Les mains se levaient
Un poème en hommage à Samuel Paty, Dominique Bernard et Agnès Lassalle, sur ce que les enseignants transmettent et sur le refus de répondre à la haine par la haine.

Les mains se levaient
Dans le silence d'une salle de classe,
Un professeur faisait vivre les mots.
Il enseignait les vers, les rimes,
Ces histoires qui rendent le monde plus beau.
Il parlait d'amour, de liberté, de vie,
De ces questions qui ouvrent les esprits.
« Il n'y a pas de question bête », disait-il,
Les mains se levaient, parfois timidement.
Il savait qu'au détour d'une phrase,
Un enfant pouvait découvrir un horizon.
Qu'un livre, posé sur une table,
Pouvait ouvrir bien des prisons.
Un jour, la violence est venue,
Trois enseignants ont perdu la vie.
Dans les écoles de notre pays,
Le silence fut plus lourd qu'auparavant.
« J'ai la haine », avons-nous murmuré,
Le cœur serré devant tant de cruauté.
Mais répondre à la haine par la haine
Serait lui donner une seconde victoire.
Car il reste les livres et les cahiers,
Les questions posées, les réponses cherchées.
Il reste ces voix qui, chaque matin,
Apprennent aux enfants à choisir leur chemin.
Il reste des femmes et des hommes debout,
Qui enseignent malgré les blessures,
Ouvrent les portes de la connaissance,
Sans jamais renoncer à leur confiance.
Alors, pour Samuel, pour Dominique,
Pour Agnès, pour ces voix qu'on a fait taire,
Gardons leur souvenir vivant,
Leur courage au cœur de nos classes.
Leur absence nous serre encore le cœur,
Notre colère n'a pas disparu.
Chaque matin, dans une salle de classe,
Un professeur rallume la lumière.
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