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Accueil du site > Actualités > Société > Le point sur la situation – Réflexion sur les chocs à venir – (...)

Le point sur la situation – Réflexion sur les chocs à venir – Partie 1

La dernière idée de nos oligarques, le 49.3 pour faire avancer le projet de loi travail, a clairement mise le feu aux poudres. Pourtant la simple annonce de ce projet avait déjà entraîné de nombreux mouvements sociaux. Il est évident que l’utilisation de cette arme tyrannique qu’est le 49.3, allait mettre le pays sans dessus-dessous.
Alors pourquoi une telle manœuvre ?

Dans cette série d’articles, je vais tenter d’apporter des éléments de réponses à cette question et faire un exercice de prospective que je souhaite partager avec vous.

Je vais essayer de la faire courte, mais il est quand même important de souligner certaines choses avant de rentrer dans le vif du sujet.

Aux alentours du XVIIIème un « nouveau » courant de pensée économique a vue le jour : Le libéralisme.
Grosso modo, c’est un mouvement qui voit dans la liberté économique la meilleure solution pour avoir une économie juste.
Cette liberté économique qui a pour vocation, selon eux, de devenir totale et absolue, passe par le mécanisme du marché (offre-demande-prix, concurrence etc.).
Un point important à comprendre est qu’on parle ici de « liberté économique », celle-ci n’a rien à voir avec la paix, l’altruisme ou l’entraide. C’est de la liberté pure et dure. La liberté qu’ont les plus forts de littéralement écraser les plus faibles, via le marché, que les libéraux souhaitent omniprésent. Ils estiment qu’il est le mécanisme le plus efficace pour réguler une économie et qu’il doit être au centre de toutes choses.
La pensée conductrice est qu’aucune protections ne doivent exister, sous peine d’entraver le bon fonctionnement du marché. Fonctionnement qui d’ailleurs s’inspire de la loi de la jungle.
Ce qui explique peut être pourquoi les penseurs du libéralisme adorent invoquer des exemples du monde animal pour justifier l’évidente et naturelle hégémonie de leur dogme.

Il va de soit que cette doctrine connut un franc succès aux yeux de ceux qui avaient le plus de pouvoir. Ceci à donner lieu à la mise en place progressive d’un système de marché quasi total (idéalement total) malgré des oppositions en tout genre, y compris des branches découlant du même courants qui étaient contre certaines mesures qu’ils trouvaient trop radicales.

Ainsi aux fils des années, se sont donc les idées extrêmes qui passèrent en force. Logique ! Car un monde de plus en plus connecté au système de marché libertaire a donné, logiquement, de plus en plus de pouvoirs aux promoteurs d’un monde marchand de plus en plus puissant. Ceci étant inscrit dans leurs dogme, puisque limiter les abus de pouvoirs est liberticide, pour eux.
Une sorte de spirale infernale dans laquelle les peuples se sont engouffrés depuis la révolution industriel anglaise, en passant par l’époque des colonisations, de multiples guerres et autres conflits en tous genres.

De nos jours, nous pouvons constater au quotidien que cette doctrine s’est mise solidement en place. On ne parle plus que d’elle, on associe tout au marché et ceci même jusqu’à notre vocabulaire que nous avons « libéralisé ». Combien d’entre nous utilisent le terme «  marché du travail » sans vraiment s’être penchés sur le sens de ces mots dans la doctrine libérale ?

La classe dominante analyse toutes choses sous cet angle. Il n’y a donc plus de place pour des notions comme la solidarité ou l’équité, car elles ont été démontré improductive par ses penseurs. Nous ne prenons pas en compte le bien-être d’un peuple, mais seulement son PIB, sa croissance, son budget etc. Il me semble qu’il faut comprendre que s’intéresser exclusivement à cette vision des choses n’est qu’une volonté philosophique stimulé par l’égo. Un prisme idéologique excluant un grand nombre, si ce n’est pas toutes, les valeurs humaines.
Au-delà du sophisme, on parle de solipsisme.

Les porteurs de ce dogme ne laissent aucune place au débat, impossible de revenir sur ce qu’ils pensent véridique. Les experts « mainstream » en économie sont tous d’accord entre eux et les foules ont de plus en plus de mal à concevoir leurs vie sans cette doctrine.
Prenons l’exemple de la lutte sociale contre « la loi travail », il y a un grand nombre de slogans, de bannières et autres revendications pour le retrait de ce projet de lois, mais quasiment personne ne va pointer le fonctionnement global du doigt, qui est pourtant la cause de ce projet de lois.
En vue de ce simple constat, il apparaît évident de remarquer que nous sommes face à un « intégrisme économique ».

Cette vision du monde économique, qui englobe la politique et donc le monde social, s’est immiscée dans toutes les brèches des gouvernements faussement démocratique. Nous sommes allés jusqu’à rentrer dans une fédération de pays, gentiment appelée « l’Europe », dans laquelle nous avons abandonné nos pouvoirs en matière de politique, aux profits d’institutions indépendantes (de tout – libéralisme oblige) dont les idées découlent d’un programme néo-libéral d’une violence difficilement supportable.

Pour preuves, voici ce que nous apprend le Traité de Fonctionnement de l’Union Européenne  :

Article 3

  1. L’Union dispose d’une compétence exclusive dans les domaines suivants :

    1. l’union douanière ;
    2.  L’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur
    3. la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ;
    4. la conservation des ressources biologiques de la mer dans le cadre de la politique commune de la pêche ;
    5. a politique commerciale commune.
  1. L’Union dispose également d’une compétence exclusive pour la conclusion d’un accord international lorsque cette conclusion est prévue dans un acte législatif de l’Union, ou est nécessaire pour lui permettre d’exercer sa compétence interne, ou dans la mesure où elle est susceptible d’affecter des règles communes ou d’en altérer la portée.

 

Article 199
(ex-article 4 TCE)

  1. Aux fins énoncées à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, l’action des États membres et de l’Union comporte, dans les conditions prévues par les traités, l’instauration d’une politique économique fondée sur l’étroite coordination des politiques économiques des États membres, sur le marché intérieur et sur la définition d’objectifs communs, et conduite conformément au respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre.
  2. Parallèlement, dans les conditions et selon les procédures prévues par les traités, cette action comporte une monnaie unique, l’euro, ainsi que la définition et la conduite d’une politique monétaire et d’une politique de change uniques dont l’objectif principal est de maintenir la stabilité des prix et, sans préjudice de cet objectif, de soutenir les politiques économiques générales dans l’Union, conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre.
  3. Cette action des États membres et de l’Union implique le respect des principes directeurs suivants : prix stables, finances publiques et conditions monétaires saines et balance des paiements stable.

 

Il y a plusieurs articles en rapports avec le sujet, notamment dans la partie dédiée à « la politique économique et monétaires » que vous retrouverez à partir de la page 50 du PDF.

L’article 121, nous apprend que la commission joue un rôle très important dans l’orientation économico-politique de l’Europe, car c’est cette institution qui va donner ses « recommandations » au Conseil des ministres visant à « élaborer un projet pour les grandes orientations des politiques économiques » de l’UE.

La commission européenne, présidée par Jean Claude Juncker, est, en quelque sorte, une source de la politique européenne et donc française.
Il se trouve que chaque année, la commission fait un rapport pour chaque pays et dresse « un bilan approfondi sur la prévention et la correction des déséquilibres macroéconomique » ou pour faire simple, elle fait des recommandations à la manière d’un conseil de classe, la commission donne son avis et encourage les pays à suivre telle ou telle voie dans sa politique intérieure.

Il faut savoir qu’actuellement (2016) la France est considérée comme un pays en « déséquilibre excessifs » au même niveau que la Croatie, l’Italie, le Portugal, Chypre et la Bulgarie. Cette situation ne présage rien de bon, car pour faire simple, nous faisons partie des mauvais élèves et donc, nous nous exposons à des sanctions de l’UE car nous ne respectons pas nos engagements.
Engagements qui d’ailleurs sont, pour certains, horriblement dures à tenir notamment en ce qui concerne l’équilibre du budget, étant donné que notre système de création monétaire créer une dette inévitable de par son fonctionnement.
Mais l’horreur ne fait pas peur à nos oligarques

Pour preuves, je suis allé chercher le fameux rapport 2016 que j’ai commencé à analyser. Voici les principales informations qu’on peut en tirer.

 

La commission juge :

  • Le marché du travail « trop rigide » donc pas assez libre, tout comme celui des produits. (trop de lois protectionnistes)

  • Que les échanges de ressources sont trop lent

  • Pas assez d’innovation

  • Trop d’obstacles à l’investissement privé

  • La France est interconnecté aux autres pays et joue un rôle important. (elle ne peut pas faire n’importe quoi)

  • Pas assez de secteurs libéralisés

  • Les formations professionnelles ne sont pas assez efficaces, trop d’inégalités dans les formations.

  • Trop de charges fiscales et de lois dans le domaine de la production.

  • Fiscalité sur la consommation jugée trop faible, notamment pour la TVA (oui, oui, vous avez bien lu)

 

La commission demande  :

  • Une relance de l’investissement

  • De poursuivre les réformes structurelles « moderniser l’économie »

  • De mener une politique budgétaire responsable (non déficitaire)

  • Réformer le mécanisme de formation des salaires (trop d’accord sociaux)

  • Maîtriser l’évolution du salaire minimum (trop élevé)

  • Réformer le système d’assurance chômage

  • Plus d’efforts pour réduire le déficit

    • A faire via des réductions plus que sur des gains d’efficacité (notamment vis à vis des aides au logement et des subventions pour les collectivités)

 

La commission pense ainsi que les réformes françaises, notamment la loi macron et la loi du travail (en cours), sont de bonnes avancées, mais que la France doit poursuivre ses efforts.

Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines et il y a plusieurs façon d’en prendre conscience.
En plus du rapport, il suffit de s’intéresser au cas de la Grèce, qui a subit les caprices de la commission (et du FMI + la BCE) bien avant nous.
Regardez comment les choses se sont déroulées en Grèce, les différents plans de réformes et vous comprendrez ce qui nous attend sur le plan législative.

Cependant la France est un pays différent de la Grèce, le pays est plus grand, il y a plus d’habitants et sa place dans l’union européenne est bien trop importante pour sa stabilité économique (selon la commission). L’ UE supporterait facilement une sortie de la Grèce (surtout après son pillage), mais vivrait vraiment mal une sortie de la France.

D’où l’importance de ne pas faire n’importe quoi avec le peuple français.

Dans la deuxième partie de l’article, je vous parlerai donc de stratégie de communication.

En attendant, je vous laisserai apprécier le double lapsus de notre premier ministre, qui pourraient résumer en partie la philosophie de nos oligarques.


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4 réactions à cet article    


  • raymond 4 juillet 17:42

    Excellent , merci, vivement la suite.


    • zygzornifle zygzornifle 5 juillet 10:09

      intéressant 



        • Karugido Karugido 6 juillet 11:30

          Merci à vous, content de voir que cet article vous plaise.
          Je posterai la suite très prochainement smiley

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