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Accueil du site > Actualités > Société > En équilibre précaire

En équilibre précaire

Segpa ... possible ! 

Ce que sont devenus vos enfants …

Faire classe dans l'enseignement spécialisé semble désormais s'apparenter à un numéro d'équilibriste et de patience, de distance et d'humiliation. Il faut tout supporter, tout accepter, faute de pouvoir endiguer une vague incroyable de dysfonctionnements, d'incivilités et de rebuffades. Plus rien n'entrave la liberté chérie de ces petits anges qui imitent les démons avec une remarquable efficacité.

Bien sûr, ils ne sont pas tous ainsi. Mais notre structure bénéficie de l'incroyable chance de concentrer en un même lieu, toutes les difficultés accumulées par une société qui se plaît à abandonner sur le bas-côté, les rebuts, les laissés pour compte, les différents, les compliqués, les trop instables, les pas assez réfléchis et les franchement à la peine.

Il n'y a plus de réponses spécifiques aux maux de ces pauvres gamins qu'on a décidé de tenir à l'écart. Ce serait trop cher, trop hasardeux et franchement pas rentable. Il faut qu'ils acceptent leur sort, celui de futurs travailleurs précaires, vivant d'expédients et de bien peu de chose. Ils sont la variable ajustable d'un système économique qui ne cesse d'agrandir sa marge, celle des exclus du partage.

Nous sommes face à des mômes dont les problèmes sont multiples, les carences polymorphes, les déficiences de plus en plus grandes. C'est surtout l'absence de valeurs, de repères, de systèmes de références sociales qui creusent le fossé. Ce que les enfants ordinaires parviennent encore à comprendre, beaucoup des nôtres ne sont plus en mesure de le faire.

Ainsi, ils parlent en classe comme dans la cour de récréation. Ils invectivent l'adulte comme s'il était un copain du quartier. Ils mentent en jurant leur grand dieu, que ce n'est pas eux. C'est une règle incontournable de nos classes, ils ne se sentent responsables de rien ! Une grande tendance sociétale qu'ils ne sont pas les seuls à partager, hélas !

Alors, il faut prendre sur le fait, bientôt apporter la preuve du forfait, traiter avec des familles qui soutiennent l'indéfendable, penser aux statistiques qui font qu'on laisse passer bien des horreurs pour ne pas encombrer les dossiers. Le pouvoir réel a basculé de camp ; les élèves sont devenus les maîtres. L'irrespect, l'insolence, le bruit, le refus de travail, l'impertinence et quelques autres fantaisies de ce type sont la norme de ces classes dépotoirs.

Vous vous adressez à certains, ils tournent la tête ou pire encore, se cachent le visage derrière un foulard ; vous leur touchez l'épaule pour donner un conseil en vous penchant sur eux, ils essuient leur pull dans un geste de dégoût ; vous leur demandez de parler moins fort, ils vous répondent de manière insolente ; vous leur enjoignez de quitter le manteau en classe, ils refusent en affirmant que leurs parents ne le veulent pas …

C'est ainsi chaque jour, c'est ainsi qu'il faut dire et redire, ne pas se décourager et ravaler ces sentiments d'impuissance et de mépris qui vous submergent. Vous essayez de faire cours, de leur apprendre quelque chose ; ils sont une bonne moitié à ne pas écouter. Vous distribuez un document, il sera, dans les mêmes proportions, froissé et laissé sur la table ou, au mieux, jeté à la corbeille. Vous leur demandez de lire une leçon ou de faire un exercice, seuls quelques courageux s'exécuteront .

Vous ne devez surtout pas vous énerver en exprimant le fond de votre pensée. Cela se nommerait un dérapage, ce serait une faute professionnelle. Qu'importe si le cher petit vous a traité de « vieux con » ou comme ce fut le cas aujourd'hui si innocemment, une gamine de 13 ans, provocatrice en diable, vous demande si vous vous branlez … C'est devenu si banal qu'il n'y a plus moyen d'inverser le cours des événements.

Vous rentrez chez vous épuisé et insatisfait. Que faire ? Comment infléchir cette tendance lourde qui fait que nos établissements accueillent des enfants qui ne reçoivent plus d'éducation, allant parfois jusqu'à frapper leurs parents, qui, uniquement guidés par leur seul bon plaisir, se couchent quand ils le veulent et sortent quand bon leur semble … ? La ligne rouge est franchie pour une minorité qui tient la place et impose sa loi.

Ce jour, nous avons choisi de mêler plusieurs classes. Parmi elles, une classe exemplaire, une de celles où l'on travaille avec plaisir. Curieusement, ce sont les plus grands, les troisièmes. Ces élèves sont sortis proprement ahuris de ce qu'ils ont vu et entendu de la part de leur jeunes camarades. Preuve que des élèves censés peuvent encore s'étonner de ce que nous subissons chaque jour.

On me conseille de laisser tomber ce métier. J'y songe car je ne souhaite pas y laisser ma peau. La situation n'est plus sous contrôle. Les progrès que nous avons réussi à faire auprès de la classe la plus dure, se paient au prix du dérapage délirant de quelques élèves de sixième et de cinquième. L'effet de contagion sans doute …

Vous êtes les témoins passifs d'une souffrance réelle. Je parviens à exorciser ce mal par l'écriture et les récits que je vous impose. C'est ma manière de rester debout, de reprendre un peu pied et de tenir le cap. Je constate que d'autres n'ont pas ce dérivatif et vont fort mal autour de moi.

Ces jeunes sont aussi vos enfants ! Il faudrait que la nation prenne enfin conscience que la dégradation est patente, attestée par des observations fiables et des données vérifiables, que ce n'est pas seulement le discours de quelques vieux grincheux fatigués mais qu'il est de plus en plus fréquemment tenu par les membres de cette profession bien usée. Les beaux laïus autour d'une rénovation illusoire et vide ne servent à rien si l'éducation n'est pas un enjeu immédiat. Je parle bien d'éducation et non d'enseignement, nous n'en sommes pas encore là ...

Exaspérantement leur 


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61 réactions à cet article    


  • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 11:37

     Ironicusmors


    J’ai toujours travaillé en Segpa ou dans des structures spécialisées. Je suis formé pour.
    J’évoque ici la dégradation du métier

    Bien sûr, avec mon ancienneté, je pourrais aller me mettre à l’abri comme vous semblez me le conseiller. Ce serait alors un débutant non formé qui serait à ma place (c’est toujours ainsi que ça se passe) Je ne suis pas de ceux qui préfèrent leur confort à leurs idéaux.

    J’assume l’ampleur de la tâche et je rends compte de la réalité quotidienne.

  • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:00

    Ironicusmors


    Vous préférez les abandons de poste, les déserteurs et les pleutres ?

  • gaijin gaijin 20 novembre 2013 10:29

    fuyez !
    sauvez votre peau c’est la seule issue
    ou alors prenez un flingue et tirez dans le tas ou mieux encore faites sauter l’école
    actes absurdes mais seul actes qui puissent amener la masse de moutons fous en train de se ruer vers le précipice a réfléchir un quart de seconde

    quand j’étais jeune je voulais trouver des solutions pour sauver le monde , naturellement je me suis rendu compte que le monde ne m’avait pas attendu smiley
    toutes les solutions existent déjà .......... le seul problème c’est que personne n’en veut


    • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 11:38

       gaijin


      Pour qu’un plus jeune, pas formé soit envoyé au feu ?

      Je m’en tire sans doute mieux que d’autres. Alors je fais front et je vous décris mon quotidien pour partager un peu le fardeau.

    • gaijin gaijin 21 novembre 2013 14:16

      alors je vous tire mon chapeau
      mais faites gaffe quand même
      en général quand on découvre que l’on n’est pas indesctructible il est trop tard ..........


    • Kookaburra Kookaburra 20 novembre 2013 11:48

      Bonjour Nabum. Très bel article qui me touche. Vous n’avez pas la vie facile, et on ne peut que vous féliciter pour votre courage. J’avoue que je serais incapable de faire face à de tels enfants. La discipline carcérale de lécole d’autrefois a disparu, et le prof est devenu copain qu’on tutoie, mais judicieusement surveillé par les parents et par les élèves eux-mêmes. C’est l école « démocratique », l‘école d‘une société aux abois.


      • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 11:51

        Kookaburra


        Le feuilleton va continuer.

        Vous aurez bientôt une illustration de votre remarque. Soyez patient

        En attendant, je survis sans vraiment faire mon travail. 
        Qu’importe puisque je le encadre convenablement. C’est la seule chose qu’on me demande maintenant : garder les élèves dans le classe ...

      • claude-michel claude-michel 20 novembre 2013 11:57

        Mai 68 et l’immigration sont passés par là...Ce qui est triste et de voir que personne n’a penser a corriger la dérive.. ?


        • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 12:03

          claude-michel


          Les naïfs pensent que tout va bien, les idéologues ne voient pas la poutre qu’ils ont dans l’œil, les raisonnables ne peuvent rien faire tant cette maison est gouvernée par le coporatisme. De toute manière, tous ceux qui ont une parcelle de pouvoir ne mettent jamais les pieds dans une classe. Alors, tout va bien jusqu’au naufrage !

        • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:42

          Alex 


          Je voudrais que tous les membres de l’éducation nationale qui ne sont plus face aux élèves : inspecteurs, directeurs et principaux, formateurs, détachés, .... aient une obligation d’une journée de classe. 

          Pas plus compliqué que ça.



        • urigan 24 novembre 2013 19:06

          "Je voudrais que tous les membres de l’éducation nationale qui ne sont plus face aux élèves : inspecteurs, directeurs et principaux, formateurs, détachés, .... aient une obligation d’une journée de classe. "

          Moi je voudrais qu’ils aient une obligation d’une année d’enseignement devant une classe tous les cinq ans.

          Mais nous sommes nous même les artisans de notre déchéance, car quand ces gens là viennent nous voir dans nos établissements, nous sommes les premiers à tout mettre au propre et d’équerre pour que ces messieurs aient une bonne image de là où ils condescendent à mettre les pieds.

          Bon courage Nabum, j’ai donné en L.P. et je connais bien vos élèves.


        • C'est Nabum C’est Nabum 24 novembre 2013 19:10

          urigan 


          Bravo ! 

          Nous devons imposer une mesure nécessaire ...

          Les classes ont besoin de leur talent.

        • oncle archibald 20 novembre 2013 13:01

          Si pragmatiquement on essaye de réfléchir à ce qui pourrait être fait pour améliorer le sort de ces élèves en grande difficulté personnelle et scolaire, on voit bien qu’il faudrait que ces enfants soient pris en mains bien en amont du collège, dans des classes de primaire avec un très petit nombre d’enfants pour que l’enseignant puisse éduquer en plus d’enseigner, avec un « programme » adapté à chaque individu. Encore faudrait-il pour que ça marche que les parents de ces chers petits anges soient d’accord pour qu’on essaie de remettre leurs gniards sur les rails, ce qui n’est pas sûr. Peut être y verraient-ils une atteinte à leurs prérogatives.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 novembre 2013 13:15

            Ils sont là uniquement parce que l’enseignement est obligatoire et qu’ils ne doivent pas perturber ceux qui essaient d’apprendre.

            Les parents seront sans doute plus concernés s’il y avait plus de tests en cours d’année sanctionnés par des zéros à répétition.

            Un test toutes les semaines pour chaque cours et obliger les parents à signer le bulletin sous peine de les convoquer chez le directeur à condition que ce dernier soit d’accord, bien évidemment !


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 novembre 2013 13:18

            Après ça ce n’est plus de votre ressort.

            Vous aurez fait votre travail dans les règles de l’art et avec toute l’abnégation voulue.

            Cerise sur le gateau, contrairement à nos contemporains qui sont si souvent happés par le culte de la performance, de la réussite et du matérialisme vous deviendrez plus détaché et donc plus zen.

            Elle est pas belle la vie ?


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 novembre 2013 13:23

            Je m’empresse de dire que moi je les laisserais végéter dans leur merde avec un plaisir narquois mais je n’ai pas la fibre pour enseigner.

            J’aurais vraiment du mal à ne pas me foutre de leur gueule et surtout de leur niveau abyssal d’instruction et de la vie de merde qu’ils subiront ensuite.


          • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:44

            oncle archibald


            On sait très bien que les réseaux d’aide du primaire ont été supprimé par monsieur Sarkozy.

            Le mal pourtant est plus ancien que cette mesure dramatique

          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 novembre 2013 13:52

            De toute façon, quand les parents sont trop cons, il n’y a pas grand chose à faire.

            Comme dirait l’imam pro hamas de Gaza : les chats n’engendrent pas des chiens.

            Et là bas, en la matière ils ont plutôt l’air de tenir le bon bout point de vue bêtise sans fond.


          • oncle archibald 20 novembre 2013 18:08

            C’est Nabum : « On sait très bien que les réseaux d’aide du primaire ont été supprimés par Monsieur Sarkozy. » ... et remplacés par des heures réservées aux enfants les plus en difficultés que leurs enseignants habituels devaient leur dispenser.

            Même si ce système restait insuffisant face à une classe ou les « cas sociaux » sont trop nombreux, je le trouve au moins aussi bon que la visite une fois par mois d’un instituteur labélisé « Razed » qui s’en fout et qui dit que de toute façon il ne viendra plus dans le petit village situé à 25 km de sa base parce que le remboursement de ses frais kilométriques est insuffisant. 

            Attention Nabum, depuis que mes enfants se sont mis en couple j’ai de fortes accointances dans l’EN et je sais ce qui s’y passe ! Ce que je crois c’est qu’il faudrait des classes de 10 ou 12 enfants avec un instit particulièrement doué et doué d’autorité pour que ça marche. Je crois que quelques écoles privées se sont lancées dans ce juteux business, mais il y a peu de chances que les parents de vos élèves y envoient leurs gniards.

          • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 18:33

            Mon Oncle


            C’est pourtant à l »cole primaire que tout se joue

            Notre premier degré manque cruellement de moyens
            Tout ça pour un système secondaire qui coûte bien trop cher, fait trop de choses et propose trop d’option.

            Il faut redristribuer les cartes et cesser d’accorder toujours aux profs des lycées et collèges les moyens qui manquent tant dans le primaire.

            Mais là, ce serait folie de toucher à cet électorat si important ...

          • lcm1789 20 novembre 2013 22:37

            Cher Nabum, vous me décevez par cette remarque mesquine et sans intérêt.


            Non le second degré n’est pas « privilégié », il est durement touché par les réductions de postes et la remise en cause des disciplines…
            Il faut cesser d’opposer premier et second degré.
            Chacun a ses spécificités, ses richesses et ses misères…

            La parano anti certifiée est une arme du PS pour diviser le corps enseignant. il y’a autant de points communs entre un PE et un prof du second degré, qu’entre un psychiatre et un rhumatologue…les dénominations sont les mêmes, les métiers sont différents (ainsi que les motivations pour l’exercer…)

            Le retour à un certificat d’étude du XXI siècle (privatisation/socle de compétences), ne serait pas un progrès mais un cache-misère, doublé d’une régression phénoménale dans le niveau de formation…(il n’est que de voir les résultats PISA des adultes français).

            Un des problèmes de l’école française, c’est la misère et la désespérance.
            Notre pays ne produit plus, tous nos élèves ne deviendrons pas consultants, banquiers ou publicitaires, ils le savent les parents le savent les profs le savent…

            Nous avons devants nous les enfants de familles qui n’ont connu que la précarité, la régression sociale.
            Posez la question à un gosse n’importe lequel : « A quoi sert l’école ? », il vous répondra « à avoir un bon métier » (ou à rien s’il est cynique).
            Alors quand l’espoir du beau métier part en fumé quel respect voué à l’Ecole.

            Et pourtant faire croire que le progrès social vient de l’école est un mythe mensonger, le progrès vient de la lutte sociale. Dans une période progressiste l’école est un ascenseur social dans la période actuelle, elle est un instrument de marginalisation des pauvres…

            L’exemple des SEGPA est à méditer ; ce sont des structures qui marchent pour autant qu’elles n’accueillent que le public qu’elles concernent : les élèves en difficultés ne présentant pas de difficultés dues à un handicap ou à un trouble du comportement…
            Ces structures permettent d’amener le public visé à une formation professionnalisante, en leur évitant de souffrir dans des classes inadaptées, tout en garantissant un enseignement général de qualité.
            MAIS cela coûte plus cher que d’entasser les gamins par âge à 30 par classes…
            Alors, on y met des élèves dépendants d’IME ou d’ITEP saturés, créant des situations explosives, pendant que le public SEGPA vient souffrir en classe type.
            Puis on peut constater que la SEGPA mise volontairement en situation d’échec ne fonctionne pas, et demander à les fermer…

            Les certifiés n’y sont pour rien…d’autant qu’un certains nombre d’entre eux enseignent en SEGPA.
            L’Ecole a besoin de débouchés, avec 25% de chômage chez les jeunes, elle ne peut servir que d’essoreuse, donc comporter des voies de garages génératrices de violence.


          • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 novembre 2013 13:09

            C’est pourtant un excellent endroit pour apprendre à devenir totalement ... ZEN !

            Vous avez bien de la chance d’être payé par le gouvernement pour vivre une aventure spirituelle !

            Peut être qu’en commençant chaque journée par leur demandant ce qu’ils comptent faire quand ils seront grands il y en a quelques uns qui se mettront à travailler ... avec un peu de chances !

            Vous devez créer des rituels, toutes les sociétés primitives adorent ça.

            Et quand on vous pose des questions indiscrètes ou trop intîmes vous pouvez toujours prendre un air sérieux et mystérieux pour leur sussurrer que l’administration ne vous autorise pas à parler de ces choses là : trop pas de chances, le prof allait tout dévoiler de sa vie sexuelle mais big brother le regarde et il ne peut rien dire !




            • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:45

              Alois Frankenberger


              Mais c’est ce que je fais

              Je suis un maître es rituels

            • urigan 24 novembre 2013 19:23

              Alois !!!!

              Mais vous vivez sur la lune !

              C’est effarant ce que vous dites. Ces enfants là vivent dans la précarité, ils sont déjà dès la sixième éjectés du système. Pour la plupart d’entre-deux, ils n’ont jamais vu leurs parents travailler. Quand ils partent à l’école, leurs parent roupillent t quand ils rentre chez eux le soir, ils ont juste le droit de la fermer.

              Le seul référent qu’ils ont, c’est leur prof, celui qui les écoute et qui prend soin d’eux.

              Alors, vos conseils, vous pouvez vous les mettre dans la poche et votre mouchoir par dessus. Mais vous vous rendez-compte de ce que vous dites ? C’en est trollesque !


            • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:46

              parkway


              Je ne saurais plus quooi vous raconter !

            • Prudence Gayant Prudence Gayant 20 novembre 2013 21:01

              Enfin la vérité toute crue. Sans segpa point de billets ! En segpa jamais de réchauffé.

              Nul n’est irremplaçable et que, lorsque  l’heure sera venue de partir il faudra bien sacrifier un autre de vos semblables. Avez-vous un dauphin à présenter à la Direction ? 

            • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 13:47

              arkway


              Que tout le monde fasse cours et la pensée sera différente

            • Bulgroz 20 novembre 2013 14:05

              Mais quelle est l’origine ethnique de ces emmerdeurs ?


              • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 14:11

                Bulgroz


                D’une part les gens en difficulté scoalire qu’importe l’origine
                D’autre part les fils et filles de ceux qui posent ce genre de question !

              • Bulgroz 20 novembre 2013 14:27

                Comme tant d’autres, vous ne voulez pas nommer les choses et pourtant vous souhaitez les dénoncer.

                Pourtant, il m’a semblé lire : « Vous vous adressez à certains, ils tournent la tête ou pire encore, se cachent le visage derrière un foulard »

                Quelle est donc cette catégorie de personnes qui se cachent ainsi derrière un foulard ? Vous, peut être ?

                Puisque vous semblez vouloir ne pas nommer les choses, je vous donne un conseil : demmerdez vous avec eux et arrêter de nous faire pleurer.


              • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 16:37

                Bulgroz


                J’aborde clairement ce problème dans mes billets.

                Pour moi, il se nomme Islam
                C’est le résultat d’une conception archaïque de cette religion qui façonne de jeunes esprits.

                Qu’importent leurs origines. Je sais de jeunes convertis, d’origines françaises depuis longtemps qui sont pires encore ...

                Une fois encore la nuance s’impose, c’est l’Islam tel qu’il a manipulé dans nos quartiers qui est dangereux et non pas cette foi qui a donné de si beaux intellectuels dans le passé.

              • benalgue 20 novembre 2013 14:20

                bonjour,
                Il y a un truc pourtant que j’ai noté c’est que les mêmes élèves n’ont pas la même attitude avec tous les professeurs....chez certains c’est le souk chez d’autres la discipline règne...j’en ai donc hâtivement conclus que certains profs par manque d’autorité sont responsables du climat qui règne durant leur cours ....et donc ils sont les premiers responsables de l’échec de nos enfants....ces profs là devraient être licenciés comme le serait dans n’importe quelle entreprise un employé incompétent.....pour aider les profs et tous les élèves qui souhaitent bosser il faudrait d’abord qu’un prof puisse exclure définitivement de son cours les élèves pertubateurs 


                • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 16:40

                  benalgue


                  Placez-moi si celà vous fait plaisir dans le camp des incompétents ...

                  J’ai pourtant toujours eu la réputation de savoir créer les conditions de l’écoute et de la discipline et c’est pourquoi on m’a confié une classe au-delà du supportable.

                  Je crois avoir fait avec eux un bout de chemin et je sais des collègues bien plus en difficulté. C’est aussi en leur nom que je romps le silence

                • benalgue 20 novembre 2013 14:34

                  ces profs dont je parlais précédemment ne sont pas des mauvais profs je nuance ils n’ont juste pas l’autorité nécessaire et la direction de l’école les connaît et je suis d’accord avec un commentaire précédent  sur la démission des directeurs mais autant le prof ne peut virer un mauvais élève autant on ne peut pas virer un prof


                  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 20 novembre 2013 15:09

                    L’ennui, c’est qu’aujourd’hui il n’y a qu’une infime minorité de profs dont l’autorité soit reconnue par le public en question. Cela tient quelque fois aux profs mais le plus souvent aux élèves et à leur environnement. Quelle autorité peut avoir un prof au salaire minable face à des jeunes dont les modèles sont les dealers croqueurs de thune ? 


                    Les SEGPA, c’est le condensé des problèmes de la jeunesse des quartiers difficiles ; ceux qu’on a mis là faute d’avoir pu les garder ailleurs !

                    Des gens comme C’est Nabum ont bien du mérite d’avoir choisi d’essayer de donner leurs chances à ces proscrits. Cependant la résolution de ses problèmes ne passera pas par une réforme scolaire mais par une refonte sociale radicale qui n’est pas pour demain !

                  • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 16:41

                    Jean J. MOUROT


                    Je ne crois pas en cette explication des salaires

                    Bien sûr j’aimerais gagner un peu plus pour ne pas souffrir de toutes les hausses actuelles mais ce n’est pas ça qui est en jeu dans le malaise que je décris.

                  • benalgue 20 novembre 2013 15:21

                    bonjour, (à j mourot)
                    je ne cherche pas vraiment à blâmer l’auteur et je ne connais pas les segpa et je suis certain que c’est l’enfer mais depuis que mon fils est à l’école il est en 4ème maintenant je constate que certains profs n’ont pas de problèmes et se servent de tout l’appareil répressif mis à leur disposition (colle cpe aviser la famille etc ) et d’autres qui se laissent marcher sur les pieds au risque d’en perdre la santé.....pour la segpa je n’ai pas d’expérience mais si le publique est plus dur les moyens répressifs doivent suivre et surtout ne pas donner aux élèves et à leur parent le bâton pour se faire battre 


                    • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 16:43

                      benalgue


                      Ce que vous dites est vrai mais je vous assure que ce n’est pas l’unique explication.

                      Vous semblez ainsi cautionner le chahut au nom de la supposée médiocrité du prof. Vous vous faites ainsi complice du désordre.

                      La discipline devrait être indépendante du talent même si ce facteur y contribue aussi

                    • benalgue 20 novembre 2013 18:57

                      à c nabum

                      La discipline devrait être indépendante oui mais elle ne l’est pas on est malheureusement obligé de l’imposer......je ne cautionne pas le chahut pour la bonne raison qu’il est improductif à l’apprentissage j’en suis indirectement touché par mon fils qui se retrouve en français avec une prof dont les cours ressemblent à une cours de récré résultat grosse perte de temps et injustice car peut être que la 4b par exemple tout se passe normalement....l’école c’est quelque part une loterie.....ceci dit je vous comprends très bien et je compatis car si les profs n’y arrivent pour certains plus dans des classes dites standard je me doute bien de ce qui peut se passer dans une classe spéciale ’segpa) mais je suis de l’avis de certain que vous devriez changer de job pas parce que vous êtes médiocre vous devez certainement même être un excellent prof si les enfants voulaient bien vous écouter mais bien parce que c’est trop lourd pour vous....en fait je n’ai pas de solution mais l’école la société ou dieu sais je devrais s’organiser autrement pour que les enfants qui vont en cours soit formés correctement ....pour ma part mon fils était à l’école steiner jusqu’en classe de 5ème et indiscipline y avait pourtant c’est une école privé mais je m’aperçois que dans le publique ce n’est pas mieux et je persiste à penser qu’un prof dans l’intérêt générale doit pouvoir tenir sa classe cette condition acquise le cours peut débuter....mais cela doit être plus facile à dire qu’à faire....je vous souhaite bien du courage


                      • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 19:01

                        benalgue


                        Enseigner demande autre chose que des compétences universaitaires

                        Il faut une présence qui ne s’apprend pas, un charisme qui n’est jamais automatique
                        C’est une étrange alchimie

                        Vous avez raison 

                      • oncle archibald 20 novembre 2013 19:56

                        « Enseigner demande autre chose que des compétences universitaires »

                        Oh que oui ! Exemple tout simple il y a quelques dizaines d’années on pouvait être instit avec un bac et au bout du compte presque tous les enfants savaient lire et écrire correctement en fin de cycle, maintenant les « professeurs des écoles » ont bac + 5, mais 50% des enfants ne savent pas lire « fluidly » en arrivant en 6eme. Ils doivent être trop intelligents pour comprendre leurs élèves.

                      • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 20:04

                        Mon Oncle


                        Je suis de ces vieux instit qui ne dispose pour tout bagage que son modeste Bac.
                        Curieusement, je passe aurpès des plus jeunes, tous sur-diplômé pour un exemple de culture et de sagesse. 
                        Il y a quelque chose de bancal dans ce jugement.

                        À quoi leur ont servi leurs années d’étude si ce n’est pour n’en rien retenir ?

                        Par contre, ma virginité universitaire me ferme toutes les portes. L’ignare ne peut prétendre à mieux.

                      • Prudence Gayant Prudence Gayant 20 novembre 2013 21:05

                        En clair, vous n’avez guère le choix. C’est segpa ou pas. 



                        • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 21:13

                          Prudence


                          C’est Segpa ou école primaire

                          Et franchement, je n’ai jamais fait ....
                          Me retrouver avec la pression folle des parents, ce contrôle absolu de chaque contenu, de chaque fait et de chaque geste, ça me serait insupportable.

                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 20 novembre 2013 21:18

                          Et vous préférez vos fous-furieux plutôt que de discuter avec des parents d’enfants de primaire ?


                        • C'est Nabum C’est Nabum 20 novembre 2013 21:26

                          Prudence


                          Ce que certains amis m’en disent ! Parfois dans nos grandes villes, les parents le sont plus encore que leurs enfants. 
                          L’argent ou la classe sociale font désormais de certaines familles des monstres de mépris et d’exigence vis à vis des enseignants du primaire.

                          C’est un combat que je n’ai pas envie de mener car il ne sert à rien

                          Avec mes monstres, je sais qu’au bout de l’aventure, il y aura quelques peites graines.

                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 20 novembre 2013 21:33

                          Des élèves en primaire il y en a aussi dans les zones défavorisées. 



                        • knowtoomuch 20 novembre 2013 21:46

                          Pendant 5 semaines j’ai réussi à me passer des clopes en utilisant le e-cigarette.

                          Par contre, j’en grillait une par semaine, ce qui revenait assez cher.

                          Dans l’article j’ai lu qu’on peut changer les ’résitances’ ; je ne savais pas cela.

                           

                          Peut qqn me renseigner sur ce sujet ?

                          Où il faut les commander etc ?


                        • C'est Nabum C’est Nabum 21 novembre 2013 06:09

                          Prudence


                          C’est vrai mais cette fois je serai confronté à l’effet ghetto 

                          À deux pas de chez moi, une école qui ne compte plus que des enfants issus de l’immigration. Je m’interroge. Aurai-je la force de remplir cette tâche immense de l’acquisition de la langue ?

                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 21 novembre 2013 13:38

                          Allez travailler en usine c’est moins fatigant. Tant qu’il y aura des usines bien sûr.


                        • C'est Nabum C’est Nabum 21 novembre 2013 16:22

                          Prudence


                          Votre humour me surprenda toujours

                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 21 novembre 2013 21:47

                          Nabum

                          Vous me faites trop d’honneur.
                          C’est pour contre-balancer mes commentaires acides. 
                          Vous pouvez aussi vous recycler dans l’agriculture.

                        • urigan 24 novembre 2013 19:37

                          J’ai connu des lycées où les agrégés avaient leur propre salle des profs, et où les certifiés n’avaient pas accès.
                          Alors que dire des instits en collège..........

                          Pauvre E.N.


                        • tf1Groupie 24 novembre 2013 20:09

                          à vous écouter Nabum on croirait que vous êtes dans un des établissements les plus agréables de l’E.N., puisque vous ne souhaitez pas le quitter.


                        • C'est Nabum C’est Nabum 24 novembre 2013 20:18

                           tf1Groupie 


                          Nous ne pouvons être en phase ...

                          Si je vous parle de l’intérêt des élèves, du service public, de la grandeur du métier, je pense que vous auriez besoin d’un traducteur.

                        • tf1Groupie 24 novembre 2013 21:03

                          Manière peu flatteuse d’évacuer le sujet, sauf si pour justifier votre souhait de ne pas changer vous comptiez invoquer l’intérêt des élèves, du service public, ou la grandeur du métier.

                          D’abord parce que ces derniersi ne varient pas selon l’établissement ; vos élèves ne sont ni plus ni moins importants que tous les autres et le métier ne dépend pas de l’endroit où il est exécuté mais de la façon dont il est exécuté.

                          Mais ça sent plutôt le goût du sacrifice ... c’est beau mais ne répond pas forcément à vos objectifs ; un enseignant qui souffre ou atteint ses limites n’est pas forcément d’une grande utilité aux élèves ni à l’institution.

                          Et puis ce n’est pas parce que vous n’avez pas les mêmes idées que moi que vous êtes un enseignant plus respectable que moi ; vous n’avez pas le privilège du coeur ni des actions utiles à la collectivité.
                          ça c’est pour répondre à votre réponse méprisante, qui est toujours dans le registre de ces leçons de morale qui est une des déformations professionnelles de ce métier que je connais presque aussi bien que vous.


                        • C'est Nabum C’est Nabum 25 novembre 2013 06:32

                          tf1Groupie 


                          Ma réponse est sans doute ironique car j’ai le sentiment que quoique je dise, j’ai forcément tort à vos yeux, étant de cette cohorte que vous détestez tant : les fonctionnaires ...

                        • Prudence Gayant Prudence Gayant 20 novembre 2013 21:33

                          Vous ne pourriez plus écrire « vos enfants » !


                          • C'est Nabum C’est Nabum 21 novembre 2013 06:11

                            Prudence


                            Croyez-vous que je puisse m’en passer ?

                          • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 21 novembre 2013 07:46

                            Mon cher collègue, j’ai vraiment mal de ce que tu as le courage d’écrire. La tumeur a eu raison de la relation de confiance entre les jeunes et les adultes, entre les enseignés et les enseignants !
                            Si j’ai connu un peu de cette ambiance (mais plutôt autour de l’école qu’à l’école), dans le quartier de l’Usine à gaz à Villeurbanne mais où, heureusement je ne fis qu’un stage, je me revois débutant aux Minguettes, école Louis Pergaud, pas un tag dans le quartier, pas de poubelle renversée, pas de bande désœuvrée et encapuchonnée, pas de gâchis à la cantine : des enfants de milieux modestes mais polis, curieux d’apprendre, respectueux, sages, du matin jusqu’après l’étude du soir. Je ne veux pas dire que les tours HLM c’était le paradis mais il me reste le sourire d’Isabelle, plutôt que son handicap. A Givors, à Romain-Rolland, l’envie d’avancer ne s’encombrait pas de l’obligation d’y aller le samedi matin. Au collège, je me souviens de la solidarité de cœur parce que la famine sévissait en Somalie, de l’émotion à cause de l’Amoco Cadiz... A Saint-Genis aussi, l’ambiance restait propice aux progrès.
                            Mes références aux années 75-80 ne peuvent-elles plus se comparer à ce qui se passe aujourd’hui ? Est-ce que les métastases ont finalement rongé les fondements d’une France malmenée par une association de malfaisants tour à tour hauts fonctionnaires, politiques, managers économiques ? Ne portent-ils pas, en effet, une grande part de responsabilité dans le bilan ? Ce grand foutoir avec seulement le fric comme emblème, pour exploiter, en faisant venir des immigrés dont le MERDEF se décharge ensuite sur le dos de la société  ! Sauf que lorsque ces allogènes refusent le pays d’accueil au nom d’une religion aussi agressive qu’intolérante, il ne faut pas s’étonner si une exclusion réciproque s’exprime à force, ouvertement, par-dessus des principes de tolérance sclérosés à cause des « droit-de-l’hommistes » coupés des réalités plutôt que par le prosélytisme avéré d’un parti extrême.
                            Sûr que la crise, le mécontentement actuel peuvent être les dégoûts et les gouttes qui feront déborder la vase puisque nous semblons toucher le fond ! Pour un résultat, espérons, dont nous n’aurons pas à nous mordre les doigts...

                            PS : cher Nabum, quand nos enfants seront à nouveau sensibles au petit bateau de la destinée que le grand-père lance sur la Loire ou à cette chansonnette qui vient aussi raconter une tranche de vie « Allez donc savoir pourquoi... »  


                            • C'est Nabum C’est Nabum 21 novembre 2013 09:34

                              Jean François

                              Peut-on avoir mal de dire la vérité ?

                              Même si elle est douloureuse, la dire me semble nécessaire quand tous nos chers responsables la taisent et font silence bien à l’abri dans leurs bureaux.

                              L’écriture me permet de me maintenir à flot. C’est ainsi qu’elle me donne la force de continuer à maintenir le cap alors que la société a quitté le navire poubelle sur lequel elle nous a placé.

                              Je remonte à contre-courant en racontant des histoires ...

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