• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Technologies > Des blockchains dans le monde énergétique ?

Des blockchains dans le monde énergétique ?

Le monde de l’énergie englobe des centaines d’acteurs, des millions d’utilisateurs et une infrastructure sur terre comme sur mer. Pour changer le fonctionnement de cette machinerie, il faut prendre en compte la répercussion sur l’ensemble de la chaine de l’énergie.

C’est pourquoi il est plus facile d’intégrer des technologies numériques que de repenser le réseau. Et en ce sens, la blockchain a trouvé de nombreuses utilités dans ce réseau devenant distribué et bidirectionnel. De plus en plus de projets naissent, et les groupes industriels comme Digital Trade Chain d’IBM et de recherche comme l’IRT SystemX s’accordent afin de trouver les applications possibles. Des personnalités comme Pierre Paperon (Observatoire des Blockchains) ou André Joffre (Tecsol) sont des ambassadeurs de cette technologie dans le monde de l’énergie, et brisent les préjugés dus au Bitcoin.

Que ce soit au niveau des consomm’acteurs ou des entreprises du secteur, nous verrons dans cet article les utilités de la blockchain et des changements que cela aura sur notre manière de consommer.

 

Favoriser l’autoconsommation particulière et collective

La blockchain est surtout connue pour la sécurisation des transactions sans tiers de confiance. L’échange pair-à-pair est possible sans passer par un intermédiaire. Des écoquartiers comme le célèbre quartier de Brooklyn Microgrid favorisent le partage rémunéré d’énergie entre des voisins d’un même quartier. En Europe, Grid Singularitypropose des formules pour le partage et l’autoconsommation énergétique.

La blockchain est aussi utile pour se constituer un « portefeuille » énergétique. Cette blockchain peut être publique – n’importe qui peut s’inscrire ; privée – l’écriture et la lecture sont des droits à établir ; ou gérer par un consortium – typiquement un écoquartier.

La Sunchain du bureau d’étude Tecsol garde notre surproduction sous forme de cryptomonnaie. Cette dernière est alors convertissable en énergie, quelle que soit votre position. Il est alors possible de recharger sa voiture électrique à Paris « à partir » de l’énergie que vous produisez à Marseille. Du côté international, les SolarCoins se veulent une monnaie de conversion de l’énergie solaire. Il est alors possible d’acheter ou de vendre son énergie via cette blockchain. Cette cryptomonnaie se veut communautaire, seule une entreprise, ekWateur, l’exploite dans ses offres. Fonctionnement par preuve de travail, il n’est pas obligatoire de posséder des panneaux photovoltaïques pour utiliser la monnaie.

 

Vers un monde de smart contracts

Les smart contracts sont des contrats automatisés via la blockchain. Des projets pilotes, comprenant des grands groupes comme EDF (OslO2Rome avec Corri-Door), Bouygues et Microsoft avec Lyon Confluence ou encore Total avec Greenflex. Dans ces projets, la blockchain a plusieurs rôles dont celui de gérer la mobilité électrique et d’agréger les producteurs sous forme de centrales virtuelles. La mobilité électrique est en développement. Que ce soit collectif ou individuel, le véhicule électrique a sa part à jouer en termes de stockage et de gestion de la demande au sein du réseau électrique.

Ainsi la prochaine étape de la blockchain dans le monde énergétique est de s’affranchir de l’agrégateur dans l’autoconsommation collective. Il est nécessaire de produire une grande quantité d’énergie constante pour participer au marché de l’énergie. La constitution d’un partenariat, automatisée par les smart contracts, permettraient aux particuliers de bénéficier d’un prix de l’électricité dynamique ou de choisir son producteur en fonction du marché comme pour la blockchain Electron. Les charges et décharges des batteries peuvent alors être considérées comme des options en bourse. L’autonomie du consomm’acteur est alors complète.

Les centrales virtuelles ne sont pas propres aux consomm’acteurs, elles peuvent aussi être une agrégation d’éoliennes (avec un système de stockage) ou tout autre système de production décentralisé, pas forcément situer au même endroit ni la même région. Ainsi le marché de l’énergie renouvelable n’est plus propre à des entreprises, mais aussi aux particuliers et investisseurs. Ce type d’infrastructure a besoin de la modélisation multiagent pour bien analyser l’impact d’une stratégie sur l’ensemble du réseau (voir sur notre site smart—grid.net).

 

Transaction et certification de gré à gré

La blockchain est aussi utile pour les consomm’acteurs que pour les acteurs historiques de la chaine énergétique. La chaine de production et de logistique d’un réseau électrique est très complexe et fait appel à des milliers d’entités (apport de matière, contrôle des centrales, gestion des flux, marché de l’énergie, etc.). La certification des connaissements, du suivi des actifs ou des transferts de titre est possible via une blockchain dédiée comme chez Stratumn. Ainsi, la traçabilité des produits se fait via la technologie blockchain.

De même que dans le cas de l’autoconsommation, les smart contracts prennent la place des lettres de crédits ou autres méthodes de transaction tout au long des transactions. L’arrivée des biens ou l’envoi des biens activent alors le smart contract et valide la transaction automatiquement. En plus de la traçabilité des produits, la blockchain est aussi garante des transactions et de la synchronisation de ces dernières le long de la chaine énergétique.

Une transaction de gré à gré se fait historique avec l’aide de brokers ou de chambre de compensation afin de garantir sa validité. C’est pourquoi Ponton lance Enerchain et Gridchain afin de se passer de la lourdeur de la procédure sans pour autant se priver de sa sécurité. Ces blockchains ont pour particularité de permettre à un modèle B2B de passer vers un modèle plus ouvert en P2P. Une quarantaine de producteurs ont à ce jour rejoint le consortium. Encore une fois, les smart contracts permettent de correspondre aux exigences sur les marchés de gré à gré ou sur le marché (EMIR et MIDIF2).

 

Un frein au développement ?

La technologie blockchain est très prometteuse dans le monde de l’énergie. Les deux principaux freins sont intrinsèques : la taille des blocs et leur fréquence, et la preuve de travail. Ces deux freins s’effritent, car des techniques comme Lightning Network offrent une alternative efficace face à un flux de transaction important ; et d’autre part la preuve d’enjeux ou des preuves hybrides peuvent se passer de la notion de mineurs.

Le type de blockchains est aussi à prendre en compte dans le dimensionnement d’un nouveau réseau (notion de masse critique). Des blockchains privées, entre des acteurs définis à l’avance donne une flexibilité des règles de transaction et des droits de lecture/écriture. Une blockchain basée sur un consortium offre ces mêmes avantages, restreints sur un groupe de personnes, tout en garantissant l’ajout de parties externes.

La technologie blockchain est encore jeune et avec une évolution prometteuse. Une nouvelle façon de voir les échanges pairs à pairs ou la certification des produits est utile à toutes les mailles de la chaine énergétique. L’intégration en cours du Machine to Machine et de l’internet des objets offrent de nouvelles pistes d’exploitation, que ce soit sur la blockchain ou des systèmes basés sur le Tangle comme IOTA.


Moyenne des avis sur cet article :  3.8/5   (5 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 8 février 11:49

    le solarcoin comme les autres crypto monnaies n’a pas une valeur fixe ...............


    • Guerard Guerard 8 février 17:29

      @foufouille
      « une monnaie que tu ne peux pas échanger contre de l’argent et qui a une valeur physique fixe » si tu préfères (attention ce n’est pas le cas de toutes les cryptomonnaies liés aux autoconsommateurs)


    • foufouille foufouille 8 février 17:49

      @Guerard
      mais tu peut l’acheter pas cher et la revendre sur un site spécialisé sinon le cours du solarcoin serait fixe.


    • zygzornifle zygzornifle 8 février 12:59

      Moi j’ai un blockdisque pour ma bécane.....


      • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 8 février 20:05

        C’est vrai que le blockchain colle parfaitement à l’idée d’écoquartier. Mon installation solaire produit pour la machine à laver du voisin, je reçois des crédits.

        Mais est-ce rentable pour le consom’acteur face à un simple compteur électrique qui tourne dans les deux sens ? (Ma production est soustraite à la consommation)

        Dans les solutions toutes bêtes de rachat d’électricité qu’on connaît actuellement, mon installation solaire produit déjà pour la machine à laver du voisin.
        - Dans le cas de la blockchain on va se débarrasser d’EDF pour de toute façon prendre un ou des autres intermédiaire, tel un exchange de cryptomonnaies ou telles les boites que vous citez (on va quand même pas envoyer des factures à tous nos voisins qui usent de notre installation solaire) Ils risquent de nous mettre des frais.
        - L’électricité n’a pas besoin de traçabilité comme la filière bovine par exemple, un électron ne diffère pas d’un autre.
        - On ne peut effectivement pas utiliser le SHA-256 du Bitcoin, trop cher


        • Zip_N 8 février 20:14

          Si je comprend bien, le blockchain agit comme un anti virus, il lui faut une base de donnée de plus en plus grosse pour éviter des pièges ou infections du aux transactions. Pour que le générateur aléatoire de mélange permette d’éviter les irrégularités et les régularités permettant la conformité.Si je comprend bien, il est possible de laisser un volume constant et peu gourmand de cryptologie auto générée, à condition d’avoir un second appareil de type faisceau de lumière qui sépare les 0 et les 1, comme utilisé par la société pokerstars. Mais un faisceau est pas possible pour le peer to peer de la blockchain.

          Le blockchain c’est un nouveau type de casino avec des boutiques de monnaie, d’énergie, etc ?


          • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 8 février 20:31

            @Zip_N

            Le blockchain c’est décentralisation, point. La base de donnée en plus grosse, c’est le Ledger (pour le bitcoin) : c’est a dire l’intégralité de toutes les transactions existantes.
            Quiconque peut devenir banquier en installant un full node avec une copie du ledger sur un PC connecté à internet. Toutes les x minutes, tous les ledger du réseau sont mis à jour, dont le vôtre, avec les nouvelles transactions. Plus besoin de banquier si tout le monde est banquier.

            Et éventuellement traçabilité, anonymat et... bugs, casino et jolies filles.


          • Zip_N 8 février 22:51

            Le blockchain c’est l’utilisateur qui fait office de casino. Chaque utilisateur est un casino, la consommation vient de la ?


            • La Voix De Ton Maître La Voix De Ton Maître 10 février 08:35

              @Zip_N

              L’aspect casino vient de plusieurs facteurs :
              - Il y a trop d’argent en circulation dans le monde et pas assez d’investissement.
              - Beaucoup de gens se posent des questions sur la vraie valeur de leur monnaie
              - Le casino de Wall Street est devenu le casino de papa, pas moyen de tripler sa mise rapidement
              - Jusqu’en décembre il était difficile de miser à la baisse du Bitcoin, il ne pouvait que monter
              - Il n’y a pas autant d’indicateurs extérieurs pouvant influencer le Bitcoin (l’emploi, le commerce... influence le Dollar)

              La volatilité est monstrueuse, sur le Bitcoin et les autres cryptomonnaies, +50% ou -50% (par jour !) ce n’est pas rare, les spéculateurs se sont fait plaisir. Et comme il y avait de plus en plus de nouveaux entrants acheteurs, la valeur des cryptomonnaie ne cessait de monter malgré ceux qui s’amusaient à acheter et à vendre.
              En 2017 le Bitcoin c’était le casino ou l’on ne pouvait que gagner.

              Un rapport d’une banque a estimé qu’on les gens ont effectivement payé un peu plus de 300 dollars pour chaque Bitcoin, il est monté à presque 20.000. Il vient de passer les 9000 à l’instant.

              Je déconseille à quiconque d’investir là dedans : il faut parfaitement connaître les rouages, les acteurs, les politiques, les clans... et savoir exactement à quel moment retirer ses billes ! J’en ai jamais acheté.


            • Zip_N 19 février 10:08

              @La Voix De Ton Maître

              La robotisation du blockchain s’alimente d’inflation, elle y est connectée. Le pouvoir de la monnaie qui décuple, c’est la robotisation qui génère cela. Le pouvoir d’achat c’est la robotisation qui l’a apportée. La valeur de l’euro c’est la robotisation qui l’a apportée.


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès