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Intelligence sans conscience n’est que ruine de l’homme

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Prologue

 

 Vous aurez deviné la paraphrase d’une citation formulée par Rabelais dans son Pantagruel paru au XVIe siècle ; « science sans conscience n’est que ruine de l’âme  ». Les mots employés par Rabelais n’ont pas le même sens que pour nous, modernes. La « science » pendant la Renaissance avait une signification proche de la technè grecque, autrement dit une technique accompagnée d’un savoir. L’âme avait une connotation religieuse, ainsi qu’ontologique. Ruine de l’âme signifiant entre autres que le salut dans l’au-delà se plaçait sous de mauvais augure. L’âme était aussi un principe de mouvement. Kepler pensait que les planètes étaient mues par une sorte d’âme céleste. Ainsi, la ruine de l’âme signifie que l’homme n’est pas animé de bonnes intentions. Et l’on retrouve la signification médiévale de la conscience comme instance produisant le sentiment intérieur de bien et de mal. Une science produite sans conscience ruine l’âme qui agit sans connaître le mal et par conséquent s’abîme dans le péché. De nos jours, la maxime de Rabelais n’a qu’une valeur historique ou heuristique, servant par ailleurs de totem pour les spécialistes de bioéthique.

 

 Au XXIe siècle, le salut chrétien ne se pose plus sauf pour les fidèles. L’âme est devenue un concept méconnu et malmené par les dérives sémantiques ainsi que l’éclatement des spécialités scientifique. La conscience ne désigne plus uniquement un sentiment. L’intelligence, qu’elle soit artificielle ou humaine, désigne une faculté de produire un savoir. La conscience désigne une faculté de la psyché et n’a pas de signification consensuelle. L’homme désigne l’homme tout simplement, un homme pouvant être augmenté pensent les uns, ou alors un homme abîmé, autrement dit, ruiné, privé de ses richesses spirituelles ; ou enfin un homme éveillé, avec ou sans la méditation. Evoquer une intelligence sans conscience nécessite de définir ce que l’on entend par intelligence et par conscience. Si l’intelligence est le propre de l’homme, elle est dite artificielle lorsqu’elle désigne une production issue des calculateurs numériques. En revanche, il n’y a pas de conscience artificielle, du moins pas encore. Il se peut bien qu’il n’y en ait jamais ; encore faut-il le prouver, ce qui suppose que le phénomène de la conscience soit complètement expliqué et nous en sommes loin actuellement. Ceux qui pensent que la conscience puisse émerger d’une IA ne savent pas ce qu’est la conscience ni comment elle a émergé dans l’espèce humaine.

 

Qu’est-ce que l’intelligence ?

 

 La capacité à intelliger ont dit les Grecs. La faculté de raisonner ont dit les Modernes. L’Intellect, qu’il soit la partie supérieure de l’âme pour Aristote, ou la seconde hypostase universelle pour Plotin, ne coïncidence pas avec l’intelligence moderne définie comme faculté de raisonner et surtout de produire des savoirs sur les objets et les hommes. L’intelligence est conçue alors comme une fonction cognitive permettant aux individus de comprendre une situation et de produire des signes pour orienter l’action ou bien résoudre des questions, des énigmes. L’intelligence dite artificielle tente de reproduire les fonctions cognitives humaines en utilisant des computers et des programmes dont le principe est de résoudre un problème. Les entreprises de vente en ligne utilisent des intelligences artificielles capables de connaître les pratiques et goûts culturels d’un individu afin de lui proposer des produits ajustés à ces goûts. Dans ce cas précis, le problème à résoudre est simple. Pour le vendeur, il faut optimiser les ventes et créer les conditions facilitant d’acte d’achat. Pour l’acheteur, on supposera qu’il s’agit de gagner du temps, de ne pas passer des heures à hésiter et de trouver le produit qui ne décevra pas et saura plaire.

 

 L’intelligence en tant que fonction cognitive produite par le cerveau est un moyen. Et qui dit moyen dit finalité. Lorsque l’on parle de l’intelligence, on la prend rarement comme une fin. Les individus ne cherchent pas forcément à devenir des hommes intelligents. Ils veulent surtout acquérir l’intelligence pour s’en servir et réaliser des fins, voire se réaliser, et devenir de bons compétiteurs dans le secteur professionnel. Même celui qui joue de l’intelligence comme si c’était un art de vivre suit une fin distincte de l’intelligence ; il veut la joie, l’ivresse que procure l’intellection d’un texte, d’un ensemble d’événements, d’une situation vécue et relativement complexe. Il se dit dans les médias que l’intelligence est plurielle. Il y a même une théorie des intelligences multiples développée depuis 1983 par Howard Garder. Cette théorie s’applique à l’âge scolaire mais aussi chez les adultes ; elle est parfois utilisée dans les établissements d’enseignement. Les deux dernières décennies ont vu se répandre le concept d’intelligence émotionnelle qui se superpose aux autres types si bien qu’au final, avec la démultiplication des intelligences, nous ne savons plus trop de quoi nous parlons. J’aurais une préférence pour évoquer les niveaux d’intelligence en articulation avec la psychologie spectrale de Wilber qui décrit les niveaux de conscience. L’herméneutique offre une autre piste intéressante. Un texte sacré, et donc suffisamment riche en contenu, se lit sur quatre (ou cinq) niveaux. Littéral (et logico-discursif), analogique (métaphores et allégories), symbolique (sens et paraboles), mystique. Cette piste conduit à enchevêtrer les niveaux d’intelligence et de conscience.

 

La conscience

 

 La conscience est depuis bien longtemps un caractère essentiel de la psyché humaine, en relation avec l’âme jusqu’à la Renaissance, puis une faculté du sujet (opposé à l’objet) depuis le tournant opéré par la philosophie moderne. De nos jours les scientifiques modernes prétendent étudier la conscience et même l’expliquer à moyen terme. Ce qui pour moi n’a pas de sens. La conscience est du côté de la face intérieure et cachée du monde, alors que la science repose sur les objectivités et donc la face externe des choses. Le seul moyen de comprendre la conscience est de la vivre, comme un espace secret et même sacré.

 

 L’étude de la conscience en laboratoire est impossible. Dans un billet récent, Laurent Alexandre a rapporté des résultats scientifiques réalisés en cultivant des cellules cérébrales formant un organoïde et capables de produire des oscillations comparables à celle d’un cerveau de prématuré. Ces résultats ont fait fantasmer les neuroscientifiques pensant produire à terme un cerveau conscient et même émotionnel. En réalité, il n’y a rien d’humain ni d’intelligent dans ces oscillations cérébrales qui ne sont que du bruit pourvu d’un certain ordre et parfaitement explicables avec la thermodynamique du non-équilibre de Prigogine. Les neurones en cultures créent des oscillations électriques avec les mêmes principes qui sont à la base des oscillations chimiques de Belousov découvertes dans les années 1950. Pour qu’il y ait conscience il faut une insertion dans le monde, une « encarnation », une relation avec le champ de l’existence.

 

 Les philosophes ont su décrire les caractères de la conscience humaine qui avec Hegel s’est déclinée comme une généalogie de l’esprit et une longue et « pénible » odyssée conduisant au savoir absolu. Pour Heidegger, la situation est assez contrastée. L’homme s’ouvre vers le Dasein, notion qui signifie le cosmos ouvert en face du sujet. Heidegger n’a cessé de se battre contre l’interprétation anthropologique de sa pensée. Le Dasein n’est pas une propriété de la conscience. C’est l’inverse, la conscience est une émergence à l’intérieur du Dasein. Seule une théorie du champ et des sources permettra d’élucider cette question. La compréhension de la conscience suppose de connaître plusieurs théories physiques, contrairement à ce que pensent les neuroscientifiques se basant sur les phénomènes électriques, ou les nouveaux gnostiques croyant que la solution est dans la mécanique quantique. La réalité est beaucoup plus loin (Dugué, Les sept physiques et la nouvelle alliance, livre soumis pour édition).

 

 

Pensée, intelligence, conscience

 

 Les facultés supérieures du psychisme sont imbriquées et hiérarchisées. On peut proposer un schéma dans lequel la notion de pensée intervient et se conçoit comme une instance capable de moduler le champ de conscience, le faire varier tout en émergeant depuis ce champ. L’intelligence pensante intervient alors pour créer des liens, des relations, du sens, dire la prose, la poésie, la musique du monde et des âmes. Enfin, l’intelligence calculante est ce qui est utilisé pour résoudre des problèmes, naviguer dans un monde complexe, fait d’informations, de machines, de transactions et opérations matérielles. Cette intelligence fonctionne de manière horizontale. Elle est simulée par l’IA qui n’est rien d’autre qu’un simulacre capable de calculer plus efficacement qu’une cohorte de cerveaux humains.

 

Conscience  ↨ champ de conscience

Pensée consciente  ↨ variation du champ 

Intelligence pensante ↨ donation de sens, poésie, art

Intelligence calculante → résolution de problèmes

 

 La conscience a été explicitée et interprétée par de brillants philosophes, Husserl en tête. La science de la conscience, désignée comme phénoménologie, est développée sur plus d’un millier de pages. La lecture de ces textes laisse penser que l’intelligence qui y règne est d’une autre essence que celle qui s’utilise dans la vie courante, professionnelle, et se mesure avec le QI. La phénoménologie décrit un cosmos d’essences accessibles à la conscience et produites par l’intelligence en résonance avec la conscience. En revanche, l’intelligence au sens courant sous-entend une utilité pratique, une habileté à résoudre un problème après l’avoir posé. L’intelligence artificielle n’a rien de transcendant. Elle s’interprète comme une électronique embarquée dans les rouages sociaux et réussit à résoudre des problèmes avec plus d’efficacité et de rapidité que les cerveaux humains. Elle peut trier des manuscrits, interpréter des IRM, sélectionner des CV et de ce fait, présente une utilité pour les entreprises qui l’utilisent et les opérateurs qui pensent gagner du temps.

 

L’homme entre énigme et mystère

 

 On s’en tiendra pour l’instant à l’idée d’une conscience permettant d’ouvrir un monde et de se situer comme partie prenante dans l’ouverture du réel. L’intelligence est alors un outil complexe, un authentique couteau-suisse ou plutôt deux. Lorsqu’elle est calculante (voire cartésienne), elle est capable de poser des problèmes, des questions, de les résoudre, de fournir des instructions pour naviguer dans l’existence. Lorsqu’elle est pensante, elle aide à voir, discerner, globaliser, comprendre les autres et soi-même et peut-être ouvrir une clairvoyance. La conscience est une émergence, une ouverture, un monde devenu présent, chargé de sens et de contenu, avec une vérité qui résonne. L’intelligence calculante apparaît comme assez pauvre eu égard au monde présent dans avec la conscience et reste au fond un outil, un moyen et non une fin. Se pose alors la question du lien entre l’intelligence comme outil et la conscience. Sous un certain angle, l’intelligence pensante est à la conscience ce que le pinceau et la palette sont à l’œuvre d’art. Elle est une fonction ou faculté permettant d’affiner la conscience, la rendre plus précise, plus riche, chargée de sens.

 

 Le grand schisme entre conscience et les deux intelligences repose donc sur la manière de se situer face à l’existence et de décider quelles sont les finalités recherchées. Est-ce jouer, manipuler, accumuler, en usant de toutes les capacités et stratagèmes de l’intelligence ou bien parvenir à une conscience chargée de sens et de contenu ? Selon la finalité choisie, un des types d’intelligence sera privilégié et employé. L’existence humaine est face à une alternative universelle, résoudre des énigmes ou bien vivre un mystère. Il est certes utile de naviguer dans les questions pratiques, formelles, rationnelles mais ce jeu est limité. La conscience est le champ où se dessinent et apparaissent les fins, le pourquoi de l’existence, l’accomplissement d’un chemin permettant d’accéder à une clairvoyance, à l’instar d’un randonneur parvenu au sommet d’une montagne.

 

 L’utilisation intensive de la pensée calculante finit par régler le cerveau en encadrant l’univers de pensée et donc en fermant les ouvertures possibles d’une conscience ouverte par une pensée ou une méditation non calculante. L’univers est-il une énigme à résoudre comme l’ont pensé les savants rationalistes des Lumières et les francs-maçons vénérant le grand architecte ou bien un mystère à vivre comme l’ont vu ésotéristes et mystiques « encartés » ou pas dans l’une des trois religions occidentales. Ce qui se joue nous dépasse. La question finale ne serait-elle pas entre un Grand computer quantique calculant l’univers ou une Trinité diffusant une lumière en jouant avec les consciences en attente d’éclaircie ?

 

Intelligence rationnelle et ruine de l’homme

 

 Dernier point, la prise en compte de l’intelligence artificielle, source de malentendus, fantasmes, craintes non justifiées et espoirs illusoires. Il se dit que l’IA pourrait faciliter l’apparition d’un homme transformé et augmenté. Il se dit que l’IA pourrait parvenir à la conscience et de ce fait, s’élever au niveau de l’homme. L’inverse est bien plus plausible. Si l’on admet que l’IA, quelle que soit sa puissance, n’aura jamais de conscience, alors l’usage intensif de cette intelligence artificielle par l’homme ne peut que produire une perte de conscience des utilisateurs ou du moins, barrer l’élévation vers l’intelligence pensante et la conscience éclairée. L’IA ne produit que des œillères pour la pensée. Elle est formelle et ne génère que des formes sans contenus ; elle est profane par essence, opposée au sacré du monde caché de l’homme, lieu secret et sacré où se jouent les mythes, la liberté, l’émerveillement des sens, la pleine conscience des contenus esthétiques et éthiques produit par un vécu riche et affranchi des limites de la raison.

 

 Au risque d’être caricatural, je dirais que les organisateurs du profit et du pouvoir ont néanmoins intérêt à généraliser l’IA. Mettre des œillères cérébrales aux hommes reste la solution la plus efficace pour domestiquer l’humanité comme il y a dix mille ans, le cheval fut dompté, avec les œillères et le chien fut inventé comme un loup devenu immature, reposant alors sur l’intelligence du maître. L’IA ne peut que produire un homme dénaturé, immaturé, ruiné.

 

 L’interaction entre le cerveau humain et l’IA risque de conduire l’homme vers une artificialisation de sa pensée, accompagnée d’une réduction de conscience. A force de planter des clous, l’homme devient marteau. Je vais enfoncer le cou et suggérer qu’à force d’utiliser l’IA, l’homme acquiert une électronique embarquée dans son cerveau et devient un corps automatique (avec un cerveau produisant des automatismes) à l’image de la voiture autonome, au lieu d’être un voyageur du monde libre disposant d’une pleine conscience. L’homme connecté à l’IA ne fait que circuler dans le grand parc humain et planétaire. L’homme affranchi de la pensée calculante est un voyageur dans le monde, il se saisit de la poésie du cosmos et cherche le mystère. L’homme habile et calculateur tente d’optimiser ses chances et son profit. Il n’est pas un cerveau sans émotions et suit ses désirs. Il navigue dans un Espace, celui des formes désirées et manipulées, les mêmes qui entre dans les calculateurs de l’IA lorsqu’elles sont mesurées, comptées et numérisées. Le monde des formes est profane. Le monde de la conscience est sacré ; il navigue dans le temps, il accède au sens de l’Histoire. L’homme habile et calculateur écrit ses histoires, se raconte des histoires, en vivant sans l’Histoire, privé de la communion avec le passé et le destin ; il vit dans le présent conçu comme un moment inscrit dans une feuille de route. En revanche, la conscience est déroutante ; elle appartient aux hommes subtils, qui savent lire dans les textes sacrés et les vieilles pierres chargées de sens. L’intelligence rationnelle est devenue un moyen pour s’approprier le monde, alors que la conscience est ce qui émerge lorsque l’on tente d’habiter le monde en voyageur du temps et en cultivant la philia, l’amitié, la sagesse, le désintéressement, la relation authentique avec les êtres.

 

 L’intelligence calculante est d’essence électromagnétique. Elle est électrique, faite de signaux, et de même essence que la force électromotrice utilisée par les cellules et générée par les chaînes enzymatiques des mitochondries. La conscience fait intervenir en plus une essence de même nature que celle qui gouverne la gravité, courbant l’espace avec la production d’un Temps cosmologique. C’est en quelque sorte une anti gravité qui ouvre un espace intérieur pour la conscience. Une Ereignis au sens d’Heidegger, produite par un processus que François Fédier a traduit maladroitement par le substantif « allégir ». Il aurait été préférable de traduite par « délester » dans le sens de se dégager de la gravité qui règle la conscience en la limitant. Mais au fait, pourra-t-on trancher sur les questions ontologiques, IA et conscience, Grand computer quantique ou Trinité ? Il ne reste plus qu’à questionner la mystérieuse partie qui se joue avec la cosmologie quantique sans oublier la théorie quantique des champs ! Nous finirons par comprendre que la conscience ne peut pas être expliquée comme le produit d’un calcul neuronal, contrairement à ce que pensent les neuro-philosophes parmi lesquels figurent Stanislas Dehaene, en charge du neuro-enseignement au ministère de l’éducation.

 

 Après la technique comme enjeu du XXe siècle selon Ellul, la nature computable ou non de la conscience sera la question philosophique centrale du XXIe siècle. Le physicien Roger Penrose et le philosophe Thomas Nagel ont répondu par la négative mais sans rallier la majorité faute d’arguments décisifs.

 

Spéculations sur l’homme vertical

 

 Il n’y a pas lieu d’opposer l’intelligence et la conscience, la raison et la pensée. Le chemin de l’homme consiste à augmenter sa conscience, sa faculté de pensée. Il dispose de l’intelligence rationnelle en tant qu’outil à multiples usages, permettant de naviguer dans le monde et de l’élever dans son propre monde de la conscience, en résonance avec les hommes, les dieux et le cosmos. L’intelligence est un outil qui permet de monter dans l’échelle de conscience mais qui finit par peser lorsqu’il faut gravir les échelles du haut. La sagesse consiste à se délester. L’homme atteint la verticalité. Après avoir acquis la station verticale dans le monde matériel, il entame un autre chemin et s’essaie à la verticale de la conscience et atteindre les cieux de la pensée.

 

 Etre vertical, c’est s’élever dans la conscience et parvenir à poser un regard sur le monde. L’homme vertical sait regarder le cosmos, la nature, l’autre et les œuvres ; il parvient à l’intelligence pensante. En revanche, celui qui n’utilise que l’intelligence rationnelle finit par voir le monde comme un moyen et finit par le dévorer ; il est à l’image de l’homme unidimensionnel de Marcuse. L’homme horizontal est fils du Kronos et imagine qu’il sera dévoré par la flèche du temps à moins qu’il ne soit vampirisé par l’IA ; l’homme vertical est né deux fois, fils du Kronos puis fils et père du Kosmos. Son âme finira-t-elle au panthéon céleste ? Comme la Partie au sein d’un Tout spirituel pour parler en combinant Héraclite et Hegel. Quoi qu’il en soit, nous sommes tous du Kosmos, les uns l’ont compris et les autres l’ignorent.

 

 

Textes éclairant ce billet

 

 Dugué, Les sept physiques et la nouvelle alliance, livre en attente d’éditeur.

 Dugué, L’information et la scène du monde, Iste, 2017.

 Dugué, Temps émergences et communications, Iste, 2017.

 


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4 réactions à cet article    


  • astus astus 25 septembre 10:00

    Un bien intéressant débat qui montre l’opposition actuelle entre l’intelligence pensante douée de conscience, (de soi, des autres, du cosmos), et l’intelligence calculante qui cherche (et trouve souvent) l’efficacité du réel, mais sans interrogation autre qu’utilitariste. Les humains du XXI ème siècle veulent-ils ressembler à des robots gouvernés par l’IA ? Ont-ils encore le choix ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 25 septembre 10:27

      @astus Le propre de l’homme émancipé est de faire en sorte que ses choix sont éclairés, en raison et en conscience. Si ce choix concerne la politique aussi, et je le pense, il faut débattre, en posant les arguments permettant d’apprécier quelle alternative se présente à nous. Hélas, les citoyens de notre siècle préfèrent s’en remettre aux autorités scientifiques, c’est plus confortable. 
      Bonne journée


    • SamAgora95 SamAgora95 25 septembre 14:48

      Pour ma part je suis persuadé que tous les êtres vivants constitués d’ADN ont une conscience, ils ont tous la conscience d’exister de vivre des expériences, ce qui différencie un insecte d’un être humain c’est simplement le nombre de modules qui sont venus se greffer à cette conscience primordiale avec l’évolution.

      Le raisonnement, le calcul, le jugement, reconnaître une personnes, une fleur, prendre conscience de soi, sont des exemples de modules. Ces module s’adressent à la conscience, qui les organise et les manipule pour leur donner de la cohérence et un sens.

      Ces modules sans cette conscience primordiale produiront au mieux des zombies, ces modules et leur équivalent numérique (deeplearning) ne sont rien de plus que des filtres des tamis des classifieur d’une grande complexité.

      Ce que nous appelons l’intelligence artificielle n’est rien d’autre qu’une approximation de ces modules biologique, malheureusement ces modules numérique n’ont aucune personne (conscience) à qui signaler qu’ils ont reconnus un visage, une fleur, qu’il est préférable de tourner à gauche ou que 5*5 font 25.

      Tant que la science n’aura pas mis le doigt sur ce qu’est la conscience, parler d’intelligence artificielle et un abus de langage...il vaudrait mieux parler de classifieur numérique.


      • Decouz 26 septembre 09:58

        @Bernard Dugué

        Que pensez vous de l’intuition comme possibilité de connaissance directe sans réflexion ?

        Particulièrement pour les singularités, les événements qui ne se répètent pas et ne sont pas susceptibles d’expérimentation, tout ce qui est du temps irréversible, mais aussi des lieux ou êtres dans leur caractère unique et non généralisable ?

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