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Accueil du site > Actualités > Société > Françoise Dolto, les enfants d’abord ?

Françoise Dolto, les enfants d’abord ?

« En respectant l’enfant, on respecte l’être humain. » (Françoise Dolto, "La Cause des enfants", éd. Robert Laffont, 1985).
 

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La psychanalyste et psychiatre des enfants Françoise Dolto est morte à Paris il y a trente ans, le 25 août 1988, à l’âge de 79 ans (elle est née le 6 novembre 1908 à Paris). Très connue du grand public grâce à ses émissions quotidiennes de radio sur France Inter entre octobre 1976 et octobre 1978, elle a pu ainsi populariser ses très nombreux travaux sur l’enfance et l’adolescence. Ayant eu une enfance malheureuse, elle a voulu encourager les parents à respecter la liberté de leurs enfants ainsi que leurs différences.

Issue d’une famille catholique située plutôt à l’extrême droite, fille et petite-fille de polytechniciens, Françoise Dolto, sœur du futur ministre gaulliste Jacques Marette (1922-1984) et mère du futur chanteur de variétés populaires Carlos (1943-2008), n’a jamais caché son vague soutien à Pétain sous l’Occupation sans pour autant avoir commis des gestes de collaboration active ou des actes antisémites (elle fut recrutée par Alexis Carrel le 1er décembre 1942 pour travailler au département biologie de l’enfant et de l’adolescent de sa fondation).

Sa mère ne voulait pas qu’elle fît d’études et elle a dû batailler au milieu des années 1920 et au début des années 1930 pour en faire. Elle a finalement soutenu sa thèse de doctorat en médecine en 1939 (avec pour titre de sa thèse "Psychanalyse et pédiatrie" publiée en 1971, éd. du Seuil). Pendant sa carrière professionnelle, Françoise Dolto fut une praticienne et a beaucoup travaillé avec Jacques Lacan (1901-1981) qui recommandait auprès d’elle ses "cas" les plus difficiles. De son expérience, elle a écrit beaucoup d’ouvrages. Catholique, elle a également tenu une conférence à Rome sur le thème "Vie spirituelle et psychanalyse".

Encore enfant, Françoise Dolto avait déjà choisi sa vocation, elle voulait devenir "médecin d’éducation" qu’elle précisait de manière étonnamment mature : « un médecin qui sait que quand il y a des histoires dans l’éducation, ça fait des maladies aux enfants, qui ne sont pas des vraies maladies, mais qui font vraiment de l’embêtement dans les familles et compliquent la vie des enfants qui pourrait être si tranquille ». Une réflexion qui me fait sens puisque, enfant, je m’étais moi-même promis qu’une fois adulte, je n’oublierais jamais que j’avais été enfant…



Originaire de Crimée, son mari Boris J. Dolto (1899-1981) fut l’un des précurseurs de la kinésithérapie en France, fondateur de l’École française d’orthopédie et de massage (un de leur fils, le chanteur Carlos, fut diplômé masseur-kinésithérapeute de cette école) et leur fille Catherine Dolto-Tolitch (72 ans) est une médecin pédiatre et haptopsychothérapeute, également désigné exécutrice testamentaire de Françoise Dolto peu avant sa mort.

Parce que son frère Jacques Marette, sénateur (suppléant d’Edmond Michelet), puis député, fut nommé Ministre des Postes et Télécommunications du 15 avril 1962 au 1er avril 1967 dans les gouvernements de Georges Pompidou, Françoise Dolto fut chargée de rédiger la première réponse-type aux lettres au Père Noël en décembre 1962 : « Mon enfant chéri, ta gentille lettre m’a fait beaucoup de plaisir. Je t’envoie mon portrait. Tu vois que le facteur m’a trouvé, il est très malin. J’ai reçu beaucoup de commandes. Je ne sais pas si je pourrai t’apporter ce que tu m’as demandé. J’essaierai, mais je suis très vieux et quelquefois, je me trompe. Il faut me pardonner. Sois sage, travaille bien. Je t’embrasse fort. Le Père Noël. ». Ce fut une initiative (lancée en fait par une employée des Postes dans les années 1950 qui répondait en cachette aux lettres adressées au Père Noël dans son village) dont le succès ne fut jamais démenti. En 2008, 1,6 million d’enfants avaient ainsi adressé un courrier au Père Noël en France.

Depuis plusieurs années, la pensée de Françoise Dolto est parfois un peu caricaturée et même contestée. Il faut dire que la société du XXIe siècle n’a rien à voir avec celle des années 1950. Aujourd’hui, l’enfant est roi, il est le cœur de cible marketing des publicitaires grand public, il est le prescripteur des achats des adultes, il amorce la pompe de la société de consommation en l’assommant par des marques, il est même décérébré dès le plus jeune âge avec tous les moyens technologiques modernes.

Bon, évidemment, j’exagère un peu, je grossis le trait, et il y a des avantages à cela, ce n’est pas de faire perdurer le Père Noël ni de rendre tristes ceux qui passent Noël seuls, mais c’est toujours plus agréable de penser aux enfants car en pensant aux enfants, on pense à la société de demain, à l’avenir, et il est probablement plus efficace de faire des campagnes sur le respect des autres, de l’environnement et même des limitations de vitesse (avez-vous remarqué qu’au sortir de certains péages d’autoroute, des affichettes exhortent les enfants à surveiller le compteur de vitesse de papa… ou de maman ?) que de dimensionner toute la société pour les plus de 65 ans (et pourtant, les plus âgés auraient besoin aussi d’adaptation pour leur déambulateur et leur fauteuil roulant, disons, autant que pour les poussettes de leurs petits-enfants). D’ailleurs, elle qui fut sa secrétaire, Françoise Dolto le disait : « Moi, j’y crois au Père Noël. Je crois à un jour par an où nous donnons à tout le monde pour le plaisir de donner. ».

En fait, on a vraiment commencé à s’inquiéter de l’enfant-roi lorsque celui-ci accusait gratuitement des adultes d’actes graves devant un juge. La parole de l’enfant n’est pas aussi sacrée qu’on a voulu le dire, elle peut se tromper, elle peut tromper, mais est-ce pour autant qu’il faut reléguer les enfants à leur place des années 1950 ? Heureusement, non !

Car la société est partie de très bas dans sa considération et son respect de l’enfant. Jusque dans les années 1980, les médecins ne s’occupaient pas de la douleur des bébés à l’hôpital, comme s’ils n’étaient que des larves végétales sans sensation, sans émotion (juste des tubes digestifs). Les enfants asociaux étaient parqués dans des bagnes pour enfants jusque dans les années 1930 ! Françoise Dolto a connu les premières résistances. La Convention internationale des droits de l’enfant a été adoptée deux siècles après la Déclaration des droits de l’homme… C’est avec ce lourd passif qu’on peut raisonnablement dire que Françoise Dolto fut une femme révolutionnaire, bien plus efficacement d’ailleurs que bien des féministes autoproclamées (Françoise Dolto fut d’ailleurs une grande référence du féminisme en France).

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Interrogée par Catherine Robin et Dorothée Werner, la psychanalyste Claude Halmos, qui fut une élève de Françoise Dolto, a essayé de remettre les idées au clair : « Sa pensée était révolutionnaire, elle continue de l’être. Dolto reste souvent mal comprise et caricaturée. Ses théories ont émergé dans une société où les familles répressives bénéficiaient d’un consensus social. L’enfant n’était pas considéré alors comme une personne et sa parole n’avait pas de valeur : il était supposé avoir des petites idées, des petits chagrins, des petites joies, des petites choses à l’image de sa petite taille. Dolto nous a fait comprendre que la parole d’un enfant a autant de valeur que celle d’un adulte. Mais en aucun cas elle ne dit qu’un enfant est un adulte. (…) Quand Dolto a commencé à parler à la radio, elle a réhabilité la souffrance de l’enfant dans chaque personne qui l’écoutait. Elle disait : "Votre souffrance d’enfant était légitime". C’est cet effet de vérité qui a fait le succès de Dolto… et suscité, en miroir, la haine que l’on sait. » ("Elle", le 11 octobre 2013).

Probablement que le principal contresens commis par ceux qui s’opposent à Dolto est justement de croire que réhabiliter la parole de l’enfant, cela reviendrait à discréditer l’autorité des parents. Rappelons d’abord que la cellule familiale est beaucoup plus éclatée qu’auparavant et que cette autorité a été réduite mécaniquement, notamment dans les familles monoparentales. Claude Halmos répondrait ceci : « Dolto m’a appris avant tout à ne jamais juger les parents, mais plutôt à écouter l’enfant dans le parent. Cette phrase a été une bascule dans ma pratique de jeune analyste. ».

Pour Dolto, tous les désirs des enfants sont légitimes, mais ils ne sont pas tous réalisables car il y a la loi, et avant la loi, avant tout, le respect de l’autre. Or, pour respecter l’autre, il faut d’abord se mettre à la place de l’autre. Cette réflexion des limites est en fait essentielle dans le développement de l’enfant et plus tard, du jeune adulte. Claude Halmos l’a ainsi expliqué : « Pour intégrer véritablement les lois, il faut être capable de se mettre à la place de l’autre que l’on pourrait faire souffrir. Ce n’est possible que si l’on se sent soi-même une personne. ».

En fait, la vraie difficulté de la théorie de Françoise Dolto, c’est d’imaginer une nouvelle forme d’autorité parentale qui soit basée sur l’intelligence et la compréhension (qu’on pourrait assimiler à du management participatif) et pas sur de la simple obéissance (management directif). Le laxisme éducatif, la permissivité, le laisser-aller de certains parents, leur renoncement parfois, ne doivent pas faire oublier que l’enfant reste une personne fragile à respecter et à protéger.

Toute sa vie, Françoise Dolto a développé des idées qui s’approchaient d’un certain humanisme, l’essentiel étant de pouvoir communiquer pour éviter tout malentendu et pour formaliser certaines pensées fortes. Elle a ainsi rejeté la compatibilité entre la jalousie et l’amour, la jalousie est le contraire de l’amour dans la mesure où c’est une défiance et pas une confiance : « La jalousie n’est pas une preuve d’amour mais d’immaturité. ».

Je termine enfin sur cette très belle phrase d’elle qui devrait être placardée dans toutes les collectivités, de la famille …aux États : « Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. ». Uni dans la diversité, c’est justement la devise de l’Europe !


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (25 août 2018)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Françoise Dolto.
Sigmund Freud.
Maurice Bellet.
Simone Veil.
Marie Trintignant.
Barbara Hannigan.
Micheline Preesle.
Pauline Lafont.
Annie Cordy.
Jeanne Moreau.
Lucette Destouches.
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22 réactions à cet article    


  • mmbbb 25 août 2018 11:02

    La souffrance existe toujours en France il y a plus de 2 millions d enfants pauvres en France Si cet article demontre le reel progres du regard porte a l enfant, cette argument " Dolto m’a appris avant tout à ne jamais juger les parents, mais plutôt à écouter l’enfant dans le parent. Cette phrase a été une bascule dans ma pratique de jeune analyste. »." La je ne suis pas d accord , certains parents sont des abrutis , il faut nommer les choses . Quant a notre societe elle est devenue fragmentée , polymorphe ( retour du religieux dans l espace public, zone de non droit francais , affiramtion du communautarisme ) et inégalitaire Le milieu social est toujours determinant La grille de lecture de l analyse de Dolto ne parait pas aussi simple et uniforme desormais .


    • Christ Roi Christ Roi 27 août 2018 13:31

      Bon en tout cas, depuis qu’on utilise partout les méthodes d’éducation de cette dame, l’analphabétisme, l’amoralité et la crétinisation de la société sont en croissance verticale. Et je ne vois pas de gens épanouis mais plutôt une cohorte de dépressifs. Je dis cela, je dis rien.


    • Albert123 25 août 2018 11:04

      Entre l’avant et l’après Dolto , on a surtout une perte sèche du QI moyen. une explosion du narcissisme pathologique et des enfants qu’on ne sait plus recadrer (par absence d ’autorité parentale) et qui deviennent autoritaires par overdose d’écran vidéo (ce qui en fera de bons petits psychotiques en puissance une fois adulescents).


      Dolto , Lacan, ...

      j’aie envie de dire au habitants du pays des bisounours qui nient la réalité pour ensuite pleurnicher sur les conséquences qui étaient prévisibles  : Big Bisous.



      • Hecetuye howahkan 25 août 2018 11:16

        @Albert123


        Salut, oui le désastre , enfin celui là parmi d’autres , pour moi a commencé exactement à ce moment...

        narcissisme pathologique me semble très juste ..

        Nous savons tous potentiellement comment « être » avec nos enfants..le problème est que ne sachant pas comment « être » avec nous mêmes, nous ne sommes plus aptes hélas à passer à l’étape suivante avec les enfants ....

        d’accord pour la pleurnicherie ..le vieil adage, on récolte ce que l’on sème à encore frappé avec justesse...

        d’accord aussi sur la négation du réel..avec les psycho bla bla pour le pognon et la décérébration , la négation du réel pouvait s’exprime par le mot schizophrène

        cela dit, nul n’est obligé de tomber dans le piège..pour moi il y a désir d’y tomber...

      • mmbbb 25 août 2018 12:09

        @Albert123 un peu con votre commentaire je suis de l ancienne generation j ai ete interne a l epoque Certains cures devaient s enfiler des gosses mais rien ne se disait contrairement a maintenant comme aussi la violence exercee a l encontre des femmes , La maitresse les surveillants des petits caporaux excercant leur autoritarisme . Cette conne de maitresse nous faisait chier avec sa guerre ses allemands Moi j admirais l uniforme vert de gris par reaction . Ces gens s ils etaient vivant, je leur donnerai des coups de tatannes comme a certains vieux cons d aujourd hui A la campagne, j ai connu de parents ayant oblige leur fille gauchere a ecrire de la main droite J en ai d autres en stock . Les jeunes ne sont pas tous des abrutis et les vieux ne sont pas tous respectables. Dolto a connu cette epoque elle le dit . mais l intelligence des parents n est pas inné . La elle n y pouvait rien . Tout est question de mesure cela semble vous avoir echappe . 


      • Albert123 25 août 2018 12:26

        @mmbbb


        « un peu con votre commentaire »

        Big Bisous à vous aussi.





      • Jeekes Jeekes 25 août 2018 13:02

        @mmbbb

         
        ’’je leur donnerai des coups de tatannes comme a certains vieux cons d aujourd hui’’
         
         
        Ben voyons !
        Et moi je connais un sacré putain de paquet de jeunes cons à qui je filerais bien aussi quelques coups de tatanes...
         
        Ce reconnaitra qui voudra.
         



      • Fergus Fergus 25 août 2018 11:38

        Bonjour, Sylvain

        Excellent article ! La pensée de Françoise Dolto y est restituée honnêtement, loin des caricatures - de bonne ou de mauvaise foi - qui en sont trop souvent faites de nos jours. 


        • jacques 25 août 2018 11:52

          Il faut reconnaitre qu’elle a particulièrement bien réussi ses « rejetons ».....


          • Clocel Clocel 25 août 2018 12:11
            @jacques

            Carlos a quand même fini aux Grosses Têtes !? smiley

            Ça vaut tout de même mieux que l’Académie française !

          • V_Parlier V_Parlier 27 août 2018 16:04

            @Clocel
            Carlos s’est aussi brillamment illustré à titre de raconteur d’histoires pédophiles en pleine heure d’écoute. Comme il concluait, c’était « mignon »...


          • chantecler chantecler 25 août 2018 12:40

            Le compteur fonctionne à l’envers .  :- /
            Donc pour une fois je suis en accord avec Sylvain R. et avec les autres commentaires plutôt favorables .
            A part ça accuser F. Dolto de toutes les difficultés liées aux familles et aux enfants d’aujourd’hui je trouve ça un peu fort ...
            D’autant que Dolto n’était pas du genre à faire les barricades de 68 ...
            Carlos n’est peut être pas une réussite mais sa fille C. Dolto est devenue pédiatre , ce qui n’est pas si mal ...
            Quant à sa thèse « Psychanalyse et Pédiatrie » , de 1939 , évoquée par l’auteur , c’est une réussite .


            • astus astus 25 août 2018 15:00

              @chantecler


              « ...accuser F. Dolto de toutes les difficultés liées aux familles et aux enfants d’aujourd’hui je trouve ça un peu fort... » 

              En effet, d’autant que ceux qui pensent cela n’ont jamais lu quoi que ce soit de cette dame, ni participé au moindre séminaire sur la psychanalyse des enfants. Pour ces personnes incultes s’opposer à tout, et sans le moindre argument, c’est vouloir paraître intelligent, avec le résultat que l’on sait.

              Cdlt

            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 août 2018 13:58

              le seul passage de Roudinesco éjectée de la Sociéte Psychanalytique de Paris fut le divan de DOLTO. Nous voyons ce qu’il en reste : mariage homo, PMA, GPA. Quand on met les pieds dans un panier de crabes, on y reste définitivement accroché. DE DOLTO à JOffrin,...même destin,...ET L’ENFANT ?????????????????????????????????????????????????????????????


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 août 2018 14:02

                Sans oublier ses affinités avec Alexis Carrel. quand on a le cul en permanence entre deux chaises, cela finit pas toujours par péter,..... 


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 25 août 2018 15:25

                  qui ne lit le deuxième sens, ;. !!! On est de trop sur terre : commençons par éliminer les gooses. Aves la P.M.A., la GPA et l’adoption homoparentale on est bien parti. Ces enfants vont tomber comme des mouches dans le burn-out civisationnel, n’ayant aucune racine. Bien joué Roudinesco.


                  • Morologue Morologue 25 août 2018 15:30
                    L’article restitue bien le doltoïsme, l’esprit-Dolto, en effet. Et ses intentions sont si bonnes, d’ailleurs, que ça pave bel et bien un enfer. Certes, Dolto n’est pas responsable du devenir-sociomédiatique pendant et après elle, c’est évident. Mais, en fait, ça n’a rien à voir. Il y a bien un humanitaire-Dolto, et c’est drôle d’ailleurs que Lacan s’y trompa, lui qui ne vantait pas de guérisons miracles. Or Dolto semble « miraculeuse ». Hélas, derrière tout miracle, il y a pourtant un miroir, et un narcissisme, en effet (latin mirus, qui donna (se) mirer). En fait, l’action sociale à l’égard de l’enfance relève moins d’une psychologie que d’une sociologie. Or, à cette sociologie, on n’a rien changé de nos jours, sinon - à la doltoïenne - en se montrant humanitaire avec l’enfant. Mais quid d’une structure qui continue de les conditionner ? C’est bien pourquoi Dolto avait créé la Maison Verte, me dira-t-on. Fort bien. Hélas, dans de tels contextes, devant de telles inerties globales, ça fait des complexes du super-héros (des miraculeux). Et ainsi, d’aucuns en veulent à Dolto et au doltoïsme méchamment : évidemment, ils ont mal compris Dolto, mais ils ont très bien compris que « Dolto », c’est structurellement dérisoire.

                    Au Japon, les jeunes sont responsables du nettoyage-classe par équipe chaque soir, et les plus petits nettoient leurs couverts à la cantine (les plus grands faisant leurs devoirs). En Allemagne, les enfants ont des activités parascolaires l’après-midi. En Suisse, le manuel et l’artistique équivaut l’intellectuel et est réalisé dans des ateliers dotés. Dans ces trois pays, il y a bien moins de problèmes d’accompagnement, d’orientation et d’entrée de la jeunesse dans le monde du travail, qui fonctionne encore sans profonde tyrannie du diplôme, avec des perspectives d’évolutions de carrière dans un secteur. Attention : je ne parle des aménagements néolibéraux mis en œuvres en Allemagne depuis dix-vingt ans, évidemment. Je parle bien de l’éducation elle-même. A un moment donné, la qualité de la relation parent-jeune n’est pas tout, qui ne fait que familialiser. C’est la qualité jeune-monde, que les adultes doivent améliorer.

                    Et je dis jeune, parce que votre article oublie que Dolto escomptait de telles possibilités de devenir-adulte pour l’adolescence, sans parler de son soin envers l’adolescence. Il n’y a pas que l’enfance, et votre article, finalement, perpétue aussi la vulgate autour de Dolto ... Mais même sa militance auprès de l’adolescence, souffre de ce que j’ai dit sur l’enfance. Laissons-lui, comme à Freud quant à la sexualité, le mérite d’avoir été pionnière à rendre sensible ces questions quant à la jeunesse.

                    • Pierre Laroche 27 août 2018 04:49
                      Françoise Dolto aurait accompli de nombreux travaux !!! Où sont les publications rédigées en anglais dans des revues internationales spécialisées de haut niveau pour être soumises à la critique internationale ? !!!

                      Rappelons que Françoise Dolto n’était rien d’autre qu’une vulgaire psychanalyste. Rappelons encore que la psychanalyse n’est rien d’autre que du charlatanisme. Françoise Dolto n’a fait qu’écrire des livres grand public à des fins lucratives. Elle n’est l’auteur d’aucun travail de recherche scientifique.

                      Françoise Dolto tenait parfois des discours délirants, comme ceux sur le viol (les féministes y seront sensibles) : "Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes". Lire : Entretien de F. Dolto dans la revue « Choisir » - Le viol du silence - Eva Thomas - 1979).

                      Elle expliquait également : "Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles entre adultes et enfants, et bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s’il accepte, c’est qu’il est complice, il n’a pas à se plaindre. Mais il peut avoir, sans se plaindre, à dire : « mais ça m’a fait très mal. – Oui. Pourquoi t’es-tu laissé faire puisque tu savais que ce n’était pas permis… »". Lire : L’enfant, le juge et la psychanalyste - Entretien entre F. Dolto et A. Ruffo - Gallimard - 1999.

                      • V_Parlier V_Parlier 27 août 2018 16:08

                        @Pierre Laroche
                        Je vois qu’actuellement nous sommes dans la pleine continuité... les rafistolages néo-féministes de Schiappa n’étant qu’un traquenard principalement destiné au règlement des affaires mondaines.


                      • Pierre Laroche 28 août 2018 13:50
                        @V_Parlier : Françoise Dolto avait le sens de l’égalité : une tartine pour chacun !

                        Voici, celle pour les hommes (les masculinistes apprécieront) : "Il est dans l’ordre des choses qu’un père ne s’occupe pas de son enfant bébé : ce n’est pas le rôle d’un homme. .../... C’est lorsque l’enfant atteint l’âge de la marche - à dix-huit mois - que les hommes normalement virils commencent à s’occuper de lui. Ceux qui s’occupent des bébés sont généralement en grande partie marqués de féminité et, pour ainsi dire jaloux que ce soient les mères les porteuses.« (Françoise Dolto - Quand les parents se séparent - page 53.).

                        Et pour les enfants qui souffriraient d’avoir manqué d’amour paternel, elle écrivait :  »Je crois qu’il serait très important pour l’avenir des enfants de parents divorcés ou séparés que, dans des lieux neutres, des médecins aident ces enfants à se comprendre dans ce dire qui n’est pas verbalisé et qui est un dire de corps." !

                        Par « médecins », il faut évidemment comprendre : « pédo-psychanalystes », comme elle !

                        Dolto, Klein, Lacan, Winnicott, etc. On est dans le charlatanisme à des fins lucratives à plein tube.


                      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 août 2018 13:41

                        Les vrais psys étaient plutôt gênés de se référer à Dolto. Préférant de très loin : Mélanie klein,...


                        • coquecigrue coquecigrue 23 septembre 2018 00:16

                          Grande criminelle !


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