J’ai toujours été surpris de voir que vous preniez « plaisir » à venir taquiner Monsieur Mourey sur ses articles qui sont loin de me convaincre (en tout cas ceux relatifs à la localisation de Gergovie qui m’intéresse plus particulièrement). Généralement, je me contente de lire les échanges et réactions des uns et des autres et je suis très attentif à vos arguments qui n’ont pas de peine à ébranler les interprétations (intéressantes parfois) mais plus qu’osées pour ne pas dire plus !
Convaincu de l’importance du site de Corent (connu depuis longtemps) et confirmée chaque année de fouilles par les découvertes extraordinaires de ces dernières années de vos équipes, je n’ai jamais adhéré aux théories de Mr Mourey, n’ai pas été convaincu ni par la localisation officielle ni par celle très récente de Mr Baruch...
Même si la théorie de Paul Eychart (localisation aux Côtes) mériterait d’être étudiée de plus près, je ne comprends pas que vous la rangiez au même titre que les théories Mourey et Baruch.
Eychart a élaboré sa théorie à partir de travaux réalisés sur le terrain (fouilles, sondages) dans les années 60/70, avec peu de moyens, aucune subvention, sur des surfaces peu importantes (- de 500 M2). Il a fait de nombreuses publications dans des revues scientifiques, participé à des colloques, écrit plusieurs ouvrages et passé une thèse en Sorbonne en 1967 sous la direction de Raymond Chevallier, ancien membre de l’Ecole française de Rome.
Samosatensis écrit : « Et ce cher Monsieur Mourey s’appuie sur des textes en oubliant tous les autres, il n’y a qu’à voir comment il s’entête à appeler le plateau de Gergovie plateau de Merdogne en suivant un usage polémique qui ne date que des années 1930 quand de nombreux documents médiévaux indique clairement que le plateau était bien rattaché au nom Gergoia, comme il se tait sur les trouvailles que je lui ai mis sous le nez, à la manière des faussaires qui s’en tête à promouvoir les côtes de clermont.
Mr Mourey, je vous prie de m’excuser de devoir m’immiscer à nouveau dans le pugilat qui vous oppose à Samosatensis mais je ne peux lui laisser dire que ce sont des faussaires qui s’entêtent à promouvoir les Côtes de Clermont qui sont responsables de l’usage polémique de l’appellation (d’origine contrôlée ou incontrôlée ) de plateau de Merdogne . Je vous invite à lire l’avis d’un philologue Yves Texier dans l’article pages 2, 3 et 4 http://www.gergovie.fr/htmfr/documents/N_71.pdf
Yves Texier est agrégé, maître de conférences, enseignant retraité de français, latin et grec. Il est l’auteur d’une thèse de doctorat soutenue en 1993 devant l’Université Blaise Pascal Clermont Ferrand II dont on peut lire une version allégée dans la Collection Latomus volume 251 de 1999 intitulée »La question de Gergovie. Essai sur un problème de localisation« .
Dans cet ouvrage, (chapitre I pages 25 à 45) De Gergoye à Gergovia, l’auteur y effectue une enquête toponymique très précise dont les conclusions ne sont pas aussi péremptoires que celles de Samosatensis. Il est vrai que ce dernier dans ses réponses très argumentées en imposent et amènent les lecteurs d’Agoravox à aller plus loin dans l’esprit critique mais je crois que ceci est valable pour tout le monde, y compris pour Samosatensis, même si je ne partage pas vos interprétations Mr Mourey comme je vous l’ai déjà dit !
En effet dans les propos de Samosatensis, en ce qui concerne Gergovie, je reconnais la tactique qui consiste à faire croire à l’opinion que le problème de la localisation ne se pose plus, que les fouilles récentes ont apporté des preuves »éclatantes« : * un trait de catapulte (forcément de -52) pourtant retrouvé dans une unité stratrigraphique plus récente datée par une monnaie Epad au guerrier postérieure à -52 !!!!!! * et un mur bâti à la hâte
http://www.gergovie.fr/htmfr/pdf/N_70.PDF Pour plus d’informations, je vous redonne le lien de l’étude critique sur les fouilles des remparts de Gergovie (pages 5 à 16) afin que tous les lecteurs puissent se faire un avis en connaissance de cause et vous verrez que les preuves ne sont pas aussi éclatantes que l’on veut bien le dire.
A tel point que Matthieu Poux, quoiqu’en dise Samosatensis, a bien déclaré le 13/09/2007 sur Europe1 dans l’émission de Jacques Pradel :
« Pour éviter de noyer un petit peu le poisson, je prends un risque ; moi je ne pense pas qu’on tombera un jour sur une grande ville gauloise à Gergovie. Pourquoi ? Car on y fouille depuis un siècle. (…) Ces fouilles ont livré soit des vestiges qui à 95% sont postérieurs à la Conquête Romaine d’une part, soit des vestiges beaucoup plus anciens du 1er âge du fer et de l’âge du bronze d’autre part. Le problème, c’est qu’entre les deux on n’a pas trouvé de ville gauloise. (...) Non seulement on ne trouve pas grand chose là-bas mais à Gondole à 5, 6 km de là on trouve des vestiges spectaculaires et à Corent de même ... »
Effectivement, les vestiges mis en évidence sur ces deux sites sont spectaculaires ! Ce qui n’a pas empêché la DRAC de suspendre les fouilles de Corent pour cette année suite à un avis défavorable de la CIRA qui irrita sérieusement Matthieu Poux qui adressa une pétition à la ministre Me Albanel. http://www.gergovie.fr/htmfr/documents/N_73.pdf Pour plus d’infos sur l’affaire Corent voir l’article pages 2 à 6.
Et de quoi relativiser les propos de Samosatensis très proches de ceux tenus par Vincent Guichard (président de l’ARAFA, Association pour la Recherche sur l’Age du Fer en Auvergne) qui ne s’est pas montré solidaire de son collègue Matthieu Poux puisqu’il ne faisait pas partie des signataires de la pétition !! Il est à noter également que Mr Guichard, lors d’une conférence récente à Clermont Ferrand sur les oppida celtiques, a précisé en préambule qu’il ne traiterait pas des oppida du bassin clermontois tout en signalant le caractère unique de leur proximité ! Serait-il gêné ou voudrait-il éviter des questions gênantes ? Et oui, il n’y a plus rien discuter !
Et le fameux communiqué cosigné ARAFA/LUERN est tout simplement le gage et la preuve que Matthieu Poux est rentré dans le rang !
Et oui, Mer mourey, je vous l’accorde, c’est vraiment le « foutoir » !
« Proximus collis », la colline très proche du « mont » de Sanvignes, voici le mot clé ! C’est la colline sur laquelle il avait disposé ses troupes le jour précédent, lors du coup de main manqué. Il l’appelait également : « proximus collis » (I,22).
César est donc revenu dans cette grande clairière autour de l’oppidum de Sanvignes. Il va trouver ici le champ de bataille qu’il lui faut. Il connait le terrain, ses légionnaires aussi. Afin d’éviter toute confusion dans la compréhension de ses ordres, il a pris soin, en bon militaire qu’il était, de baptiser d’un mot précis et immuable les deux hauteurs qui sont pour lui les deux points forts du terrain : • “mons”, c’est la colline de Sanvignes (cote 408,8) • “collis”, c’est le mont Maillot, considéré dans sa ligne de crête qui de la colline de Sanvignes court en arc de cercle au-delà des Teuffaux vers le sud, avec au milieu, le point haut de Ceurnay (cote 332). Si nous insistons sur le moindre détail de l’affaire de Sanvignes, ce n’est pas dans un vain souci de minutie, mais c’est bien parce que, pour la première fois peut-être, il est possible de voir très exactement sur le terrain le déroulement d’une bataille antique comme sur un écran de télévision.
Le passage ci-dessus de votre article démontre une certaine incohérence de votre part en ce qui concerne le mot « collis » que, pour le besoin de votre cause traduisez par colline mais que vous refusez pour les Côtes de Clermont dans votre commentaire que je reproduis ci-dessous :
J’ai lu votre lien. Permettez-moi de vous dire que tant vous traduirez le mot « collis » de César par colline et non par versant, vous n’aboutirez qu’à embrouiller la question. La langue latine est une langue qui suit une pensée. Lorsque, dans son ouvrage De lingua latina Varron écrit : posteaquam proxuma superiora loca colere coeperunt, a colendo colles appellarunt, on comprend très bien comment les habitants qui cultivaient la plaine ont progressivement étendu leurs cultures sur les versants « colles ».
Pas très cohérent tout cela à moins que je n’aie rien compris, ce qui est fort possible !
Je ne peux qu’abonder dans votre sens quand vous vous en prenez, dans le commentaire ci-dessus, à Samosatensis qui affirme toujours avec beaucoup de prétention la validité de la thèse napoléonienne sur le plateau de Merdogne http://www.gergovie.fr/htmfr/pdf/N_70.PDF , pages 5 à 16.
Mais comme il me semble que vous penchez plutôt pour la thèse de Gergovie sur les Côtes de Clermont même si vous ne le dites pas expressément et que vous m’envoyez sur les roses avec ma thèse « farfelue » sur la hauteur du Crest, que dois-je comprendre ? Que vous me mettez sur la touche et que vous allez engager le fer avec Samosatensis sur ce fil que j’ai ouvert ???
Non, je ne souhaite pas faire dévier la discussion sur le fil que vous avez ouvert et vous laisse le privilège de vous débattre avec Samosatensis ; mais je voulais simplement rappeler à ce dernier qu’il ne suffit pas de marteler que le doute n’est plus permis ! Comme vous avez pu le lire dans l’article que j’ai mis en lien, les preuves avancées sont loin d’être éclatantes.
Maintenant, en ce qui concerne votre théorie, je ne trouve pas farfelu que l’on puisse proposer d’autres interprétations ; mais lorsque je lis votre argumentation sur l’Atlantide et Gergovie, permettez-moi de dire que je trouve cela complètement farfelu ! Ne m’en veuillez pas trop, mais là vraiment je n’adhère pas du tout !
Evidemment, je peux le dire clairement, je penche beaucoup plus pour l’interprétation développée par Paul Eychart. En effet, le texte de César s’adapte aisément à la topographie des lieux et l’on peut restituer les différentes étapes et manoeuvres de la bataille. Et cerises sur le gâteau (si j’ose dire), le Puy de Chanturgue révèle des structures caractéristiques d’un camp romain, à savoir clavicule et titulus ! qui ne demandent qu’à être étudiées puisqu’aucune fouille n’y a été réalisée malgré les promesses et les déclarations de V Guichard notamment...
5) gergovie. Un simple fait : dans les murailles du plateau de Gergovie (qui s’appelait bien ainsi depuis le moyen-âge et ne s’appelait pas plateau de merdogne, je peux donner une liste de document médiévaux auvergnat qui est sans appel) on a retrouvé, en position, un fer de trait de catapulte romain (encore une fois la typologie permet d’être sûr du contexte). Et la fouille de la muraille a montré comment elle a été complété d’urgence comme le texte de césar le dit précisément. Bref on a les traces mêmes de la bataille et il n’y a plus d’hésitation possible. Bien sûr après on peu tordre le texte de césar dans un sens ou dans un autre pour chercher où l’on veut ce que l’on veut - et y placer ensuite aussi l’atlantide est une autre histoire - mais pourquoi les scientifiques devraient-ils écouter ce genre d’hypothèse ?
Suivant depuis quelque temps les échanges entre Mr Mourey (qui ne me convaint pas du tout avec sa localisation pour le moins farfelue de Gergovie au Crest) et Samosatensis dans plusieurs articles d’agoravox, qui lui soutient la localisation officielle dans le passage ci-dessus, je ne peux m’empêcher de réagir en faisant remarquer que l’on doit tordre le texte de César en tout sens pour l’adapter au site napoléonien et que les traces de la bataille sont discutables.
Affirmer qu’il n’y a plus d’hésitation possible est aller un peu vite en besogne car de nombreuses contradictions apparaissent dans les rapports de fouilles sur les remparts notamment en ce qui concerne le fameux trait de catapulte et le rempart bâti à la hâte. C’est ce que vous pourrez lire sur le lien suivant en page 5 à 16
La réalité est vraisemblablement plus complexe qu’on ne veut bien le dire !
Y a-t-il une vérité historique ? Je ne le crois pas, on peut simplement tendre vers elle en acceptant la discussion, les remises en cause et en la recherchant sans négliger les apports des textes qui doivent être en accord avec le terrain et les vestiges archéologiques.