la conversion de nombreux habitants de l’Empire romain74,73 ;
après la fin de l’Empire romain, une partie des Francs ripuaires et des Souabes se convertit, mais il s’agit davantage d’initiatives individuelles, à l’origine des prêches d’Agobard89 ;
L’hébreu biblique nomme יהודי (yehoudi, « judéen ») tout Israélite habitant la Judée7. L’araméen reprit ce mot sous la forme yehoudaïé8, qui devint Ἰουδαῖος [Ioudaîos] en grec ancien9 puis IVDÆVS [jûdæus] en latin10. Auxe siècle, l’ancien français fait évoluer ce mot latin en la forme judeu, qui se transforme ensuite en juiu puis enjuieu au xiie siècle EC11. De la forme féminine juive de ce dernier mot dérive, dès le xiiie siècle, le mot français masculin « juif » qui parvient jusqu’à nos jours sous les deux graphies « juif » (appartenant à la religion juive) et « Juif » (appartenant au peuple juif).
D’autres ethnonymes désignant les Juifs dans diverses langues contemporaines s’appuient sur cette même étymologie « judéenne », par exemple يهودي [yahûdi] en arabe, Jude en allemand, juutalainen en finnois, Jew enanglais, židov en croate, jøde en danois, zsidó en hongrois, ou Żyd en polonais. Dans les pays où le nom originel de « juif » est devenu péjoratif (giudeo, Ιουδαίος, jid, jidov), des noms qui dérivent du mot « hébreu » lui sont préférés comme, par exemple, Ebreo en italien, Εβραίος [evraios] en grec moderne, еврей [yevrey] enrusse, ou evreu en roumain. D’autres noms, tel Musevi en turc, dérivent de celui de Moïse.
(la charia n’est pas seulement musulmane, mais aussi juive)
A l’abri des regards, dans le confort de son appartement chaleureux de Komotini, en Thrace, dans le nord-est de la Grèce, Chatitzé Molla Sali parle d’une voix douce, parfois difficilement audible. La voix d’une femme fatiguée de 65 ans qui a longtemps « baissé la tête et tout accepté », comme elle le dit elle-même. Mais c’est avec un regard droit, brûlant, qu’elle raconte sa toute nouvelle détermination : Chatitzé Molla Sali est la première femme issue de la minorité musulmane de Grèce à contester devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) une décision de justice fondée sur la charia, le droit religieux musulman, qui la dépouille d’une partie de son héritage.
A la mort de son mari, le 28 mars 2008, Chatitzé Molla Sali hérite de tous ses biens par testament, un document grec réalisé devant notaire. Immédiatement, sa belle-famille conteste ce legs devant le mufti, au nom de la charia qui interdit aux musulmans d’établir un testament. Chatitzé se tourne alors vers les tribunaux civils. Dans un premier temps, elle obtient gain de cause. Mais dans une décision publiée le 7 octobre 2013, la Cour suprême grecque établit que les questions d’héritage au sein de la minorité musulmane doivent obligatoirement se régler chez le mufti, selon les règles de la charia.
Relations gréco-turques mouvementées
La charia appliquée en Grèce ? Sur une terre puissamment orthodoxe, où l’Etat et l’Eglise ne sont pas séparés ? En plein cœur de l’Europe ? La situation trouve ses racines dans l’histoire mouvementée des relations gréco-turques. Après plus de quatre...