Technicien informatique de 38 ans résidant à Strasbourg, je m'interesse à tout, je lis encore un peu la presse (presse de tous les bords, presse inféodée comme presse indépendante), les livres en général et la science-fiction en particulier.
D’abord pardon si j’ai mal interpreté vos propos, pas toujours évident de bien se comprendre sur un forum. Je pense mieux comprendre ce que vous vouliez dire.
Je vous cite : « Deuxièmement, si demain ce même état est dirigé par des gens un peu bizarres qui décident qu’il est autorisé par la loi de penser que les chambres à gaz n’ont jamais existé, que la pédophilie n’est pas un crime, que certaines races sont supérieures à d’autres, ou que sais-je... dans ce cas, Frédéric Taddéi va-t-il inviter sur son plateau les défenseurs de ces idées ? Sous prétexte qu’il ne fait rien de répréhensible, et que par conséquent il n’y aura jamais de plaintes sur « Ce Soir ou Jamais », puisque c’est autorisé par la loi ? Jusqu’où peut aller la neutralité ? Peut-on réellement blâmer Patrick Cohen ? N’a-t-il pas un peu raison aussi de vouloir être fidèle à ses propres convictions ? De ne pas vouloir cautionner, si toutefois donner la parole à quelqu’un, c’est cautionner sa pensée, des opinions qu’il juge dangereuses ? »
Je comprends ce que vous dites mais justement, c’est ce qu’illustre Tadeï ; on ne demande pas aux journalistes de nous exposer ces convictions ; on ne lui demande pas non plus de cautionner tout ce qu’il nous montre à voir ou à entendre. On ne lui demande pas de faire le filtre. Le filtre, ce sont les citoyens qui doivent le faire dans une démocratie. Un journaliste est un relais d’informations. Les limites de la neutralité, les seules qui existent, mais elles sont puissantes, c’est bien sur la subjectivité de chacun. Mais c’est censé être ça, le sacerdoce du journaliste. Ne jamais, jamais laisser transparaitre son opinion, son point de vue malgré la propension naturelle (inconsciente) de tout un chacun de le faire en toutes occasions.
Et comme dit plus haut, si demain l’appel aux meurtres devient légal, alors c’est le devoir du journaliste de le reporter. Et ca sera le devoir du citoyen de se révolter contre ce procédé et de prendre les mesures qui s’imposeront. Ce n’est pas au journaliste de dire ce qui est mal et tel un torero de jouer avec l’indignation de la foule. Il doit montrer et c’est aux citoyens de décider de s’en indigner... ou pas.
Cohen infantilise les citoyens qu’il considère comme des imbéciles prêts à se faire manipuler par le premier venu et il se considère donc dans son droit de les manipuler (en triant les informations qui arrive au public) à son tour , mais rien à voir car c’est pour les ramener dans le droit chemin...
Je pense que TaddeI est intelligent. Il dit ce qu’il peut se permettre de dire en tant que fonctionnaire. Il dit clairement que la seule chose qui le limite dans le choix de ses invités, c’est le respect de la loi. Il ne dit pas et ne laisse jamais entendre qu’en tant que citoyen, il approuve ses mêmes lois.
« Autrement dit, quand c’est l’Etat qui interdit un truc, tout va bien, » Non, Taddei ne dit jamais ça et personne ne sait ce qu’il pense sur la question sauf lui et ses proches ; bref, c’est un vrai journaliste : il n’a meme pas laissé transparaitre son opinion à ce sujet. D’ailleurs, il ne donne aucune opinion.
A lire le fil, j’ai l’impression que les deux camps ont a prendre dans le camp de l’autre. Une prise de conscience générale est nécessaire. Bien sur que chacun est responsable de ses actes et sans cette prise de conscience, rien ne pourra evoluer Mais il me parait evident qu’une evolution positive de la conscience indiviuelle ne pourra pas se produire dans le système actuel. La plupart de nos concitoyens (et je ne parle pas de ceux qui débattent sur le net) sont sevrés au système de consommation actuelle. Ils sont dans un état d’hébetement et de perpetuelle course en avant/insatisfaction. C’est flagrant. Pour ces personnes, envisager le lendemain est déjà un luxe bien rare. La plupart d’entre nous vivons au jour le jour sans perspective.
Ce qui est logique puisque c’est tout le ssytème qui est dans un sorte de gigantesque course en avant.
Bref, avant d’esperer la venue d’une nouvelle conscience plus responsable, il faudrait déjà détroner ceux qui en empechent l’avenement (les detenteurs du pouvoir actuel). Il me semble que vos messages ne sont pas contradictoires, vous ne mettez pas la priorité au même endroit.
Je ne pretends pas que ce soit la solution (relisez-moi), je dis que c’est un prealable et un préalable indispensable car ce sont eux qui empechent d’autres solutions d’emerger. De nombreuses ressources sont aujourd’hui utilisés par nos dirigeants pour empecher toute alternative. Il va d’abord falloir se debarasser de cet étouffoir. Par exemple :
Laisser ce pouvoir à d’autres.... puis leur reprocher d’en faire mauvais usage
Vous faites comme si ceux qui detenaient actuellement le pouvoir vivait un sacerdoce et que c’est consciemment que nous leur laissions le pouvoir. Mais le problème, c’est que le pouvoir ne nous appartient pas, le peuple est une marionnette tenue par d’innombrables fils qu’il ne voit pas. Et ceux qui détiennent le pouvoir (l’argent) ne le lâcheront pas facilement. Ils sont en train de se blinder, de se fortifier en vue du futur tsunami social qui ne manquera pas de déferler suite aux trop-pleins de misére, d’injustice, de colère, de rancœur etc...
Pour moi, votre discours est censé et juste mais il occulte une bonne partie du problème. Il parle de nous autres, quidams de base mais il oublie de parler d’eux : ces très riches actionnaires, ces PDG de grands groupes, les grands pontes du monde politico-journaliste qui nous dirige etc... Quelle est leur philosophie ? Est-ce que leurs actes et décisions ne démontrent pas leur inhumanité, leur inconséquence et leur égoïsme ?
Est-ce qu’avant de pouvoir de nouveau exercer le pouvoir de manière responsable, le peuple ne va-t-il pas avoir besoin de dégager ces fous dangereux ?