La réaction de Carhaix provient en fait du rassemblement des vieux gééments à Brest 92.
Cette fête, très raisonnable à ses débuts, se déroulait à Pors Beach (prononcer Ber) en Logona Daoulas, dans la rade de Brest, dans les années 80. Ayant bien grandie, elle demanda l’accueil à Dournenez jusqu’en 1988.
Douarnenez demanda l’accueil à Brest pour une ultime et dernière fête grandiose en 1992.
Ce sont les sponsors qui ont insisté pour la reconduire en 1966. Maintenant, nous disons qu’une tradition est une modernité qui a réussi.
Carhaix a bien eu raison de réagir car la Bretagne est trop associée à la mer et non à la terre.
Pour Brest 92, toute l’administration (police...) était concentrée sur Brest, interdisant même d’autres manifestations. Une saine émulation est née puisque les deux fêtes perdurent et progressent.
Coup de chapeau à Carhaix de remettre le couvert tous les ans et de réunir bien des générations.
Objet de toutes les convoitises, il représente juste ce que l’on n’a pas,
et que les autres ont, forcément. Vous vous en rendez compte ? un vélo !
Pas une bicyclette, non, c’est trop difficile à écrire ! Juste un vélo.
Cà, je sais l’écrire mais pas l’avoir.
Pourtant, pourtant, au fond du hangar de la ferme, j’en ai découvert un.
Depuis combien de temps traîne-t-il sa misère sous les planches et les matelas ?
Peu importe, il est à ma portée et les parents ne sont pas là. Quelle aubaine !
Une heure pour le sortir de ce capharnaüm et il est déjà ma découverte.
Du haut de mes 7 ans, j’enfourche la selle rabougrie et ne m’inquiète peu
des grincements venant de partout et donne fièrement mon premier coup de pédale,
sans jamais être monté sur un objet de telle convoitise.
Vous me croirez ou pas, mais j’ai filé d’un trait dans le talus d’en face.
« Je savais faire du vélo et la chute n’était qu’une victoire ! »
Je n’ai pas pleuré, parce qu’il n’y avait personne.
Evidemment que je n’ai pas pu freiner puisqu’il n’y avait pas de freins !
Il n’y avait plus de pneus et la chaîne rouillée a vaillamment fait son effort..
C’était le principal. Je recommençais 2 fois, 3 fois et décidais que j’en savais assez,
et qu’il me fallait de toute urgence un vélo pour aller voir là-bas si l’herbe n’y est pas plus grasse.
A voir la danse de St Guy que je fis au retour de mon père, celui-ci compris qu’il m’était
arrivé quelque chose d’important.
Il regarda avec tendresse l’objet convoité et n’hésita pas à l’installer dans la fourgonnette,
direction la clinique des vélos.
Au retour, ce n’était plus le même vélo ! Il avait des pneus, des freins, une nouvelle selle,
et même une sonnette ! Pourquoi faire ?
Pas peu fier, j’entrepris de monter l’allée des « chênes verts », appelée ainsi car il n’y a plus
de chênes verts, et prit mon élan pour descendre à « toute berzingue » et sentir l’air siffler à mes oreilles.
Quelle merveille d’aller si vite et que personne ne puisse me rattraper ! Divin, j’étais un Roi !
La suite fut moins glorieuse car il fallait négocier le virage tout en bas. J’utilisais les freins
tout neufs, mais beaucoup trop neufs car ils n’ont jamais voulu fonctionner.
Résultat, j’ai toujours une cicatrice sur une de mes cotes. Cette cicatrice là, je l’aime bien.
Je n’ai pas pleuré non plus, car il n’y avait personne. J’aime bien faire mes expériences tout seul.
Depuis, j’ai aussi un tandem et j’aime bien m’arrêter quand les gens font du stop.
Je suis toujours d’accord de partager si les gens pédalent aussi.
Essayez, vous verrez, les gens sont toujours d’accord.
A deux, on va plus loin, du moment que l’on va dans la même direction.
Et vous, savez-vous faire du vélo ? ou faites-vous de la bicyclette ?
François Bayrou, Président, Ségolène Royal, Premier Ministre.
Certains pensent que l’An 1 de la politique a commencé en Mai 68,
d’autres pensent à Mai 81.
Quoique nous fassions, quoique nous pensions, il est remarquable de constater
que, n’ayant plus de grands capitaines, nous aiyions pris la barre en main.
Un coup à droite, un coup à gauche, puis de plus en plus vite avec nos
subtiles cohabitations. Forcément, la barre du navire France est dure
à contrôler et parfois, elle nous échappe.
Cette fois-ci, nous sommes tentés de mettre le navire à la cape* et d’installer
la cohabitation « subito ».
Surfant sur la grande vague, nous envisageons de nommer François Bayrou
Président et Ségolène Royal Premier Ministre. Joli couple, ma foi.
(DSK, Borloo et tutti quanti ayant préféré se désister.)
Une cohabitation « subito » serait apaisante.
Quoiqu’il en soit, nous nous demandons où sont passés nos députés.
Se rendent-ils compte qu’ils n’auront qu’un tout petit mois pour nous convaincre ?
Les législatives arrivent et nous aimerions respecter notre Parlement.
Le tintamarre des présidentielles rend notre vie civique sourde à l’ensemble
de nos responsabilités.
Nous ne souhaitons que peu de choses : que les médias et les instituts de sondage
ne votent pas pour nous comme au référendum sur la Constitution Européenne.
Dire « Non » et son contraire, nous savons le faire.
Laissez-nous nos élections et nos humeurs.
*Mettre à la cape : régler les voiles de façon à ce que le bateau soit de lui-même
dans le sens du vent.