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La bulle spéculative va exploser mais le Bitcoin y survivra...

Personne ne sait quel sera l’impact des crypto-monnaies sur l’économie comme sur le droit. La nature du Bitcoin nous questionne, à la fois technologie mariant dans un même moule logique économique et juridique, catalyseur de transformation des organisations donc de l'innovation de rupture, monnaie liant usage et création monétaire bousculant les codes de l'économie financière. Son potentiel de transformation réveille les plus grandes résistances comme les plus grands espoirs. Le Bitcoin n'est qu'une forme de Blockchain. Cependant une chose est certaine ; que le Bitcoin change ou non la nature de l'économie, la Blockchain changera profondément notre façon d'organiser les échanges et donc l'économie.

Depuis de nombreuses années, je m’interroge sur la nature de notre modèle économique, essentiellement pour comprendre comment l'innovation le transforme ; Quel lien existe-t-il entre modèle économique et innovation ? Si l'innovation admet une définition générale, sa réalité évolue avec le temps. Pour explorer cette question, seule l’innovation radicale est d’intérêt car elle transforme nos organisations et par là même notre modèle économique. Si le Bitcoin a le potentiel d'une innovation disruptive, on peut donc s'interroger sur la forme que prendrait l'innovation s'il transformait notre économie.

Pour comprendre l'évolution de notre économie, il est indispensable de comprendre les forces qui l'organisent. Comme Geoffrey West l’explique magistralement en parlant « des mathématiques surprenantes des villes et des entreprises » lors d’une conférence TED, quelque soit la nature de nos organisations, villes ou entreprises, toutes partagent une caractéristique avec le vivant ; la capacité de faire plus avec moins à mesure que la complexité s'exprime à une échelle plus grande, et devoir le faire toujours plus vite à mesure que cette organisation évolue dans le temps pour survivre. Prenez 15 minutes pour écouter Geoffrey West.  

Cette capacité conditionne donc la survie d'une organisation dans un univers aux ressources finies ; Notre modèle économique favoriserait les organisations les plus aptes sur cette caractéristique, définissant l’échelle de mesure de l'efficacité d'une organisation ; son degré de compétitivité, et indirectement sa capacité à survivre. On écrira sa caractéristique propre.

A ce stade, nous pouvons donner un sens aux mots clé dont nous aurons besoin pour expliciter la nature de la Blockchain.

La valeur est définie par ce qui contribue à maintenir, développer et étendre la complexité d’une organisation afin d’assurer sa survie, sa caractéristique. L’échange permet à une organisation de maintenir ou d‘accroitre sa capacité de survie dans un environnement ouvert. Nous pouvons aussi écrire, à créer de la valeur pour garantir l’évolution de l’organisation en maintenant sa capacité à échanger ; à coopérer dans son environnement.

Nos organisations doivent donc évoluer, se redéfinir, un impératif paradoxal en apparence. La compétition ne peut être efficace qu’à la condition d'organiser efficacement la complexité à plus grande échelle, en pratique coopérer. Accroître le périmètre des organisations ne peut être efficace qu'à cette condition. Comme nous l'observons, si aujourd'hui l’innovation est plus rapide, son efficacité diminue tendanciellement à défaut d’y satisfaire. S'il s'agissait d'un être vivant, on parlerait de fin de vie....

La monnaie est la valeur attribuée à un échange. La mesure de cette valeur dépend des organisations qui procèdent à l’échange, et l’on parle alors de prix, Fondamentalement, la monnaie n’a pas de prix à la différence de l’échange. Elle institue les échanges. Donner un prix à la monnaie revient à donner une valeur à l’échange indépendamment de la caractéristique propre de chaque organisation avec pour conséquence de favoriser les échanges permettant d’obtenir le meilleur prix, réduisant d’autant la capacité à créer de la valeur.

Autrement dit, moins il y a de coopération, la capacité à répondre à plus de complexité, plus nos organisations sont contraintes par les prix. La boucle se referme. Nos organisations n’évoluent pas assez vite, consommant toujours plus pour faire moins. Elles ne survivent qu'en profitant d’une innovation technologique florissante pour retarder une échéance inévitable… par la porte du transhumanisme…

L’instinct de survie devrait fatalement conduire les organisations à rompre avec leur propre nature pour se concentrer sur leur raison d’être mais elles le font souvent trop tard. Le décor est posé. Le libertarien peut alors occuper les espaces laissés vides par ces organisations.

Et le libertarien inventa le Bitcoin. Sa magie étant de pouvoir coopérer à plus large échelle sans dépendre des organisations existantes. Elle trouve sa source dans son intrication avec la Blockchain qui offre fondamentalement à ce qui doit être organisé, le pouvoir de le faire sans intermédiaire. On touche là le point le plus fondamental dans la nature des organisations. Il devient possible de bâtir une économie largement fondée par la coopération en laissant à la compétition le rôle de définir comme le faire le plus efficacement !

En quoi la Blockchain permet à une organisation de créer de la valeur ? La Blockchain organise la complexité des échanges de façon à ce que chaque échange soit valide pour l’ensemble de l’organisation, et dans le temps, le tout sans intermédiaire.

Le nombre d’unités Bitcoin d’une Blockchain croit vers un nombre fini, le mécanisme de création de ces unités étant la conséquence des échanges. Ce nombre d’unités représentent avec le temps une valeur croissante si les échanges favorisés par la Blockchain sont créateurs de valeur. Le Bitcoin est une monnaie dont la valeur croit structurellement avec les échanges.

La Blockchain permet de réaliser toute transaction en y associant un bien, un droit, tout artefact de façon générale dont l’usage à une valeur pour l’organisation qui l’échange. D’un fonctionnement décentralisé, elle ne restreint pas l’espace des échanges et permet de les organiser dans le temps, le tout avec un coût intrinsèque de fonctionnement tendant vers 0. Rappelons-nous la genèse du World Wide Web… 

En conséquence ? La Blockchain permet de créer des organisations d’un ordre de complexité supérieur, à toute échelle, une caractéristique conduisant à faire plus avec moins, et de façon plus pérenne, plus évolutive donc plus résiliente à toute évolution comme aux changements dans son environnement.

Note : Si l’artefact a un prix pour le client, il n’a de valeur propre pour l’entreprise qu’à la condition de favoriser ses échanges. Cela caractérise l’économie numérique.

Fondamentalement, dédié aux échanges numériques, le Bitcoin n’est pas un bien et ne doit donc pas être une monnaie dans une économie financiariser. Par construction, le Bitcoin est le modèle d'une monnaie destinée à une économie fondée sur la coopération. S’il a un prix celui-ci se rapporte à la valeur globale de chaque échange et non à la valeur de l’échange.

Adossés au Bitcoin représentant la valeur globale des échanges, les ICO permettent d'en étendre l'efficacité à l’ensemble des organisations. Avec une généralisation des ICO, le prêteur en dernier ressort est l’économie dans son ensemble, lui-même par le biais de la Blockchain. 

L’Estonie l’a bien compris, quand cet état crée sa propre crypto-monnaie pour en faire un outil de développement par l’émission d’un ICO. Il n'est pas seul. Le Japon reconnait le Bitcoin, probable première étape vers la même logique.

Projetons-nous dans le futur. Si aujourd’hui les ICO se négocient sur des marchés, demain, la Blockchain pourrait devenir la plateforme d’une économie numérique réglant nos échanges le tout afin de créer plus de valeur, ce que représente fondamentalement une crypto-monnaie.

Si le monde de la finance voir un intérêt à la technologie de la Blockchain, il appelle à réglementer. Les échanges relient le Bitcoin à l'économie dominante, une économie financiarisée où la monnaie est considérée comme un bien. Le Bitcoin y donc devient une monnaie spéculative, ce qui réduit les échanges tant que certains peuvent encore l’acheter… 

Le droit de propriété conféré par l’usage de la monnaie, appliqué au Bitcoin est la cause réelle de ce problème, ce qui nous renvoie à la question du droit. La propriété du Bitcoin devrait conférer un droit d’usage car quelque soit sa valeur, ce droit n’accorde pas l’exclusivité. Le Bitcoin serait donc une véritable monnaie et lui donner un prix dans l’économie financière est un non-sens sauf à ce que les banques se l’approprient, un autre non-sens compte tenu de sa nature. On ne peut que prévoir l’explosion de la bulle spéculative.

Compte tenu des éléments présentés, la valeur des échanges associée à une unité Bitcoin ne peut que croître donnant à chaque échange une valeur décroissante, exprimée en Bitcoin, en pratique en unités Satoshi, la division du Bitcoin. La valeur d’un Satoshi ne peut donc que croître. Plus il y aura d’échanges, plus la valeur du Bitcoin sera grande, plus la prime sur la valeur du Satoshi sera importante apportant une valeur ajoutée à tout contributeur aux échanges. C’est l’intérêt dans une économie coopérative. Le tout prendrait toute son efficacité dans une économie basée sur l’usage, conduisant à une efficacité croissante dans l’utilisation des ressources. 

La monnaie permettant de fixer les prix est donc le Satoshi. Le Satoshi est définie comme le cent millionièmes du Bitcoin. Cette relation au Bitcoin établit un lien entre valeur et prix.

Evidemment, la cohabitation d’une économie purement basée sur la compétition centrée sur les prix dans une économie financiarisée avec une économie coopérative centrée sur la valeur de l’économie réelle semble aujourd’hui poser des problèmes insurmontables…Selon BNP Paribas, le Bitcoin n’aurait pas d’avenir : Une monnaie déflationniste, sans préteur en dernier ressort. Ces conclusions n’ont de sens que dans la sphère financière. La finance peine à trouver un modèle financier compatible avec la nature du Bitcoin. 

Le Bitcoin est l’or de l’économie numérique, les banques n’en veulent pas plus que de l’or comme étalon, ce qui n'empêchera la création de dérivés et de spéculer sur un Bitcoin qui ne sortirait plus des coffres. Le germe d’une future crise…

Il nous faudra un « Bretton Woods » pour généraliser les ICO sans les adosser au Bitcoin, la future plateforme de l’économie numérique en réglant les usages et la valeur, et ôter le transfert du droit de propriété associé à l’usage du Bitcoin autrement dit, en réserver l'usage à l'utilisation de biens que l’on ne possède pas. L’accroissement de la valeur d’échange global du Bitcoin irait de pair avec celui des échanges, le tout accroissant la valeur d’usage des ressources en même temps qu’elles seraient mieux utilisées, donnant à l’économie dans son ensemble la caractéristique propre à une économie durable…

Rien n’empêche d’introduire alors un critère de circulation pour pondérer la valeur d’un Bitcoin, en retournant la valeur perdue vers un « préteur en dernier ressort » et ainsi réguler les échanges, non pas pour favoriser la croissance mais pour la limiter ! La réalisation technique d'un tel mécanisme est un challenge...

Pour conclure, par construction La Blockchain Bitcoin a le potentiel pour devenir la plateforme d'une économie de croissance organisée sur les usages et l'utilisation durable de nos ressources et la monnaie de l’économie réelle.

Reste une question centrale pour cette première étape : Comment inciter et permettre à chaque organisation de tirer partie de la valeur de l’ensemble afin de développer sa propre activité ? Nous avons déjà répondu une fois à cette question avec le World Wide Web…

Passer du Bitcoin au Satoshi est une histoire à écrire. Voilà : Des idées rassemblées dans un texte pour les soumettre à votre lecture critique et à vos suggestions. 

Anatine le 30 novembre 2017


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46 réactions à cet article    


  • rogal 2 décembre 2017 14:35

    « La valeur est définie par ce qui contribue à maintenir, développer et étendre la complexité d’une organisation afin d’assurer sa survie, sa caractéristique. »

    Bien compliqué tout ça.


    • Anatine 2 décembre 2017 14:39

      @rogal C’est vrai, voir la presentation de Geoffray West sur TED.


    • Anatine 2 décembre 2017 20:09

      @rogal

      Autrement l’idée est bien résumée par Khalil Gibran dans le prophète.

       »Au delà des choses, il y a ce qui les lie"


    • Anatine 2 décembre 2017 23:26

      @Rogal


      Corrigé dans la nouvelle version.

      La valeur est définie par ce qui contribue à la complexité nécessaire à une organisation pour assurer sa survie : La conserver, la développer dans l’espace ou à l’étendre dans le temps. Nous pouvons aussi écrire, à garantir l’évolution de l’organisation en maintenant sa capacité à échanger dans un environnement ouvert et fini. L’échange est le moyen permettant à une organisation de maintenir ou accroître sa complexité, à coopérer avec son environnement.

    • phyto 2 décembre 2017 15:15

      Donc les banques vont se prendre un bouillon et les banques centrales aussi... restera le bitcoin et ses petits  ?


      • Anatine 2 décembre 2017 20:15

        @phyto

        Je ne dirais pas ça. Par contre, elles pourraient se retrouver dans la situation des Télécoms dés les années 90 :  »Gérer les tuyaux quand ce qui crée la valeur passe par la maîtrise de ce qu’on y met« .  

        Qui sera le Google face aux banques ?


      • phyto 3 décembre 2017 20:36

        @Anatine
        Avec Bitcoin, beaucoup de personnes se passent des banques, les banques ont le choix entre voir leurs revenus diminuer ou utiliser le bitcoin pour se faire de l’argent sachant qu’elles peuvent y plumer du petit.
        Quant aux banques centrales elles sont inquiètes, d’un coté elles ne peuvent pas augmenter les taux et les taux bas font monter le bitcoin et son utilisation...


      • Sandocan 2 décembre 2017 15:43

        lol chaque bitcoin demande d’enormes calculs et energie et chaque nouveau bitcoin demande encore plus des calculs , bref il y a pas assez d’energie dans le monde pour faire assez des bitcoins même pour un grand seul pays , sans compter que pour l’instant il n’est utilisé que pour blanchir l’argent et criminelles ,tellement il est si peu practique , je vous pensez les pays vont laisser blanchir l’argent avec le bitcoin longtemps


        • ZXSpect ZXSpect 2 décembre 2017 16:12

          @Sandocan


          Tout à fait d’accord avec vous. La technologie blockchain ne supporterait pas l’utilisation du bitcoin pour des règlements entre un trop grand nombre de parties et à une fréquence très élevée.

          Le système carte bancaire a enregistré récemment en France un nombre de transactions autour de 40 millions sur une journée... techniquement, la technologie blockchain ne le permettrait pas pour le bitcoin... et encore moins à l’échelle mondiale.


        • Anatine 2 décembre 2017 19:48

          Le Bitcoin n’est pas un objet statique. C’est un processus dont la définition évolue en fonction des usages favorables à son utilisation.

           

            Voir : https://bravenewcoin.com/news/what-is-bitcoin-in-the-light-of-hard-forks/

           

          Les performances de la Blockchain Bitcoin sont à des années lumières des infrastructures de paiement existantes. Ce n’est qu’une question de temps.

           

          A l’avant-garde par exemple : EOS est conçu pour un développement à grande échelle pour les grandes entreprises, actuellement non prises en compte par les plates-formes de blockchains existantes. EOS introduit une communication asynchrone et un traitement parallèle pour supporter des millions de transactions par seconde, taux supérieur à celui de Facebook et Google, respectivement de 52 000 et 40 000 par seconde. 

           

          Voir : http://www.blockchaindailynews.com/Block-one-Le-systeme-d-exploitation-de-la-blockchain-EOS-devoile-sa-distribution-de-jetons_a25611.html


          Oui, l’énergie dépensée pour effectuer les calculs de consensus est considérable.  

           

          Oui. Le protocole POW nécessite une dépense d’énergie pas raisonnable... Il n’y a pas un protocole de consensus mais de nombreuses variations chacun présentant des qualités différentes. Un travail en cours…

           

          Voir par exemple : https://fr.wikipedia.org/wiki/Preuve_d%27enjeu

           

           

          Concernant l’usage du Bitcoin a des fins criminelles ou d’évasion fiscale. Trait d’humour. Il me semble que la confiance n’est pas ce qui caractérise les milieux mafieux. Qu’ils utilisent le Bitcoin devrait vous interroger J

          Concernant l’évasion fiscale. Vous pensez qu’il a été nécessaire d’attendre le Bitcoin ? Le fonds du problème est ailleurs. Avant 2008, je ne m’étais pas posé la question.

           


           

        • Alren Alren 2 décembre 2017 17:47

          Le bitcoin comme toute monnaie ne crée aucune valeur. Seul le travail en crée.

          L’augmentation continue de son prix par rapport au dollar US (et aux autres monnaies qui sont étalonnées par rapport au dollar US) manifeste l’inquiétude de détenteurs de capitaux confiés à des banques de voir ceux-ci confisqués avec l’aide des gouvernements délinquants pour renflouer ces dernières.
          D’autres inquiets à juste titre achètent de l’or, des pierres précieuses, de l’immobilier.
          Ce mouvement n’est pas prêt de cesser.

          N’oublions pas cependant que si tous les premiers propriétaires devenus millionnaires demandaient à échanger leurs bitcoins contre des dollars, le système serait incapable de les satisfaire pas plus que si les détenteurs de Bons du trésor US demandaient à Rtre payés en or.

          Reste à savoir aussi si les fournisseurs de biens réels et de services accepteront d’être payés en bitcoins dont la valeur peut tomber du jour au lendemain. Même si du fait de la conjoncture, c’est actuellement peu probable.

          Par ailleurs, il semble que la confiance dans le cryptage de la blockchain, ces longs calculs, soit un peu naïve, ne faisant que refléter l’état actuel de l’informatique et des mathématiques.

          Avec des ordinateurs quantiques, une théorie des nombres révolutionnaire (on démontre aujourd’hui beaucoup de théorèmes qui ont résisté des siècles), ces calculs difficiles actuellement seront peut-être un jour à la portée de pirates bien équipés et bien informés. Ils réussiront alors « le casse du siècle » en s’appropriant des milliards de bitcoins ; ce qui causerait l’effondrement du système et la ruine de millions de « déposants ».


          • Anatine 2 décembre 2017 20:01

            @Alren


            La Blockchain et les crypto-monnaies sont une opportunité de repenser la finance pour la coller à l’économie réelle. Pour le reste, nous pouvons attendre que le système en place se reforme. 

            J’énonce clairement sur la spéculation sur le Bitcoin dans notre économie (actuelle) financiarisé est un non-sens. Le Bitcoin est une chose, la spéculation sur le Bitcoin, une autre. D’ailleurs qui achètent des bitcoins ?

            Vous avez parfaitement raison. Le développement de l’informatique quantique rendra nos technologies actuelles obsolètes. Il est probable que le jour où elle sera suffisamment maîtrisée nous aurons surement revu ce qui défini le vrai du faux.



          • clgz11 clgz11 22 décembre 2017 14:49

            @Anatine


            Le Bitcoin comme moyen d’échange, et le Bitcoin comme objet de la spéculation, sont, dites-vous, deux choses différentes.

            Vous parlez également de réformer l’économie réelle, ici et ailleurs dans cette page d’Agoravox.

            A cet égard, on ne sort pas des trois modèles suivants : a) une économie capitaliste entièrement libéralisée (et donc reposant sur le seul marché) ; b) une économie capitaliste contrôlée par des autorités publiques ; c) une économie communiste.

            Dans les deux premiers modèles, le marché peut servir à valoriser des biens réels, ou, autre variante, à valoriser des titres qui sont alors négociés sur un marché boursier.

            Et la monnaie elle-même, une fois valorisée sur le marché boursier, peut se déconnecter de sa valeur réelle (ici, en tant que moyen d’échange permettant de régler le prix des biens et services produits par les entreprises,. tous secteurs d’activités confondus).

            Et précisément parce que la monnaie peut également devenir un bien spéculatif, c’est pour éviter cela que les autorités publiques imposent un certain nombre de règles, quant à son émission.

            Sauf que le Bitcoin échappe, pour ce qui le concerne, à ces règles-là.

            C’est dire qu’il est principalement utilisé, en ce moment, comme un objet de la spéculation, plutôt que comme un moyen d’échanger des biens et services produits par l’économie réelle.

            Je conclus en disant que la seule façon d’éviter ce biais, est de le soumettre aux mêmes règles que les autres monnaies. Sauf que les créateurs du Bitcoin, en inventant cette monnaie-là, ont voulu s’affranchir d’une pareille contrainte. En quoi ils ne pourront éviter, ni sa spéculation, ni l’effondrement de son cours, le moment venu.

             

             

             

             

             


          • crabo21 2 décembre 2017 19:26

            Nous vivons encore dans un monde ou la vraie valeur c’est le travail et la richesse qu’il crée. Donc utiliser un tel outil speculatif ne peut servir quà transferer la valeur le travail réalisé sur sa valeur speculative détenue par les financiers. enfin je me comprend et attention en ce moment a tous les sujets sur le Bitcoin, il devrait amener les particuliers a en acheter avant une grande dégringolade. Certains ont fait cela avec le diamant , c’etait une grande arnaque.


            • Anatine 2 décembre 2017 20:07

              @crabo21

              Les crypto-monnaies ne sont pas dans les mains des financiers sauf si vous leur laisser se les approprier. On accuse pas le jardinier quand quelqu’un spécule sur les tulipes...





            • Arnould Accya Arnould Accya 3 décembre 2017 04:32

              Désolé, mais le titre est prétentieux voire inepte.

              Le Bitcoin n’existe et, surtout, n’est un succès (pour l’instant) que du fait de 2 paramètres irréfutables :

              - Perte de confiance (voire beaucoup plus, si l’on réfléchit à la signification du taux d’intérêt négatif de certains titres obligataires) dans le système financier et monétaire global

              - Traçabilité et imposition des parties prenantes trèèèèsss délicates, et impossibles actuellement.

              Après que ce ne soit qu’un refuge provisoire pour capitaux « sales », un outil spéculatif hautement rémunérateur dans l’absolu jusqu’à aujourd’hui ou, au contraire, une future monnaie d’échange avec un statut reconnu et une intégration autorisée, réussie dans les plateformes de paiement électroniques, qui peut en avoir une quelconque idée ???

              Personne. Et tout le monde. Une idée, oui ; une certitude, non. On n’en sait simplement rien.

              En cas d’effondrement, non pas de « la » bulle spéculative (ça ne veut rien dire), mais des bulles spéculatives sur nombre d’actifs de différentes natures, dire que le Bitcoin sera épargné, c’est un peu comme affirmer que le déclenchement d’un « bail-in » global ne nous concernera pas, nous les Français, grâce à cette fameuse garantie de l’Etat dont la couverture ne s’élève pourtant qu’à quelques milliards d’euros au regard de quelques milliers de milliards d’euros de dépôts.

              C’est du même niveau. Absurde.


              • Anatine 3 décembre 2017 06:21

                Je ne suis pas competent pour juger du systeme financier et de son etat mais je crois comme vous que s’il etait en bonne sante pour tout le monde, le Bitcoin ne serait pas un sujet de discussion, en dehors bien sur du financement de la blockchain et de ses applications. C’est pourquoi je ne fais reference qu’a la bulle speculative sur le Bitcoin. Avez-vous ete au dela du titre ?

                Ps : Pour la tracabilite « sous controle » des transactions, la blockchain Quorum developpee par la Morgan.


                • BA 3 décembre 2017 11:35

                  Toute l’économie mondiale n’est qu’une bulle.

                  Union Européenne, Etats-Unis, Japon, Chine : les banques centrales sont devenues folles.

                  La Banque Centrale Européenne injecte des centaines de milliards d’euros dans le circuit financier.

                  Le bilan de la BCE a dépassé son record historique : il atteint 4427,5 milliards d’euros.

                  https://insolentiae.com/wp-content/uploads/Bilan-de-la-bce.jpg

                  La banque centrale des Etats-Unis injecte des centaines de milliards de dollars dans le circuit financier.

                  Le bilan de la Fed a dépassé son record historique : il atteint 4461 milliards de dollars.

                  https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/files/quarterly_balance_sheet_ developments_report_201711.pdf

                  Le bilan de la Banque centrale du Japon atteint 500.000 milliards de yens.

                  La Banque du Japon (BoJ) a vu son bilan dépasser la barre des 500.000 milliards de yens, soit un niveau presque équivalent à celui de la Réserve fédérale américaine, le total ayant été multiplié par plus de trois depuis que la banque centrale japonaise a lancé son programme d’assouplissement quantitatif en 2013.

                  Malgré cette planche à billets qui tourne à plein régime, la BoJ est encore loin de l’objectif ultime de sa politique monétaire, à savoir une inflation remontée à 2%, une situation symptomatique des défis auxquels reste confronté l’institut d’émission, qui ne pourra indéfiniment maintenir le rythme actuel de ses achats de titres obligataires.

                  https://www.businessbourse.com/2017/06/06/bilan-de-banque-centrale-japon-a-500-000-milliards-de-yens/

                  Mardi 28 novembre 2017 :

                  Quand un gouverneur de banque centrale part à la retraite, il peut dire ce qu’il pense.

                  Dernier exemple en date : Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale de Chine, tire la sonnette d’alarme.

                  Depuis dix ans, la banque centrale de Chine a injecté des centaines de milliards de yuans dans le système financier : des gigantesques bulles boursières, des gigantesques bulles obligataires, des gigantesques bulles immobilières continuent de gonfler.

                  La colossale dette chinoise (publique et privée), qui dépasse 250% du PIB, continue de gonfler, provoquant l’inquiétude des agences de notation comme du FMI, qui dénoncent une croissance économique toujours dopée au crédit.

                  M. Zhou n’y est pas étranger : sa propre institution mène depuis des années une politique monétaire extrêmement accommodante, injectant toujours d’abondantes liquidités dans le système financier.

                  Lisez cet article :

                  Dette chinoise : sur le départ, le chef de la banque centrale sonne l’alarme.

                  https://www.romandie.com/news/Dette-chinoise-sur-le-depart-le-chef-de-la-banque-centrale-sonne-l-alarme_RP/867466.rom


                  • Anatine 3 décembre 2017 18:00

                    @BA

                    Ma compréhension de tout cela est limitée. Je dirais… C’est un usine à gaz fonctionnant au gaz avec pour fonction de le liquéfier mais les tuyaux sont dans un tel état, qu’en sortie il n’y a plus assez de liquide pour maintenir l’usine en état de marche sans que les Shadocks pompent et pompent toujours plus de gaz pour compenser les fuites, et ca ne s’arrange pas avec le temps. C’est donc un problème de tuyaux. J’en parlais avec mon garagiste. Je sais que si mon garagiste était banquier, il lui viendrait à l’idée de confisquer ma voiture sous prétexte qu’il la maintient en état et la stocke dans son garage. Je m’inquiété quand même un peu. Ca sent le gaz. 


                  • Anatine 3 décembre 2017 18:05

                    @Anatine


                    ah ! J’oubliais. Si mon banquier était garagiste, il se dirait qu’il est raisonnable de changer les durites avant que l’usine explose.

                  • Eric F Eric F 3 décembre 2017 16:51

                    oulah, je suis totalement largué par cette histoire de blockchain et bitcoin, je regarde juste le cours, ça parait surtout un levier spéculatif insensé rappelant le système de Law’s



                    • Eric F Eric F 3 décembre 2017 23:29

                      @Anatine
                      Merci, mais je n’ai pas tenu jusqu’au bout de la vidéo, ne peut-on expliquer ce genre de chose simplement sans remonter à Cro Magnon, philosopher sur la nature humaine et utiliser des expression qui relèvent de la métaphysique byzantine ? Bon, c’est quoi, une base de données relationnelle sécurisée ?

                      Quant au bitcoin, il m’échappe sur « quoi » est basé son cours, il faut bien une passerelle avec les monnaies réelles, on ne spécule pas sur l’ombre du vent....


                    • Anatine 4 décembre 2017 08:02

                      @Eric F
                      Je dirais que vous n’avez pas depasse les 5 premieres minutes smiley elle explique dans les suivantes ce qu’est un registre distrubue avec simplicite et clarte.


                      Quant a votre deuxieme question. Vous pouvez acheter du bitcoin comme vous acheteriez du franc suisse en ligne avec votre CB ou vous pouvez en fabriquer si vous avez un garage dans lequel installe un super calculateur smiley

                    • Eric F Eric F 4 décembre 2017 10:37

                      @Anatine
                      en fabriquer ? ce serait alors clairement de la fausse monnaie. En tout cas les instigateurs ont fait fortune, cela ressemble à un système pyramidal ou une spéculation sur la pénurie (cela sert aux échanges, mais aussi, manifestement, à thésauriser). Alors parler en termes philanthropique ou libertaires, cela relève de l’escroquerie intellectuelle, quelle est l’entité régulatrice, quelle est la légitimité des instigateurs ? De même qu’il y a du du marché noir ou des sentiers de contrebandiers, cela semble être un système parallèle qui échappe au contrôle et au fisc, qu’utilisent, selon ce qu’on lit , les trafics et le blanchiment. Un paradis fiscal virtuel.

                      Donc il se peut qu’il y ait là de l’idée géniale et que ce soit porteur d’avenir, mais cela ne doit pas être laissé sans régulateurs.

                      De manière voisine, je constate que les utopies d’« économie sociale et solidaire » camouflent souvent du travail au noir (ainsi, certains rentabilisent de grosses voitures pour « covoiturer »). C’est l’individualisme et la combine qui se parent des attributs de la vertu.

                      En tout cas, merci de traiter ce très intéressant sujet, qui m’avait complètement échappé jusqu’ici.


                    • Anatine 4 décembre 2017 11:28

                      @Eric F

                      En fabriquer ? Ce serait alors clairement de la fausse monnaie.

                      Non J Il s’agit des « mineurs ». Ils bossent et de temps en temps ils ont même des primes. Pour que les transactions soient traitées, il faut bien les vérifier, que ce travail soit fait de manière décentralisée de manière à ce que personne n’en prenne le contrôle (vous pouvez être mineur si vous le voulez, si vous avez un garage) et qu’un consensus permette à tous d’avoir accès à la même information. Tout travail mérite salaire. Sachez que le nombre total de Bitcoins qui être crée est limité, il faut de plus en plus travailler pour gagner des Bitcoins ce qui nécessite de plus en plus de transactions. La boucle est bouclée. Il n’y a donc pas besoin d’autorité régulatrice. En tout cas pas pour régler la création monétaire.

                      Méfiez des trucs qui ressemblent. Vous ne finissez que par trouver les défauts de ce que vous avez pris pour référence….

                      Coopérer n’est pas une question de morale ni de vertu même si vous le faites alors plus naturellement. Pas contre, la technologie peut imposer la coopération et d’ailleurs permettre à certains de découvrir des qualités qui leur manquaient.

                      La Blockchain est une réponse technologique à des situations où s’imposait l’intermédiation d’un tiers de confiance. Elle amène ces derniers à reconsidérer leur rôle et rend possible le développement de nouvelles solutions quand la difficulté d’instaurer un tiers de confiance était un obstacle majeur.

                       




                    • ADEL 3 décembre 2017 17:04

                      Les économistes qui rejettent tout de go, la monnaie des bitcoin me semblent accuser un décalage d’époque. Les 2 attributs fondamentaux de la monnaie que sont la confiance et la fonctionnalité de moyen d’échange, sont remplis par le bitcoin.Sauf que les usagers de cette monnaie savent qu’ils vivent dans un monde de plus en plus virtuel de par la prégnance presque totale du signal numérique électronique comme support physique et son corollaire la donnée et l’information discrète comme son ombre, acceptent comme d’évidence l’existence d’un échange marchand virtuel.Reste le 3ème attribut non fondamental de la monnaie qu’est la thésaurisation, l’usager virtuel ne reconnaît cet attribut que pour les métaux précieux , et le placement des bitcoins joue le rôle de thésaurisation d’une autre forme qui est dynamiquement active. Côté régulation, c’est vrai que tout ce qui est virtuel ne peut être commandé qu’avec incertitude, surtout s’agissant de la dynamique des grands agrégats et peut donc se préter à des phénomènes de bulles imprévisibles.Main, c’est çà le prix à payer dans les changements d’action des agents économiques dans des systèmes technico-économiques sociaux devant s’arrimer à une ère nouvelle, bonne ou mauvaise, toute ou presque pilotée par l’esprit technologique hanté par un complexe de survie que par l’innovation dans 3 principales dimensions que sont : le Hard, le Soft et les processus d’organisation et de management qui y vont avec.


                      • Eric F Eric F 4 décembre 2017 10:44

                        @ADEL
                        inintéressantes remarques que j’aurai du lire avant de formuler mon dernier commentaire, dont certains points rejoignent les vôtres. En tout cas, cela devrait être « intégré » à l’économie, mais pas rester un système parallèle hors de tout traité, loi et régulation.


                      • clgz11 clgz11 22 décembre 2017 14:07

                        @ADEL

                        Comme économiste de formation, j’ai appris, durant mes études, qu’une monnaie sert : a) à mesurer le prix des biens ; b) à payer ce prix (et donc à réaliser l’échange entre le bien et la monnaie) ; c) à constituer une réserve de valeur de la richesse à travers le temps.

                        Dans le cas du bitcoin, ses promoteurs ont créé une monnaie dont la valeur consiste, comme toutes les autres, à reposer sur le prix des biens échangés d’une part, et sur le volume desdits biens de l’autre.

                        Or l’avantage du bitcoin, en tant que monnaie électronique, fait que son prix de production est nul, puisqu’on peut le créer, sans frais, à l’infini.

                        Et parce qu’il en est ainsi, la seule limitation, à son propre volume, est donné par le volume des biens contre lesquels il s’échange d’une part, et par le prix desdits biens de l’autre.

                        ****

                        Le problème, une fois cela posé, n’est pas du côté du bitcoin, mais du côté des biens eux-mêmes, contre lesquels il s’échange.

                        En effet, n’importe quelle monnaie, qu’elle soit créée par une banque ou par des algorithmes de type mathématique, sert  à payer des biens qui, ou bien sont des biens réels (et donc des marchandises) ou bien des titres qui peuvent se référer eux-mêmes à ces biens, ou, autre variante, à rien du tout si le marché boursier est devenu un casino ou les biens réels ne sont plus que des cartes à jouer sur lequel les investisseurs spéculateurs ont décidé de miser.

                        Or là est le problème avec le bitcoin : une fois celui-ci pris dans le tourbillon de la spéculation, les gens l’achètent avec des cartes qui ne reposent sur rien, sinon la valeur futur du bitcoin.

                        Sauf qu’en procédant ainsi, ils inversent les règles du jeu.

                        Prenons l’exemple suivant : si, aujourd’hui même, les investisseurs spéculateurs achètent leurs bitcoins au prix, mettons, de 10’000 dollars par bitcoin, c’est dans la perspective de les vendre demain ou après-demain au prix de 15000 dollars par bitcoin, et réaliser ainsi un bénéfice de 5000 dollars sur chaque bitcoin.

                        Sauf que pareille augmentation n’est rendue possible que parce que de nouveaux joueurs amènent leurs dollars à la table de jeu, afin de jouer eux aussi à ce casino de la bourse dont les cartes sont représentées désormais par les bitcoins eux-mêmes.

                        Seulement voilà : un pareil  jeu, quand la spéculation atteint son paroxysme, s’apparente désormais au jeu de la chaise musicale : à savoir que les derniers arrivés n’auront plus de chaises sur lesquelles s’asseoir quand le prix, en dollars, du bitcoin, s’effondrera.

                        Ceux-là, qui ont du bitcoin dans les mains, seront entièrement ruinés.

                        Quant au bicoin lui-même, il aura complètement disparu de la circulation au motif que plus personne ne fera confiance à une pareille monnaie.

                        Sauf qu’il faudra attendre la débâcle pour en arriver là.

                        En attendant ce jour, ceux qui rêvent de faire fortune, en achetant des bitcoins, continueront d’alimenter la hausse de sa valeur (mesurée ici en dollars) au casino de la spéculation, permettant aux organisateurs du casino d’amasser une fortune considérable (car eux auront vendu leurs bitcoins avant la débacle).

                        CQFD

                         


                      • Anatine 22 décembre 2017 15:17

                        @clgz11

                        Rappel. Le nombre total de Bitcoins est limite par design.

                        Vous tenez pour acquis que la monnaie soit un bien. Je ne vois pas cela dans la definition que vous avez rappele.


                      • Anatine 22 décembre 2017 15:18

                        @Anatine Rappelée


                      • clgz11 clgz11 23 décembre 2017 00:31

                        @ADEL

                        La monnaie n’est pas un bien au sens commun du terme, sauf si l’on regarde l’or ou l’argent métal, lequel est transformé en monnaie toutes les fois qu’existe une autorité dotée de la responsabilité pour le faire (telle que, par exemple, une banque nationale).

                        La monnaie est un instrument qui, s’il n’est pas l’or ou l’argent métal, peut être créé à partir de rien, plus précisément : a) à partir de la planche à billets, s’il s’agit de billets de banque,  b) à partir d’un livre de compte, si la monnaie prend la forme d’un crédit dans ce livre-là, c) à partir d’algorithmes mathématiques, s’il s’agit de crypto-monnaies telles que les Bitcoins.

                        En règle générale, la question est de savoir si c’est le prix du bien, une fois additionnés tous les biens, qui détermine la quantité de monnaie à mettre en œuvre comme moyen d’échange, ou si c’est ladite quantité qui détermine le prix des biens ?

                        On peut résoudre cette affaire en disant que le prix d’un bien, une fois celui-ci mesuré dans une monnaie donnée, dépend de la quantité de ladite monnaie dont les gens disposent, d’une manière ou d’une autre (un salaire par exemple), à un moment donné, ainsi que la part de celle-ci qu’ils désirent consacrer à l’achat du bien en question.

                        Et si l’on ramène pareil constat aux Bitcoins, il se trouve que le prix des biens, une fois mesuré en Bitcoins, précisément, dépend des mêmes facteurs que précédemment.

                        Mais là encore, si j’achète, aujourd’hui même, un bien dont le prix en dollars est connu, il se trouve que pour pouvoir payer le même montant en Bitcoins, je vais devoir convertir cette monnaie en dollars, au cours d’aujourd’hui, puisqu’il existe un marché pour cela.

                        Cela signifie que la vraie monnaie de référence, est, pour ce bien-là, le dollar au lieu d’être le bitcoin. Et cela signifie aussi que tous les intervenants qui, sur Internet, achètent ou vendent des biens avec des bitcoins, s’appuient d’abord, pour cela, sur leur prix en dollars ou en euros.

                        Cette manière de procéder, de leur part, prouve que le Bitcoin n’est pas encore, actuellement, une monnaie capable de remplacer le dollar ou l’euro. La preuve : les salariés européens et américains se font payer leur salaire en euros ou en dollars, plutôt qu’avec des bitcoins. Mais quant à conclure que le bitcoin ou une autre cryptomonnaie, va remplacer le dollar ou l’euro, ces prochaines semaines, c’est là un pas que personnellement je ne franchirai pas.

                        Et je ne conseillerai à personne d’acheter, actuellement, des Bitcoins. Et surrtout pas au cours auquel celui-ci est parvenu.

                        On m’objectera peut-être que le Bitcoin va retrouver des couleurs, après sa chute de ses derniers jours.  Mais cela prouve seulement, selon moi, qu’un krach boursier (qui concerne, ici, le Bitcoin), repose sur plusieurs moments au lieu de reposer sur un seul moment.

                        Mais en aucun cas, on ne peut faire du Bitcoin, dans les conditions actuelles, la future monnaie mondiale. Pour l’heure, le Bitcoin est uniquement un instrument servant à la spéculation. En un mot comme en cent, le Bitcoin est, aujourd’hui même, le même instrument spéculatif qu’était la Tulipe chère aux Hollandais du XVIIe siècle.

                         

                         

                         

                         


                      • clgz11 clgz11 23 décembre 2017 00:53

                        @Anatine

                        La monnaie n’est pas un bien au sens commun du terme, sauf si l’on regarde l’or ou l’argent métal, lequel est transformé en monnaie toutes les fois qu’existe une autorité dotée de la responsabilité pour le faire (telle que, par exemple, une banque nationale).

                        La monnaie est un instrument qui, s’il n’est pas l’or ou l’argent métal, peut être créé à partir de rien, plus précisément : a) à partir de la planche à billets, s’il s’agit de billets de banque, b) à partir d’un livre de compte, si la monnaie prend la forme d’un crédit dans ce livre-là, c) à partir d’algorithmes mathématiques, s’il s’agit de crypto-monnaies telles que les Bitcoins.

                        En règle générale, la question est de savoir si c’est le prix du bien, une fois additionnés tous les biens, qui détermine la quantité de monnaie à mettre en œuvre comme moyen d’échange, ou si c’est ladite quantité qui détermine le prix des biens ?

                        On peut résoudre cette affaire en disant que le prix d’un bien, une fois celui-ci mesuré dans une monnaie donnée, dépend de la quantité de ladite monnaie dont les gens disposent, d’une manière ou d’une autre (un salaire par exemple), à un moment donné, ainsi que la part de celle-ci qu’ils désirent consacrer à l’achat du bien en question.

                        Et si l’on ramène pareil constat aux Bitcoins, il se trouve que le prix des biens, une fois mesuré en Bitcoins, précisément, dépend des mêmes facteurs que précédemment.

                        Mais là encore, si j’achète, aujourd’hui même, un bien dont le prix en dollars est connu, il se trouve que pour pouvoir payer le même montant en Bitcoins, je vais devoir convertir cette monnaie en dollars, au cours d’aujourd’hui, puisqu’il existe un marché pour cela.

                        Cela signifie que la vraie monnaie de référence, est, pour ce bien-là, le dollar au lieu d’être le bitcoin. Et cela signifie aussi que tous les intervenants qui, sur Internet, achètent ou vendent des biens avec des bitcoins, s’appuient d’abord, pour cela, sur leur prix en dollars ou en euros.

                        Cette manière de procéder, de leur part, prouve que le Bitcoin n’est pas encore, actuellement, une monnaie capable de remplacer le dollar ou l’euro. La preuve : les salariés européens et américains se font payer leur salaire en euros ou en dollars, plutôt qu’avec des bitcoins. Mais quant à conclure que le bitcoin ou une autre cryptomonnaie, va remplacer le dollar ou l’euro, ces prochaines semaines, c’est là un pas que personnellement je ne franchirai pas.

                        Et je ne conseillerai à personne d’acheter, actuellement, des Bitcoins. Et surrtout pas au cours auquel celui-ci est parvenu.

                        On m’objectera peut-être que le Bitcoin va retrouver des couleurs, après sa chute de ses derniers jours. Mais cela prouve seulement, selon moi, qu’un krach boursier (qui concerne, ici, le Bitcoin), repose sur plusieurs moments au lieu de reposer sur un seul moment.

                        Mais en aucun cas, on ne peut faire du Bitcoin, dans les conditions actuelles, la future monnaie mondiale. Pour l’heure, le Bitcoin est uniquement un instrument servant à la spéculation. En un mot comme en cent, le Bitcoin est, aujourd’hui même, le même instrument spéculatif qu’était la Tulipe chère aux Hollandais du XVIIe siècle.


                      • Anatine 23 décembre 2017 07:33

                        @clgz11

                        J’essaie d’expliquer ici - un document en version initiale qui a beaucoup evolue suite a la discussion - que le bitcoin est une monnaie mais qu’il procède d’une logique economique qui n’est pas (encore) dominante. Que l’or metal soit un bien est une chose, que la monnaie Or le soit en est une autre. Si la monnaie est un bien alors elle devient aussi un instrument de controle et d’allocation des ressources. Elle impose alors sa definition de ce qui est un bien ou pas et fixe la frontiere entre ce qui est profitable et ce qui est une charge. Exemple. Pourquoi la sante est elle une charge pour la societe ? En faire un bien revient a poser la question du pouvoir etre soigne. Si je prends un raccourci. Le bitcoin et les ICO prefigurent un systeme ou tout echange genere la monnaie et pour que cela fonctionne, il faut que la quantite de monnaie soit finie, qu’elle se subdivise en consequence et que l’ordre social s’accroisse. Le bitcoin n’a pas ete cree par un.mec dans un coin...


                      • clgz11 clgz11 23 décembre 2017 16:15

                        @Anatine

                        Vous écrivez que la logique économique dont le Bitcoin procède n’est pas (encore) dominante.

                        Mais cette logique-là existe déjà depuis belle lurette, plus précisément depuis qu’elle repose sur une économie fondée sur la rareté des biens et des services ainsi que sur celle des ressources qui leur ont donné naissance.

                        Et cette rareté-là fait que les biens et services, parce qu’ils sont rares, précisément, ont un prix.

                        L’air, qui est abondant, n’a pas de prix, car nulle entreprise ou nul consommateur n’a les moyens de rendre rare pareille abondance.

                        Mais si, à l’inverse, quelqu’un avait les moyens de s’approprier l’air, sa rareté même ferait de lui un bien doté d’un prix rapportant un profit ou une rente à son propriétaire.

                        Tous les biens et les services étant le produit d’un travail (comme l’indique l’un des intervenants participant au forum sur le sujet écrit par vous), c’est lui, travail, qui confère aux biens leur valeur (et donc leur prix).

                        ****

                        Dans votre billet, vous parlez de soins de santé. Il s’agit là de services qui, en étant mis à disposition des malades par des hôpitaux, des cliniques, ou par tel ou tel médecin en particulier, qui tous utilisent des ressources dans ce but, font que les services en question,  au lieu d’être gratuits, ont un coût de production.

                        Si les entreprises produisant des soins de santé font du profit, cela prouve que le prix de marché auquel elles vendent leurs soins est supérieur au coût de production de ces derniers. En quoi elles peuvent survivre économiquement. Mais si, inversement, elles ont fait des pertes au lieu de faire des profits, elles sont condamnées à disparaître. Puisque telle est la loi au sein d’une économie capitaliste où les entreprises sont en concurrence permanente, les unes avec les autres, pour produire et vendre tel ou tel bien, ou, autre variante, tel ou tel service.

                        Et ce constat-là est valable, que la monnaie destinée à payer le prix des biens ou des services concernés, soit l’or, l’argent, le billet d’un euro, ou - last but not least -  le Bitcoin.

                        ****

                        Vous écrivez également, dans votre billet, que la quantité de monnaie ne doit pas être illimitée. Cela signifie donc qu’elle doit être adaptée aux besoins de l’économie, ainsi qu’aux ressources dont dispose cette économie (songeons à une population donnée) pour produire des biens et des services.

                        Mais ceci est valable, que la monnaie concernée soit le Bitcoin, le dollar, l’euro, ou un bien réel tel que l’or ou l’argent métal.

                        Là est néanmoins la différence entre le Bitcoin et les autres monnaies : le premier nommé étant une monnaie électronique, son coût de production est nul, si l’on ne tient pas compte des  frais suivants : la création du logiciel, le revenu des organisateurs, ainsi que les autres frais qu’ils ont dû supporter au moment de mettre leur système en route.

                        Or ces frais-là seront couverts, une fois le système mis en route, par la commission que les gestionnaires ou organisateurs du système prélèveront, à travers le système lui-même, sur chaque opération où le Bitcoin est utilisé comme moyen de paiement.

                        A partir de là, c’est le volume des biens et services, ainsi que leur prix mesuré, d’abord en dollars, yen, yuan, ou euros, puis convertis en Bitcoins (sous-entendu : au cours de change du jour), qui va déterminer le volume total de Bitcoins que le système va créer, de manière décentralisée, pour pouvoir payer ce prix-là.

                        Cette création-là, du Bitcoin, est décentralisée, car il existe quantité d’acheteurs et de vendeurs disséminés dans le monde entier, tous étant, au choix, des acheteurs ou des vendeurs de tel ou tel bien ou de tel ou tel service, et tous étant également des gens désireux de faire leurs affaires en utilisant le Bitcoin comme monnaie.

                        Ces gens-là utiliseront donc Internet comme moyen de communication, puis, une fois sur Internet, ils utiliseront les plateformes mis sur pied par les promoteurs du Bitcoin.

                        Et le volume de Bitcoins créé par le système va dépendre du volume d’affaires, et, au-delà, de la quantité des gens désireux d’utiliser les plateformes en question, afin de négocier leurs propres affaires (en s’aidant, pour cela, du Bitcoin, comme moyen de paiement).

                        Plus donc les gens vont affluer sur ces plateformes, plus le système va créer, de manière décentralisée, de Bitcoins afin de satisfaire un volume d’affaires en augmentation.

                        Or là est la subtilité du raisonnement : si théoriquement la quantité de Bitcoins générée, de manière décentralisée, par le système, peut être infini ou illimité, il se trouve que dans la pratique, cette quantité-là est limitée par le volume des affaires que les gens consentent à réaliser en utilisant le Bitcoin comme monnaie ou moyen de paiement.

                        Et comme le Bitcoin est devenu un objet de la spéculation, les acheteurs et/ou vendeurs sont désormais, en tant que spéculateurs, des gens qui anticipent le prix futur du Bitcoin, une fois celui-ci mesuré en dollars, euros, yens, yuans, etc.

                        ****

                        En résumé, le Bitcoin a beau avoir, comme monnaie électronique, un prix de production nul (hormis les frais susmentionné), ce fait-là ne modifie en rien l’économie dans laquelle il prend place comme moyen d’échange ou comme réserve de valeur.

                        De deux choses l’une, à cet égard : ou bien nous vivons dans le monde de l’abondance absolue, et les prix n’existent pas, ni non plus la monnaie pour les payer ; ou bien nous vivons dans un monde où les ressources sont rares, et où les biens et services ont un prix qui repose, fondamentalement, sur les ressources en travail et en capital qui ont été utilisées, par telle ou telle entreprise, pour les produire.



                      • Anatine 23 décembre 2017 19:13

                        @clgz11

                        J’avoue. A la troisieme phrase de votre reponse, j’ai arrete la lecture. Je vous laisse a vos convictions a defaut de trouver a discuter de la meme chose. Bon noel.


                      • ADEL 3 décembre 2017 17:06

                        Errata sur ligne 6 comptée à partir du bas : 

                        Au lieu de Main, lire Mais

                        • Anatine 3 décembre 2017 17:23

                          @ADEL

                          http://www.liberation.fr/futurs/2017/11/30/deux-prix-nobel-d-economie-alertent-sur-les-dangers-du-bitcoin_1613646&nbsp ; Jean Tirole et Joseph Stiglitz nous expliquent que le plus lourd que l’air ne peut pas voler. A priori, oui.

                          Il y a des pragmatiques, par exemple.

                          https://www.wsba.co/&nbsp ; Wall Street Blockchain Alliance

                          Blockchain, distributed ledgers and smart contracts represent a seismic shift in how financial markets, and all aspects of the global economy, operate. In the same way that the internet gave us a powerful way to share and access information, blockchain technology now gives us a powerful way to share and access value.

                          Dans les Fintechs moins de startups. Les marches sont de plus en plus hautes…

                           


                        • francois 4 décembre 2017 11:43

                          vu le temps de validation d’une transaction bitcoin, la mort à bréve échéance. Comme toute mode moutonière

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