23 ans, je fais des statistiques en recherche agronomique.
J'essaie de m'intéresser à l'actualité pour voir ce qui va m'arriver en pleine poire. Je ne devrais certainement pas :-)
C’est sympa d’utiliser le mot « désirer », c’est encore plus significatif qu’avec le mot « aimer ».
Je me répète donc : on peut désirer un objet et on peut désirer un enfant. Vous me donnez plus l’impression d’être un enfant qui désire un objet, qu’un parent qui désire un enfant.
Mais, je vous en prie, parlez nous plutôt de la résolution des problèmes éthiques.
Auriel, je rebondis sur cette phrase puisque c’est absolument cela qui me fait peur dans la PMA.
La PMA, aux états unis, aujourd’hui, c’est pouvoir choisir le sexe de l’enfant et la couleur de ses yeux. La recherche sur la couleur des cheveux est en cours. Voilà pour le niveau génie génétique, du reste le choix du sperme se fait sur catalogue où sont mis en avant les qualités du donneur.
Bref, la conception se fait de moins en moins comme parent et de plus en plus comme client. Et quand on est client, on veut un produit qui fonctionne bien ; alors que quand on est parent, on veut le faire fonctionner bien. Ce qui donne deux définitions de l’amour possible : aimer son gamin comme un objet profondément désiré ou comme un enfant profondément désiré. Un objet qui ne fonctionne plus, on ne l’utilise plus. Un enfant qui déraille, il faut parfois oser lui mettre des baffes, se fâcher avec lui, et quantités d’autres trucs désagréables à faire soi même, pour le faire repartir. Parce qu’il est absolument vital qu’il reparte.
Donc, être aimant ne suffit pas. Il faut l’aimer comme un enfant et pas comme un objet.
La logique de la PMA, en réduisant l’enfant à des critères chiffrés et prévisibles, n’aide absolument pas à le faire considérer comme autre chose qu’un objet.
Bien sur, je parle de tendance générale et pas au cas par cas, et si je parle de parents-clients c’est que ça existe déjà avant la PMA. Mais s’il y a débat, c’est bien parce qu’il y a tendance générale, et parce que la PMA s’inscrit totalement dans cette tendance.
Qu’est ce qui me fait penser que vous serez une bonne parent-cliente, productrice d’enfants gâtés ? Votre impatience à demander une loi à l’Élysée, comme s’il s’agissait d’un service après vente, alors que vous parlez, je vous cite, d’un « droit fondamental », et qu’en général les droits fondamentaux on en discute.
Bonjour, merci de cet article avec lequel je suis entièrement d’accord.
Je rebondis de façon un peu hors-sujet sur votre premier chapitre pour demander aux intervenants d’Agoravox s’ils se rendent compte à quel point un geste comme le port du voile ou un geste comme la quenelle se ressemblent.
Le sens du voile et de la quenelle pour ses utilisateurs normaux : signe de contestation et de ralliement à un groupe plus ou moins défini.
Le sens du voile et de la quenelle pour les médias : symbole d’obscurantisme sous différentes formes : manifestation nazie et antisémite ou conditionnement inférieur de la femme. A noter à propos que chez moi, je croise autant de femmes voilées que d’hommes en tenue traditionnelle (je suppose) musulmane aujourd’hui.
Le sens du voile et de la quenelle pour les groupes radicaux des deux mouvements, dont se servent à volonté les médias : manifestation antisémite (nazie ?) ou conditionnement inférieur de la femme (charia, revisitée au besoin).
Bien sur, les médias continuant à confondre, sciemment ou non je m’en tape, les citoyens normaux avec les radicaux, on peut s’attendre à ce que la position de tous se radicalise joyeusement et que, comme vous le soulignez, les extrémistes trouvent de plus en plus d’oreilles attentives.
Le spectacle de Dieudonné est interdit : le nombre de photos de quenelles va t’il diminuer ? Parallèlement, on empêche des mamans voilées d’aller accompagner leurs gosses aux sorties scolaires : les voiles vont ils être retirés ?
Si vous voulez essayer de comprendre un peu mieux, Cris, je vais me passer d’ironie pour ce message ci. Ma logique dans ce message était la même que celle de Fergus, à savoir de dire, toute extrémisation du discours le rend stérile. Dans l’exemple de la vache, qui c’est une réalité biologique produit en masse les bactéries dont elle se nourrit, l’herbe servant de nourriture aux bactéries, je pose la question suivante, la même que la votre : Où placez vous la la limite entre animal et non animal ? Dans les classifications standard, l’éponge de mer, qui est un amas de cellules indifférenciées, est considérée comme un animal. (La bactérie, pas toujours ; si oui, alors Michel Tarrier considère une vache, aussi bien qu’un prédateur quelconque, comme un pédophile. Sa capacité à me convaincre ne va pas s’améliorer avec ça).
S’agit il, et c’est ce vers quoi tf1groupie vous orientait, d’une certaine capacité de conscience ? Auquel cas sous quelle définition, et pourquoi ne pas considérer les végétaux dont on apprend tous les jours un peu plus sur leurs capacités d’analyse et de transmission de l’information ?
S’agit il de la capacité à souffrir ? Dans ce cas, je reprend un autre argument repris à chaque fois et qui a été appelé ici « la carotte qui hurle ». Dans les techniques pour améliorer le rendement d’un arbre fruitier, on utilise la technique de la taille, qui consiste à couper un certain nombre de branches pour mettre l’arbre en situation de stress et, en réaction au danger ressenti, lui donner envie de se reproduire (« avant de mourir »), c’est à dire de produire plein de fruits. Bref, on donne à l’arbre l’impression qu’il va mourir prochainement pour le faire produire. Est-ce une forme de souffrance pour vous, ou bien celle ci doit elle se traduire en terme de réaction nerveuse immédiate (ce dont les arbres ne bénéficient pas, l’information circule plus lentement chez les végétaux), de « sensation de douleur » ? Dès lors, si un animal élevé ne souffre pas dans sa vie, peut il être mangé ?
Bref, à vous peut être de m’éclairer sur vos conceptions de l’animalité, ou de me confirmer que vous militez pour une limite floue et non vraiment définie, qui risque de vous faire passer à l’avenir pour des brutes barbares et sanguinaires aux yeux de gens qui iront plus loin que vous dans cette délimitation.