Le sport et l’olympisme a été passé au peigne fin par des sociologues du sport et des loisirs
« À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance », se plaisait à alléguer sentencieusement notre preux humaniste Pierre de Fredy de Coubertin, baron de Coubertin sûr de son fait. Sa vision on ne peut plus simpliste des peuples de la planète ne faisait guère place à la demi mesure :
« Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts. » (In « Education anglaise »).
Voici le véritable cadre idéologique de la renaissance des jeux Olympiques modernes : Les femmes interdites d’accès, les Nègres, Indiens et autres métèques tolérés dans le rôle de faire valoir. On retiendra d’ailleurs que pour la troisième olympiade de 1904 à St Louis (USA), les compétitions furent organisées séparément, ceci en fonction de la « race » des compétiteurs. Les organisateurs américains considéraient en effet les Pygmées, Turcs, Syriens et autres Sioux comme des trublions exotiques, indignes d’être comparés à la fine fleur de l’athlétisme WASP (suprématie anglo-saxonne blanche).
in Eugen Weber, « Pierre de Coubertin and the Introduction of Organized Sport in France », dans Journal of Contemporary History, vol. 5, no 2, 1970. Traduction française dans Eugen Weber, Ma France, Paris, Fayard, 1991