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Privation de monde, privatisation du monde

Nos vies nous appartiennent-elles vraiment ? Soumises aux impératifs de l’abstraction économique, elles se retrouvent piégées dans la vacuité d’un « monde sans profondeur, neutralisé et aplati ». Le philosophe Renaud Garcia invite à considérer les conséquences économiques, sociales et culturelles de cet « aplatissement capitaliste » du monde, entraînant la « dégradation de l’art d’habiter », la dénaturation du goût, la privatisation des existences et la vampirisation de « tout ce qu’il y a de vivant et d’exploitable »...

 

Peut-on se payer le luxe de refuser l’ardoise du « capitalisme » après avoir cru si longtemps jouir des « bienfaits » d’un « ordre civilisationnel » qui n’en finit pas de s’exporter depuis le XVIe siècle ?

Il s’est « globalisé » jusqu’à fabriquer des humains désormais « superflus » sur une planète surexploitée et ravagée par l’exacerbation des passions destructrices. Depuis que la fiction d’un Homo oeconomicus « asservi à ses besoins standardisés » a supplanté la figure de l’Homo habilis et que la « représentation cybernétique de soi » s’est substituée à la « compréhension incarnée du monde », le résident postmoderne et technozombifié de nos cités mécanisées ne parvient plus à « se désengluer » de ces « représentations économiques de la vie ». Celles qui tiennent d’une « entreprise d’aplatissement économique de la réalité vécue » et d’une véritable « guerre contre la subsistance »…

 

Un monde sans esprit et sans issue

 

La « dynamique d’accumulation » capitaliste suit sa pente vorace, métabolisant tout ce qui lui résiste, recyclant à l’infini ce qui le conteste – et nous coupant toujours davantage du monde comme de notre réalité en nous maintenant sous le joug de ses « abstractions mortes ».

Que nous est-il arrivé ? Comment nous sommes-nous retrouvés incarcérés à ciel ouvert dans cet « univers aplati de l’abstraction économique » ?

D’abord, l’industrie et la mécanisation ont défait « travailleurs », artisans, éleveurs et paysans de leur savoir-faire de métier. Depuis la « révolution industrielle », les « vrais gens » font tourner la totalité de leur vie « autour du travail abstrait et de la marchandise ». L’ « expansion insensée » du « travail abstrait » au service de « l’abstraction économique » a organisé « le saccage des conditions de vie » d’une multitude de travailleurs aliénés - sans oublier les exclus de l’emploi salarié. Combien d’emplois zombies privés d’âme (bullshit jobs) vident le temps de vie de chacun de tout sens, produisant burn out et désespérance ? « Si un métier absorbe davantage de valeur sociale qu’il n’en produit pour la collectivité », sa nocivité est avérée…

Le monde se porterait-il plus mal sans conseillers en défiscalisation, lobbyistes, experts en télémarketing, créateurs de start-up, traders ou concepteurs de gadgets aussi addictifs que toxiques ? Et nous voilà soumis à un « projet de recomposition intégrale du monde par l’ingénierie » - à la chimère d’un « monde humain hors nature, dont le symbole « écologiquement pur » est « l’agriculture verticale », la tour urbaine où seraient produits, en circuit fermé, à la fois la viande in vitro et les végétaux en culture hors sol »…

Professeur dans un lycée aux prises avec le « réel », Renaud Garcia rappelle toute la contradiction entre « richesse matérielle, que produit n’importe que cultivateur engagé dans une activité autonome et orientée vers la subsistance, et la richesse abstraite, évaluée par l’argent, évaluée par l’argent, qui seule importe dans le cadre d’une économie de croissance ». La puissance vitale des individus se retrouve stérilisée, la condition humaine est humiliée et confrontée à un code de santé physique et mentale définissant celle-ci comme « dépassement de la norme et performance individuelle extrême »... Chacun serait-il réductible au fonctionnement d’une « petite machine de gestion de plusieurs capitaux agencés, dont le « capital santé » constituerait la pierre angulaire » ?

L’ardente « nécessité ( ?) d’élargir toujours davantage la « base matérielle de l’expansion de la valeur » creuse la fosse commune d’une espèce écartelée entre « faim nue » et une insatiable « faim repue » - et nous « prive de monde »…

 

Aliénation technologique et simulacre machinique

 

Cette « accumulation de valeur » s’appuie sur l’accélération technologique avec ses promesses d’ « augmentation » généralisée et sur une ubérisation sans frein dont les « nouveaux jobs » (consultants en mobilité, coursiers connectés, etc.) mènent à un « approfondissement particulièrement insidieux de l’exploitation sous une forme à la fois consentie et permanente, brouillant définitivement la limite entre travail et non-travail ». Bref, le « capitalisme postindustriel reconduit et élargit, par sa fusion avec les technologies numériques, la mobilisation de la vie au travail requise par l’impératif d’exploitation »…

L’addiction à des « objets-système » comme le « smartphone » confronte sans cesse les individus à des « forces objectives et neutres : objectifs chiffrés, algorithmes, tableaux » - et ce, dans une surenchère sans limites leur faisant produire du travail gratuit et donc de « la valeur » au seul profit de multinationales prédatrices. C’est ainsi qu’à la « croisée de l’exploitation et de l’aliénation, ce qui est mort se substitue peu à peu à ce qui reste en nous de vivant »… Bien évidemment, le « travail abstrait et la croissance économique qui lui est liée ne sont en rien des formes nécessaires de l’existence humaine »…

D’autres rapports aux autres et à soi sont possibles voire souhaitables ainsi bien évidemment que d’autres conditions d’existence, délivrées de la mortifière chape d’algorithmes et de procédures standardisées…

S’il n’y a pas de solutions « clés en mains » au désarroi contemporain, compte tenu de la « prégnance du modèle cybernétique », le philosophe n’en invite pas moins à nous désengluer de « l’abstraction économique et de la fausse vie », du fétichisme de la croissance et de l’asservissement au « travail abstrait » qui affectent notre rapport au monde, tout en se défiant du « prêt à penser » et de « fausses bonnes solutions » comme, par exemple, l’attribution d’un revenu universel aux laissés-pour-compte de la compétition économique.

Qu’il s’agisse du filet de sécurité minimal en mode « libéral » ou d’un véritable mode de répartition « égalitaire » de la production, les effets d’une telle mesure pourraient « saper l’ensemble des systèmes d’aide sociale » et se solder par des « économies de gestion administrative »… Sans oublier la sempiternelle question du financement : comment dégager une « base fiscale » appropriée sans maintenir la « croissance de la valeur économique » comme « finalité aveugle » de la société voire sans augmenter la « productivité » d’une majorité croissante de travailleurs heureux de contribuer à « l’oisiveté » de quelques heureux bénéficiaires ?

 

L’insoutenable et l’incalculable

 

S’appuyant sur un corpus de textes littéraires (Jean Giono, Kafka, William Moris, William Gibson, Jaime Semprun, Juli Zeh, etc.), le philosophe nous rappelle à cette part d’incalculable en nous, irréductible aux flux numérisés et hypersurveillés, qui doit être préservée envers et contre tout par une vigilance de tous les instants - et par un véritable art de faire... Son livre ouvre d’autres possibilités d’existence, au large de cette « normalisation mathématique du réel », et éveille à la « puissance critique » du sens des limites. Jusqu’à quand les êtres humains se laisseront-ils réduire à l’état de « porteurs concrets d’abstractions mortes » au seul profit de la « croissance de l’économie » – et gober par le trou noir d’un univers algorithmique sans profondeur ni bienveillance ?

Jusqu’à ce qu’ils arrivent à ressentir enfin cette « perte de contact avec le monde », orchestré par un système de pillage dont les intérêts font écran avec le réel qui nous constitue ? Jusqu’à ce qu’ils arrivent à comprendre que la richesse véritable se crée non par « le haut » mais par « en bas », à réaliser ce qui les spécifie comme « peuple » ou « civilisation » - et à se figurer enfin tout le désirable et l’accomplissable du monde ?

Quand ces évidences seront partagées et relieront les consciences pour devenir « norme » ou « loi », alors de nouveaux fondements d’une économie à venir produiront peut-être un enrichissement véritable par la joie de tous le long des lignes de faille d’une nouvelle tectonique mondiale.

Après tout, il n’est pas interdit de rêver d’une révolution anthropologique qui déplacerait les frontières du possible, serait-ce au cœur du non-lieu d’un monde « globalisé », non loin de nulle part – mais si près, peut-être, d’un nouveau territoire de vie inapropriable, donc habitable enfin…

Si l’homme n’est plus le bienvenu dans sa maison, il ne tient qu’à lui de se réorienter à la lumière d’une conscience élargie de ses limites, d’une éthique voire d'une respiritualisation de ses rapports avec son environnement pour en retrouver le chemin et réintégrer cette commune demeure terrestre…

 

Renaud Garcia, Le sens des limites – contre l’abstraction capitaliste, L’Echappée, collection Versus

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15 réactions à cet article    


  • Chourave Clark Kent 26 juin 08:39

    Si la propriété naît de la parole de l’un  (« ceci est à moi »), comme la suggéré Rousseau, le silence de l’autre est-il une soumission ou une stratégie ?

    En fait, ce sont toujours ceux qui possèdent la parole qui possèdent le pouvoir et non l’inverse.

    Du premier propriétaire aux « conducteurs » du peuple, le tyran nun orateur, même sil joue de plus en plus souvent eu ventriloque en animant des marionnettes.


    • Chourave Clark Kent 26 juin 08:47

      @Clark Kent

      Ce qui donne après un petit nettoyage de signes inopportuns autant qu’idésirables :

      « Si la propriété naît de la parole de l’un (« ceci est à moi »), comme l’a suggéré Rousseau, le silence de l’autre est-il une soumission ou une stratégie ?

      En fait, ce sont toujours ceux qui possèdent la parole qui possèdent le pouvoir et non l’inverse.

      Du premier propriétaire aux « conducteurs » du peuple, le tyran n’un orateur, même s’il joue de plus en plus souvent eu ventriloque en animant des marionnettes. »


    • lephénix lephénix 26 juin 12:12

      @Clark Kent

      le plus vieux métier du monde n’est pas celui que l’on croit : le premier qui prend la parole en s’arrogeant le « droit » (monopole) d’intercesseur entre le ciel et la terre prend le pouvoir sur le groupe si celui-ci y consent... le consentement est fabriqué formaté depuis des millénaires....

      tout bateleur d’estrade qui monte sur une tribune prend le pouvoir en prenant la parole - ou du moins un ascendant sur le groupe pour commencer...avant de finir sa « carrière » de bonimenteur en homocule providentiel toujours joueur de flûte de Hamelin..

      il faut se désintoxiquer de même de l’illusion de la « propriété » en réorganisant l’économie non plus sur la « propriété » mais sur le principe du « commun » donc apprendre à penser l’alternative à la propriété et à la privatisation en dehors du cadre de la propriété... vaste programme...


      • Chourave Clark Kent 26 juin 14:41

        @lephénix

        le problème, c’est que la désintoxication de l’addiction propriétaire ne guérit pas du besoin de croire, et pas non plus de la fascination exercée par les bateleurs que vous évoquez et portent des tuniques de différentes couleurs

        la perte de l’« illusion de propriété » est une condition nécessaire mais pas suffisante pour que le grand soir soit l’aube de l’home nouveau



      • Ciriaco Ciriaco 26 juin 12:51

        Présenté ainsi, on peut se demander à quel point il est curieux que cette profession de foi se porte sur un hypothétique historique dont la réalité sociologique ne donne pas d’indice probant, plutôt que sur un revenu de base, dont on sait qu’il existe et qu’il fonctionne bien en France, avec les intermittents (quel bonheur en effet). Intermittents qui se sont battus pour le maintenir, comme le rappel le vieil adage qui veut qu’un pouvoir ne concède jamais rien si la pression populaire ne le fait pas reculer.

        Sur le financement et selon Stiegler et Boutang, c’est la taxation à hauteur de 5% des flux du mobile (0.3% actuellement et seulement pour les sociétés dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros - un flux représentant 700 000 milliards dans le monde, non liée à l’économie productive (80 000 milliards de PIB mondial)), qui dégagerait suffisament de ressources pour financer un revenu inconditionnel indexé sur le salaire minimum.


        • zzz'z zzz’z 26 juin 17:48

          Faites l’amour, pas la guerre.


          • lephénix lephénix 26 juin 20:14

            @Ciriaco

            diverses approches d’un revenu inconditionnel d’existence font l’objet d’expérimentations dans e monde mais elles se résumeraient à cette appellation de « revenu de base » avec ce que ça suppose de « basique » et « minimaliste »...

            d’une part il n’y a pas de vie ni de société digne si les uns manquent du minimum vital garanti et d’autre part il n’y a aucune soutenabilité écologique ni paix sociale donc ni survie globale assurée si les autres pompent allègrement toutes les ressources et tous les avantages, c’est toute la question du plafond et du plancher qui est posée par les « inégalités » et la marchandisation de tout ce qui est vivant, exploitable et privatisable...


            • Ciriaco Ciriaco 27 juin 13:20

              @lephénix

              Le modèle de Stiegler et Boutang me paraît le plus abouti, et surtout le plus réaliste. Ses auteurs parlent sans naïveté à ce sujet de revenu d’existence, l’indexe sur le salaire minimum (loin d’une base RSA), ne le résument pas à une somme des allocations sociales (complémentaires) et abordent la question du travail et de sa réforme par le revenu contributif pour un travail choisi, libéré ainsi des tensions de marchés de l’offre et de la demande qui créent l’inéluctabilité.

              C’est une grande idée, qui se base sur les changements récents dans le monde du travail (précarisation, automatisation). Eradiquer la pauvreté, apporter de la liberté, lever la contrainte des marchés, etc. En somme un énorme progrès social accompagné d’une rédéfinition du travail, moins aveuglément productiviste et qui fait naturellement entrer les affinités et les consciences dans le champ de réalité de l’activité, via l’expression de la liberté et du choix au sein du revenu contributif.

              Dès lors, on peut en effet imaginer que l’activité connaîtrait une composante sociale et citoyenne plus dense et largement moins marchande. Stielger et Boutang creusent la question en proposant une métrologie de l’activité rémunérée plus ample, avec des indicateurs néguentropiques notamment, c’est-à-dire une valorisation sociale et culturelle des activités non destructrices.

              On le comprend, plutôt que d’une incantation ou d’une finalité établie avant le chemin à parcourir, il s’agit d’un levier sur le réel actuel, dont les résultats souhaités sont dans le domaine du probable (un élément politique en somme), mais qui nécessite surtout, certes, une volonté citoyenne forte et une information à la hauteur.

            • lephénix lephénix 26 juin 20:23

              @Clark Kent

              chacun a besoin d’un minimum vital de sécurité, ce qui fait que la propriété fait (encore) consensus mais elle est tellement mal défendue qu’il faudra en revenir à d’autres sources de sécurité...

              si des individus se mettent ensemble pour « faire société », cette société devrait juste garantir à chacun sa sécurité et ses « capabilités » selon une bonne vision du Bien commun....

              mais quel forgeron a forgé à ce jour la bonne clé de juste redistribution des richesses et de répartition des risques ?


              • lephénix lephénix 27 juin 23:18

                @Ciriaco

                au commencement il y a la volonté politique qui prend acte que le seul moteur jusqu’à présent de la société a été le travail humain et que celui-ci devient de moins en moins indispensable à la « production »... et qu’il « produire » moins....

                déjà cette volonté-là est inexistance quand on entend les discours « travailler plus pour gagner plus » etc et autres intoxications du même tonneau qui ne font pas avancer le débat sur le monde à venir.

                or il s’agit de refaire société sur cette « révolution du travail » qui suit son cours entre précariat robotariat et longues plages de chômage : les richesses sont produites avec de moins en moins de main d’œuvre...

                ensuite il faut que les intéressés à commencer par les « exclus » de l’emploi veuillent bien s’informer du débat sur un revenu d’existence possible et se mettent à le demander - mais le footbusiness semble passionner les masses davantage que l’instauration d’un nouvel outil de justice sociale ou du moins une avancée vers un nouveau compromis social.... alors que notre socle commun se réduit à bientôt moins que rien....

                un revenu universel abouti se situerait un peu au dessus du seuil de pauvreté pour rendre aux allocataires un sentiment de maîtrise de sa vie et il ne coûterait pas plus cher que l’actuel système de protection sociale qui revient à 700 milliards sans couvrir pour autant tous ceux qui en auraient besoin...


                • Ciriaco Ciriaco 28 juin 00:11

                  @lephénix

                  Il est certain que nos sociétés se sont articulées autour du travail, même si ce n’est pas le cas de toutes les sociétés, et donc de tous les possibles. J’aime l’idée du revenu d’existence et son complément, celle du revenu contributif, dans leurs façons très novatrices de poser une question à un problème central, qui plus est dans les conditions actuelles, qui la rendent pertinente.

                  Sur les détails techniques - qui sont sur cette question fondamentaux, j’approuve le modèle de Stielger et Boutang dans le sens où ils préfèrent le sens plein des revenus d’existence/contributif, plutôt que de se laisser piéger par un revenu de base conforme à la volonté de suppression des allocations sociales en contrepartie d’un ordre social, toujours le même, stabilisé. Il est en effet très tentant de présenter les revenus de base sans en dire plus, pour réduire drastiquement le revenu du travail afin d’augmenter la rentabilité de la production - en somme d’assurer la paix sociale (avec un RB frôlant le seuil de pauvreté et venant en remplacement des aides sociales) en ancrant encore plus l’économie productiviste, l’économie des privilèges asociaux.

                  La question est donc délicate. C’est celle d’un projet politique majeur, et d’un choix, un peu comme celui de la sécurité sociale et des retraites, qu’Ambroise Croizat et ses amis avaient concrétisé.

                  La comparaison est instructive ; si la socialisation de l’économie d’un progrès majeur a été réalisé, c’est parce que les conditions politiques le permettaient. Il y a eu un entre-deux favorable, des relations politiques publiques apaisées. Cela a duré 6 mois, le temps de mettre en oeuvre la réforme.

                  Ce temps où les rapports de force s’expriment peu n’est pas notre temps et le « ni de droite ni de gauche » ne sera qu’une fourberie éhontée de plus. Il faut donc, vous avez raison, qu’il y ait un rapport de force enclenché par la population.

                  Au-delà des actualités, et sur le fond, c’est le sens du mouvement « France insoumise » ; constituer une conscience politique, mettre en place une institution (6ème république) permettant son expression et son action et favoriser le débat démocratique (réforme des médias officiels) pour que la société dans son ensemble soit capable d’agir selon les problèmes et les idées nouvelles.

                  Si je vous dis cela, c’est parce que je connais aussi le désespoir et la colère de voir si peu de monde réagir de façon constructive et raisonnée, le désespoir et la colère de voir tant de gens se laisser aller aux extrêmes identitaires (et il n’est pas question que de nation dans mon propos) que produit l’éclatement libéral. Mais n’oublions pas qu’il y a un an, la FI ratait le passage aux commandes à 600 000 voix près. Un mouvement jeune et un renouveau présent.

                  Aussi je vous encourage à continuer dans ce sens, votre interrogation est utile et salutaire.








                • zygzornifle zygzornifle 28 juin 17:22

                  Notre corps ne nous appartient meme pas après notre mort car il faut demander quand on est encore vivant que l’on ne prélève pas d’organes .....


                  • Xenozoid Xenozoid 28 juin 17:40
                    @zygzornifle

                    c’est vrais a la naissance ,c’est le compte en banque obligatoire qui compte,nu ou poilu

                  • lephénix lephénix 29 juin 15:22

                    @Ciriaco

                    merci d’avoir pris la peine d’avoir répondu de manière si constructive et argumentée...

                    assurément, ce chantier d’un revenu universel interpelle, au bord de la falaise de la « dette » perpétuelle, notre désir d’avenir et donc notre capacité d’avenir qui se brouille alors que l’on inverse le sens des mots et que l’on tourne en dérision des idées qui allaient de soi avant parce qu’habitées comme « justice » « éthique » « équité » etc

                    quand se seront dissipées les ultimes chimères, alors peut-être sera-t-il temps encore d’élargir une communauté de vue vers l’essentiel que tout le monde, au fond, ressent...


                    • lephénix lephénix 29 juin 15:25

                      @Zygzornifle

                      bien vu : la privatisation du monde nous prive de monde - à commencer par celui de nos organes - et nous exproprie de notre biosphère....

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