L’humanité traverse une grave crise de civilisation depuis
bien longtemps. Malgré de permanentes déclarations de bonnes intentions
comparables au Forum Changer d’ère du 4 juin 2014 et de nombreux ouvrages qui
exposent la situation de différentes façons, aucune notoriété ne parvient à
présenter des explications valables pour en rechercher les raisons et surtout
pour en sortir. Il est urgent de dépasser une organisation inadaptée qui
provient d’une façon de penser qui refuse de rechercher l’origine du mauvais
fonctionnement de la société.
Les raisonnements ne parviennent pas à se libérer des erreurs
spirituelles qui les enchaînent à des conceptions irrationnelles très
dangereuses. La résignation est collective, comme si le genre humain était
obligé de vivre et d’évoluer en subissant toutes sortes de difficultés qu’il
engendre continuellement sans exprimer la volonté d’en prendre conscience pour
en rechercher la cause.
Le forum de 2013 de changer d’ère était une réussite, mais
rien n’a changé depuis. Il en sera de même pour celui de 2014, car rien de
déterminant n’apparait, et c’est vraiment dommage, car la situation se
détériore à grande vitesse. Cette réalité échappe aux raisonnements des
intellectuels qui se complaisent dans des débats stériles où le superficiel ne
laisse aucune place au fondamental. La pensée sclérosée se préoccupe uniquement
des effets déplorables qui provoquent de nombreuses souffrances, mais ceux qui
vivent dans le confort se contentent d’en parler, sans rechercher les moyens
pour y mettre fin. Tant qu’il en sera ainsi le nombre de victimes du système
continuera de progresser et finira par atteindre le seuil de rupture qui
déclenchera un désordre inextricable. Il serait souhaitable d’entreprendre un changement
d’ère réel avant d’en arriver là.
Votre raisonnement est lucide et il mérite d’être signalé,
car vous avez raison. Il n’y aura jamais d’égalité entre les humains, puisque
ils naissent inégaux par la nature des choses. Mais faute d’en avoir pris
conscience, cette ignorance s’est développée tout au long de leur évolution, et
ils ont bêtement institué des droits inégaux.
Ce sont ces droits inégaux institués qui sont la cause de la
crise économique. Ils permettent à ceux qui les exercent d’accaparer
continuellement l’argent des bénéfices, résultats du travail collectif dans les
entreprises, ce qui entraîne une progression infernale des déséquilibres
socioéconomiques. Cette progression ne pourra s’arrêter qu’en abrogeant ces
droits inégaux institués. Mais il est évident que ce ne sont pas ceux qui les
exercent qui pourront le faire.
Il appartient donc au monde du travail, et à toutes les
personnes qui veulent agir pour sortir de la crise de s’organiser, de
revendiquer et d’agir pour passer de l’inégalité à l’égalité des droits sur les
résultats de son travail dans son entreprise. Il n’est pas possible de sortir
de la crise, autrement qu’en entreprenant cette action salutaire pacifiquement
avant que les inégalités deviennent insupportables et conduisent à des
déchainements de violence.
L’important dans votre dialogue, c’est que vous demandez de
bien cerner les causes, et sur ce sujet précis, vous avez totalement raison. Il
n’est pas possible de sortir de la crise, tant que sa cause fondamentale
restera ignorée. En voici l’explication.
Le développement de mes recherches m’a fait découvrir qu’il
ne pouvait exister que deux formes de rapports socioéconomiques entre les
personnes qui composent une entreprise collective de travail. Que cette
entreprise soit composée de 2 ou de 100.000 personnes, entre elles, il ne peut
y avoir qu’inégalité ou égalité des droits sur les résultats de leur travail
qui se concrétisent par des bénéfices. Dans le système capitaliste, les
entreprises sont fondées sur l’inégalité des droits. Cette organisation permet à
ceux qui exercent ces droits inégaux qui ne sont pas naturels mais institués
par des décisions politiques, d’accaparer continuellement l’argent des
bénéfices pour l’accumuler dans la finance.
Dans le système actuel, les profiteurs peuvent constituer
des empires financiers démentiels dissimulés dans les paradis fiscaux, alors
que cet argent finira par manquer dans le pouvoir d’achat pour consommer
normalement les productions, afin de pouvoir les renouveler et ainsi perpétuer
le travail pour réaliser les produits, les biens et les services nécessaires à
notre existence. Il y a une mauvaise répartition permanente de l’argent des
profits et cela provoque une crise économique continuelle. Elle ne peut s’arrêter
qu’en transformant les rapports économiques dans les entreprises, en passant de
l’inégalité à l’égalité des droits sur les bénéfices.
Cette transformation des rapports socioéconomiques dans les
entreprises est inévitable pour sortir de la crise. Reste à savoir comment elle
va se réaliser dans chaque entreprise ?
Dire que les inégalités sont des inventions de la pensée
répond à deux raisonnements possibles : le premier cherche à nier les réalités,
parce que ça ne correspond pas à un dogme inculqué. Le second tente délibérément
de tromper les autres et de se tromper soi-même en refusant la vérité.
Les êtres humains naissent différents, divers, inégaux, mais
aussi dotés de facultés intellectuelles qui les rendent perfectibles. Ils
peuvent également évoluer par la connaissance, en apprenant des vérités qu’ils
ignoraient la veille. « je ou moi » sont utilisés à chaque fois qu’une personne
décide d’affirmer sa liberté et ses responsabilités pour donner un sens positif
et salutaire à sa vie.
Les commentaires de JK et CN sont pertinents car ils
conduisent à l’effort de réflexion sur la confrontation des idées concernant la
dualité entre le corporel et le spirituel. Cette dualité est et restera le
principal débat universel capable de nous sortir de la crise.
En identifiant le corporel à la notion du droit et celle de
l’égalité au spirituel, peut-on dire que ces deux notions inventées par l’homme
soient correctement utilisées par le genre humain ?
Si le débat entre ces deux notions s’engage, nous allons
immédiatement voir apparaître un ensemble d’éléments qui eux n’ont pas été
inventé par l’homme, mais sont naturels : ce sont les inégalités. Elles peuvent
correspondre à l’esprit sain qui parvient à en prendre conscience.
Dans notre société, il me semble que les hommes ont institué
beaucoup plus de droits inégaux que de droits égaux ! Le jour où nous saurons
expliquer pourquoi, nous sortirons de la crise !