Il se peut que, tout comme Monolecte, je sois atteint de ce que d’aucuns appellent pessimisme. Personnellement, j’aime mieux dire lucidité.
Hormis l’émotion légitime que puisse susciter le fait qu’un métis noir américain ait été élu président des Etats-Unis, j’ai envie, pour reprendre le slogan d’une pub bien connue, de poser une question : what else ?
Sérieusement, comment peut-on être naïf au point d’espérer qu’Obama va changer les choses ? Comment peut-on être assez naïf pour croire que ce monsieur va chambouler l’establishment de son pays et/ou par ricochet, celui du monde ?
Les valeurs étasuniennes ont toujours été celles de la réussite individuelle, de la consommation et du fric. Qu’est-ce qu’un président, fût-il noir, jaune ou grenat, pourra(it) y changer ?
Quel président de ce que l’on appelle sans rire une démocratie occidentale a le pouvoir de changer quoi que ce soit ?
En 1981, il me semble que les résultats du scrutin présidentiel en France avaient provoqué un raz de marée émotionnel tel que celui-ci.
Qu’est-ce que cela a profondément changé ?
Pour les historiens ou ceux qui l’ont vécu, pouvez-vous me dire ce que l’ère socialiste a radicalement modifié dans notre pays ?
Avez-vous vu une évolution positive de la situation économique et sociale de notre pays ? Etes-vous devenus de plus en plus riches ?
Comme les bénéfices des grandes entreprises ou les valeurs de la Bourse de Paris, avez-vous vu, pour vous et la majorité de la population, une explosion de vos rentes, salaires ou autres pensions ?
Tant que le peuple attendra qu’un élu (suprême ou non) défende son beefsteack, il pourra se nourrir d’espoirs déçus pendant longtemps.
[...]Concernant l’entretien des hlm, quartiers, etc, le problème vient au départ d’un manque d’entretien (à l’époque du "commerçant arabe du coin") et est alimenté par un sentiment de rejet qui s’est mué en colère et en haine, sentiments rejetés sur les personnes censées s’occuper de l’entretien. Et là, le cercle vicieux est en bonne marche et s’auto-alimente tout seul.[...]
(IP :xxx.x45.122.242) le 15 octobre 2008 à 15H25
Monsieur,
Permettez-moi tout d’abord de vous dire que ce que vous dites est juste, mais pas exact : la nuance est subtile mais elle ne vous échappera pas.
Une question importante me vient à l’esprit : où habitez-vous, exactement ?
Si je me permets cette question, c’est tout simplement parce que j’habite une grande agglomération, en hlm, dans ce que l’on appelle communément "un quartier", et cela m’autorise, je crois, à vous exposer une réalité fort différente de celle que vous énoncez.
- Dans mon quartier, les bâtiments et abords sont entretenus convenablement. les quelques mètres carrés d’herbe sont régulièrement tondus, balai et serpillère sont quotidiennement passés dans la montée d’escalier.
Nonobstant ces faits, cela n’empêche nullement les habitants de jeter leurs détritus par les fenêtres, de prendre les montées d’escalier pour locaux à poubelles, de garer leur véhicule sur les pauvres carrés d’herbe et de laisser leurs enfants s’épanouir et développer leurs talents artistiques sur les murs des allées en perforant ceux-ci ou en écrivant des insultes dessus.
Bref, je ne cautionne pas l’idée que l’on puisse excuser en permanence ce qui est inexcusable :it takes two to tango, ainsi les politiques sont en partie responsables de la déliquescence de notre société, mais ceux qui s’en disent victimes oublient trop souvent qu’ils sont responsables du comportement qu’ils choisissent d’adopter.