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La grande explication philosophique avec Einstein, Darwin et Heidegger

(I) Question de stratégie pour commencer

La philosophie ne se porte pas bien, peut-on entendre ou même constater si l’on est initié aux arcanes de cette glorieuse discipline si prestigieuse en France. La philosophie est-elle en crise ? Non, pour cela il faudrait qu’une instabilité dialectique dans les concepts et les horizons soit engendrée par des penseurs apportant du nouveau. La philosophie est-elle morte ? Non, elle ne peut pas mourir, tout au plus deviendra-t-elle une discipline archéologique, avec des penseurs relégués dans les étagères des musées alors que les philosophes professionnels s’affaireront autour des œuvres et, tel des commissaires d’exposition dévolus au concept, expliqueront aux badauds et aux élèves le sens de ces textes produits depuis 2500 ans. La philosophie pourrait tout simplement s’éteindre ou du moins, subsister telle d’éternelles braises de pensées offertes comme fragments historiques témoignant d’une vitalité de la pensée et de la quête du sens.

La première question concerne l’avenir de la philosophie ; discipline achevée et devenue un élément fonctionnel de notre culture ou bien capable de produire des pensées nouvelles ? Le choix de l’une des deux options conduit à poursuivre la réflexion dans une voie déterminée. Si la philosophie est achevée, on se demandera comment entretenir les braises et passer le témoin, transmettre un patrimoine culturel. Dans le cas contraire on se demandera comment diffuser une pensée nouvelle, sous condition qu’elle émerge. On doit aussi interroger les pratiques contemporaines dans les champs institutionnels et les relais médiatiques. Ces mondes incitent-ils à prendre connaissance des innovations et les diffuser dans la société ? Mon expérience conduit à formuler de sérieuses réserves. Une frilosité se manifeste à l’égard des pensées alternatives et audacieuses.

La société des gens savants et des artistes est scindée en trois ordres, comme au vieux temps de l’ancien régime mais avec des significations contemporaines. Nous avons l’ordre des marchands, l’ordre des serviteurs de l’Etat et l’ordre des penseurs et artistes affranchis. En philosophie, les marchands écrivent des livres bien conçus, capables de satisfaire le goût moyen du lecteur, et passent souvent à la télé car ce sont en règle générale de brillant orateurs. Vous les connaissez. Les serviteurs de l’Etat sont les professionnels rémunérés par l’argent public qui font carrière dans les institutions et qui pour la plupart, reçoivent ce qu’ils ont mérité.

Les affranchis restent dans l’ombre. Ils sont laissés de côté par le monde marchand lié aux médias de masse car ils n’ont pas de valeur marchande ou médiatique ce qui ne signifie pas que leurs œuvres n’ont pas de valeur intellectuelle et c’est même parfois le contraire. Ces affranchis sont ignorés par les professionnels car leurs œuvres ne font pas partie des choses dont on discute dans les congrès, que l’on enseigne dans les amphis et que l’on étudie dans les revues spécialisées dont les articles figurent en bonne place dans les CV pour faire avancer les carrières du reste méritées pour tout ce travail professionnel. Les universitaires et chercheurs sont indispensables pour garantir une fiabilité dans les savoirs, consolider les découvertes, stabiliser et perfectionner les connaissances. Ces tâches effectuées ont un intérêt indéniable mais elles occultent souvent la curiosité en interdisant les chemins de traverse. L’affranchi a besoin des savoirs consolidés pour s’y confronter et s’affirmer tout en conservant ce qui doit l’être, comme le précise la dialectique hégélienne.

Il reste le Net pour faire connaître les affranchis mais hélas, le Net est envahi par la populace et les blaireaux de l’anti-système et du complotisme. Ce qui n’empêche pas de trouver de rares ouvertures à travers quelques écrits et de nouer des contacts avec les dissidences affirmées et les compétences alternatives. Tandis que nombre de prétendus alternatifs ne sont que d’habiles charlots du cirque anti-système. Le philosophe affranchi ne refuse pas les acquis, il les dépasse en conservant ce qui doit être préservé. Et pour l’artiste, c’est la même chose.

Le triste destin paradoxal des affranchis, c’est qu’ils doivent se constituer en ordres pour se faire connaître et développer leurs talents alors que leur nature sauvage et indépendante s’oppose à toute affiliation à un ordre. Pas facile à gérer cette affaire. D’autant plus que les journalistes ne sont plus les brillants corps intermédiaires permettant la circulation des savoirs entre le monde savant et la société ouverte et culturelle. Mais rien n’est définitivement perdu pour les audacieux dont je propose la devise :

« Si tu ne vises pas l’inaccessible, tu ne réaliseras rien d’exceptionnel ! »

(II) Question de vision

La tâche de la philosophie n’est pas achevée ; de grands défis la secouent. Avec trois enjeux que je ne développerai pas ici. Affronter la physique contemporaine et s’expliquer avec elle sur le sens du cosmos et des réalités quantiques. En ligne de mire, Einstein et sa relativité générale. Ensuite affronter la biologie et s’expliquer sur l’essence de la vie, son origine et enfin l’émergence des espèces au cours de la longue évolution. En ligne de mire, Darwin et la théorie synthétique de l’évolution issue de 1960. Le troisième défi ne se conçoit pas forcément comme un affrontement ou une explication mais plutôt comme une progression dans un chemin de pensée, celui ouvert par Heidegger et qui débuta par l’analytique du Dasein. Peut-être un chemin vers le mystère.

Ces questions sont en marche et ouvertes aux chercheurs, aux savants, aux éditeurs, aux médias, aux honnêtes hommes du 21ème siècle. Vous ne pouvez pas imaginer les révolutions en marche et la nouvelle gnose en germe. Il est temps que la philosophie remettre les pendules à l’heure face aux maîtres des horloges !


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18 réactions à cet article    


  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 10 juillet 09:23

    La plupart des gens ont le même rapport avec la philosophie que celui que Monsieur Jourdain avait avec la prose : ils en font sans le savoir.


    • bob14 bob14 10 juillet 10:18

      La philosophie se dévalue systématiquement chaque fois qu’elle coïncide parfaitement avec l’art du pancrace que dénonce Platon dans Euthydème. La misère de la philosophie abstruse est due au fait qu’elle déploie des concepts vides dans le vide et prend le bruit qu’ils produisent pour les remous de la vie réelle... !


      • Leonard Leonard 10 juillet 10:29

        avant d’expliquer me semble t’il qu’il faut comprendre ?


        •  C BARRATIER C BARRATIER 10 juillet 18:07

          La connaissance fonde ma philosophie de vie, même si je sais que la connaissance est provisoire :

          voir en table alphabétique des news :

          Sens de la vie, sens de l’univers http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=59

          • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 10 juillet 20:23

            Missieu Dugué, vous pouvez avaler votre langue ! 


            «  » La philosophie est-elle morte ? Non, elle ne peut pas mourir, tout au plus deviendra-t-elle une discipline archéologique, avec des penseurs relégués dans les étagères des musées alors que les philosophes professionnels s’affaireront autour des œuvres et, tel des commissaires d’exposition dévolus au concept, expliqueront aux badauds et aux élèves le sens de ces textes produits depuis 2500 ans. La philosophie pourrait tout simplement s’éteindre ou du moins, subsister telle d’éternelles braises de pensées offertes comme fragments historiques témoignant d’une vitalité de la pensée et de la quête du sens.«  »

            La philosophie étant la « science de l’âme », l’âme humaine étant ensevelie par tant de dépôts polluants et par tant de fléaux, on peut faire une courte mais plus juste conclusion ! 

            Le monde n’en peut plus de l’hypocrisie, Missieu Dugué !!!

            • izarn izarn 10 juillet 22:33

              @Mohammed MADJOUR
              Dugué a oublié la généalogie du savoir...
              La philosophie a évolué. Partie de la théologie (Abélard, Bruno) elle arrive vers la science (Pascal, Descartes, Newton).
              Désormais il y a une sorte de grand écart entre la science et la philosophie....
              Science sans conscience n’est que misère de l’âme.
              N’est-ce pas ?


            • izarn izarn 10 juillet 22:39

              @izarn
              Je signale que je viens de citer 3 français, un italien, pour un seul britannique et aucun allemand...
              Héhéhéhéhé ! Ha si,en subliminal Nietzsche... smiley


            • Taverne Taverne 10 juillet 21:19

              De la pensée médiocre à la pensée minable, il n’y a qu’un pas glissé...

              Si ce n’était que la philosophie qui était en danger, mais c’est la pensée elle-même qui périclite. Nous sommes enveloppés de la pensée médiocre ambiante, une pensée répétitive du matin au soir qui nous est déversée dans les médias.

              Effet massif de la pensée médiocre. Un jour, tout le monde pense comme ci, le lendemain, tout le monde pense le contraire, sans qu’aucun fait nouveau ne l’explique. La pensée qui n’est que réaction et souvent même réaction à des réactions, n’est plus la pensée. Cette pensée ne s’ancre pas, ne retient rien : tout lui passe dessus parce qu’elle n’a aucune consistance.

              Je prends un exemple concret récent. On n’a pas besoin d’être philosophe pour aller contre l’opinion quand elle déconne. Quand, sur la foi d’un rapport de la cour des comptes, on décide de reporter les promesses les plus emblématiques du candidat Macron, pourquoi est-ce que tous les médias, tous les députés se taisent et approuvent ? Un peu de recul permet de voir immédiatement que le report de la réforme promise de la taxe d’habitation allait créer du découragement dans la population. Enfin quoi ? Si, moi je l’ai vue, pourquoi ces gouvernants et ces conseillers ne l’ont-ils pas vu tout de suite ?

              Mais, gare ! Car la pensée médiocre tôt ou tard dérape en pensée minable (arguments de mauvaise foi, tromperie, mensonges, coups bas...). On ne pense pas : on parle ! Bla bla bla. Je parle donc j’existe, quitte à dire n’importe quoi, ce qui me donne l’occasion de me contredire demain et de reparler pour me sentir à nouveau exister !

              Alors, pour éviter de penser minable, cessons de penser médiocre, cessons donc d’être des caisses de résonances et pensons ! Après que cette pensée soit de nature philosophique ou d’un autre, peu importe : ce qui compte, c’est de penser. La pensée est l’écart avec le monde ; elle n’est pas réaction immédiate.

              Les médias me fatiguent en ce moment. Je ne supporte plus d’entendre par exemple l’expression « en même temps ». On dirait qu’il y a une épidémie...


              • Taverne Taverne 10 juillet 21:22

                « Après que cette pensée soit de nature philosophique ou d’un autre genre, peu importe ». Pardon pour les quelques fautes laissées...


              • izarn izarn 10 juillet 22:46

                @Taverne
                Vous postulez que réellement 66% des français ont voté pour ces mesures.
                Votre postulat est faux. Seulement 24%...


              • abcd 11 juillet 12:44

                @Taverne
                « on parle ! Bla bla bla. Je parle donc j’existe », l’homme « ce la raconte » toujours un peu, voir beaucoup, le problème c’est qu’on manque de conte pour « ce la raconter » un peu plus sérieusement.


              • L'enfoiré L’enfoiré 11 juillet 17:23

                @Taverne
                Bonjour Paul,

                Bien d’accord.
                Samedi, je sors un billet dans lequel il est dit que "Les dix comportements humains les plus destructeurs sont le commérage, le jeu, le stress, la décoration de notre corps, le harcèlement, les mauvaises habitudes, la tromperie, le vol, la violence et le mensonge.

                Quant à Bernard, je poserai une simple question : où sont les liens entre ces trois hommes qui font partie du titre, Einstein, Darwin et Heidegger qui seraient repris dans le texte.
                Ce sujet mérite peut-être plus qu’un billet pour l’expliquer. 


              • L'enfoiré L’enfoiré 11 juillet 17:27

                « @abcd bonjour,

                 »’on manque de conte pour « se la raconter » un peu plus sérieusement.
                Je suppose qu’il fallait remplacer le « c » par un « s ».
                D’où ma question, est-ce que c’est « conte » ou « compte » dont il s’agit ?.


              • abcd 11 juillet 22:01

                @L’enfoiré
                cela devait être « ce », mais je ne mémorise pas l’orthographe ou la grammaire, je ferai malheureusement la même erreur demain et vous pourriez me la répéter 1000 fois ce serait pareil, ma prof de Français au collège s’amuser à enlever des points en dessous de zéro, pour des dictés de 3 ème j’avais une fourchette entre -24 et -42 sur 20 et je bossai j’essayai vraiment de me souvenir de la forme des mots, je pense avec des sons, écrire permet de formaliser des idées, mais à la base c’est des sons.
                Heureusement qu’il n’y a pas de dicté au bac s.
                C’est comme cela quand on est dyslexique, mais c’est une tare totalisante, je mémorise pleins d’autres trucs, cela doit faire quelques années que je n’arrive plus à lire plus de 2 pages sans m’arrêter, par conséquent la lecture devient tellement fastidieuse qu’il me reste la radio, alors je me limite aux blogs et pourtant je me rappelle de pas mal de livres.
                Un Conte, une narration, un destin, un avenir, un roman national ou utopiste, quelques choses qui sentent qu’on a un demain puisqu’on a eût un hier pour nous sortir de notre présent.
                Les contes sont cruels, on y abandonne les enfants, le petit pouce, on échappe de l’emprise de son père, peau d’âne, on est haït de sa famille, cendrillon, etc...
                Le conte actuel c’est que si on continu comme cela c’est pas la peine de croire qu’on aime nos gosses, car demain les jouets qu’on lui a offert à Noël il nous en voudra de lui avoir acheté, d’avoir flingué le climat et son présent et l’avenir de ses gosses, il vous haïra d’avoir cru que la croissance, la consommation, la négation du passé, de l’avenir pour votre confort présent était indispensable, parce qu’il n’aura plus cette chance.

                Vous êtes dans la quête de nouveaux péchés capitaux ?


              • Macondo Macondo 11 juillet 18:28

                @ l’Auteur ...
                Sur les enjeux que vous dites restants, surtout les deux premiers :
                "Affronter la physique contemporaine et s’expliquer avec elle sur le sens du cosmos et des réalités quantiques. En ligne de mire, Einstein et sa relativité générale. Ensuite affronter la biologie et s’expliquer sur l’essence de la vie, son origine et enfin l’émergence des espèces au cours de la longue évolution. En ligne de mire, Darwin et la théorie synthétique de l’évolution issue de 1960." ...
                A titre personnel, entendre un philosophe sur ces deux sujets est toujours un grand moment. A leur décharge, tenter d’expliquer ce que les plus grands scientifiques se brûlent les neurones à comprendre sans y parvenir, c’est bien au-delà de l’audace. « Si tu ne vises pas l’inaccessible, tu ne réaliseras rien d’exceptionnel ! ». D’accord, mais bon ...


                • zygzornifle zygzornifle 13 juillet 13:50

                  Au moins sur sa langue il n’y avait pas de trace d’ADN des politiques de l’époque .......



                    • monde indien 5 août 08:11


                      Un peu de mystère dans ce monde de certitudes ...
                      http://mondeindien.centerblog.net/

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