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  • SA 3 avril 2012 00:41

    Je peux répondre à ce message, le premier ne me semblait pas suffisamment constructif.

    Je n’ai personnellement rien contre la psychanalyse. Cela peut être un bon outil, dans certains cas, pas pour tout. En tant que médecin, cela m’arrive régulièrement de faire appel pour certains de mes patients à des psychologues ou psychiatres de formation psychanalytique, et avec succès pour certains. Mon fils a été suivi pendant 3 ans par une psychologue psychanalyste, puis nous avons essayé pendant encore un an avec une autre personne sans plus de succès. C’est vous dire que nous nous sommes accrochés, malgré que nous ayons entendu que nous ne savions pas l’éduquer, que nous étions anxieux nous-même et qu’il était normal qu’il le soit lui aussi, perfectionnistes et éventuellement stressés par notre travail et qu’il ne faisait que nous imiter... Je pense que votre profession pâtit actuellement du manque de compétence de certains psychanalystes (comment ne pas se remettre en question quand 3 ans de soins n’ont pas apporté d’amélioration), de l’abus de pouvoir d’autres devant des parents démunis et perdus. N’est-ce pas jouer à l’apprenti sorcier que de demander des tests de QI et de ne jamais en donner la conclusion aux parents ? Pourtant les résultats de ces tests pouvaient faire se poser des questions, à défaut de savoir penser à un trouble envahissant du développement. Je n’ai pas non plus inventé les mots des psychanalystes dont les témoignages ont été diffusés dans le film « le mur » et personne ne les obligeaient à de tels propos, dégradant pour les parents.
    Je pense que votre profession pâtit actuellement de n’avoir pas su se remettre en question quand il le fallait sur certains sujets. Et le sectarisme qu’elle subit aujourd’hui est probablement une réponse au sectarisme qu’ont subi certains parents.
     Je suis d’accord sur le fait qu’autisme de Kanner et syndrome d’Asperger paraissent des entités assez différentes pour certains aspects cliniques. Mais je ne fais que suivre les définitions données par les psychiatres qui les considèrent tous les deux comme des troubles du spectre autistique, avec des caractéristiques communes. Je n’ai pas les compétences pour critiquer les classifications établies. Certes les enfants Asperger ont la chance de pouvoir éventuellement s’intégrer, a minima comme vous l’écrivez. Cependant, quand vous êtes convoqué tous les mois par la direction de l’école, par l’inspection d’académie, que vous entendez que si vous ne trouvez pas une solution rapidement, votre enfant ne pourra pas rester dans le système scolaire ordinaire, vous avez quelques raisons d’être inquiet et de ne pas être satisfait de ce minima. Avez-vous jamais essayé de vous imaginer en tant que parent ayant un tel enfant, jamais invité par les autres enfants, montré du doigt à la sortie de l’école, dont on peut se demander si il arrivera à s’intégrer suffisamment pour apprendre un métier, être autonome, avoir des amis, une famille ?
    Le point fondamental de l’article n’était pas de faire le procès de la psychanalyse, mais uniquement de raconter une tranche de vie et de montrer qu’il y a un retard immense en France dans le diagnostic et la prise en charge de ces troubles, d’expliquer également la grande solitude des parents, et de s’étonner du trop faible nombre de centres diagnostiques des troubles des apprentissages et de leur inaccessibilité. J’ai un diagnostic maintenant pour mon enfant, parce que je suis médecin, que j’ai cherché, lu, consulté dans beaucoup d’endroits différents. Comment font les autres parents ? Mon enfant va finalement bénéficier d’un bilan complet dans un centre diagnostic, mais plus de 5 ans après le début des difficultés, n’est-ce pas un peu tardif ? Et avoir un diagnostic change tout, dans l’investissement qu’auront les enseignants à aider l’enfant, à communiquer avec ses parents, dans l’obtention d’aides fondamentales et inaccessibles financièrement en dehors de demandes auprès de la Maison du Handicap comme l’aide par un auxilliaire de vie scolaire. Je n’ai rien pour ou contre telle ou telle prise en charge. Je suis pragmatique. Et quand après trois mois de prise en charge comportementale, mon fils a nettement amélioré son comportement à l’école, a à nouveau accepté de travailler en classe, a commencé à jouer plus normalement avec les autres dans la cours de l’école, mon choix de prise en charge n’a pas été difficile. Il n’a pas encore tout compris et je suis bien consciente que ses progrès sont fragiles, mais avec l’aide de ses enseignants, de son auxilliaire de vie scolaire, nous pouvons envisager l’avenir plus sereinement. Je pense qu’il y a, en France, un manque criant de formation et d’information des personnels du RASED et même des CMP, des médecins, des enseignants qui devraient être les personnes ressources pour penser à un possible handicap et adresser ces enfants à des centres diagnostics adaptés.







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