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L’intelligence artificielle n’est-elle qu’un cerveau artificiel ?

Présentation de l’IA

L’Intelligence artificielle provoque nombre de débats et controverses ; mais encore faut-il bien cerner ce que cette technologie contemporaine représente. En quoi réside l’intelligence artificielle, que peut-elle réaliser, produire, faire émerger, et comment la situer, la concevoir, pour la différencier de l’intelligence humaine, voire de la pensée ? Cette dernière question est la plus importante et se reformule ainsi : qu’est-ce qui est réalisable et/ou accessible par l’intelligence artificielle mais pas par le cerveau humain et inversement, qu’est-ce peut produire l’homme, qu’est-ce qui est accessible à la pensée mais qui est hors d’atteinte pour l’intelligence artificielle ? Cette dernière question renvoie à la grande interrogation présente dans les cercles intellectuels et sur les plateaux médiatiques ; l’intelligence artificielle peut-elle faire émerger la conscience, devenir consciente, voire éprouver des sentiments ? Avant de réfléchir à cette question des plus métaphysiques, il faut définir ce qu’est cette intelligence dite « artificielle ».

La seule certitude, c’est que l’intelligence artificielle est une technique et comme toute technique a pour finalité de produire des choses, l’IA est une technique dont le principe efficient est de calculer numériquement pour fournir le résultat de ce calcul et le cas échéant, décider d’une possibilité, d’une action. Une technique qui donc imite les processus de calculs réalisés par l’homme et réalise des calculs hors de portée des possibilités du cerveau.

Premier exemple aux marges de l’IA, la reconnaissance de forme. Un individu possède (comme tout animal) la capacité de reconnaître des formes de tous les genres, animal, végétal et notamment un visage. C’est ce qui vous permet de flâner et d’interpeller une personne croisée au hasard car vous l’identifiez comme un proche ou une « connaissance ». L’IA réalise ce même type d’opération, par exemple dans un aéroport, avec une caméra reliée à un système de reconnaissance faciale qui contient un fichier de persona non grata et peut ainsi comparer l’image captée avec celles du fichier et déclencher un signal si nécessaire aux autorités. Google affirme utiliser s’il y a lieu des systèmes de reconnaissances de formes ou de visage en prétendant qu’un logiciel de reconnaissance ne voit pas les choses comme nous les humains. Ces systèmes ont différentes utilités, par exemple flouter automatiquement les visages dans les enregistrements photographiques réalisés pour Street View, détecter si un visage affiche un sourire ou encore stocker automatiquement des photos dans des fichiers à thème comme par exemple des photos de plage, de montagne, de champignons.

Second exemple, tout aussi classique mais plus complexe. Le jeu d’échec. L’IA est capable de calculer diverses configurations se succédant lors d’une partie d’échec et de décider pour chaque coup quelle est la pièce à déplacer après avoir intégré le coup joué par l’adversaire. L’IA est parvenue à battre les plus grands joueurs d’échec. Mais n’oublions pas que c’est homme qui a appris à la machine les règles du jeu tout en élaborant des algorithmes permettant de simplifier les procédures pour calculer la quelque dix coups d’avance comme le fait un grand maître. Il existe même des algorithmes permettant à la machine de perfectionner son jeu. C’est ce qu’on appelle le deep learning.

Troisième exemple, la traduction. L’IA peut réaliser des traductions automatiques. Sous réserve que les traducteurs humains lui apprennent les règles pour traduire des mots assemblés en phrases d’une langue à une autre. Les résultats sont stupéfiants mais ne sont pas encore à la hauteur des traductions réalisées par des professionnels. Une notice de montage est plus aisée à traduire que Etre et Temps de Heidegger, livre du reste intraduisible, en français ou en anglais. Un livre plus accessible comme le Zarathoustra de Nietzsche sera traduit plus aisément et pourra être compris mais parfois avec des distorsions de sens et une certaine lourdeur dans le style. Comme disait Nietzsche, le style c’est l’homme et j’ajoute, une machine n’étant pas un homme, la traduction automatique par l’IA manque sacrément de style !

Ces trois exemples illustrent le principe de l’IA qui produit des résultats après avoir effectué des calculs conçus de telle manière que les opérations soient les plus efficaces. Il existe des problèmes dont la solution n’est pas accessible avec un temps de calcul raisonnable, ni pour l’IA, ni pour l’humain. L’IA l’emporte sur l’homme pour des tâches nécessitant un grand nombre d’opérations de calcul ainsi qu’un stock colossal de données. Un employé de sécurité ne peut pas stocker des milliers de visages et repérer parmi les dix mille pékins qui passent dans un aéroport lesquels doivent être surveillées. L’IA se conçoit aisément comme un cerveau artificiel capable de reproduire certaines fonctionnalités du cerveau humain et d’être plus performant dans certaines tâches qui nécessitent un partage d’information et un accès à des fichiers colossaux. L’IA est un outil domestique ou bien un instrument au service d’institutions publiques, services de renseignements, centres de recherche, ou encore un outil employé par les grandes entreprises pour maximiser leurs performances. A l’âge militaro-industriel se superpose l’âge numérico-industriel. Les valeurs des entreprises numériques ont pris la tête du Dow Jones devant les pétrolières et l’automobile.

S’il est certain que l’IA est une technique, son analyse avec la doctrine aristotélicienne des quatre causes pose quelques problèmes. L’IA s’analyse en tant qu’outil au service d’un tiers humain (individu, entreprise) ou alors comme technique autonome. En ce cas, le processeur est à la place de la cause efficiente, il réalise les opérations numériques, sous réserve de la présence d’une autre cause efficiente indispensable, l’alimentation électrique. Les data sont des éléments formels « élémentaires » (les fichiers). La cause finale est artificielle, elle est intégrée dans l’objectif à réaliser et le signal numérique déclenchant la fin du calcul et la production du résultat. La cause matérielle est représentée par les matériaux électroniques et quantiques. Cette analyse ne dit pas grand-chose, sauf qu’elle illustre le caractère technique de l’IA qui est en quelque sorte un système automatisé de calcul et en ce sens, l’IA appartient à la cybernétique qui est la phase achevée de la métaphysique selon Heidegger.

L’interprétation courante énonce que l’IA permet d’effectuer des calculs hors de portée pour un cerveau humain. Ce n’est pas la première fois que cette situation apparaît. L’avion ou l’automobile augmentent d’un facteur dix à cent la vitesse maximale de déplacement pour un humain. Le TNT et bien sûr la bombe thermonucléaire libèrent des énergies colossales comparées au coup de marteau. Un moteur électrique multiplie par dix ou cent la force musculaire. L’énergie, la force et la vitesse sont les paramètres augmentés dans les trois exemples physiques évoqués. Qu’est-ce qui est augmenté dans l’IA ? En première analyse, c’est la mémoire accessible qui dans les fichiers, dépasse de loin ce qui peut être mobilisé par un cerveau (je n’ai pas dit stocké). Personne ne peut réciter de mémoire l’œuvre complète de Balzac, Zola, la Bible et quelques dizaines ou plus d’autres livres. En revanche, l’IA peut réaliser cette tâche, et même transmettre ces livres sous forme de fichiers numériques en quelques secondes, puis les imprimer avec les limites de la vitesse d’impression. Un autre paramètre joue un rôle mais cette fois en temps inverse, c’est le temps de calcul. L’IA est plus performante que le cerveau car elle calcule plus vite. Et qu’elle peut gérer beaucoup plus de données, ce qui la met en concurrence dans des secteurs clés comme celui de la santé, du diagnostic.

L’IA reste néanmoins une technique particulière. Si la centrale du Rhin est placée de telle manière que l’énergie colossale du fleuve soit captée, les composants matériels de l’IA sont assemblés non pas pour capter ou transformer l’énergie mais pour produire des calculs qui n’existent pas dans la nature. Le principe des techniques de l’âge industriel, c’est l’énergie, le principe de l’âge numérique, c’est la forme.

 

IA, physique, systémique et métaphysique : quelques pistes pour comprendre

La compréhension de l’IA nécessite de cadrer cette technique en la situant dans plusieurs perspectives. La première étant la physique. Avec deux cadrages, le premier sur les interactions fondamentales mise en jeux et donc, une approche ontologique qui nécessite un travail conséquent qui impose d’interpréter correctement la mécanique quantique et les « forces » fondamentales. Ces recherches expliqueront en quoi l’IA se distingue fondamentalement des processus du cerveau naturel, biologique (une matière cérébrale capable de jouer sur les quatre forces fondamentales ; cette hypothèse étant alors à établir). Le second cadrage est analogique. L’IA suppose un milieu technique, un ensemble d’influence. Un champ se constitue, il est le produit des sources et influence ces mêmes sources. Quelles sont les sources ? Les computers et nous-même qui utilisons l’IA en la nourrissant. Avec une question loin d’être anodine. Qui contrôle le champ, qui le maîtrise, quelles sont les noyaux qui l’ordonnent, l’organisent, les hommes ou les machines ? La théorie des champs est étendue à la théorie des systèmes et de la complexité. Avec la question de l’émergence. L’IA se place comme un élément entremêlé au champ des data, des dispositifs de capture d’information, capteurs, détecteurs ou ordinateurs reliés à Internet et bien évidemment, au champ sociétal avec les individus connectés, usagers ou alors acteurs sur les réseaux sociaux, sans oublier les entreprises.

Le cadrage suivant est philosophique, pour ne pas dire métaphysique. Allons-nous vers un double cadrage, l’un sur l’essence de la technique et l’autre sur la métaphysique de la présence ? Questionner l’essence de cette technique qu’est l’IA ne coule pas de source. Une technique qui mobilise le calcul ne se conçoit pas comme une technique qui mobilise la force et l’énergie. Nous sommes passés d’un monde dialectique de confrontations, de forces, de dynamiques (Hegel et Balzac) à un monde de calcul, de formes. Si la dialectique et le conflit n’ont pas disparu du champ politique, une nouvelle donne se dessine, celle d’une logique qui ne se conçoit pas dialectiquement, ni à la Hegel, ni dans le sens de la logique dynamique du contradictoire de Lupasco (qui pourtant ouvre des perspectives systémiques dignes de considération). Ce serait une logique algébrique, une logique de la composition et des noyaux invariants.

L’IA concourt à l’installation d’un monde, elle constitue un développement abouti de la cybernétique et en ce sens, elle participe à l’organisation du travail et de la consommation. Elle rend disponible les étants humains et techniques. Chacun a sous la main ou à portée de main un service ou un élément du réseau social.

L’IA repose-t-elle sur une essence et si oui laquelle ? Cette question découle d’une proposition formulée par Heidegger pour qui l’essence de la technique n’a rien de technique. Ce qui une fois transposé conduit à énoncer que l’essence de l’IA n’a rien de l’intelligence et/ou de l’artificiel. En tant que réalisation technique, l’IA s’inscrit dans la phase achevée de la « métaphysique » occidentale, en prolongeant les techniques industrielles. Cette histoire de la « métaphysique » est aussi une histoire des essences et des langages. Les essences installent un kosmos dont le maintien impose que l’homme s’y sente comme chez lui, y demeure et pour ce faire, use d’un ensemble de mots dont la composition engendre des significations. L’IA semble changer la signification du monde en tant qu’elle interfère avec les mots et les signes. Elle contribue surtout à installer un champs de l’utile pour les individus et les entreprises, permettant aux premiers d’avoir sous la main ou à portée de main les biens, services et personne, et aux secondes d’avoir sous la main où à portée de main des opérateurs, des systèmes, des commandes. Elle interfère ainsi avec les désirs en mettant sous les yeux ce qu’attend l’individu ; elle répond à ses désirs, à ses volontés ; elle renforce la puissance d’avoir, de faire et s’il y a lieu, elle oriente le faire, ce qui interdit de l’analyser en terme de neutralité.

L’IA fonctionne sur le mode de la présentification, de la disponibilité. Elle rend présent les informations utiles, elle les actualise. Ce qui n’est pas présent reste dans le stockage numérique, dans les fichiers non utilisés, dans le colossal univers des data. Les data non utilisées dorment mais sont mobilisables car tout est accessible dans le monde numérique qui est l’étant formel sous la main. Le monde ouvert est composé d’un réseau d’outils, de choses, d’installations, placés à portée de main ou sous la main. L’homme ouvre le monde comme un ensemble de possibilités où figurent entre autres des utilisations d’outils articulées à un réseau de significations. L’IA interfère avec les significations et cela qui est assez nouveau, suscitant des questionnements philosophiques inédits. Quel lien avec l’Art ? Aucun, l’IA n’est pas le ressort d’une esthétique artistique, d’un moment de l’Histoire, d’une religion. Ce qui ne l’empêche pas d’être un objet de croyances, un fétiche, un totem. 

Il est nécessaire de chercher la différence fondamentale entre le cerveau humain et le cerveau artificiel. Il est clair que l’IA répond au concept de production, courant et spécifique dans le domaine de la technique. En revanche, tout ce qui concerne la conscience, la pensée et la créativité humaine répond au concept d’émergence. Ce concept étant également celui qui convient pour expliquer l’apparition des espèces vivantes dans la nature. Le produire tombe presque sous les yeux, alors que l’émergence repose sur les processus cachés de la nature. Le produire est fabriqué avec des objets, des étants, alors que l’émergence est fondée sur la constitution d’essences et les essences ne sont pas des objets.

La compréhension de l’IA se place sur plusieurs champs disciplinaires, techno, psycho, socio, mais c’est avec l’approche métaphysique que l’ordre des choses apparaîtra avec le plus de clarté et de vérité. Un livre est à écrire, si un éditeur est partant !


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37 réactions à cet article    


  • antony.mancone 28 août 10:56

    Votre article ne parle que de l’IA faible. C’est à dire de mécanisme d’apprentissages (reconnaissance de formes par exemple), conçus afin de répondre à une besoin spécifique. Je vous rejoins complètement sur l’immense différence conceptuelle entre cette forme d’IA et le cerveau humain.


    Mais vous n’avez aucunement traité de l’IA forte. C’est à dire souvent de biomimétisme basé non pas sur un microprocesseur classique qui a ses limites, mais sur des matériaux artificiels copiant le fonctionnement neuronal humain. De réseaux de neurones artificiels inter-dépendants. De synapses artificielles.

    L’IA faible n’a aucun intérêt philosophique. C’est un outil avancé que nous utilisons tous les jours quand nous allons consulter nos mails ou quand nous faisons une recherche google avancée, sans nous en rendre compte. L’impact sociétal peut être discuté, mais de là à en faire un livre, faut pas pousser.

    L’IA forte, entité capable d’avoir conscience d’elle même, de ressentir des émotions, être autonome doué de pensée, n’est pas encore au point techniquement. Aujourd’hui, on est capable de reproduire le cerveau d’un insecte, peut être d’une souris, mais guère plus. D’ici 45 ans selon certaines estimations, la donne risque de changer. Si les technologies continuent à évoluer au rythme actuel on aurait des IA fortes dépassant le cerveau humain que ce soit par la logique, l’empathie, la conscience de soi, bref tous les domaines. Et là, on peut faire des digressions philosophiques pendant des heures.

    • Bernard Dugué Bernard Dugué 28 août 11:03

      @antony.mancone
      L’IA même faible a un impact plus profond qu’on ne le pense. Elle n’est pas neutre et modifie le rapport au monde. Pour l’IA forte, je ne pense pas que ce soit réalisable. Le plus difficile étant de le montrer en mobilisant les connaissances sur le cerveau et la matière quantique


    • V_Parlier V_Parlier 28 août 14:51

      @antony.mancone
      Comment pouvez vous imaginer qu’une intelligence artificielle puisse avoir conscience d’elle-même et ressentir des émotions ? Elle en donnera l’impression, toute simulation qu’elle est (même avec ses synapses artificielles), mais rien de plus.


    • antony.mancone 28 août 15:06

      @V_Parlier
      Qu’est-ce que la conscience de soi si ce n’est un gros bazar chimico-électrique dans le cerveau ? Tout comme l’émotion. Bazar chimico-électrique qu’on comprend de mieux en mieux aujourd’hui, qu’on sait parfaitement localiser et contrôler au besoin via des électrodes. 


      Je vois que la quasi totalité des commentaires ici sont dans le déni, mais intéressez vous un tant soi peu à l’IA forte, faites 3 minutes de recherche Google, et je vous assure qu’il ne s’agit pas de science fiction. Et qu’il n’y a aucune impossibilité à recréer un être pensent tout à fait artificiel ayant conscience de lui même et ayant des émotions.

      Je ne parle pas simplement de mimer des comportements, mais bien de ressentir, penser, et avoir un comportement en fonction de la conscience de l’IA.

      C’est dur à avaler comme concept, c’est pour ça que la plupart des gens préfèrent parler d’IA faible, ça les rassure. Le gros problème du concept d’IA forte c’est que cela signifie que l’« âme » humaine n’existe pas. Nous ne sommes tous que des mécanismes biologiques certes complexes, mais que l’humain connait aujourd’hui et est par conséquent en mesure de copier.

      Aujourd’hui il y a des impossibilités techniques essentiellement de mise à l’échelle, d’ici quelques dizaines d’années elles n’existeront plus.

      Mais j’attend avec impatience les commentaires disant qu’on est plus que simplement un ensemble de connexions neuronales, qu’on est vivant nous, qu’on a une âme, sans définir aucune de ces notions et sans jamais expliquer pourquoi on ne pourrait pas modéliser et recréer chacun des fonctionnement de notre cerveau. Bref les gens dans le déni.

    • Konyl Konyl 28 août 17:05

      @antony.mancone
      L’IA forte ou faible ne sont pas du tout la même chose et si l’IA faible n’est que le résultat d’algo + machine Learning dans le but de mieux manipuler le cerveau des consommateur, l’IA forte est plus inquiétante dans l’absolue.

      Mais, nous sommes extrêmement loin du compte pour l’IA forte, mais comme c’est potentiellement dangereux, aucune doute, l’homme ira jusqu’au bout même s’il doit s’autodétruire. Le problème le plus critique vient de la duré de vie selon moi. Là ou un connard d’humain a une date de fin, l’IA forte si nous parvenions à la créer, n’aurait pas cette limite. Bon c’est tellement peu avancé que nous avons encore quelques années devant nous. Et est ce que la conscience c’est pas uniquement biologique (reproduire un cerveau avec des composantes biologique ne serait pas exactement la même chose, selon moi).


    • tiers_inclus 28 août 20:07

      @antony.mancone

      Aujourd’hui, on est capable de reproduire le cerveau d’un insecte, peut être d’une souris, mais guère plus.

      On ne reproduit rien, on simule et avec des outils aux mêmes limites qu’une machine de Turing.
      Quant à l’homme, nous sommes à des années lumière de réaliser :
      Sensation (avec qualias)
      Perception (avec qualias)
      Volition (celle que nous évoque Schopenhauer)
      Conscience

      Et de même pour les qualias probables voire proches mais inatteignables des animaux (Nagel).

      Rien ne nous autorise aujourd’hui à conjecturer une réussite dans ce domaine, sauf à faire du buzz pour des budgets ou a afficher des préjugés fonctionnalistes et physicalistes.

      Le problème corps-esprit est redoutable, et extrêmement passionnant, mais ce n’est pas le sujet choisi par Mr Dugué.


    • tiers_inclus 28 août 20:30

      @antony.mancone

      Mais j’attend avec impatience les commentaires disant qu’on est plus que simplement un ensemble de connexions neuronales, qu’on est vivant nous, qu’on a une âme, sans définir aucune de ces notions et sans jamais expliquer pourquoi on ne pourrait pas modéliser et recréer chacun des fonctionnement de notre cerveau. Bref les gens dans le déni.

      Une lecture sur le sujet : Notre existence a-t-elle un sens ? Jean Staune.


    • tiers_inclus 28 août 23:27

      @tiers_inclus

      Et en plus de la lecture proposée, une vidéo du professeur neurologiste Dominique Laplane en guise de mignardise.

      https://www.youtube.com/watch?v=9E6WGPWfke4


    • jimmitry 29 août 07:33

      @antony.mancone

      Très bien dit. Beaucoup de gens vont être surpris ...
      Allez voir du coté « Mentalais » http://www.innov-ai.com

    • pacem 28 août 11:17

      90% de cet article parle d’informatique et pas d’IA


      • cyborg 28 août 11:25

        La technique comme « l’utile », grosse découverte...et comme « présence » de l’objet ... j’en suis recollectivement époustouflé... On se demande s’il a voulu dire après qu’il eut parlé, déblatéré... moi aussi je sais faire ... smiley
         
        L’essence de la Technique Volonté de Puissance. Pas besoin d’en écrire 3 pages... Prométhée dieu des grecs.
         
        « La logique qui n’est pas dialectique » est la logique de l’essence, elle est effectivement efficiente par elle-même, comme une « Nature ». C’est pour ça d’ailleurs que l’homme se pose d’abord par des « objets ». (au contraire de l’ermite bio Zarathoustra)
        C’est ainsi que gogochon remonte dans l’arbre de la Technique, nourri par les RU-robots-jungle de sa Technique, comme un bonobiobio. Il est content l’animal gocho...
         
        Mais les surhommes achèveront la désobjectivation dialectique par l’IA et autres, et entreront dans la Matrix. Au contraire de ce que pense Heidegger, le bobo ne s’objectivera pas de façon « inhumaine » comme un on crétinisé par son doudou Iphone et par l’IA, en opposition à un « lui-même » rêvé par zadiste des forêts profondes teutonnes, qui se croit gueux du moyen-âge derrière son cheval de trait, mais le bobo s’objectivera en se différenciant de sa pensée abstraite (et crétine) et en opposition à elle. bref le bobo se baisera lui-même, pour devenir un contraire. Le cyborg smiley
         
        « Un être non objectif est un non-Être » Hegel


        • astus astus 28 août 11:31

          Bonjour Bernard,

          Merci pour ce texte qui met en perspective la technique et l’ontologie. 

          Dans un article déjà ancien : https://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/l-humain-augmente-est-il-un-etre-127358

          J’écrivais : «  En réalité les prophètes utopistes du transhumanisme appellent de leurs vœux un changement de civilisation mortifère visant à transformer des humains pourvus de conscience et d’intériorité, c’est-à-dire de profondeur et de spiritualité, en robots au psychisme formaté dotés de possibilités uniquement fonctionnelles : rapidité, efficacité, performances, comme s’il n’existait aucune différence entre l’aptitude au calcul, qui est pour eux la seule forme d’intelligence, et le fonctionnement réel du cerveau humain caractérisé par la plasticité et ses capacités associatives. Enfin débarrassés de l’intériorité, et de toutes ses complications inutiles (émotions, désirs, créativité, conscience, réflexion, imagination, croyances, sexualité, empathie, rêves), ces nouveaux prophètes du béhaviorisme imaginent un monde qui pourrait pratiquement se passer de langage pour seulement réagir à des signaux dépourvus d’intentionnalité sur le mode simpliste des ordinateurs. » 

          Cela ne signifie toutefois pas du tout que l’intelligence artificielle soit sans utilité dans de nombreux domaines ou le calcul rapide prévaut. Un médecin peut aujourd’hui comparer les données d’analyse biologiques pour une pathologie identifiée à une somme considérable de données , et aux traitements effectués, pour trouver celles qui sont le plus favorables statistiquement parlant. Simplement « le corps est la chair de l’esprit » comme l’écrit joliment Éric Fottorino dans « Un territoire fragile » et il arrive parfois qu’il va mal parce que les idées ne vont pas bien. Le mot « affection » a plusieurs sens. Et devant le « placebo » (je plairai), l’IA n’a guère d’utilité.


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 28 août 12:08

            @astus Bonjour Christian,


            En effet, le transhumanisme est une idéologie dangereuse qui en niant l’intériorité, veut transformer l’homme selon les principes de l’étant, c’est-à-dire le principe de la technique et de l’accessibilité totale. L’homme n’est plus un être ni un sujet, c’est un outil.
            A bientôt pour la rentée philo

          • cyborg 28 août 13:24

            @Bernard Dugué
             
            A la connaissance du « fini », (IA, votre barrage) s’ajoute la connaissance du « vouloir » (le concept, l’idée, l’Histoire)

             
            C’est pour ça que votre article et ces commentaires ne disent rien.
             
            Apparemment vous n’avez rien compris à la dialectique. Et Heidegger ne dit pas « l’homme va devenir un étant, un outil », il dit « l’homme oublie son vouloir de connaître l’être ». Ce qui n’est pas une logique de la Technique en-soi, mais une logique de l’oubli de la Mort dans la vie technicienne du gogochon pour-soi.
            Évidement la mort de la Mort ramène ce vouloir l’Être pour-soi. Vous n’avez donc rien compris au transhumanisme, ni à Hegel d’ailleurs.
             


          • Hervé Hum Hervé Hum 29 août 09:28
            @Bernard Dugué

            ’L« homme n’est plus un être ni un sujet, c’est un outil. »

            le mot « sujet » est un mot piège dans le sens où il peut signifier autant l’être que l’outil. Il fait parti de ces mots clefs dont l’objet est de permettre la manipulation des cogito par le double sens (contraires), nécessaire à la confusion des idées.

            Et de fait, un être humain est, selon le cas, considéré comme un outil, cela dépend de l’échelle à laquelle on observe les relations causales.

            Cela dit, aussi forte que l’on puisse imaginer l’IA, elle reste fondamentalement un outil, une machine et ne peut pas atteindre le stade d’être pensant, SAUF pour les être assez stupides et ignorants qui se pensent eux même comme des machines, mais en aucune manière pour ceux qui les construisent pour leurs besoins. Or, ces derniers ont de tout temps considérés les autres comme des machines avant toute chose et ont si bien réussit à cette entreprise que les gens ont finit par le croire et ne sont alors plus capable de voir la différence entre eux même et une machine. Accordent alors à la machine des émotions qu’ils ne donnent plus à leur propres congénère dans les cas les plus pathologiques.

            La réalité obéit à des principes logiques immuables, intangibles et donc, inviolables en elles mêmes. On peut le croire, mais ce n’est là que pure illusion, déviation, déni de la réalité.

            Il n’y a de réalité que par les relations causales d’espace-temps, qui interdit à l’IA d’acquérir la conscience de soi, mais peut en donner l’illusion quasi parfaite.

            Ce qui caractérise le plus l’époque actuelle, c’est la singularité de sa pensée qui le pousse dans l’aberration, en croyant pouvoir s’affranchir du principe de relations de causalité, mais il le peut uniquement dans le monde virtuel ou imaginaire, car s’affranchir du principe de relations de causalité dans la réalité, consiste simplement à détruire la réalité elle même, or, le seul résultat ne peut être que le néant.

            Ontologiquement, la raison est toute simple, le fait que le monde de l’imaginaire est le champ de tout les possibles, mais, parce que c’est le champ de tout les possibles, aucune possibilité particulière, c’est à dire doté d’un espace-temps propre ne peut émerger. Pour qu’une possibilité émerge, il faut nécessairement partir d’une relation causale définit et s’y tenir.

            Ce principe est inviolable et absolu, même pour Dieu !

          • Hervé Hum Hervé Hum 29 août 09:53

            @Hervé Hum


            si l’IA ne peut pas atteindre le stade d’être pensant, conscient, c’est en raison de sa position dans l’évolution de l’Univers, c’est à dire, qu’elle n’est que le résultat de la création, d’une création d’un être pensant.

            L’être humain est le fruit de la création de l’Univers, suivant le processus d’évolution avec changement d’échelle par division fractale. Alors que l’IA n’est que le fruit de la création de ’l’humain. Conséquence, il y a changement d’échelle où dimension logique suivant le processus de division fractale de la réalité et qui interdit à l’IA de remonter à l’échelle antérieure à laquelle se situe l’humain, sauf à utiliser un cerveau humain comme base de l’IA.

            Pour l’imager, une photocopie ne peut pas avoir les mêmes qualités qu’un original, car pour cela, il faudrait tout simplement inverser la cause et l’effet.

            On ne peut signer un contrat par la photocopie de ce contrat, sauf dans le monde de l’imaginaire où là, le principe de relations de causalités ne s’applique pas.

            L’émergence, est la conséquence de la prise de conscience de l’être entre l’imaginaire et le principe de relations de causalité, c’est à dire, que dans le premier cas, rien ne peut émerger en particulier, mais uniquement dans le second cas et selon les règles strictes du principe de relations de causalités.

            L’imaginaire ne peut faire émerger la réalité qu’à la seule condition de suivre le principe de relations de causalité, c’est à dire, en suivant un ordre logique strict d’espace-temps et à cette seule condition. Car c’est à cette seule condition que l’Univers peut prendre un sens définit, sans cela, aucun sens ne n peut émerger.

            Cela signifie que la vie consiste à donner sens à l’existant et là, l’IA ne peut pas donner sens à sa propre existence, en dehors de sa propre programmation. De la même manière qu’on ne sait pas programmer une machine pour donner un résultat aléatoire, mais uniquement en donner l’illusion vis à vis de celui qui ignore le programme.

            Bon, c’est infiniment plus subtil... Tout en restant d’une simplicité confondante !


          • astus astus 29 août 13:30

            @Hervé Hum

             Bien vu, absolument d’accord.

          • Decouz 28 août 11:45
            Pour Heidegger : incompréhensible ou moins évident de suivre certains de ses raisonnements qui prennent pour base l’étymologie germanique, les racines étant différentes du français ne peuvent fonctionner.
            Cela vaut aussi pour la construction des phrases et la grammaire.
            Par exemple pour « Was heisst es, denken » ? « Que signifie penser » ?
            La construction grammaticale allemande permet de comprendre, en plus des autres sens qui peuvent se retrouver en français : « Qu’est ce qui appelle à penser ? »
            C’est un des sens du verbe allemand : « appeler à, produire une action », en plus de « signifier », donc le « was », « que », représente dans cette acception, non pas la notion de « penser », mais le moteur, la motivation de la pensée.

            Si chaque langue peut, dans certains registres, et dans certaines limites, pour les notions univoques ou pour l’universel, être traduite dans une autre langue, il y a aussi une singularité qui est le regard propre de cette langue sur le monde, des rapports implicites entre les mots et les concepts qui ne peuvent pas être transposés.

            • Bernard Dugué Bernard Dugué 28 août 12:12

              @Decouz Tout à fait, le langage est la demeure de l’être et donc, il façonne un monde à voir. Mais aussi un élan pour faire. Le nazisme est indissociable de la langue allemande, trafiquée du reste par le régime. Pour la métaphysique, je pense que tout n’a pas été dit et que le français recèle des possibilité inexplorées. Il manque juste des philosophes disposés à penser en métaphysiciens, et même au-delà, pour jouer ce cette langue comme d’autres jouent avec les notes et composent


            • cyborg 28 août 15:41

              @Decouz
               
              Être chez Aristote veut déjà dire « par où l’étant est » (essence substance immobile) d’où la onto-théologie de Heidegger.reprise de Kant. Être, par quoi étant peut étanter smiley


            • njama njama 28 août 11:55

              A mon sens l’intelligence humaine n’est pas qu’une question d’algorithmes et de réseaux neuronaux

              L’IA ne peut évoluer car elle n’a pas de conscience, elle ne peut comprendre et concevoir. C’est pour cela que le robot même le plus perfectionné n’égalera même jamais l’animal.

              L’ IA comprend seulement par signification, non pas aussi par conscience. C’est ce que l’on appelle l’intellection formelle, ce qui la distingue de l’intellection par signification et conscience.

              L’intellection (du bas latin intellectio, sens, signification, dér. de intellegere « comprendre ») - par signification et conscience - est un phénomène sémantique résultant de l’agencement de la signification et de la signification phénoménologique (observation des phénomènes, aux données de l’expérience avant toute considération théorique), en une entité unique. La notion d’intellection est assez restreinte, seuls les organismes vivants ayant système nerveux pouvant manifester de l’intellection (= compréhension).

              Dans l’antiquité les animaux étaient reconnus doués d’intellection. C’est la science moderne du XIX° qui a réduit leur intelligence à l’instinct, ce qui est très réducteur dans leurs cas, leur déniant d’être doté d’une forme d’intelligence.

              Peut-être fallait-il pour les besoins expérimentaux de la Science s’affranchir de l’idée d’une intelligence chez l’animal pour l’objetiser, le réifier une bonne fois pour toutes, afin de pouvoir faire des expériences sur eux.

              Selon Porphyre de Tyr (philosophe néo-platonicien du III° s.) « Tous les êtres qui possèdent la sensation, nécessairement possèdent aussi l’intellection. » (De l’abstinence).

              Un robot, un ordinateur ne possédant pas de sensations, comment pourrait-il être doué d’intellection par signification et conscience.

              A la différence de ce qui est « intellectuel » et de « l’intellectualisme » qui voudrait que tout soit réductible à des idées, « l’intellection » associe en plus, la compréhension intime du sujet en impliquant tous les autres sens liés à la perception. C’est dans cette perceptive sémantique, que l’on parle d’ Intellect « agent » ou d’ intellect «  actif », c’est l’intellect qui « voit », qui « entend ».



              • cyborg 28 août 13:49

                @njama
                Les capteurs du robots sont ses sensations.
                Ses filtrages IA sont ses formes de l’intuition (espace et temps)
                La bactérie n’a pas d’intellection.
                La fourmi sûrement en a une mais elle a probablement une conscience « inhabitée », pas de conscience de soi.
                Le perroquet doit avoir les 2.
                 
                Pour le moment l’IA s’est arrêté à la grenouille qui conduit une voiture smiley Mais bon, c’est déjà 1 milliard d’années d’évolution. smiley


              • Konyl Konyl 28 août 17:09

                @cyborg
                Les capteurs du robot produisent des informations, interprétées en sensation, rien de plus.

                Exemple : Si capteur thermique donne plus de 30° Celsius alors dire « il fait chaud », à aucun moment, le robot n’a chaud.


              • cyborg 28 août 19:22

                @Konyl
                Ce dont vous parlez n’est pas de l’ordre du « sensitif », mais du subjectif. Si je vous hypnotise et que je vous dit il fait froid vous aurez froid à 40°C smiley
                 
                Ce que vous poser est une conscience de soi, le moi devient objet de lui-même, Fichte disait « moi = moi ».
                 
                Est ce que la fourmi a chaud ? smiley Je ne pense pas, sauf chez Weber, à mon avis la fourmi ne cherche pas le chaud bronze-fesses comme le gogochon huileux.


              • tiers_inclus 28 août 23:08

                @cyborg

                Ce dont vous parlez n’est pas de l’ordre du « sensitif », mais du subjectif. Si je vous hypnotise et que je vous dit il fait froid vous aurez froid à 40°C

                Vous n’avez rien compris à la notion de qualia. Capteur ou pas la sensation de froid ou de chaud reste inatteignable à la machine. Le subjectif est d’ailleurs en interdépendance du ressenti.

                Est ce que la fourmi a chaud ?

                On peut probablement le dire (par rasoir d’Occam évolutionniste) mais sa propre sensation nous restera tout aussi inatteignable.
                De même que je ne suis pas à même de connaître les vôtres.

                Ridicule.


              • cyborg 28 août 23:59

                L’IA faible est, au sens kantien, une « esthétique » posée indépendamment de l’intellection (au sens platonicien, c.a.d détachée des sensations)
                Du flot de sensations, pour le pas être noyé, l’animal où l’IA filtre les sensations (par les formes de l’imagination) en formes, objets, regroupements, reliés à des concepts (reconnaître une chaise par ex), c’est l’intuition et sa logique . Ce travail est indépendant de l’intellection, avant, c’est de la pensée « pure » (inconsciente, originaire).
                Cette logique de l’intuition (la logique heuristique de l’IA où de l’animal) unit le divers des sensations (plein d’expérience amusantes d’illusions d’optique par ex) , c’est une « ontologie », déjà une détermination de l’être de l’objet. Ce qui impressionne dans l’IA, celle qu’elle classe des objets (le social par ex) que ne peut « voir » l’humain. L’IA faible est une sorte d’esthétique polymorphe universelle. Une « théorie » de la sensivité (mais grandement empirique pour le moment.
                 
                Donc je sais que vous reconnaissez les objets de la même manière que moi, vous avez la même logique de l’intuition, la même « esthétique ». Et l’abeille en a une autre.
                 
                l’intellection n’a aucun rapport (les formes et logique de l’entendement, ontologie où métaphysique suivant qu’on s’intéresse à l’être où la raison, ni la pensée réflexive)


              • cyborg 29 août 00:13

                Cette « esthétique », vous reconnaissez le monde de la même manière que moi, est ce que Descartes n’a pas vu et l’a obligé, avec ses spectres qui se baladent dans la rue, à chercher dans dieu le témoin de la non illusion du réel. Alors que l’animal sait ds le miroir qu’il se voit, car il voit son reflet et voit sa vision, son esthétique en action (il a l’entendement de son intuition). Il sait qui a pris l’autoportrait car il sait a qui est le photographe (en bougeant) et en déduit que la photo est bien lui. La conscience « inhabitée » (non réflexive) qu’aurait l’IA serait de reconnaître cette « esthétique en mouvement ». Alors elle aurait « chaud » smiley Bon, c’est pas donné smiley
                 


              • njama njama 28 août 12:08
                Concernant ces technologies, le mot « intelligence » me paraît abusif quand bien même le qualificatif d’artificielle l’euphémise, en principe...

                • njama njama 28 août 12:17

                  Un exemple

                  Deep Blue avait fini par battre Kasparov en 1997.

                  mais Deep Blue serait incapable de jouer si on appliquait les Echecs aléatoires de Bobby Fischer (Fischer Random Chess ou Chess 960), une variante du jeu d’échecs dans laquelle l’emplacement initial des pièces de la première et de la dernière rangée est tiré au sort, et identique pour les deux camps.

                  N’importe quel joueur d’échec s’adapterait très vite en quelques minutes à ces nouvelles règles, mais il faudrait peut-être des années, et une armée de programmeurs pour reformater Deep Blue pour les échecs aléatoires

                  Echec et Mat à Deep Blue ! 

                  Bobby Fischer is the best !!!!!!!!!!!!!!!...

                  L’IA a encore du chemin à faire ...


                  • V_Parlier V_Parlier 28 août 15:03

                    @njama

                    Remarquons qu’en plus les échecs se prêtent très bien aux algorithmes puisqu’une machine peut virtuellement « essayer » systématiquement tous les coups possibles très rapidement, plusieurs coups à l’avance, puis comparer les résultats pour voir quel est le coup à jouer engendrant les pires cas les moins mauvais pour la suite (en supposant que l’adversaire joue de la même manière). Après, les optimisations peuvent être faites pour augmenter la rapidité du processus (élimination des cas triviaux pour gagner du temps, etc...) mais c’est juste ça. Et c’est d’ailleurs pour ça que les ordinateurs « joueurs d’échecs » ont existé dès que la micro-informatique est devenue accessible au public. Et on a toujours l’impression que la machine trouve des « super astuces »...

                    Les échecs ne sont donc pas un bon exemple.

                  • tiers_inclus 28 août 20:22

                    @V_Parlier

                    Oui mais on a tout de même largement dépassé les algorithmes en puissance du style MinMax ou Alpha Beta.


                  • Ecométa Ecométa 28 août 13:49
                    Il n’y a là, dans l’ I. A. aucune intelligence à part sa conception par intelligence humaine. C’est un pur sophisme ! Il ne s’agit en réalité que d’ingénierie mécanique !

                    Le terme d’intelligence, particularité humaine, faculté humaine à penser, réfléchir, agir, faire des choix, bien ou mal d’ailleurs, est ici totalement galvaudé. 

                    • cyborg 28 août 14:14

                      Un petit texte de Hegel pour les contempteurs de la Technique, 
                       
                      On dit que le bonobobo vert est le plus libidineux des macaques, ce n’est pas un hasard.  smiley
                       

                      « Les conceptions de l’innocence de l’état de nature [bonobobo ver(t)], de la simplicité de mœurs des peuples primitifs [décroissance du hippie fils à papa se branlant derrière son cheval de traie], et d’autre part la sensualité [branlette] pour qui les besoins [Sartre, Cohn le tripoté, gogochon, jouir sans entrave], leur satisfaction, les plaisirs et les commodités de la vie particulière sont des buts absolus, ont toutes les deux un même corollaire : la croyance au caractère extérieur de la culture [l’état, thèses sur Feuerbach]. On la considère dans le premier cas comme corruptrice, dans le second comme un simple moyen. L’une comme l’autre opinion dénotent la méconnaissance de la nature de l’Esprit et des buts de la raison [...] Le but rationnel n’est donc ni cette simplicité de mœurs naturels, ni les plaisirs que l’ont obtient par la civilisation d’un développement de la particularité [branlette de chaque gogochon], c’est au contraire de soumettre à un travail de défrichement [historicisme Marx] la simplicité de la nature, c.a.d la passive privation de soi et l’inculture [Hanouna] du savoir et de la volonté, où encore l’immédiateté et l’individualité [Sartre] où l’Esprit fait naufrage et de donner d’abord à cette extériorité [naturelle] la rationalité extérieure dont elle est capable, la forme de l’universel à la conformité à l’entendement. »
                      PPD Hege
                       
                      Cette idée se prolonge dans la connaissance du vouloir complémentaire de la connaissance du fini, du concept qui n’a pour objet que lui-même etc... Mais pas d’extrait sous la main.


                      • popov 28 août 15:44

                        Aujourd’hui, n’importe qui peut s’initier au « deep learning » sur son ordinateur à l’aide de logiciels téléchargeables gratuitement.

                         
                        Il faut commencer par installer Docker, qui permet de stocker tout un environnement de programmation virtuel et éviter de se casser la tête sur des problèmes de compatibilité entre diverses versions de python ou autres composants.
                         
                        Il faut ensuite télécharger un environnement virtuel dans Docker. Plusieurs exemples sont disponibles gratuitement qui comprennent à la fois le réseau neuronal et les données permettant de s’initier à la reconnaissance de formes. Le moteur permettant de construire et d’entraîner le réseau neuronal (par exemple Tensorflow ou Caffe) dépend de l’environnement virtuel téléchargé.
                         
                        Pour ceux qui n’ont jamais utilisé le language de programmation python, il existe même une version javascript (que je n’ai pas testée) et qui permet de s’initier à Tensorflow rien qu’avec un navigateur internet et quelques lignes de javascript.

                        • Ruut Ruut 29 août 06:31
                          Le plus beau avec l’intelligence artificielle, c’est qu’elle est totalement incapable de comprendre quoique se soit elle ne fait que mimer.

                          L’IA est tout sauf une intelligence.
                          C’est l’Ignorance Automatisée.


                          • cyborg 29 août 22:49

                            Un philosophe qui connaît un peut Kant dirait qu’à l’IA faible esthétique artificielle, manque son entendement artificiel ....
                            L’entendement est cette intellection liée au sensations qui les classe, les organise, sépare et regroupe ce qui appartient à un concept acquis (arbre, pomme, chaise)
                            L’entendement de l’IA faible c’est le programmeur qui lui fait bouffer des classes de photos du même genre, des photos de chaises, de pommes, de vidéos de match de foot etc... Bref le transcendantale de l’IA faible c’est le gugus... Kant disait que le concept de ce « gavage » de l’intuition par l’entendement était hors de portée de l’humain, un « concept en soi » transcendant (divin)
                            Les mathématiciens ont du mal à formaliser une théorie de la connaissance de l’IA « heuristique », pourquoi tant de couches, pourquoi tels filtres pour tels genre de reconnaissance ? Assez empirique. Mais un jour il donneront tort à Kant.
                            Alors une IA faible plus générique et connaissant son auto-optimisation intuitionnelle bouffera toute sensation du web, vidéo, textes, images, maths, physiques et trouvera des concepts inconnus et incompréhensibles. Celui qu’à la fourmi quand elle tombe sur un insecte mort bon pour la fourmilière.
                             
                            L’homme verra alors l’œil du cyborg, il sera vide de pensée, pour le moment
                             
                            Et comment cet entendement gaveur de concepts se programme ? Ce n’est pas si difficile...
                            penser comment furent fait les 1er jeux d’échecs... Partitionner au hasard toute la connaissance (tous les possibilités du jeux) et chercher les concepts dans chaque partition (les bons coups), Évidement en l’état actuel ça serait des possibilités trop infinies à chercher. Mais possible.


                            • Jean Nébavet 30 août 17:16
                              On pourra parler d’intelligence artificielle , lorsque cette intelligence aura conscience d’elle même , se sentira comme sujet .

                              Mais lorsque cela arrivera , Pandore sera sorti de sa boite et l’humanité disparaitra .

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