• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Santé > Ne pas sortir du lit : un symptôme à prendre au sérieux

Ne pas sortir du lit : un symptôme à prendre au sérieux

Clinophilie : De la tendance à la pathologie

De la simple difficulté récurrente à sortir de son lit, à la clinophilie (le fait de rester au lit, la journée, allongé, pendant des heures, tout en étant éveillé), rester au lit alors que rien ne le justifie sur un plan somatique, n'est pas un symptôme anodin. Cette manifestation, dont on sous-estime trop souvent l'importance au point d'oublier de la signaler à son psy, apporte pourtant un matériel précieux à ce dernier pour comprendre ce qui se passe pour le patient.

A lire aussi : http://www.topclinique.ma/blog/article.php?p=1&article=1544

Clinophilie De la tendance à la pathologie

LezAPe - Articles psychologiques sur les comportements de l'enfant
Il se consumera, puis s'effondrera !

La difficulté ou l'impossibilité de sortir de son lit peut être soudaine et terrassante pour une personne qui la veille, était pourtant très active. Qu'a-t-il pu se passer durant la nuit pour que cette personne se réveille différente ? En cas de burn-out par exemple, il peut y avoir un effondrement brutal qui fait que le sujet passe de l'hyperactivité à l'apathie la plus totale. Comme son nom l'indique, burn-out signifie se consumer, brûler de l'intérieur. Alors qu'une accumulation de stress agit insidieusement, le sujet ignore que ce syndrome d'épuisement professionnel aura raison de sa volonté dans quelques heures au moment où il se réveillera. Il s'effondrera psychiquement, entraînant le corps tout entier dans cet effondrement. La nuit aura alors été comme un relâchement fatal.

Ne plus être en capacité de sortir de son lit sans pouvoir se l'expliquer, sera le symptôme très parlant de quelque chose de cassé en soi, comme un objet que l'on aurait sur-sollicité et qui serait logiquement immobilisé pour cause de panne. 

Différentes manifestations

Ne pas sortir de son lit peut aussi ressembler à une mauvaise habitude, une sorte de flemmardise affichée, mais qui masque en réalité l'installation pernicieuse d'une dépression, ou même l'aggravation d'un trouble bien plus grave comme la schizophrénie.

> Le sujet souffre dans la dépression d'une perte de l'élan vital qui peut en effet s'installer progressivement et se manifester en premier lieu par la recherche d'une position allongée et le prolongement de cette position. Quelque part, lorsque le sujet prolonge ainsi son temps onirique, il parvient à échapper à une réalité stressante et désespérante qu'il est las d'affronter durant son temps d'éveil. Il se réfugie donc dans un sommeil protecteur qui lui permet de retarder son retour dans le monde réel.

> Concernant la schizophrénie, la clinophilie s'inscrit dans un syndrome catatonique (dérèglement de la sphère psychique et motrice) comprenant du négativisme, c'est-à-dire une attitude de refus où le sujet s'isole, reste allongé, prostré, refusant toute sollicitation, l'agressivité pouvant même survenir si l'on insiste trop.

Autres cas  : Le comportement d'opposition des jeunes sujets qui ne peuvent se montrer autonomes pour le réveil doit aussi questionner. Il est généralement acquis dans leur esprit que leurs parents doivent faire office de réveil-matin, témoignant d'une forme d'immaturité où ils vont jusqu'à se décharger de l'obligation de se réveiller pour assumer leur journée. Leurs parents s'y prennent souvent à 10 reprises, puis sont obligés de les coacher pour qu'ils parviennent à enchaîner les tâches qu'ils ont à faire jusqu'à leur départ à l'école. Pour les pires cas, il arrive même que ces jeunes souvent retardataires, refusent de se lever, désespérant des parents lassés de faire le tampon entre eux et l'école (ou autres institutions). Il faut comprendre dans cette situation, que ce symptôme est la résultante d'un "glissement" qui remonte à plusieurs années, et qu'une simple colère ou punition ne pourra le faire disparaître.  

Un entourage déboussolé

Un.e enfant, adolescent.e, ou jeune adulte, qui resterait "de plus en plus" allongé.e dans son lit est donc un signe qu'il ne faut pas sous estimer. S'il persiste, il faut alors envisager de consulter un.e psychologue ou un.e psychiatre. S'agit-il d'un mal être passager ? Y a-t-il un problème somatique solutionnable qui leur permettrait de pousser un ouf de soulagement ? Différentes explications sont possibles, mais les proches généralement trop angoissés par cette manifestation préoccupante ont rarement le recul nécessaire pour comprendre ce qui se passe.

Déboussolé, cet entourage peine à dater le début du trouble tant il s'est installé progressivement, et ignore souvent que cette "mauvaise habitude" qui a viré à la paralysie, n'est pas un signe isolé mais fait partie d'un ensemble de signes. Car à bien y réfléchir en effet, on s'aperçoit que le.la jeune en question parle moins, a cessé telle ou telle activité, se sent triste, bref, va mal. Et comme pour le burn-out, il faut considérer que ce syndrome s'est formé et renforcé au fil des mois voire des années, à bat bruit, alors que les proches pensent en général que cette difficulté est récente et déconnectée du passé. En psychologie, rappelons nous que la majeure partie des troubles manifestes prennent leur source dans des évènements passés et répétés.

https://www.jeanlucrobert.fr

Auteur de : 

Ma vérité sur l'autisme

LezAPe : La face cachée de la psychologie de l'enfant

L'ENFANT : L'instrument du Conflit Parental


Moyenne des avis sur cet article :  2.73/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

19 réactions à cet article    



    • le symbole est clair : La belle se pique et voit du sang sur son doigt (j’ai mes règles, je deviens une femme,...).Etape que parfois il faut franchir ensommeillé..... Le tout est de distinguer... Ou réparation du trauma par le sommeil. Raison pour laquelle les psychiatres un temps de l’histoire de la guérison mentale pratiquaient des cures de sommeil.... L’hyper-activité est tout aussi inquiétante.....(TDAH).


      • Albert123 8 octobre 09:26

        « Un.e enfant, adolescent.e »


        grillé, merci de votre comprehension, bonne journée, passez la bise aux détraqués


        • @Albert123 simple raccourci. Il n’a pas écrit enfante...


        • Jean-Luc ROBERT Jean-Luc ROBERT 8 octobre 10:49

          @Mélusine ou la Robe de Saphir., Merci pour votre commentaire. Comme vous l’avez compris, j’aurais pu écrire enfante, mais il faudrait aussi peut-être que M. @Albert123 s’intéresse au fond du propos que je tiens. 


        • @Jean-Luc ROBERT enfante pourrait s’entendre comme enfanter....ambï
          guiter...


        • Albert123 8 octobre 16:31

          @Jean-Luc ROBERT

          le fond de votre pensée est determiné par les mots que vous utilisez pour le formuler.

          l’aspect prétendument pratique de l’écriture inclusive pour en justifier l’usage est un faux prétexte.


        • Jean-Luc ROBERT Jean-Luc ROBERT 8 octobre 22:20

          @Albert123, Notez quand même que tout l’article n’est pas écrit en écriture inclusive. Il n’y a que 2 mots.


        • Albert123 9 octobre 09:49

          @Jean-Luc ROBERT

          le diable est toujours dans les détails.

          et les temps actuels réclament une radicalité intellectuelle qui soit totale face à la guerre qui nous est menée.

          en bout de piste c’est la pérénité ou la fin de l’humanité qui est en jeu. ni plus ni moins.


        • Loatse Loatse 8 octobre 11:15

          J’ai sans doute été un mauvais parent. Refusant de « trainer de force chez le psy », mon jeune adulte qui n’en voyait pas la nécessité et ne considérait pas comme « anormal » ni même dommageable pour lui, de roupiller jusqu’à midi plutôt que d’enchainer école, diplôme, vie professionnelle ou formation et ce, sans acoup ni période de « flottement »...

          D’indécision serait le mot qui convient le plus.

          Il n’y avait pas d’idées noires qui flottaient dans ce jeune crane. Pas d’idées du tout (de ce qu’il allait faire de sa vie) voilà ce qui définissait son état. L’appétit était tout de même au rendez vous lui (c’est déjà ca me disais je)

          Non adepte de la méthode « coup de pied au cul » (quoique..), j’ai alors opté pour ma méthode, celle de la simulation.

          avec quelques ratés au début... tels que :

          La ballade du dimanche après midi en famille, qui, par hasard, nous amenait du coté de ce champ ou était exposé toutes sortes de véhicules de l’armée de terre, dans lesquels nos jeunes démotivés étaient invités à grimper...

          L’accueil chaleureux des collègues et du patron dans l’entreprise paternelle (commercial, c’est sympa comme métier ! semblait exprimée la mine réjouie des anciens briefés pour l’occasion

          Parfois une petite lueur d’intérêt semblait poindre, un zeste de dialogue, une réflexion semblait s’amorcer puis faire « spuittttt ! » tel un pétard mouillé quelques heures plus tard.

          C’est alors que me vint une idée lumineuse (qui le fit beaucoup râler, mais bon).. J’empruntai le gros chien d’un ami, très affectueux (le chien et l’ami) très joueur (le chien), que je ramenais chaque matin à heure raisonnable (9 heures) des courses.

          Bruits de papattes qui courent dans l’appartement (prévoir baballe), jappements (de joie) puis entrée de la thérapie cognitive à poils  en mode frotte-toi au reel ou plutôt l’inverse) dans l’antre du dormeur sous divers prétextes (j’ai fait du café, tu en veux ? Tu n’as pas trop chaud ?)...

          Après plusieur jours (en fait une bonne dizaine) de ce régime à base de léchouille, calins, tirage de couvertures (cet humain semble vouloir jouer à cache cache devait se dire le joyeux animal), se produisit la réaction tant espérée de retour à la motivation (même si celle ci s’avérait être d’évitement d’un réveil pas vraiment dans les normes je dois l’avouer)

          Bon, je crois bien ne rien avoir inventé. Des années plus tard, j’ai découvert dans le livre de david servan shreiber (guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments) que le contact humain animal faisait partie de son approche thérapeutique de divers maux tel que le malaise existentiel aujourd’hui largement médicalisé..

          Des années plus tard, il nous arrive de parler de ma « méthode » (c’était tout de même space ! conclut invariablement mon fiston. J’approuve.... me retenant toutefois de rire au souvenir d’une grosse langue rose léchouillant avec enthousiasme, ce qui débordait du « cocon » (une joue, un front)

          On fait comme on peut... avec les moyens du bord, heing ! ;)


          • Tesseract Tesseract 8 octobre 18:55

            @Loatse
            Excellente toutouthérapie !


          • Jean-Luc ROBERT Jean-Luc ROBERT 8 octobre 22:24

            @Loatse, merci pour ce beau témoignage. Oui, l’animal peut être une aide précieuce en ces cironstances.


          • Pauline pas Bismutée 10 octobre 13:12

            @Loatse
            Je passe un peu tard mais souscris totalement à tout ce que peut apporter un animal (la nature en général mais bon, ça serait un peu long…)

            D’ailleurs beaucoup d’expériences de personnes fragiles en contact avec des animaux sont très positives (enfants autistiques/chevaux, vétérans/chiens..)

            Coincée dans une galère pas possible à cause du Covid (le froid, très, très peu de nourriture etc…) j’avais bien eu quelquefois la tentation durant ces longs mois de rester « au lit » dans un très relatif confort, plutôt que d’affronter de longues journées vides…

            Mais cela n’est jamais arrivé, et je suis reconnaissante au chat du voisin d’avoir veillé sur moi, en me rendant des visites régulières, agrémentées de cadeaux pas vraiment adaptés à mon régime bien maigre mais obstinément végétarien (souris, oiseaux…pas le régime mais les présents, vous aurez compris) mais, c’est bien connu, seule l’intention compte, (mais je crois qu’il a fini par comprendre).

            Un peu de second degré, c’est sûr, mais c’est bête, à maintenant des milliers de kilomètres de cette boule de poils bienveillante, j’y pense quelquefois… 

            PS à l’auteur ; l’écriture soit disant inclusive…pitié..


          • alinea alinea 8 octobre 12:26

            Vous videz votre armoire ? Vous êtes pressé à en oublier que vous prenez la moitié de la page modé ?

            Sur ce site, c’est comme dans les villages, nous arrivent des lotissements pleins de citadins qui le valent bien ?

            Ce monde est plein de gens uniques au monde et seuls ! quelle tristesse.


            • Albert123 8 octobre 18:12

              @alinea

              « Ce monde est plein de gens uniques au monde et seuls ! quelle tristesse. »

              quel bonheur surtout !!!

              sauf si vous préférez les amas de clones dociles en troupeau


            • zygzornifle zygzornifle 8 octobre 13:59

              ça dépend avec qui on couche ....


              • Samson Samson 8 octobre 20:39

                Merci pour toutes vos précisions !

                En vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


                • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 9 octobre 09:48

                  Le sujet aurait pu être intéressant, mais il finit par être illisible car le français conventionnel n’est pas respecté et détruit tout le sujet car on ne voit plus que cela.

                  C’est comme une femme qui porte un voile en public. Une agression qui dit aux autres, je ne veux pas vivre et m’adapter à vos normes sociales, et je suis plus proche de ma secte, ma religion, ma minorité gauchiste que de la société qui m’entoure. Je ne vous respecte pas.

                  Ce communautarisme nauséabond a vouloir voir des inégalités là ou il n’y en a pas est pénible. L’utilisation du masculin est une convention, cela n’a rien de péjoratif sauf dans la tête des sulfureuses minorités agressives gauchistes qui veulent le lire comme cela.


                  • wagos wagos 9 octobre 10:55

                    Un solide coup de pied au cul pour les tire au flanc....méthode rustique certes, mais efficace....

                    Nos sociétés à force de trop s’écouter on encouragé les gens à la paresse et à gémir ;

                    Un peu trop facile ça...jouer le ou la rebelle sous prétexte que l’on est incompris par la société !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité