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Accueil du site > Actualités > Technologies > Le rapport Villani sur l’intelligence artificielle

Le rapport Villani sur l’intelligence artificielle

Tout le monde connait Cédric Villani, actuel député de l’Essonne mais surtout mathématicien mondialement connu. Sa spécialité lui a valu de se voir confier par Edouard Philippe, en septembre 2017, la charge de réaliser un rapport stratégique sur le devenir de l’intelligence artificielle (ci-après IA) en France et en Europe. Le processus comportait un volet d’appel à l’opinion publique, dont j’ai parlé dans cet article (1) et un rapport qui vient d’être rendu disponible au public (2).

Le rapport insiste sur le fait que l’IA est l’un des programmes scientifiques les plus fascinants de notre époque, tout en reconnaissant le rôle majeur des fantasmes issues de la SF, qui véhiculent souvent des idéologies politiques, dans l’imaginaire public mais aussi dans la direction de développement de cette discipline.

Le rapport note la dépendance actuelle forte sur l’IA made in USA, y compris au sein même de l’Etat français (Microsoft à l’Education Nationale, Palantir à la DGSI) comme au sein des entreprises qui préfèrent souvent la sécurité des grands noms américains aux efforts locaux moins médiatisés. Le rapport insiste sur le fait que les grandes puissances géopolitiques (USA, Russie et Chine mais également le Canada, le Royaume-Uni et Israël) misent toutes sur l’IA comme l’outil leur ouvrant la domination mondiale. Rien de moins. L’IA est appelée à devenir une des clés du monde à venir. Se faire larguer dans ce secteur signifierait, pour la France comme pour l’Europe, une soumission quasi-définitive en termes technologiques.

D’entrée de jeu le rapport affirme le rôle central de l’Etat : Le jeu du marché seul montre ses limites pour assurer une véritable politique d’indépendance. De plus les règles qui régissent les échanges internationaux et l’ouverture des marchés intérieurs ne servent pas toujours les intérêts économiques des Etats européens – qui l’appliquent trop souvent à sens unique. Tiens prend ça, CETA ! L’Etat, donc, doit donner un sens au développement de l’IA. Donc un cap, donc une politique industrielle focalisée sur cinq secteurs prioritaires : l’éducation, la santé, l’écologie, les transports-mobilité et la défense-sécurité. L’éducation n’apparaît pas dans l’introduction (omission volontaire ou non je l’ignore), mais fait bien partie des cinq fiches « focus » traitant de ces secteurs.

Si j’étais zadiste, la première chose que je reconstruirais serait une cabane siglée « Laboratoire scolaire écologique d’intelligence artificielle à mobilité réduite » pour décourager les gendarmes. Bref. Les raisons pour ce choix de secteurs clés sont le lien avec l’intérêt général, la possibilité de créer des avantages comparatifs au profit de la France / Europe, et le lien indicible avec l’Etat lui-même. Par « avantages comparatifs » il faut sans doute entendre qualité de vie, qualité des services et des infrastructures.

Le rapport ne rate pas un point essentiel du développement de l’IA, à savoir la relation homme-machine. Il note la nécessité de penser les modes de complémentarité entre l’humain et les systèmes intelligents. Que ce soit au niveau individuel ou collectif, cette complémentarité peut prendre plusieurs formes et peut être aliénante comme libératrice. Au coeur du développement de l’IA doit résider la nécessité de mettre en oeuvre une complémentarité qui soit capacitante, en ce qu’elle permet de désautomatiser les tâches humaines. Et de rajouter, remarque essentielle : En matière d’IA, la politique d’inclusion doit ainsi revêtir un double objectif : s’assurer que le développement de ces techniques ne contribue pas à accroître les inégalités sociales et économiques ; et s’appuyer sur l’IA pour effectivement les réduire.

La couleur est affichée d’emblée : Le monde du travail est à l’aube de grandes transformations et n’y est encore que peu préparé. Les incertitudes et les conséquences du développement combiné de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et de la robotique sont très importantes, notamment concernant les emplois détruits et créés… Il est donc nécessaire de prendre le problème à bras le corps et d’agir résolument, sans céder à la panique ni au fatalisme. Une problématique directement associée au monde du travail est celle de la formation, et son financement : Le financement de la formation professionnelle est fondé sur la masse salariale. Or, le développement de l’IA renforce la mutation des chaines de valeur et entraîne une décorrélation entre les acteurs qui financent la formation professionnelle et ceux qui captent la valeur ajoutée. Autrement dit ceux qui sont susceptibles d’impacter positivement la chaîne de valeur à un certain endroit ne participent pas, à l’heure actuelle, au financement de la transition professionnelle des individus employés par d’autres secteurs de cette même chaîne mais impactés négativement. D’où l’appel à un dialogue social autour du partage de la valeur ajoutée au niveau de la chaîne de valeur entière, chose fondamentalement différente de la négociation traditionnelle par branche.

De la formation aux politiques éducatives : Plus que jamais la mission de l’école est de donner à chacun les capacités pour appréhender les transformations en cours de notre société et s’adapter dans un monde en constante évolution. Et donc de nous accompagner dans la construction d’une complémentarité capacitante avec les machines. Autrement dit, l’objectif éducatif ne devrait pas être de servir la machine mais de développer des modes de complémentarité capacitante avec elle. De plus, les compétences créatives, sociales et situationnelles seront de plus en plus sollicitées. Il est évident que la vie dans un monde intégrant l’IA implique de profonds changements de politique éducative focalisés sur la créativité plutôt que la répétition. Plus précisément, l’intégration de l’IA dans le processus d’apprentissage déchargera les professeurs du transfert de connaissances en tant que tel, et de déplacer la valeur de leur enseignement vers la scénarisation de l’expérience d’apprentissage, et l’accompagnement personnalisé des élèves.

Le rapport aborde le problème des « boîtes noires » : vu l’impact à venir de l’IA deux dangers sont identifiés, d’une part le risque de reproduire des discriminations existantes ou d’en produire de nouvelles, d’autre part la normalisation diffuse des comportements que pourrait introduire le développement généralisé d’algorithmes IA. Ces deux risques sont déjà avérés : un cas où une IA assimile les Noirs à des gorilles, un autre étant l’effet normalisateur d’électeurs via des informations très ciblées, basé sur la création de profils psychologiques (3). Il est donc nécessaire de pouvoir ouvrir ces boîtes noires, mais également réfléchir en amont aux enjeux éthiques que les algorithmes d’IA peuvent soulever.

La question de l’ouverture des boîtes noires, à mon avis, risque de buter rapidement sur la loi du secret des affaires mais c’est un autre problème. D’autant que le rapport présente le fait que l’IA, et en particulier l’IA à base d’auto-apprentissage, le modèle dominant actuel, est basé sur l’accès aux données – données aujourd’hui parcellaires, privatisées (les GAFAM) et difficilement accessible pour les pouvoirs publics, les plus petits acteurs économiques et la recherche. D’où le principe que la puissance publique doit pour cela amorcer de nouveaux modes de production, de collaboration et de gouvernance sur les données, par la constitution de « communs de données« . L’Etat doit ouvrir l’accès à ses données tout en gardant un objectif de souveraineté : la France et l’Europe doivent conserver une position ferme s’agissant du transfert de données hors de l’UE. Il y a donc tout un travail à faire en amont afin de spécifier les modalités d’accès, la protection, et le champ d’utilisation des données et cela doit en outre se faire à un niveau européen pour avoir une masse suffisamment conséquente.

C’est sans doute un élément de la tentative de remise en ordre de marche de l’UE par Emmanuel Macron : si l’IA devient un déterminant géopolitique, une politique européenne en matière d’IA aura plus de chances de survie que 27 initiatives locales cherchant toutes à réinventer les mêmes outils.

Le rapport fait évidemment appel à pas mal de concepts technocratiques genre plateformes sectorielles de mutualisation et de bacs à sable d’innovation pour faciliter le développements d’applications IA visant les secteurs sus-mentionnés. Il appelle également à la création d’un coordinateur interministériel visant à équilibrer les grandes différences de maturité, en matière d’IA, d’un ministère à l’autre. On aura effectivement remarqué que certains ministères, et notamment celui de l’Intérieur, ont une forte immaturité côté intelligence, artificielle ou non. Passons.

Autre petite phrase à contre-courant du libéralisme ambiant : Notre mission recommande plusieurs mesures qui visent à mettre l’achat public au service du soutien aux industries européennes et à dynamiser l’achat public innovant. Très bien. Le rapport appelle également à la création, au sein d’établissements publics d’enseignement et de recherche, d’Instituts Interdisciplinaires d’IA (3IA) autonomes et coordonnés, réunissant ingénieurs, chercheurs et étudiants. Personnel qu’il faudra payer, et cher, si on ne veut pas qu’il aille se vendre ailleurs et la question salariale est également abordée. Et ces 3IA auront besoin d’un supercalculateur dédié à l’IA, capable de rivaliser avec les grands acteurs privés…

La question écologique est indissociable de l’IA du simple fait que d’ici 2040, les besoins en espace de stockage au niveau mondial, fondamentalement corrélés au développement du numérique et de l’IA, risquent d’excéder la production disponible globale de silicium. La consommation énergétique du numérique augmente de 8,5% par an, et sa part dans la consommation électrique mondiale se situera entre 20% et 50% en 2030 ! De futurs développements liés à l’IA devront aller au-delà de la simple optimisation énergétique et devra intégrer un paradigme de croissance plus économe et collectif, inspiré de la compréhension de la dynamique des écosystèmes, dont elle sera un outil clé. Non seulement cela mais L’IA, en permettant de modéliser la dynamique et le devenir des écosystèmes biologiques, peut contribuer à une véritable transition écologique. Le rapport en appelle à la France pour prendre le leadership mondial de cette transition.

Ce qui impliquerait à titre symbolique, à mon sens, d’envoyer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes non plus des gendarmes et des blindés mais des chercheurs en écologie et des développeurs d’application en IA. C’est pas gagné…

Dans cette logique de transition écologique, le rapport envisage une forte coopération de l’IA avec le monde agricole, au sein d’une agriculture augmentée où l’IA pourra accéder à l’ensemble des données de production, de transformation, de distribution et d’information du consommateur afin de les optimiser : diminution des intrants chimiques, meilleur suivi des rendements, etc… Le rapport en appelle à la profession agricole de se saisir de ces enjeux, sous peine de devoir subir les clauses et standards des grands équipementiers – la plupart étant non-français.

En matière de sécurité-défense, enfin, le rapport stipule que dans un contexte marqué par ce qui est parfois dénoncé comme une forme d’inflations de lois sécuritaires, les risques liés notamment à la surveillance de masse et à la diminution des libertés publiques ne peuvent être négligés. On comprend la mise en garde, mais on ne voit pas quelles mesures effectives pourraient être prises pour limiter la prédation sécuritaire des officines opaques qui, par définition, ne divulguent pas au public ni ce qu’elles savent ni ce qu’elles font. Il n’y a, par essence, aucun contrôle démocratique possible de l’appareil militaro-sécuritaire, et d’autant moins qu’il développe les moyens de surveillance et de contrôle lui permettant de contrer toute velléité contraire à ses intérêts.

Le rapport me semble faire l’autruche sur cette question, pourtant au cœur de la perception grand public de ce qu’est l’IA. A quoi servirait tout ceci si c’est pour vivre sous l’œil omniscient et omnipotent de Big Brother ?

Dans son ensemble le rapport Villani est une plongée intéressante dans un monde en devenir où l’IA va prendre, c’est clair, une place prépondérante. Pour exister dans un état autre que la soumission aux pays ayant déjà lancés de grands programmes en matière d’IA, la France et l’Europe doivent mettre en oeuvre leur propre politique de développement et des règles de conduites dictées par nos fameuses valeurs, pourtant si souvent négligées dans les faits : démocratie, émancipation, transition écologique. Le cadre est posé, des pistes sont proposées. Il faut maintenant que les peuples, autant que les politiques, prennent conscience des enjeux.

 

Notes :

(1) https://zerhubarbeblog.net/2017/12/08/quel-controle-pour-lintelligence-artificielle/

(2) https://www.aiforhumanity.fr/

(3) https://zerhubarbeblog.net/2018/04/12/de-facebook-au-brexit-la-course-au-profil/


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62 réactions à cet article    


  • bob14 19 avril 16:38

    Villani..le scientifique Français que seul Macron à voulu smiley


    • foufouille foufouille 19 avril 17:22

      " Se faire larguer dans ce secteur signifierait, pour la France comme pour l’Europe, une soumission quasi-définitive en termes technologiques."
      on est largué depuis longtemps.


      • Novae Novae 19 avril 21:42

        @foufouille

        On est aussi soumis depuis longtemps ...  :->


      • gogoRat gogoRat 20 avril 02:12

        Trop de questions soulevées par le sujet de cet article
         On nous met la charrue avant les bœufs !!
         : voilà l’impression globale, encore une fois (après le récent précédent article « l’IA n’existe pas ») ...
         
        Réel débat sur l’IA suscité par le gouvernement ? ou plutôt mascarade avérée de débat démocratique ! (Toute la différence entre une ’posture de débat’ et un réel débat sans imposture !)
         
        Charrue avant les boeuf , d’abord parce que rien ne permet d’évaluer le consensus du peuple obtenu pour la signification du seul mot « Intelligence Artificielle » ..
         Et puis, bis repetita : (https://www.agoravox.fr/commentaire5189928)
         la ’ question d’ordre politique, reste à débattre, concernant l’objectif utilitariste ou ’transcendental’ des investissements publics au profit d’une ’IA ’ 


      • gogoRat gogoRat 20 avril 02:19

        ...
         ’être largué’ ne renvoie pas du tout à la même approche intuitive selon qu’on se contente
        a) - d’une posture utilitariste de ’produits’ obtenus par IA
        b) - de la maîtrise et de la pratique par toute une population d’une nouvelle discipline propre à des humains
         !


      • gogoRat gogoRat 20 avril 02:45

         Pour suggérer une image intuitive du distingo suggéré entre a) et b) , transposons la question dans le cas de la question du nucléaire militaire.
         Sur le plan utilitariste, force est de se rendre compte de la propriété asymétrique de l’arme nucléaire : même un ’petit pays’, partant de connaissances et compétences relativement peu développées, arrive à entrer dans ’la cour des grands’ dans le ’jeu’ du MAD (Mutual Assured Destruction)
         Pour ce est qui est du b), si l’on reconnaît une valeur de discipline scientifique aux efforts engagés pour maîtriser ce nucléaire militaire, la question peut faire débat de savoir si cette discipline ouvre les mêmes potentialité d’ouverture d’esprit indépendamment de l’histoire, de l’épistémologie locale, et du mode d’acquisition des produits technologiques obtenus


      • gogoRat gogoRat 20 avril 02:57

        Pour faire court, et puisqu’il semble bien que la populasse se voie cantonnée à la seule approche utilitariste, rappelons ce mot de Saint-Exuréry dans Citadelle :

        "j’interdis aux marchands de vanter trop leurs marchandises.
        Car ils se font vite pédagogues et t’enseignent comme but ce qui n’est par essence que moyen,
        et te trompent ainsi sur la route à suivre les voilà bientôt qui te dégradent,
         car si leur musique est vulgaire ils te fabriquent pour la vendre une âme vulgaire.

         Or, s’il est bon que les objets soient fondés pour servir les hommes,
        il serait monstrueux que les hommes fussent fondés pour servir de poubelle aux objets."


      • gogoRat gogoRat 20 avril 14:43

        « soumission en termes technologiques. » ?
         
        Soumission à qui ? soumission à quoi ?

         Avec la seule approche utilitariste, certains envisagent déjà, d’inventer de nouveaux êtres vivants : ces ’produits’ (qui seraient leur propriété ?) pourraient alors se doter eux-même d’une ’intelligence’ qui leur sera propre : nommerons-nous cette intelligence : ’intelligence artificielle’ ?
         Qui pourrait alors avoir la maîtrise de cela ? Les savants qui auront ’inventé’ les créatures qui développeront cette IA ? Ou bien les maîtres, ou les manipulateurs de ces savants : banquiers, ’entrepreneurs’-premiers-de-cordées de la phynance ou de l’Internationale des riches ... ou encore super-dictateurs à la tête de nouveaux en-pires ?
         ( ... à supposer bien-sûr que l’intelligence artificielle des nouvelles créatures n’en vienne pas elle aussi à vouloir manipuler les intelligences (toutes courtes) qui auront permis leur apparition dans l’univers ... 
         Mais, sans même aller jusqu’à ce classique scénario de science fiction, n’a-t-on pas déjà largement de quoi interroger la pertinence de nos stratagèmes actuels de légitimation dits ’démocratiques’ ? )


      • gogoRat gogoRat 20 avril 15:00

         Et puis, avant-même l’intelligence ’artificielle’, quid de l’intelligence animale déjà répertoriée ?
         
         Prenons le cas des dauphins.
         L’intelligence qui leur est propre ne semble pas en concurrence avec l’intelligence humaine, ne semble pas poursuivre les mêmes objectifs.
         Apparemment plus sociable et plus paisible, qui aurait l’idée saugrenue de craindre que leur intelligence n’occasionne une quelconque soumission. ?
         ... à moins d’être convaincu que la nature humaine nous poussera fatalement à vouloir un jour exploiter de façon utilitariste cette, disons, ’Intelligence Alternative’ ? Du genre : en produisant des parcs d’attraction pour humains-humanoïdes, qui tenteront de capter les plus divertissants spécimens de cette IA ? Mais alors, pour la chasse à ces spécimens, parlerait-on d’avance technologique ?


      • gogoRat gogoRat 22 avril 14:15

        Trop de questions soulevées par le sujet de cet article
         On nous met la charrue avant les bœufs !!

         Une IA inventée par moins de 1 pour mille, et développée et entretenue par moins de 1% des ’meilleurs’ ? ...
         Quitte à paraître abscons à celles et ceux qui ne comprendraient pas de toutes façons même avec un développement en 5 volumes ... je tenterai ici de m’adresser aux autres de façon subliminale,
        par ce bis repetita : (https://www.agoravox.fr/commentaire4027595)
         

        " Pour illustrer le concept de « tyrannie de la compétence », quoi de plus flagrant que la profonde opposition qui règne au cœur même de notre développement culturel informatique ? :
         - d’un côté des marchands et même des experts en « logiciel libre » pensant structurer leurs efforts de façon « démocratique », qui visent à fournir à « l’usager » des systèmes clé-en-main les plus intuitifs qui soient, masquant le plus possible toute la complexité (technique, prospective, politique ...) de leurs « produits » ...
         - d’un autre côté des contributeurs occasionnels, des passionnés, des gens impliqués ou qui souhaitent être acteurs plus que suiveurs ... visant avant tout à une appropriation populaire la plus profonde possible de tous les rouages de cette complexité à maîtriser collectivement ...

         Si bien que le quiproquo s’installe au sein même d’organisations visant à un « logiciel libre » ... avec des inégalités structurelles de facilités d’accès (aux moyens techniques, aux structures publiques d’acquisition de savoirs, de mises en relation .. ) entre ceux qui relèvent du fonctionnariat et ceux qui, de fait, doivent affronter d’autres vicissitudes."


      • gogoRat gogoRat 23 avril 14:41

          
        La vie s’écoule, la vie s’enfuit
        ...
        Nos révolutions sont trahies

        Le travail tue, le travail paie
        Le temps s’achète au supermarché
        Le temps payé ne revient plus
        La jeunesse meurt de temps perdu

        ... reflet d’un monde d’objets
        Sans rêve et sans réalité
        Aux images nous sommes condamnés
         ...
        ________
         Vera est née d’une idée de deux jeunes DRH russes ... ils se sont rendu compte que le métier pouvait être lassant et souffrait de lenteurs contre-productives. « Nous nous sentions comme des robots, donc nous nous sommes dis qu’il serait mieux d’automatiser la profession »
         [cf https://www.wedemain.fr/Vous-trouvez-votre-boss-inhumain-Attendez-de-rencontrer-Vera-le-robot-DRH_a3250.html ]
         ...

        Contrairement aux DRH humains, Vera est capable de passer des entretiens avec plus de mille postulants simultanément, par vidéo ou par téléphone. Depuis qu’elle travaille pour Pepsi, par exemple, l’intelligence artificielle a effectué plus de 40 000 coups de fil, envoyé 37 000 mails et plus de 100 candidats ont passé un entretien vidéo avec elle.
         
        Les jeunes entrepreneurs estiment que Vera rapportera plus d’un million de dollars à leur start-up d’ici la fin de l’année 2018. Pour ce faire, ils tentent aujourd’hui de lui apprendre à reconnaître les émotions comme la colère, le plaisir ou la déception. Ainsi, son jugement sur la personne sera plus habile et moins déshumanisé. Une mise à jour bienvenue si un jour Vera s’occupe aussi des licenciements ...

        _____
         



      • jeanpiètre jeanpiètre 19 avril 19:25

        Quand il parle d intelligence artificielle, il parle beaucoup de lui


        • Observateur 19 avril 19:37

          Personne n’explique comment arriver réellement à l’intelligence artificielle. Le savent-ils ?
          Cela pourrait s’appeler autrement, mais on préfère utiliser ce terme pour des « boites noires » travaillant sur des secteurs précis, comme la conduite, la recherche de diagnostics, etc.
          Car la vraie découverte, c’est cette dénomination d’intelligence artificielle qui a ouvert tous les crédits.


          • mmbbb 20 avril 08:10

            @Observateur dans un premier temps il s agira d IA dite faible , d ici 2 à 3 decennies ou plus , on parlera d intelligence artificielle forte. Cet article parle de silicium, la recherche fondamentale est en cours sur les nouveaux substrats ; fullerene , nanotube de carbone par exemple . Par ailleurs, les americains font des recherches sur l ordinateur quantique, une equipe a deja fait marcher une machine avec quelques Q BITS . Cela ressemble au debut de la mise au point du transistor. On parle aussi de Spin electronique . Il est evident que les outils de demain sont en gestation L IA forte s exprimera avec ce type de machine .


          • arioul arioul 19 avril 20:41

            Lui quand tu vois sa tronche , t’es content d’etre con. C’est un autiste qui vit dans un autre monde , je me demande s’il comprend ce qu’il fout à l’assemblé nationale.


            • mmbbb 20 avril 08:19

              @arioul moi je prefere rencontrer ce genre d autiste, la beaufitude n a pas besoin d IA , elle ne connait pas l ensemble des reels


            • arioul arioul 20 avril 11:16

              @mmbbb
              Chacun ses gouts , mais es tu bien sur qu’en dehors des mathématiques il soit si interressant que çà. Déjà pour avoir rejoint en marche , je doute que ce type est une considération de l’humanité. Comme il est médaille de field , il se croit supérieur aux autres. Il a été élevé au biberon US et maintenant que le citron est pressé aux USA , il vient manger à la gamelle républicaine . Bref une merde.


            • mmbbb 20 avril 12:44

              @arioul chacun ses tropismes Je connais trop bien le milieu de beauf . Il est vrai que dans ce milieu les personnes ne veulent pas se sentir superieur C ’est plutot l inverse , des que les discussions ouvrent des nouveaux chemins intellectuels, les reactions sont a peu pres les memes que les votres . Apres tout les emissions de tele realites sont taillees sur mesure pour ces gens la plus c ’est con plus cela passa A chacun ses tropismes


            • arioul arioul 20 avril 17:30

              @mmbbb
              Ne dit pas ces gens là , dit que tu t’adresses à moi directement. Mon ego est très souple , je me fous de ce que les gens pensent de moi , le vie est trop courte.


            • troletbuse troletbuse 19 avril 21:20

              Personne ne peut définir exactement l’intelligence. Alors, l’IA c’est quoi ?. On n’a pas attendu ce clown avec le noeud de Zavatta pour faire des robots. C’est la recherche qui trouvent des calculateurs de plus en plus rapides et des mémoires qui stockent de plus en plus de données. Les programmes ne sont que des utilisateurs de ces calculateurs, rien de plus.



              • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 19 avril 22:57

                Je pense honnêtement qu’il faut prendre l’IA au sérieux. Les Russes, les ricains et surtout les Chinois la prennent très au sérieux, c’est même une priorité. Sur la Chine : https://zerhubarbeblog.net/2018/04/19/intelligence-artificielle-le-cas-chinois/


                • Observateur 19 avril 23:19

                  Rien ne prouve que le « deep learning » est un processus terminal.
                  En clair, rien ne prouve que les processus d’apprentissage par essais erreurs mèneront à une intelligence au bout d’un nombre fini d’itérations.
                  Ce serait donc un cul de sac fort sympathique.


                  • gueule de bois 19 avril 23:25

                    Ce rapport c’est un ramassis d’évidences, de lieux communs, de platitudes, de phrases convenues. Bref c’est de la politique politicienne, un genre de production qu’aurait pu revendiquer l’Oracle de Delphes.
                    Cédric Villani qui est semble-t-il si bon en mathématique ferait mieux de faire des maths que de se déguiser en clown et de faire le valet de pied en Macronie.


                    • tobor tobor 19 avril 23:44

                      Peu importe son degré d’avancement, l’i.a est pleinement opérationnelle dès que l’utilisateur/trice y croit et y réfère sans avoir à penser par soi-même.
                      .
                      Si un jour le mythe de l’i.a omniscient et sensible devient réalité, sa démonstration ne peut que se focaliser sur l’absolue imbécillité à fabriquer ce genre de chose au lieu de vivre sa vie !
                      .
                      Devenir maître du monde est une ambition de gamins gâtés auxquels le monde pisse à la raie.


                      • picpic 20 avril 00:01

                        Une planète de con ne créera rien d’autre que de la connerie artificiel !


                        • Ruut Ruut 20 avril 05:49

                          L’humain créa l’IA a son image.


                          • zygzornifle zygzornifle 20 avril 07:25

                            Je crains le jour où la technologie dépassera les capacités humaines. Le monde risque alors de voir une génération de parfaits imbéciles.

                            ― Albert Einstein


                            • mmbbb 20 avril 08:32

                              @zygzornifle il suffit de consulter le taux d audience des chaines de television notamment la tele realite Degre de creation ZERO abêtissement facteur 10 Quant au probleme souleve par la technologie, vous plongez un citadin dans la nature, il sera incapable de survivre .


                            • zygzornifle zygzornifle 20 avril 07:29

                              Les gents sont déjà devenus très cons et avec l’IA ça sera pire ,ils ne sauront meme plus chauffer de l’eau pour cuire leurs pâtes ....




                              • zygzornifle zygzornifle 20 avril 07:31

                                Le jour ou une irruption solaire de grande envergure foutra tout en l’air les humains erreront dans les rues comme des zombies , il deviendrons des proies pour la racaille qui s’en tirera très bien face a des veaux décervelés pillant , violant , assassinant , en quelque semaines on régressera d’un ou deux siècles ....


                                • gueule de bois 20 avril 09:00

                                  @zygzornifle
                                  Oui on l’a vu récemment après le passage d’Irma à Saint-Martin. Tout désastre naturel ou non sera suivi de scènes de guerre civile. Si le truc a suffisamment d’ampleur régionale ou nationale comme un tsunami ou un accident nucléaire, c’est le retour au Moyen-Age instantané car la société française n’a plus aucune cohésion donc la collaboration naturelle pour faire face est devenue impossible.
                                  D’ailleurs les ’autorités’ n’organisent jamais aucune ’répétition’, le résultat c’est qu’avec 10 cm de neige sur les routes c’est le pays entier qui est immobilisé, alors que dire en cas de catastrophe.
                                  La France n’est prête à rien, le pays dépense dans des armements nucléaires stratégiques qui ne servent à rien (nous n’avons pas d’ennemi en Europe ni ailleurs), alors que les services de sécurité intérieurs sont démunis.


                                • Jean-Yves TROTARD Jean-Yves TROTARD 20 avril 08:22

                                                  La mémoire et l’imagination sont les piliers de l’intelligence.


                                  • gueule de bois 20 avril 09:02

                                    @Jean-Yves TROTARD
                                    La curiosité en est un autre. Il y a des gens qui veulent savoir, qui veulent comprendre et d’autres qui s’en foutent voulant seulement utiliser (à leur profit).


                                  • JL JL 20 avril 08:27

                                    ’’Se faire larguer dans ce secteur signifierait, pour la France comme pour l’Europe, une soumission quasi-définitive en termes technologiques.’’
                                     
                                     C’est un comble : nous devons rester au top dans un domaine qui fera, quoiqu’il advienne, notre ruine !
                                     
                                    Parce que, ne nous leurrons pas : les capitalistes feront de l’IA ce qu’ils ont toujours fait de la technologie : un outil de contrôle des travailleurs. Plus besoin de renouveler et d’instruire des classes laborieuses qui sont d’autant plus redoutables qu’elles sont instruites, les robots feront tout. Un peuple troupeau fera l’affaire. Un revenu universel lui sera octroyé qui sera payé par les machines : les individus seront des sous-machines.
                                     
                                    Ce qui caractérise la mondialisation libérale qui agit par le biais des instances internationales capitalistes, c’est que l’intérêt déclaré des nations est devenu antinomique de l’intérêt des peuples.
                                     
                                    Le « pas du patineur mondialiste » va, d’un coté contre l’intérêt des peuples avec l’approbation intéressée de leurs élites  ; de l’autre coté il va à l’encontre de la souveraineté des nations avec l’approbation ignorante de leurs peuples.
                                     
                                    Merci qui ? Les médias mainstream !


                                    • gueule de bois 20 avril 09:14

                                      .@JL
                                      Les nations n’existent plus. Il y a les populations et les appareils d’état au service des classes dominantes. Les populations n’ont plus aucune cohésion, fractionnées en groupes ethniques, religieux, sociaux culturels, on ne peut donc attendre d’elles aucun sursaut, la soumission restant la seule possibilité. Ceux qui attendent un nouveau Mai 68 seront déçus on ne verra comme actuellement que des mouvements d’humeur sporadiques vites matés par la répression.
                                      L’intérêt des classes dominantes a toujours été en conflit avec l’intérêt des peuples, mais le capitalisme moderne avait trouvé au 20ème siècle qu’en enrichissant les peuples il s’enrichissait plus encore. Le résultat a été la croissance économique, la société de consommation, modèle non tenable sur la durée. On renverse donc aujourd’hui la vapeur pour un retour à un capitalisme primitif avec une classe dominante aisée et des populations miséreuses. C’est le laminage des classes moyennes dont seulement une très faible partie rejoindra les dominants, le reste perdant son statut.
                                      Voilà, les puissants ont toutes les cartes en mains on ne voit pas qui peut contester leur domination et comment.


                                    • JL JL 20 avril 09:37

                                      @gueule de bois
                                       
                                      ’’... laminage des classes moyennes dont seulement une très faible partie rejoindra les dominants’’’
                                       
                                      Je le dirais autrement : laminage en vue des classes moyennes devenues pléthoriques ; une infime partie rejoindra la classe des nantis ; une toute petite partie continuera de servir fidèlement ce système abscons ; la majeure partie étant appelée à vivre de ses illusions et souvenirs collectifs dans une nostalgie qu’il lui appartiendra d’essayer dans la mesure du possible de rendre douce et créative : un autre monde est possible.


                                    • gueule de bois 20 avril 18:02

                                      @JL
                                      Oui avec le temps l’apparition des classes moyennes apparaîtra, du point de vue du Capital, comme une erreur historique ayant pu le mener à sa perte.
                                      Enfin on en retiendra que pour mener le troupeau soit on l’affame soit on le gave, n’ayant plus les moyens de gaver on revient à la méthode ancienne, millénaire. Il restera comme vous dites des souvenirs et des photos de vacances.
                                      On trouvera toujours des collabos pour servir les intérêts des puissants ; c’est dans la nature humaine, la solidarité n’apparaissant comme une solution possible qu’en dernier recours quand toutes les voies de la trahison ont été explorées sans succès. Libre ensuite aux poètes, aux écrivassiers de tout poil, de transformer en nobles sentiments les frustrations et les désespoirs communs.


                                    • JL JL 20 avril 18:53

                                      @gueule de bois,
                                       
                                      c’est ça le néo-féodalisme.

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