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Accueil du site > Actualités > Société > Quand mariage et travail riment avec prostitution

Quand mariage et travail riment avec prostitution

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Certes, le titre de cet article est provocateur. Mais ne reflète-t-il pas la réalité pour une partie des humains ? Voici un court texte, extrait d’une « autobiographie apocryphe » quelque peu iconoclaste que j’ai commise il y a une quinzaine d’années en donnant la parole à une jeune femme forte en caractère et très libre au plan sexuel. Une héroïne qui, en outre, pouvait se prévaloir, chose peu banale, d’être tout à la fois thanatopractrice et pilier de rugby :

« D'ailleurs, quelle est la plus salope des deux, entre la bonne fille comme moi, qui prend sainement son pied, et la bourgeoise rongée par sa schizophrénie sexuelle ? Celle qui, froide et moralisatrice le jour, […] se donne par calcul au va-et-vient répugnant d'un époux brutal et adipeux dont la fortune personnelle ou la réussite professionnelle assurent à Madame une position sociale enviable ?

Conduite de pute.

Pute respectable certes, mais pute quand même.

À cet égard, n’en déplaise aux âmes bien pensantes, il faut reconnaître que le mariage est l’une des formes les plus répandues de la prostitution.

Avec le travail, lorsqu'il est subi. Vendre son cul, vendre ses muscles, vendre sa tête, quelle différence ? Seul le plaisir exonère de la prostitution. Plaisir de faire l'amour, de bâtir, de diriger, de travailler tout simplement. Dès que le plaisir s'estompe puis disparaît pour céder la place à une dépendance purement vénale ou à une routine déprimante, la prostitution triomphe. Une prostitution admise, codifiée et affublée d’un faux-nez, celui de la « réalisation par le travail ». Un leurre pour ceux, toujours plus nombreux, qui se réfugient dans la vie associative ou les activités extra-professionnelles pour fuir cette aliénation. En définitive, la majorité d'entre nous sont des putes qui s'ignorent. Et nous n’y pouvons rien : tout notre système socio-économique est basé sur cette réalité ! »

J’entends les protestations indignées que ce texte peut susciter ici et là dans certaines demeures bourgeoises. Mais de qui peuvent venir ces protestations ? En ce qui nous concerne, ni mon épouse ni moi-même ne nous reconnaissons dans les personnes visées. Issus tous deux des classes populaires modestes, notre mariage n’a en effet pas été dicté par un quelconque intérêt matériel, mais par un sentiment partagé. Quant à notre carrière professionnelle, elle a, malgré des changements d’activité, toujours été conforme à nos aspirations personnelles, notamment en nous laissant une grande liberté d’action. À cet égard, nous sommes tous deux conscients de la chance – assez largement induite par nos choix de vie – que nous avons eue de pouvoir évoluer dans des métiers en harmonie avec nos attentes et le mode d’existence auquel nous aspirions.

De qui peuvent donc venir les protestations outragées ? La réponse s’impose d’elle-même : de celles et de ceux qui, peu ou prou, se reconnaissent dans ces portraits mais se refusent, plus ou moins consciemment, à l’admettre.

Celles et ceux qui, sans amour, épousent un capital ou une rente confortable pour vivre dans le confort, voire le luxe. Celles et ceux qui, sans amour, épousent une nationalité pour échapper à un pays dont le marasme est endémique, ou qui n’offre que des perspectives d’existence sans relief. Celles et ceux qui, dans leur entreprise, acceptent de fermer les yeux sur des pratiques immorales ou illégales pour ne pas compromettre leur avancement. Celles et ceux qui, sur les chantiers, font taire leurs scrupules pour se conduire en esclavagistes moyennant de juteuses primes. Celles et ceux qui, dans la fonction publique ou les grands groupes privés, se laissent corrompre au détriment de la collectivité. Les exemples sont malheureusement très nombreux, et nous avons tous connu de tels cas, même s’ils ne constituent pas, fort heureusement, la majorité des genres homo matrimonius et homo laborius.

Or, en toute objectivité, force est de constater que ces gens-là sont de facto des prostitué(e)s qui s’ignorent dès lors qu’ils subordonnent leur propre éthique à des intérêts purement matériels comme il est théorisé dans l’extrait ci-dessus. « Vendre son cul, vendre ses muscles, vendre sa tête » en piétinant ses principes, son éducation, sa morale, quelle différence en effet dès lors que l’on n’y prend aucun plaisir ou, à défaut, que l’on n’éprouve pas, a minima, – et hors d’une situation de nécessité – la satisfaction du travail consciencieusement accompli ?

Mais peut-être n’êtes-vous pas d’accord avec cette analyse qui, je vous le concède, est exposée de manière volontairement abrupte. C’est votre droit légitime, et c’est avec plaisir que je vous propose de développer vos propres arguments pour nuancer ce propos, pour l’invalider, pour le combattre le cas échéant. Qui sait ? peut-être que vos arguments seront de nature à me convaincre…


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61 réactions à cet article    


  • taketheeffinbus 22 novembre 2019 08:53

    Je ne suis guère un grand fan du terme, mais force est de constater que l’article pointe quelque chose du doigt.

    De la même façon qu’on est tous le con d’un autre, nous sommes tous la pute d’un autre. Rien que l’emploi salarié, dans un contexte ou l’on vend son temps de vie contre une rétribution même pas basée sur la valeur réelle de cette force de travail (car celui qui emploie profite généralement financièrement de la situation en récupérant une partie des bénéfices sur notre temps de vie engagé pour une action précise, tout en économisant son temps de vie à lui), en est un exemple flagrant.

    Et que dire de ce travailleur indépendant qui lui aussi, est forcément la pute d’un autre, qui paie des charges sociales faramineuse pour payer le traitement contre le cancer de son voisin, fumeur, qui a toujours assumé son tabagisme en dépit des avertissement, avec des palabres telles que « faut bien mourir un jour, j’assume ! », mais qui n’assumeras jamais les centaines de milliers d’euros nécessaires à son traitement, dont une vie de cotisations sociales salariales, ne suffiraient jamais à compenser.

    Des exemples comme ça, il y en a des tas... Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, beaucoup de gens sous prétexte d’un « j’ai le droit », de liberté individuelle ne se posent plus la question de leur engagement, leur responsabilité, d’éthique, ne se rendant plus compte qu’ils forcent d’autres à se prostituer ou se prostituent eux-même.

    Trop peu d’entre nous ont conscience que c’est leur durée de vie qu’ils prostituent, alors qu’elle est limitée et que personne ne sait le temps qu’il lui reste, et que demain, ça pourrait être le clap de fin.


    • Fergus Fergus 22 novembre 2019 09:04

      Bonjour, taketheeffinbus

      Merci pour ce commentaire.

      « Trop peu d’entre nous ont conscience que c’est leur durée de vie qu’ils prostituent »
      Conscience ou pas : nombre d’entre nous sommes enfermés dans des schémas sociaux qui anesthésient la réflexion.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 novembre 2019 03:11

      @Fergus

      Je ne crois pas vous étonner en disant que je suis PARFAITEMENT d’accord avec vous sur ce point comme sur tant d’autres ; j’avoue, cependant que j’ai été, moi, bien surpris de vous retrouver de ce côté de ce combat.... Je n’aurais jamais cru que vous en viendriez à mettre en péril le soutien sont vous jouissez pour donner si souvent de la société et des faits la vision la plus raisonnable qu’on trouve sur ce site... pour vous aliéner d’un seul coup celui de toute cette faune de pas-tres-réfléchis qui ne vous pardonneront jamais cet article.. ! Je crois qu’il faut blâmer « le vent qui vient de derriere la montagne....  »

      Amicalement

      Pierre JC 


    • Fergus Fergus 23 novembre 2019 09:14

      Bonjour, Pierre JC Allard

      Un grand merci pour votre soutien.

      « vous aliéner d’un seul coup celui de toute cette faune de pas-tres-réfléchis qui ne vous pardonneront jamais cet article. »

      Ce n’est pas grave : j’ai le cuir solide. Je m’attendais d’ailleurs à quelques commentaires beaucoup plus incendiaires sur un tel sujet. Qui plus est, j’écris moins pour convaincre des lecteurs que pour mettre en forme des idées.

      Bien à vous.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 22 novembre 2019 09:47

      « Salut à toi, Dame Bêtise

      Mais dis moi : "Comment fais-tu

      Pour que point l’on ne voit

      Le sourire entendu

      Qui fera de vous et moi

      De très nobles cocus cocus

      Pour me faire oublier

      Que les putains les vraies

      Sont celles qui font payer

      Pas avant mais après »

      Brel – L’air de la bêtise


      • Fergus Fergus 22 novembre 2019 09:52

        Bonjour, Séraphin Lampion

        Merci pour cette citation de Brel qui met en évidence une réalité trop souvent occultée par la bienséance.


      • gruni gruni 22 novembre 2019 10:12

        Bonjour Fergus

        Rien à redire sur la cruelle réalité de ton texte, c’est triste mais les putes sont nombreuses et pas que des femmes et pas qu’au lit. Je ne sais pas pourquoi, mais cette « salope » de ton article m’a fait penser au film réalisé par Nelly Kaplan, « La Fiancé du pirate ». Interdit aux moins de 18 ans à l’époque.


        • Fergus Fergus 22 novembre 2019 11:18

          Bonjour, gruni

          « les putes sont nombreuses et pas que des femmes et pas qu’au lit »

          C’est en effet ce que j’ai tenté de montrer.

          « ton article m’a fait penser au film réalisé par Nelly Kaplan, « La Fiancé du pirate » »

          Un film réjouissant que je prends plaisir à regarder de temps à autre. Cette « fiancée » est infiniment plus libre que ces hommes prisonniers de leurs pulsions et de leur veulerie. 

          L’homme prisonnier de lui-même sera d’ailleurs au coeur de mon prochain article consacré à une célèbre chanson. smiley


        • Fergus Fergus 22 novembre 2019 13:35

          @ alexis42

          Attention au contenu de vos commentaires. Encore une intervention malveillante de cette veine et je serai contraint de signaler vos débordements aux gestionnaires du site !


        • Jelena Jelena 22 novembre 2019 10:49

          @Fergus >> ces gens-là sont de facto des prostitué(e)s qui s’ignorent dès lors qu’ils subordonnent leur propre éthique à des intérêts purement matériels

          Pour une personne dénuée de scrupules, il existe de nombreuses façons de s’enrichir... Mais vu que la prostitution, c’est coucher avec de multiples inconnus pour de l’argent, il me semble que vous mélangez certaines choses dans votre texte.


          • Fergus Fergus 22 novembre 2019 11:20

            Bonjour, Jelena

            Je ne mélange rien. Pour moi, la prostitution se s’exerce pas uniquement dans un cadre sexuel. Précisément parce que « Pour une personne dénuée de scrupules, il existe de nombreuses façons de s’enrichir ».


          • Fergus Fergus 22 novembre 2019 13:51

            @ exol

            Mieux vaut étaler sa confiture que sa bile comme vous le faites jour après jour !!!


          • Francis, agnotologue JL 22 novembre 2019 10:59

            Bonjour,

             

            pardonnez moi si je vous fais part de mon impression que vous nourrissez des ambitions politiques. Sinon, pourquoi parleriez vous autant de vous et de votre épouse ? Je ne me permettrais pas de supposer des motivations moins nobles, de votre part.


            • Fergus Fergus 22 novembre 2019 11:24

              Bonjour, JL

              Désolé pour cette digression personnelle. Elle visait, non pas à mettre en avant le couple que nous formons avec mon épouse, mais à illustrer le décalage existant entre les couples comme le nôtre  très nombreux  et ceux qui ne se sont constitués que sur des bases matérielles dénuées de tout sentiment.

              « vous nourrissez des ambitions politiques »
              Certainement pas ! Je n’ai d’ailleurs jamais été encarté nulle part. Electron libre j’étais, électron libre je resterai !


            • pemile pemile 22 novembre 2019 15:10

              @Fergus « Electron libre j’étais, électron libre je resterai ! »

              Dans l’atome Fergus, la femme et les enfants occupent la place des neutrons et des protons ?


            • Fergus Fergus 22 novembre 2019 15:48

              @ pemile

              Il faudrait que je questionne mon épouse sur ce point : c’est elle la physicienne, je ne suis que le littéraire. Peut-être ai-je abusé du mot « électron » ? Encore que non : c’est en entreprise que j’étais un « électron », pas dans le noyau familial. smiley


            • Fergus Fergus 23 novembre 2019 09:45

              Bonjour, San Jose

               smiley


            • Jason Jason 22 novembre 2019 11:49
              Bonjour Fergus,

              Il semblerait que vous fassiez, ainsi que beaucoup d’autres, un amalgame de produits en comparant le sexe tarifé avec d’autres activités où se nouent des intérêts complexes.

              Que dans les couples il y ait des intérêts, des avantages recherchés, des attitudes ambiguës, c’est un fait connu depuis la nuit des temps. La misogynie s’en mêlant, on en arrives à ces raccourcis et ces clichés.

              Il faudrait pousser la réflexion un peu plus loin.

              • Fergus Fergus 22 novembre 2019 12:46

                Bonjour, Jason

                Vous semblez ne pas prendre en compte le fait que le mot prostitution est, depuis longtemps, entré dans le langage courant pour qualifier des comportements de nature vénale. Cela touche différents domaines, y compris la politique.


              • CN46400 CN46400 22 novembre 2019 12:22

                Et un petit coup de Marx pour la route (Manifeste Communiste-1848)


                "L’abolition de la famille ! Même les plus radicaux s’indignent de cet infâme dessein des communistes.

                Sur quelle base repose la famille bourgeoise d’à présent ? Sur le capital, le profit individuel. La famille, dans sa plénitude, n’existe que pour la bourgeoisie ; mais elle a pour corollaire la suppression forcée de toute famille pour le prolétaire et la prostitution publique.

                La famille bourgeoise s’évanouit naturellement avec l’évanouissement de son corollaire, et l’une et l’autre disparaissent avec la disparition du capital.

                (...)

                Mais la bourgeoisie tout entière de s’écrier en choeur : Vous autres, communistes, vous voulez introduire la communauté des femmes !

                Pour le bourgeois, sa femme n’est autre chose qu’un instrument de production. Il entend dire que les instruments de production doivent être exploités en commun et il conclut naturellement que les femmes elles-mêmes partageront le sort commun de la socialisation.

                Il ne soupçonne pas qu’il s’agit précisément d’arracher la femme à son rôle actuel de simple instrument de production.

                Rien de plus grotesque, d’ailleurs, que l’horreur ultra-morale qu’inspire à nos bourgeois la prétendue communauté officielle des femmes que professeraient les communistes. Les communistes n’ont pas besoin d’introduire la communauté des femmes ; elle a presque toujours existé.

                Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles des prolétaires, sans parler de la prostitution officielle, trouvent un plaisir singulier à se cocufier mutuellement.

                Le mariage bourgeois est, en réalité, la communauté des femmes mariées. Tout au plus pourrait-on accuser les communistes de vouloir mettre à la place d’une communauté des femmes hypocritement dissimulée une communauté franche et officielle. Il est évident, du reste, qu’avec l’abolition du régime de production actuel, disparaîtra la communauté des femmes qui en découle, c’est-à-dire la prostitution officielle et non officielle."


                • Fergus Fergus 22 novembre 2019 12:53

                  Bonjour, CN46400

                  Intéressant texte.
                  Au delà du fond, il montre que le mot « prostitution » avait, dès le milieu du 19e siècle, un sens élargi.


                • Et hop ! Et hop ! 22 novembre 2019 15:07

                  @CN46400

                  Cinq ans avant la parution du Manifeste du Parti communiste, Marx s’était marié en 1843 avec une fille noble et riche, Jenny van Westphalen, devenue orpheline et héritière l’année d’avant, il a dépensé toute sa fortune, ensuite il a dépensé celle de son ami Engels dont le père était un riche manufacturier anglais qui exploitait à fond des ouvriers.

                  Il fait penser à Rousseau qui donnait des conseils d’éducation, après avoir abandonné ses six enfants à l’Assistance publique. 


                • Fergus Fergus 22 novembre 2019 15:49

                  Bonjour, Et hop !

                  Bien vu !


                • CN46400 CN46400 22 novembre 2019 20:04

                  @Et hop !
                  Je n’ai pas envie de faire de Marx un saint. Ce n’est pas une raison pour en faire un démon.
                   Marx, comme presque tout le monde, s’est marié dans son milieux et il a croqué la fortune de sa femme, et la sienne aussi, dans des publications que la bourgeoisie coulait régulièrement, et pas dans une vie plus austère que luxueuse, ce qui relativise, sensiblement, l’étendue de ces fortunes.
                   Par contre s’il a connu Engels très jeune, et même si on peut considérer qu’il occupait, de ce fait, un emploi fictif dans les usines « Engels and Co », celles-ci n’ont jamais coulé du fait de ces deux « employés », qui passaient bien plus de temps dans leur études sociétales qu’au service réel de l’entreprise. Sauf que la connaissance fine des finances de cette société ne sont pas pour rien dans la précision de leurs études sur le capitalisme.
                   Quand à Rousseau on peut apprécier ses idées politiques sans, pour autant l’exonérer de ses responsabilités familiales. C’est un peu la même situation que celle de Polanski aujourd’hui


                • CN46400 CN46400 23 novembre 2019 08:18

                  @CN46400
                  Mais revenons à nos moutons. N’y aurait-il aucune parenté entre « Mytoo » et la « communauté des femmes » annoncée par Marx ?
                  Et aussi avec la banalisation du divorce et la crise du mariage constatée particulièrement en France ?


                • Fergus Fergus 23 novembre 2019 09:26

                  Bonjour, CN46400

                  Faut-il voir en « MeToo » une « communauté des femmes », je n’en suis pas sûr. J’y vois plutôt une forme de syndicat.

                  Pour ce qui est de la « crise des mariages », il faut la relativiser : après une baisse régulière, il semble que les statistiques soient grosso modo assez stables depuis quelques années. Mais peut-être ne s’agit-il là que d’un palier...


                • Pierre 22 novembre 2019 12:51

                  Vous découvrez l’amérique : le code civil ne parle jamais d’amour...


                  • Fergus Fergus 22 novembre 2019 12:55

                    Bonjour, Pierre

                    Je ne découvre rien. Le Code civil régit en effet des contrats sans se soucier de la nature des motivations des contractants.


                  • Jason Jason 22 novembre 2019 13:56

                    @Fergus

                    Bonjour Fergus,

                    Dans la formation des contrats l’intention doit être légale (legal purpose). Si, par exemple je fais un contrat avec quelqu’un pour aller voler les pommes du voisin, ce contrat et illégal. Mais il y a pire. Les juristes vous en diront davantage sur les autres conditions.

                  • Fanny 22 novembre 2019 14:51

                    Une grande plume d’Agoravox en harmonie parfaite avec un grand philosophe de la vie, le regretté Pierre Bergé.

                    « Tout s’achète, tout se vend, la force de travail, le ventre des femmes, c’est la vie ».

                    La grande plume complète cependant le pensée du philosophe : s’il y a du plaisir, y a pas de gêne, l’âme est sauvée. Il rejoint là avec éclat la pensée du grand philosophe nietzschéen Michel Onfray, dans un épicurisme 2.0 postmoderne.


                    • Fergus Fergus 22 novembre 2019 15:59

                      Bonjour, Fanny

                      « Une grande plume d’Agoravox »
                      Personne ne peut prétendre à ce titre !

                      « Tout s’achète, tout se vend »
                      Pas d’accord ! Mettre « la force de travail » et « le ventre des femmes » sur le même plan est choquant. On peut en effet travailler en y trouvant son compte de satisfaction intellectuelle, et c’est sans doute le cas de la majorité des travailleurs dans un pays comme le nôtre ; en revanche se vendre au plan sexuel est toujours un esclavage.

                      Pour ce qui est d’Onfray, cela fait un moment que je me suis détaché de ce qu’il dit et écrit. Mais en l’occurrence, il a raison.


                    • marmor 22 novembre 2019 14:57

                      Ah le couple idéal, fergus et madame ! quel égocentrisme !! On s’en fout, monsieur, que vous pensiez avoir tout réussi, comme vous nous l’expliquez à longueur d’article. Etes vous donc si sûr des motivations de madame pour vous avoir épousé ? Les femmes disent souvent « on met ce qu’on peut dans le lit » ! Personnellement, je n’ai aucune certitude sur les motivations de ma femme et des autres, et il faut être fort présomptueux pour penser tout savoir dans ce domaine, sauf à en tirer des poncifs prémâchés de petit bourgeois comme vous le faites si promptement.


                      • pemile pemile 22 novembre 2019 15:06

                        @marmor « Personnellement, je n’ai aucune certitude sur les motivations de ma femme »

                        Ben oui, pour ça faut être sensible et à l’écoute smiley


                      • marmor 22 novembre 2019 15:11

                        @pemile
                        sensible et à l’écoute 
                        Voilà bien deux mots qui me sont étrangers……...


                      • pemile pemile 22 novembre 2019 15:14

                        @marmor « Voilà bien deux mots qui me sont étrangers »

                        Ben oui, comme votre femme vous est étrangère smiley


                      • Fergus Fergus 22 novembre 2019 16:06

                        Bonjour, marmor

                        Je suis très loin d’avoir « tout réussi », et je n’ai jamais prétendu que ce soit le cas. Seule votre animosité constante à mon égard vous amène à tenir un tel propos, aussi dénué de sens.

                        Quant à mes rapports avec mon épouse, Pemile vous a parfaitement répondu à ce sujet. Je n’ai donc rien à ajouter, si ce n’est que je compatis sincèrement à l’état de votre couple si vous êtes à ce point étrangers l’un à l’autre après des décennies de vie commune !

                        « des poncifs prémâchés de petit bourgeois » 
                        Si cela vous soulage d’écrire ça, grand bien vous fasse ! Songez quand même à soigner vos aigreurs d’estomac d’une manière moins empirique !  smiley


                      • pemile pemile 22 novembre 2019 16:27

                        @alexis42 « @pemile (hors sujet) Je n’ai pas vu de réponse à ce commentaire »

                        Et ça nécessitait un hors sujet sur un article concernant le mariage ??!! smiley


                      • Et hop ! Et hop ! 22 novembre 2019 15:33

                        «  Celles et ceux qui, dans leur entreprise, acceptent de fermer les yeux sur des pratiques immorales ou illégales pour ne pas compromettre leur avancement. Celles et ceux qui, sur les chantiers, font taire leurs scrupules pour se conduire en esclavagistes moyennant de juteuses primes. Celles et ceux qui, dans la fonction publique ou les grands groupes privés, se laissent corrompre au détriment de la collectivité. »


                        Vous appelez prostitution des comportements qui n’ont rien à voir et qui portent un autre non : complicité, corruption.


                        La prostitution est quelque chose de très précis : c’est accorder des faveurs sexuelles à des inconnus (ou sans affinité) contre un paiement en argent.


                        La famille, qui est créée par le mariage, est par définition la forme de société dans laquelle rien n’est payé ou payant, tout est gratuit, tout est échange de services, tout est dons et contre-dons, c’est le domaine qui n’est pas marchand, rien n’y est vénal.


                        Le fait de se marier avec des personnes issues de familles de même condition est parfaitement normal, des enseignants avec des enseignants, des paysans avec des paysans, des militaire avec des militaires, des musiciens avec des musiciens, des ouvriers avec des ouvriers. Il y a des familles de juristes, des familles de médecins, des familles de musiciens, des familles de cirque, des familles d’officiers, des familles de marins-pêcheurs, des familles d’armuriers, des familles de polytechniciens, des familles de vignerons ou d’éleveurs de chevaux, depuis cinq, dix, parfois quinze générations, elles s’allient entre elles, elles sortent des gens qui excellent dans leur art où ils baignent depuis l’enfance. 


                        C’est une illusion de croire que l’éducation nationale peut transmettre toutes les professions qu’aucun de ses professeurs n’a jamais exercé, et que grâce à ça n’importe quel enfant peut devenir un patron de pêche, ou chef d’orchestre.


                         


                        • Fergus Fergus 22 novembre 2019 16:17

                          @ Et hop !

                          « La prostitution est quelque chose de très précis : c’est accorder des faveurs sexuelles à des inconnus (ou sans affinité) contre un paiement en argent. »


                          Pas d’accord. Vous citez là la définition première du mot. Mais il est désormais couramment admis qu’il y a prostitution dès lors que l’on cède à un chantage ou à des pressions par pure vénalité ou pour sauvegarder un avancement en entreprise ou obtenir une investiture en politique ; voire sans pression de quelque nature ! 


                          Le mot « prostitution » est d’ailleurs fréquemment employé dans les médias ou par les philosophes pour désigner des conduites n’ayant rien à voir avec l’exploitation sexuelle. Et cela depuis le 18e siècle ! Un exemple : « La plupart des hommes célèbres meurent dans un véritable état de prostitution. Finir comme Sieyès ou comme Rossini, en philosophe repu ou en artiste désabusé » (Sainte-BeuvePoisons,1869, p. 18). 


                        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 22 novembre 2019 17:51

                          Comme chantent les philosophes du carnaval de Dunkerque : « Si tu veux pas qu ’ta femme t’emmerde , te marie pas , te marie pas ... » .


                          • Fergus Fergus 22 novembre 2019 19:00

                            Bonsoir, Aita Pea Pea

                            Un grand classique : lien (pour ceux qui ne connaissent pas).


                          • sylvain sylvain 22 novembre 2019 18:27

                            a part dans les dernieres decennies en occident, la famille patriarcale ne s’est jamais basée sur l’amour, l’envie, ni même le libre arbitre . C’est une association d’intérêts et , avant tout, un contrat en bonne et due forme . La plupart des gens reproduisent cette forme en pensant qu’elle pourrait ne pas être contraignante grace, principalement, à l’amour et aux conquêtes féministes . C’est à mon avis un non sens, même si ca peut arriver de temps en temps

                            La même chose pour le travail, si vous cherchez les racines du mot, ce n’est pas « activité épanouissante » . On peut d’ailleurs facilement constater que la plupart des activités indispensable (plus ou moins) à l’humanité ne sont, sous leur forme actuelle en tout cas, absolument pas agréables (ramasser des poubelles, labourer des centaines d’hectares ou couler du bêton, par ex) .

                            J’ai remarqué que ceux qui pensent qu’on peut ne travailler que si on veut, et pour faire juste quelque chose qui nous plait n’exercaient jamais ce genre d’activités


                            • Fergus Fergus 22 novembre 2019 19:10

                              Bonsoir, sylvain

                              On ne peut pas évacuer le fait que le mariage a considérablement évolué lors du dernier demi-siècle. L’accès des femmes au travail et leur indépendance financière ont bouleversé les équilibres antérieurs du couple, faits d’une autorité et d’une soumission de fait dans la plupart des cas. Désormais, les femmes ont le choix du mari dans la majeure partie des cas. Et même le choix de n’en pas avoir, ce qui était inenvisageable autrefois.

                              Pour ce qui est du travail  dont la racine du mot est la même qu’un instrument de torture —, il est vrai qu’il est assez largement composé de métiers pénibles, ingrats ou ennuyeux. Ceux-là sont évidemment exercés « par nécessité ». 


                            • sylvain sylvain 23 novembre 2019 12:32

                              @Fergus
                              oui, ce que je voulais signifier est qu’on a une société bipolaire sur ces thèmes, avec des réalités très différentes selon les personnes et surtout une inadéquation entre les structures traditionnelles ( famille, entreprise, patron...) et les aspirations de beaucoup de personnes .
                              La famille était basée sur la contrainte et l’idée de devoir ( pour l’homme et la femme à mon avis, qui ne choisissent pas leur partenaire tout en lui devant fidélité en dehors de toute forme d’attirance, de désir, de complicité.....) assurés par un contrat public et des sanctions en cas de non respect et dans la sphère personelle l’autorité du père
                              Elle est aujourd’hui basée sur l’adhésion et l’envie ( les partenaires se choisissent sur un sentiment réciproque, la jalousie et donc la fidélité sont des sentiments à éviter, voir stigmatisants .....) et n’est assurée par pas grand chose au niveau sociale ( dans une certaine mesure l’obligation, principalement pour les hommes, de payer si il y a des enfants dans l’équation) et un éventuel sentiment de responsabilité dans la sphère personnelle

                              Or on compte toujours sur la famille pour éduquer les enfants, assurer une petite communauté stable et solidaire, faire face aux coups durs et assurer un sens à la vie qui dépasse le simple individu, une continuité . Et j’affirme le plus clairement possible que changer fondamentalement tout le schéma social qui était le socle de la famille en pensant qu’elle va continuer à assurer les mêmes fonctions est totalement absurde, a des conséquences désastreuses sur la vie de millions de gens, et ne peut aboutir que sur une restauration de la famille tradi ou un changement fondamental de société


                            • Fergus Fergus 23 novembre 2019 12:54

                              Bonjour, sylvain

                              Merci pour ces réflexions.

                              En réalité, j’ai l’impression que nous vivons une période de transition au plan de l’organisation sociale, et très franchement je n’ai pas la moindre idée du modèle qui en sortira.


                            • sylvain sylvain 23 novembre 2019 13:59

                              @Fergus
                              pareil


                            • Radix Radix 22 novembre 2019 18:58

                              Bonjour Fergus

                              Je vend mon intelligence parce-que je n’ai pas trouvé preneur pour mon cul. Chacun utilise les possibilité que la nature lui a donné.

                              Ce qui différencie la prostituée de la femme mariée c’est que l’une bosse en intérim et que l’autre a décroché un CDI !

                              Difficile d’émettre un jugement de valeur entre les deux !

                              Radix


                              • Fergus Fergus 22 novembre 2019 19:12

                                Bonjour, Radix

                                « Je vend mon intelligence parce-que je n’ai pas trouvé preneur pour mon cul »
                                Pareil pour moi ! smiley

                                « Ce qui différencie la prostituée de la femme mariée c’est que l’une bosse en intérim et que l’autre a décroché un CDI ! »

                                Mettez-le également au masculin : il est des hommes dans l’un et l’autre cas !



                              • Radix Radix 22 novembre 2019 20:08

                                @Fergus

                                Certes il y a des cas chez les hommes mais dans de moindres proportions car la société valorise plus « l’intelligence » masculine que la féminine.
                                Ceci dit tout espoir n’est pas perdu car je connais au moins une dame qui a réussi son passage d’intérim à CDI !

                                Radix


                              • In Bruges In Bruges 22 novembre 2019 19:05

                                @Radix et @ Marmor,

                                Tout est dit là, et bien écrit ( ça ne gâche rien)

                                https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/griselidis-real-putain-de-toi-61055


                                • Fergus Fergus 22 novembre 2019 19:14

                                  Bonsoir, In Bruges

                                  Un superbe article que j’avais beaucoup,apprécié et plussé lors de sa publication.


                                • moderatus moderatus 22 novembre 2019 20:21

                                  Celles et ceux qui, sans amour, épousent une nationalité pour échapper à un pays dont le marasme est endémique, ou qui n’offre que des perspectives d’existence sans relief. Celles et ceux qui, dans leur entreprise, acceptent de fermer les yeux sur des pratiques immorales ou illégales pour ne pas compromettre leur avancement. Celles et ceux qui, sur les chantiers, font taire leurs scrupules pour se conduire en esclavagistes moyennant de juteuses primes.

                                  ================================================================

                                  Bien sur Fergus nous condamnons pour, la plupart ces compromissions, mais il ne faut pas oublier que peu de gens ont la chance de cumuler ces bonheurs, faire la bonne rencontre, faire un travail qui plait, gagner sa vie, etc.

                                  Pour moi l’important , ce qui guide ma vie , c’est que lorsque je vais la quitter on puisse dise simplement

                                  ’’c’était juste quelqu’un de bien.’’

                                  Donc il faut faire le nécessaire pour mériter cette épitaphe. pas toujours facile Fergus ;


                                  • Fergus Fergus 22 novembre 2019 20:23

                                    Bonsoir, moderatus

                                    Vous êtes un sage !


                                  • etonne 22 novembre 2019 21:40

                                    une de vos meilleure intervention

                                    bravo


                                    • Fergus Fergus 22 novembre 2019 23:14

                                      Bonsoir, etonne

                                      Si le commentaire s’adresse à moi, je vous en remercie.


                                    • Kapimo Kapimo 22 novembre 2019 22:18

                                      "Dès que le plaisir s’estompe puis disparaît pour céder la place à une dépendance purement vénale ou à une routine déprimante, la prostitution triomphe.« 


                                      Le terme prostitution est tellement connoté qu’il me semble difficile de tenir un débat clair sur ce sujet, sachant de plus qu’il n’y a que des situations particulières. La prostitution définit dans le sens commun une activité dégradante (immorale et donc répréhensible selon certains) faite »volontairement« mais bien souvent par manque d’alternatives réalistes. Il y a trois dimensions : dégradant, répréhensible/immoral, volontaire

                                      Je passe sur les cas ou le coté dégradant (activité réalisée sans plaisir et sous contrainte) n’interviendrait pas (par exemple une nymphomane, un psychopathe etc). On pourrait alors définir plus précisément la prostitution comme une activité susceptible d’être considérée comme répréhensible en tant qu’activité/action dégradante exercée volontairement en échange d’avantages.

                                      Une prostituée agit en général dans l’état de nécessité, incapable de survenir autrement à ses besoins vitaux, et n’agit donc pas volontairement sauf à considérer l’alternative de survivre dans un état de quasi-mendicité : on peut en conclure paradoxalement qu’une prostituée n’est en général pas une pute.

                                      Par contre, une femme dotée d’un certain niveau d’autonomie qui subirait une situation dégradante de la part de son mari mais qui resterait volontairement avec lui pour des raison de statut social pourrait clairement être assimilée à une pute.

                                      Idem dans le monde du travail : des personnes qui accepteraient d’etre régulièrement humiliées ou d’humilier (les deux cas sont dégradants), ou qui accepteraient des »sales boulots« pour conserver un statut social bien au-dessus de leur besoins (et il y a en fait peu de besoins »sociaux" très élevés, mis à part dans les esprits vides en quete de reconnaissances vaines), peuvent etre qualifiées de putes.

                                      Bref, je suis assez d’accord avec votre texte et Macron, la danseuse des oligarques, l’illustre à merveille.


                                      • Fergus Fergus 22 novembre 2019 23:13

                                        Bonsoir, Kapimo

                                        Merci pour ce commentaire argumenté.
                                        J’avoue n’avoir pas pensé à Macron. smiley


                                      • alinea alinea 22 novembre 2019 23:23

                                        Si toute ta vie tu fais ce que tu aimes, jamais tu n’auras travaillé.

                                        Lao Tseu ( si ce n’est lui c’est donc son frère, ou bien quelqu’un des siens).

                                        Qu’est-ce qui peut bien nous pousser à faire quelque chose sans amour ?


                                        • Fergus Fergus 22 novembre 2019 23:28

                                          Bonsoir, alinea

                                          « Si toute ta vie tu fais ce que tu aimes, jamais tu n’auras travaillé »
                                          C’est vrai !

                                          « Qu’est-ce qui peut bien nous pousser à faire quelque chose sans amour ? »
                                          La réponse est double : soit la nécessité, soit la quête de profit.


                                        • popov 22 novembre 2019 23:44

                                          @Fergus

                                          ...

                                          Pour me faire oublier
                                          Que les putains les vraies
                                          Sont celles qui font payer
                                          Pas avant mais après

                                          ...

                                          Brel, L’air de la bêtise

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