée Nationale continuerait d’être désignée par vote, oligarchique

      si votre désaccord n’est que sémantique, « chambre » plus que sénat et assemblée

      on devrait pouvoir s’entendre

      « bicamérisme harmonieux » car elles se contrôlent mutuellement, le peuple arbitre en référendum en cas de désaccord, l’ensemble est harmonieux


    • garuda 20 avril 2013 18:09

      @citoyenrené

      > si votre désaccord n’est que sémantique, « chambre » plus que sénat et assemblée

      > on devrait pouvoir s’entendre


      Oui on devrait y arriver smiley


    • pergolese 20 avril 2013 11:30

      J’ai proposé, personnellement, avec le référendum d’initiative populaire stricto sensu un mécanisme que l’on pourrait appeler « l’évocation » référendaire (en utilisant une expression qui relève de la procédure civile).

      Le gouvernement présente un projet de loi au Parlement. Une pétition peut alors être lancée et si elle recueille un nombre suffisant de signatures, le Parlement est alors immédiatement dessaisi et le projet, si le gouvernement entend poursuivre, est alors soumis au référendum.

      Ce mécanisme serait intéressant en cas de réformes « sociétales » comme le « mariage pour tous » précisément.

      De surcroît il faudrait rééquilibrer les pouvoirs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

      Et surtout que l’on arrête avec cette histoire de droit de vote des étrangers aux élections locales que la gauche réclame à cor et à cri, réforme qui n’a aucun sens . On peut même se demander pourquoi elle y tient tant alors que les intéressés, à savoir les étrangers eux-mêmes ne sont même pas demandeurs. A moins que ce ne soit que pour de mauvaises raisons...Electorales par exemple.


      • citoyenrené citoyenrené 20 avril 2013 11:52

        @ Pergolese,

        très bien votre idée de « l’évocation » référendaire !

        pour le vote des étrangers par contre, votre commentaire est surprenant, les métèques n’ont pas droit de cité ? ou s’ils ont droit de vivre et de respirer notre air, ce sont des demi-citoyens ?

        vous leur préconisez aussi une demi-tva ?


      • garuda 20 avril 2013 14:59

        D’accord pour l’évocation référendaire, ainsi que pour la séparation des pouvoirs. 


        Quant au droit de vote des étrangers, c’est tout à fait le genre de questions qui mérite un référendum.
         smiley

      • citoyenrené citoyenrené 20 avril 2013 11:42

        un cadeau pour vous, (et pour ceux qui passeraient devant le commentaire)

        formidable séance du Collège de France sur la « démocratie participative »

        de quoi nourrir la VIe, VIIe, VIIe, IXe, Xe République


        • julius 1ER 20 avril 2013 12:57

          pourquoi pas une 8ie ou une 9ie ????????????????

          c’est comme pour beaucoup de choses, tout dépend du contenu qu’ on lui donne à cette constitution, or ce n’est pas en changeant la constitution que l’on change le contenu économique du pays ou plutôt la nature du régime économique or s’il faut s’attaquer aux problèmes de ce pays c’est d’abord en s’attaquant au système économique en vigueur qui donne trop de poids à la finance et trop de poids aux multinationales, hors de cela point de salut !!!!!!!!!!!

          • garuda 20 avril 2013 15:05

            Après tout qu’importe le chiffre (personnellement, je préfère la république 2.0 smiley )


            Quant à retirer du poids à la finance et aux multinationales, supprimer les élections et les remplacer par des tirages aux sorts pour les députés et les sénateurs serait à mon sens un excellent moyens pour affaiblir le pouvoir de l’argent fou.

            Pourquoi ? 

            Tout simplement parce que le candidat à une élection à besoin d’argent pour sa campagne et qu’il ne l’obtiendra que par des compromis voire des compromissions avec les forces de l’argent fou. D’une certaine façon, la campagne électorale est une véritable école de la corruption.

          • pergolese 20 avril 2013 15:03

            @citoyenrené

            1) Que je sache, il peuvent vivre en France s’ils sont en situation légale.

            2) Ils paient des impôts (mais tout le monde paie des impôts). Mais ils bénéficient des services publics que je sache...Ils n’en sont pas exclus. Ils ont « droit de cité », ont le droit de vitre et « de respirer » notre air, que je sache.

            Et si on va au bout de votre logique, pourquoi ne pas leur permettre de voter également pour le Président de la République ou aux législatives. Et les rendre éligibles bien sûr !

            Pourquoi limiter le droit de vote aux seules élections « locales » ? C’est plutôt mesquin, non ?

            Et vous ne répondez pas à ma question : Pourquoi insister autant alors que les principaux intéressés ne sont pas demandeurs ?

            Nous sommes tous étrangers quelque part. Si je pars demain aux États-Unis pour y vivre, je n’aurais pas le droit de vote et je trouverais cela tout-à-fait normal bien que je paie des impôts dans ce pays dès lors que je bénéficie des services publics comme les citoyens américains.


            • citoyenrené citoyenrené 20 avril 2013 16:20

              @ Pergolese,

              « Pourquoi insister autant alors que les principaux intéressés ne sont pas demandeurs ? » vous leur avez tous demandé ?

              et oui, perso, je suis pour l’élargissement du droit de suffrage aux législatives, aux présidentielles pour quiconque vie depuis 5 ou 10 en France
              « Nous sommes tous étrangers quelque part » oui, d’ailleurs, il y a trop d’étrangers dans le monde diraient les nationalistes obtus


            • louphi 20 avril 2013 15:11

              Paul Canuhese

              « Vers une 7e  République ? (…) Or le fossé est tel qu’il nous faut faire un grand écart d’imagination pour nous mener directement à une 7e république, sans même passer par la 6e, rien que de nom encore trop proche de l’actuelle ! »

              Il y a mieux que la 7e république. Par exemple la 1789e République ! Encore mieux : la République Offshore avec comme empereur de la république Napoléon Canuhese, 100e arrière petit-fils de Jérôme Cahuzac. Qui propose mieux ?

              Moralité : Même la énième république bourgeoise sera toujours la république bourgeoise, c’est-à-dire le sanctuaire de la propriété privée du capital, source de toutes les dépravations, psychologiques, morales, économiques, politiques, etc.

              La révolution communiste de type bolchevique, léniniste-staliniste, surgissant derrière l’horizon viendra balayer tout çà.



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