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Accueil du site > Actualités > Santé > Protection rapprochée

Protection rapprochée

Préférons le principe de solidarité à l’argument stérile de la peur, pour protéger les autres des risques de contamination au covid-19.



Imaginez qu’on sonne à votre porte, tandis que vous regardez tranquillement la télévision (une émission de variétés, par exemple, ou un talk-show, ou même un film). Vous vous levez, vous ouvrez et vous trouvez Gérard Depardieu planté là, devant vous. Vous ne le connaissez pas, lui ne vous connaît pas, aucune de vos relations ne le connaît. Il est tout seul, il vous salue. Quelle est votre première réaction, une fois que vous avez vérifié qu’aucune caméra n’était cachée à un kilomètre à la ronde ? L’incrédulité. On vous fait une farce, ce Gérard Depardieu est un faux, il est un sosie. Il ne peut pas être ce Gérard Depardieu que vous voyiez justement à la télévision au même moment.

Eh bien, pour certains, le coronavirus SARS-CoV-2 joue le rôle de Gérard Depardieu. Ce n’est pas une question de manque d’intelligence, ni une question d’ignorance, d’insouciance ni d’inconscience. Il y a juste une séparation très étanche entre ce qu’on peut regarder à la télévision, ce qui se passe dans le "monde", et sa petite vie personnelle, et l’on imagine mal les interconnexions.

C’est ainsi que durant ces dernières semaines, beaucoup de personnes qui ont eu des symptômes de simple rhume, par exemple (petite fièvre et toux), ont mis plusieurs jours avant d’imaginer l’hypothèse qu’elles pouvaient être infectées au covid-19, et cela malgré le matraquage pourtant généralisé et durable des médias. C’est comme les crimes (cela se passe à côté de chez vous), on emmagasine l’information de manière très théorique, très abstraite, et on la coupe de la réalité personnelle. En revanche, dès qu’il y a perte de goût, comme c’est très singulier, il y a prise de conscience et esprit de responsabilité. Mais plusieurs jours ont ainsi été perdus. Inconsciemment, on croit toujours passer au travers des gouttes. D’où, en ce moment, l’avantage sanitaire des personnes hypocondriaques.

Pourquoi ai-je ainsi évoqué l’épidémie ? Parce qu’il n’y a qu’il y aurait environ 5% de personnes contaminées au niveau national, soit, environ 10 à 20% personnes touchées, de près, par l’épidémie (elles et leur entourage). Pour les autres, c’est donc très théorique. On le voit bien dans les interventions dans les médias, on voit immédiatement ceux qui en parlent de manière théorique et ceux qui, d’une manière ou d’une autre, en sont touchés (et les soignants hospitaliers le sont, évidemment). Dans certains territoires, en Aquitaine, en Bretagne, etc., le taux de contamination est si faible (moins de 1% de la population) qu’on peut comprendre que leurs habitants ne se sentent pas vraiment concernés par le coronavirus (les foyers à Église-Neuve-de-Vergt, Chauvigny, Fleury-les-Aubrais, etc. montrent que les risques sont pourtant réels même sur des territoires où le virus circulerait peu).

C’est un peu le problème des gestes barrières, des mesures de distanciation physique et des masques. Quand on ne se sent pas concerné, l’on n’est pas très rigoureux sur cette pratique qui est pourtant la plus efficace pour éviter la propagation du virus. Nul doute que depuis le début du déconfinement, le 11 mai 2020, les gestes barrières sont généralement assez bien appliqués, ou plutôt, beaucoup mieux appliqués qu’avant le confinement, durant la première quinzaine de mars 2020, où il y a eu une envolée de la contamination (ce qui a nécessité cette mesure d’urgence qu’était le confinement pour enrayer la progression).

Il suffit de regarder comment chacun, y compris moi-même, nous avons réagi lorsqu’on a commencé à parler des gestes barrières. Ne plus faire la bise quatre fois (parce que dans sa région, c’est quatre fois, dit-on souvent) à la charmante jeune collègue, ne plus toucher l’épaule ou le bras de son interlocuteur pour appuyer sa démonstration, ne plus serrer la main comme si on était fâché… Toute une culture sociale à revoir, tout un "logiciel" relationnel à reprogrammer. Ce n’est pas évident.

Selon mes souvenirs, les recommandations des gestes barrières et distanciation physique ont été annoncées la dernière semaine du mois de février 2020. Nul doute que les grandes structures, publiques et encore plus privées, ont été très rigoureuses dans le respect de ces consignes. Rappelons que la loi est très sévère sur la responsabilité pénale des chefs d’établissement et si les mesures préventives n’ont pas été mises en place, cela peut se retourner contre les dirigeants, mesure de responsabilité assez stressante mais très efficace sur les statistiques des accidents du travail. Ainsi, le droit de retrait (invoqué bien avant la période de confinement) par certains salariés (notamment des chauffeurs de bus scolaires) n’est valable que si l’employeur n’a pas mis en place les mesures nécessaires (les consignes sanitaires édictées par le gouvernement).

Mais dans les relations interpersonnelles, quel qu’en soit le cadre, professionnel, associatif, amical, familial, etc., c’est du ressort de la responsabilité individuelle. En ce qui me concernait, j’ai eu deux ou trois jours "flottants". Je saluais en disant que je ne serrais pas la main, mais si mon interlocuteur me tendait la sienne, je la lui serrais quand même, un peu par réflexe pavlovien et aussi parce qu’il est très difficile, humainement, de refuser une main tendue. Après ces quelques jours de flottement, je suis devenu beaucoup plus ferme et j’ai gagné ma capacité à refuser la main tendue (ou pire, la joue tendue). C’est le temps d’une prise de conscience, plus ou moins long en fonction des individus, de leur histoire, de leur culture.

La réaction habituelle de négliger ces gestes barrières (je ne parle pas de se laver les mains, car pour moi, ce n’est pas un geste barrière, c’est de la simple hygiène : je me suis toujours lavé très souvent les mains même hors période d’épidémie), c’était de se dire : "même pas peur !". Une réaction plutôt masculine, voire virile. J’ai noté en effet que les femmes ont réagi positivement beaucoup plus rapidement que les hommes aux gestes barrières (peut-être que certaines d’entre elles ont apprécié d’éviter ainsi les embrassades baveuses de collègues pas très attirants). Moi non plus, je n’avais pas peur.

Ce sentiment d'invulnérabilité est cependant très dangereux. Dans sa chronique du 19 mai 2020, le journaliste Daniel Schneidermann relatait un fait historique appris dans les médias : « Troisième fils de François Ier, Charles II d'Orléans est surtout passé à la postérité par les circonstances de sa mort. En campagne contre l'Anglais dans le Boulonnais en 1545, et mécontent du logement qui lui était réservé, il réquisitionne une demeure dans laquelle huit personnes venaient de mourir de la peste. La peste ? "Jamais fils de France n'est mort de la peste" fanfaronne le prince. Il se roule en riant dans les lits des défunts et, à en croire le nonce du pape qui relate l'histoire, organise une bataille d'oreillers avec ses compagnons d'armes. Il meurt de la peste quelques jours plus tard. » ("Arrêt sur images").

C’est ce paradigme qui a fait qu’il y a une incompréhension sur les gestes barrières. Ne croyez pas que c’est un problème d’égoïsme ou d’égocentrisme. Non, c’est un problème de manque d’imagination. On comprend bien qu’il ne faut pas se toucher pour ne pas propager le virus, mais on ne l’imagine que dans un seul sens : que le virus vienne de l’autre vers soi. Pourquoi ? Parce qu’on n’imagine pas être soi-même porteur du virus, même si on sait qu’il existe une proportion élevée de personnes infectées asymptomatiques, c’est-à-dire qui ne présentent aucun symptôme de la maladie (je ne sais pas si, aujourd’hui, on peut les appeler des "porteurs sains").

Résultat, on n’a pensé que dans un seul sens. Si je respecte les gestes barrière, c’est parce que je ne veux pas attraper le virus, et, par extension, je ne veux pas que ma famille, le cas échéant, en tout cas, tous ceux avec qui je vis sous le même toit, en soient infectés (par moi). Ainsi, les personnes qui vivent à plusieurs font plus attention que ceux qui vivent seuls en se disant : moi, même pas peur, mais pas question de transmettre le virus à ma famille, donc je fais attention. Mais même avec une famille, l’esprit reste le même : se protéger du virus qui vient de l’extérieur.

C’est un peu comme la vitesse sur les routes. Les chauffards roulent comme des fous du volant plus aisément lorsqu’ils sont seuls dans la voiture. S’il y a un conjoint, a fortiori une famille avec des enfants, l’esprit de responsabilité l’emportera plus aisément sur l’extase de la vitesse. Cela suppose évidemment qu’ils ne pensent pas aux autres, à ceux qu’ils pourraient croiser sur la route dans leur course folle.

Dans ce paradigme, le seul argument efficace pour faire respecter les consignes sanitaires est donc le sentiment de peur : j’ai peur d’attraper le virus, j’ai peur que ma famille l’attrape, j’ai peur de faire partie (éventuellement) des personnes vulnérables (qui ne sont pas seulement les personnes de plus de 70 ans ; des adolescents en meurent aussi, et beaucoup de quadragénaires et quinquagénaires en bonne santé, sportifs), etc. Mais cet argument peut être, au contraire, contreproductif, puisque d’autres disent justement "même pas peur !" ou même (c’est le cas pour des fumeurs, des mangeurs de bonne chair, et ils ont peut-être raison) : "faut bien mourir de quelque chose !".

La peur n’a jamais été l’argument idéal parce qu’il est basé sur la contrainte et sur la crainte. C’est un argument négatif. Il n’apporte aucune visibilité, aucun horizon, aucune solution. Or, pour cette épidémie, il y avait un autre argument beaucoup plus efficace et universel, mais à condition de changer de paradigme.

En effet, dès la fin du mois de février, respecter les gestes barrières n’était pas une question de peur ou de pas peur de recevoir le virus, c’était plutôt le risque que moi-même, je pouvais être porteur du virus et donc, les gestes barrières n’évitaient pas ma contamination, mais la contamination de mon interlocuteur. En prenant les choses à l’envers, comme il est possible d’être asymptomatique, on pouvait plus facilement se convaincre de respecter ces gestes : par esprit de responsabilité, et surtout, de solidarité. En particulier chez les plus jeunes. Au lieu de toucher le copain qu’ils peuvent croiser, ils pensent plutôt que s’ils lui transmettaient le virus, celui-ci pourrait contaminer leurs parents voire grands-parents qu’il va voir le week-end.

Pendant le confinement, les médias ont mis en avant la solidarité avec le personnel soignant, pour éviter de saturer les services de réanimation. L’idée est juste, mais beaucoup trop théorique, le passage entre les services hospitaliers très abstraits et la rencontre très concrète avec un ami, c’est le même fossé que Gérard Depardieu qui sonne à ma porte. En revanche, si je peux m’imaginer en train de contaminer les parents d’un ami, je ferai évidemment beaucoup plus attention.

Nous sommes maintenant en période d’après-confinement. Près de 30 000 personnes sont mortes en France du covid-19, peut-être beaucoup plus si l’on prend ceux qui sont morts à domicile, et le paradigme, à mon sens, a encore très peu évolué. Maintenant, ce ne sont plus les gestes barrières qui sont en question, ils sont généralement appliqués, mais le port du masque.

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On se doute bien que si le port du masque n’est pas obligatoire dans tout l’espace public, c’est simplement parce qu’on ne peut pas exiger une chose concrètement impossible : cela signifierait en gros qu’il faudrait entre 65 et 130 millions de masques chaque jour, pour les masques à usage unique. Depuis quelques jours, heureusement, il n'y a plus de pénurie (les rayons dans les magasins ne sont plus dévalisés). Je ne m’étends pas sur les raisons de la pénurie qui, il faut vraiment le marteler, n’est pas spécifiquement française. Indépendamment de ce problème de pénurie qui tend néanmoins à se régler, le port du masque est loin d’être généralisé.

Comme je le disais, on en reste avec le paradigme de la protection personnelle. Beaucoup pensent encore que le masque sert à se protéger du virus, ce qui est faux. Ce n’est valable que pour les masques FPP2, qu’utilise le personnel soignant et qui sont relativement rares. Au mieux, le grand public dispose de masques chirurgicaux ou (au pire) de masques dit "alternatifs", "grand public", voire cousus par une charmante "aïeule" (bravo à toutes ces couturières le cœur sur la main et l’aiguille dans l’autre, pour certaines heureuses de participer à l’effort national de lutte contre le virus).

Car l’absence du port du masque reste encore avec les mêmes arguments que le refus des gestes barrières en février et début mars : "même pas peur" (d’attraper le virus). Sauf que ces masques n’empêchent pas du tout d’être infecté. Il est un moyen de protection …des autres, pas de soi. C’est cela qui est important de rappeler : comme les gestes barrières, le masque évite de contaminer les autres, car on peut être contaminé soi-même sans le savoir. Principe de solidarité et pas sentiment de peur (souvent inefficace).

On conçoit que dans cette perspective, c’est un exemple essentiel de responsabilité individuelle qui a des conséquences sur le collectif, sur la santé publique. Chacun peut se moquer des consignes sanitaires (ce n’est pas demain qu’on recrutera un policier derrière chacun de nous pour les faire respecter). C’est ce principe de confiance qu’énonçait Édouard Philippe dès le 28 avril 2020, mais pas confiance dans la peur de ses contemporains, non, confiance dans leur esprit de responsabilité et dans leur souhait de solidarité.

Du reste, c’est une responsabilité individuelle aussi importante que pour les vaccins : le refus de se faire vacciner n’a pas eu seulement des conséquences sur les personnes qui l’ont refusé, mais sur d’autres personnes qui en ont souffert parce que le virus en question (en fonction des vaccins) a pu mieux circuler : ne pas seulement penser à soi et imaginer jusqu’au bout les conséquences de sa liberté individuelle, c’est un conseil que je proposerais notamment à ceux qui se vantent de vouloir l’intérêt collectif, un affichage permanent qui, concrètement, par l’absence de petits gestes anodins, n’est pas forcément suivi des faits.

Aujourd’hui, on est loin d’en avoir fini avec l’épidémie du covid-19. Rien que pour la journée de ce lundi 25 mai 2020, 90 décès supplémentaires à l'hôpital ont été déplorés en France, et cela hors EHPAD. Certes, le recensement n’est pas très régulier, cela oscille au fil des jours de congé des administratifs, et il y en a quelques-uns en mai, mais globalement, la descente des courbes (hospitalisations, personnes en réanimation, personnes décédées) est heureusement réelle mais reste très lente.

Alors, gardons prudence lorsqu’on ne reste pas chez soi. J’essaie d’éviter de dire : protégeons-nous, mais plutôt, protégeons les autres, adoptons les consignes sanitaires qui freinent la circulation du virus. En d’autres termes, pensons simplement aux autres, à leur vie qui mérite autant que les autres d’être préservée, même s’ils sont âgés, même s’ils ont d’autres problèmes de santé, leur vie vaut autant que la vôtre, que la mienne.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 mai 2020)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
La Charte de déontologie des métiers de la recherche (à télécharger).
"Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of covid-19 : a multinational registry analysis" (la publication dans "The Lancet" à télécharger).
Hydroxychloroquine : l’affaire est entendue…
Madagascar : la potion amère du docteur Andry Rajoelina contre le covid-19.
Rapport de Jean Castex sur le plan de déconfinement le 6 mai 2020 (à télécharger).
Les attestations nécessaires pour les transports après le 11 mai 2020 (à télécharger).
Tout savoir sur le déconfinement à partir du 11 mai 2020.
Protection rapprochée.
Discours de Claude Malhuret le 4 mai 2020 au Sénat (texte intégral).
Covid-19 : les trois inepties du docteur Claude Malhuret.
11 mai 2020 : Stop au covid-19 ! (et traçage ?).
Discours du Premier Ministre Édouard Philippe le jeudi 7 mai 2020 à Matignon sur le déconfinement (texte intégral).
Professeur mégalo (vidéo).
Covid-19 : où est l’Europe de la Santé ?
Michel Houellebecq écrit à France Inter sur le virus sans qualités.
Unitaid.
Déconfinement : les départements verts et les départements rouges, la confusion des médias…
Didier Raoult, médecin ou gourou ?
Le déconfinement selon Édouard Philippe.
Covid-19 : le confinement a sauvé plus de 60 000 vies en France.
Du coronavirus dans les eaux usées ?
Le covid-19 n’est pas une "simple grippe"…

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7 réactions à cet article    


  • Roubachoff 27 mai 00:05

    Premier geste barrière pour se protéger de la connerie : ne jamais lire les articles de cet (?) auteur. En cas de contamination accidentelle, on conseille la bithérapie suivante : 2/3 de Raoult et 1/3 de Bernard Friot. Si des nausées surviennent, ce n’est pas un effet secondaire des médicaments, mais un symptôme classique de la maladie. S’alarmer uniquement en cas de vomissements, signe d’une infection répétée (car, hélas, un seul contact avec l’agent infectieux ne suffit pas à immuniser les sujets). Mais ne perdons pas espoir, la découverte d’un vaccin est possible, bien qu’improbable. 


    • Emohtaryp Emohtaryp 27 mai 01:37

      http://www.francesoir.fr/societe-sante/la-science-de-la-pandemie-science-collaborative-acte-2

      INTERVIEW EXCLUSIVE : Marcos Erbelin, Professeur de Chimie, leader d’un collectif brésilien de 300 personnes, qui a écrit une lettre ouverte sur la science. Il a répondu à nos questions et nous publions cette lettre assez incroyable sur leur vision de la science ainsi que l’étude récente publiée dans The Lancet qui tend à décrédibiliser l’hydroxychloroquine comme un traitement contre le Coronavirus. 

      .

      De l’autre côté de l’Atlantique Sud, le Brésil, des conditions différentes, un pays fortement touché par la pandémie, où le très décrié président Jair Bolsonaro décidait en faveur de l’hydroxychloroquine.  Ses détracteurs politiques contrôlent les médias (Globo) et s’opposent à l’hydroxychloroquine farouchement brandissant la même étude de The Lancet pour disqualifier ce médicament. Un autre collectif, là de spécialistes, de médecins, de chimistes, de biologistes, plus de 300 personnes dans un pays où la liberté d’expression est moindre qu’en France. Ce collectif utilisant les mêmes techniques que le groupe français, s’offusque, se rebelle et publie une lettre ouverte.

      Francesoir : Nous avons pu parler avec le représentant du collectif Marcos Eberlin. 22h21 un email, 23h00 une conférence téléphone pour lui demander l’autorisation de traduire et reproduire cette lettre et répondre à nos questions. Pas besoin de présentation, on rentre dans le vif du sujet

      ME : Je représente un collectif de 300 personnes scientifiques qui se sont offensées des pressions des médias et des opposants à la décision du président de soutenir l’hydroxychloroquine (ndlr il parle de la bithérapie du professeur Raoult) comme traitement contre le Covid-19

      FranceSoir : qu’est-ce qui vous a poussé à écrire cette lettre ouverte ?

      ME : Au Brésil dans notre collectif de scientifiques, d’horizons divers avec un objectif « professons la liberté », nous avions beaucoup de docteurs qui soignaient les patients sur le terrain et qui avaient une expérience de la vie réelle. Ils partageaient avec notre groupe leurs retours d’expérience du terrain. Nous avions des chimistes, des biologistes, des statisticiens de virologistes, tous essayaient ensembles de comprendre les impacts du Covid 19, les traitements, dont l’hydroxychloroquine et le confinement.

      Pour l’hydroxychloroquine, nous avons tous été choqués par la résistance que cela générait en France, alors qu’il y a un des meilleurs experts au monde en virologie et épidémiologie. Nous avons aussi regardé ce qui se passait aux USA.

      FS : mais qu’est-ce qui a déclenché cette lettre ?

      ME : Nous avons regardé les études diverses et variées, comme tous les chercheurs et experts. C’est une science itérative la médecine.  Vous savez au Brésil des épidémies nous en avons eu (Zika…) nous sommes donc assez habitués et préparés à réagir en groupe de travail pluri disciplinaires.

      Quand nous avons reçu la publication de The Lancet du professeur Mehra, nous avons été choqués. Notre première analyse a été d’essayer de comprendre les mérites de l’étude et très vite le collectif s’est aperçu que

      c’était un effort pour décrédibiliser l’hydroxychloroquine enfin la bithérapie.

      FS : Mais encore ?

      ME : Nous avons tout analysé, à 300 cela a été assez rapide, on s’est partagé le travail

      Mais tout semblait questionnable, la méthodologie, l’échantillonnage, les méthodes statistiques utilisées. Par exemple :

      • la quantité d’hydroxychloroquine donnée, comment peut-on donner de telle quantité (1.2g)
      • la sélection n’a pas été aléatoire
      • des patients ont reçu de l’hydroxychloroquine alors qu’ils n’auraient jamais dû en recevoir de par leurs conditions cardiaques. C’est à minima une erreur médicale de donner un tel médicament à des patients souffrant d’une condition cardiaque.
      • on a voulu nous faire croire que c’était des patients qui venaient juste d’être diagnostiqués alors qu’ils ont reçus le traitement 2 jours après être allés à l’hôpital ; Cela faisait sûrement donc pas loin de 10 jours qu’ils avaient le Covid.

      La science médicale commande que l’on prenne tous ces facteurs en considération

      Ceci n’est pas de la science, c’est une instrumentalisation de la science

      Nous étions tous choqués car c’est cela qui détruit la réputation de la science.

      FS : Mais à quelle fin ?

      ME : En France, vous avez pu identifier les opposants à l’hydroxychloroquine comme étant des membres du gouvernement ou en grande partie dans les élites, et le peuple qui est pour.

      Au Brésil, c’est vraiment différent, il y a une corrélation directe entre les opposants à l’hydroxychloroquine et les opposants au pouvoir en place. 

      De plus, outre la partie politique, nous avons pu relier cette étude à de gros labos pharmaceutiques.  J’ai juste entendu un des membres du groupe parler de liens entre une société qui fabrique les « ventilateurs » et qui aurait contribué à cette étude.

      Il y a trop de biais induits par ces gens

      FS : et sur les traitements ?

      ME : Nous n’avons pas compris cette volonté de ne pas tester la bithérapie contre les autres traitements. 

      Ce n’est pas de la médecine ni de la science.

       

      De plus le professeur Regis Andriolo, PhD (professeur d’université et chercheur dont la spécialité est la médecine fondée sur les preuves au Brésil), nous confirme que l’étude publiée dans The Lancet est extrêmement pauvre. Dans ce document, nous avons des variations énormes d’échantillonages entre les patients traités (à l’hydroxychloroquine ou chloroquine), par rapport au groupe de contrôle :

      + 13% de patients coronariens 
      + 18% d’insuffisance cardiaque
      + 10% plus de diabétiques
      + 16% plus hypertension
      + 10% de MPOC en plus
      + 12% plus de fumeurs
      + 14% plus de personnes avec PaO2 <94%
      Avec en plus la question du surdosage de chloroquine, avec une moyenne quotidienne de 765 mg et des variations substantielles de co-intervention entre les groupes.

      Il n’existe pas de méthode statistique pour corriger ces distorsions de scénario.

      Si tel était le cas, nous n’aurions plus besoin des études randomisées, elles auraient même été abolies.

      Il est bien connu que les tentatives d’approximation des études d’observation aux études randomisées, en utilisant des moyens statistiques artificiels, tels que les scores de propension, sont de véritables pièges.

      Il y a une grande irresponsabilité des personnes impliquées.

       

      .......


      • caillou14 rita 27 mai 07:11

        Gestes barrières, pour les hommes refermez vos braguettes et les femmes remettez vos slips !

        C-T un message du tocard de l’intérieur !

         smiley


        • Léon 27 mai 10:19

          Préférons le principe de la liberté à l’argument stérile de la collaboration


          • ETTORE ETTORE 27 mai 15:33

            C’est étonnant, je trouve que la prose à Rakoto prend des virages, et zigzague même en ligne droite actuellement.

            Peut être avez vous un message de l’état profond à faire passer ?

            Parce que l’on reconnait les louvoiements du corps décisionnaire de ce pays, et l’inutilité de son occupation de la voie de la raison, par des travers, pas très heureux....

            Le reste,....reste mystique. !

            Je voudrais juste vous faire remarquer, que nous souffrons du Syndrome TGV.

            Mais si, vous savez, ce train, qui doit nous faire gagner des heures et qui à remodelé la physionomie de la carte de France....

            Sauf que, quand une broutille se met en travers de cette couleuvre roulante, ce sont les passagers qui , bloqués pendant des heures, sont là, impuissants, à ravaler...les leurs !

            Idem, l’image post présidentielle de la Start UP FRANCE, rapide, exigeante, réactive, prompte à trouver les solutions et à les mettre en place....pour un avenir radieux et progressiste.....

            PAN, coup d’arrêt violent, dans les butoirs de la gare de triage « start up french », ratatinée comme un sandwich Sncf, et deux mois à attendre....je vous dis même pas quoi...et c’est pas fini....

            Alors, si seulement votre commanditaire Elyséen, pouvait se contenter de la ligne droite, au lieu d’être bourré comme un coin, et délirer sur des propositions, qu’aucune jardinerie sensée ne vendrait, pas même, comme mauvaise herbe à chat....

            Ce serait plus clair et plus sécurisant, que de tenter d’arracher le dernier morceau de balustre qui nous protège encore de l’abîme.


            • babelouest babelouest 28 mai 04:00

              Peut-être nous expliquera-t-on un jour pourquoi cette signature d’article apparaît encore.... Il y a le col Mao, et puis le col......

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